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- 3/7*
EtirAPCKH
HAPOAHÏÏ HÏCHÏÏ.
CHANSONS POPULAIRES BULGARES
INÉDITES.
PUBLIÉES ET TRADUITES
AU&USTE DOZON
TRADUCTEUR DKS POÉSIES 8ERBE8.
PARIS, 1875.
MAISONNEUVE ET CÎ5, LIBRAIBES-ÉDITEUBS
15 QUAI VOLTAIEE 1S.
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TOUS DROITS RÉSERVÉS.
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ALBERT DUMONT
DIRECTEUR DE L'ÉCOLE FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE A ROME.
EN SOUVENIR DE SON VOYAGE EN THRACE
AUGUSTE DOZON.
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INTRODUCTION.
Qu'est-ce que la poésie populaire? Je la défi-
nirais, pour moi, celle des nations illettrées: poésie
essentiellement orale, faite par tout le monde et pour
tout le monde. Beaucoup de nations n'en ont jamais
eu d'autre, celles surtout à qui, avec l'indépendance
prématurément perdue, le développement politique
a manqué. Mais quand la poésie savante ou écrite
naît, l'heure du déclin a sonné pour sa sœur aînée;
celle-ci ne s'accommode point de la culture, pas plus
qu'une violette sauvage, transplantée dans un jardin,
n'y prospère et ne s'acclimate. Sa destinée ordinaire
est alors d'être vouée à l'abandon, à l'oubli; la
paysanne qui a pris des habits de ville, l'écolier
devenu adolescent, ne jettent pas un œil plus dé-
daigneux sur les beaux atours d'autrefois ou sur les
jouets de l'enfance, qu'un peuple, entrant dans l'âge
viril, sur l'art trop simple, lui paraît-il maintenant,
qui jadis faisait ses uniques délices. Pour les étran-
gers, cependant, cette poésie entachée, dans son pays
natal, de vulgarité, possède plus d'un genre d'intérêt.
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— VI —
Si l'art, car l'art n'attend point les règles, n'y
est pas resté trop en arrière de l'inspiration, il lui
arrive de charmer et d'émouvoir autant que des
productions beaucoup plus brillantes, selon le mot
de Montaigne: „La poésie populaire et purement
naturelle a des naïfvetés et grâces par où elle se
compare à la principale beauté de la poésie par-
faicte, selon l'art; comme il se veoid es villanelles de
Grascoigne et aux chansons qu'on nous rapporte des
nations qui n'ont cognoissance d'aulcune science ni
même d'escripture." l
Ici/ comme en plusieurs autres choses, Mon-
taigne a été un précurseur; parmi ceux qui ont après
lui partagé ce goût du naïf, on s'attendrait moins à
rencontrer, pour n'en citer qu'un seul, le ^classique"
Addison, lequel n'a pas consacré moins de deux
numéros du Spectateur à une étude sur une ver-
sion modernisée de l'héroïque mais informe (artless)
ballade de Chevy Chace. 2
Aujourd'hui le monde entier est mis à con-
tribution, et il est à peine une tribu obscure, un
idiome expirant, qui n'aient fourni leur contingent à
ce musée d'un nouveau genre, où les villanelles
viennent chaque jour prendre place, comme pour
conserver à l'avenir quelque trace des races et des
langues disparues.
Non pas que tous, il s'en faut, y prennent ou y
cherchent ce -plaisir que goûtaient l'auteur des Essais
1 Essais, livre 1, chap. 54.
2 Chambers, Cyclopœdia of British littérature, T. 1, p. 57.
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— vn —
ou celui de la Mort de Caton, et dont un con-
temporain, Charles Nodier, faisait montre, avec le
raffinement d'un esprit ingénieux presque à l'excès.
Les tendances de notre siècle sont ailleurs; avec son
esprit d'investigation poussé en tous sens, ce qu'il
demande à la littérature populaire, cette chose si
légère et si inconsciente, c'est surtout des matériaux
pour l'histoire morale, sinon pour les annales posi-
tives, de l'humanité. Sa pénétrante sagacité s'exerce
sur les débris des plus vieilles croyances, roulés et
confondus à travers les âges sous la forme de mythes
obscurs, et il trouve un aliment inépuisable à la
plus insatiable curiosité dans l'étude des mœurs et
des idées qui ont joué ou qui jouent encore autour
de nous, un rôle, si humble soit-il, sur la scène du
monde. Sans parler des romans qui prétendent
peindre l'humanité tout entière, il est une forme
littéraire devenue fort commune de nos jours, c'est
celle de récits, de scènes, où l'auteur prend pour
acteur de sa fiction la population d'un pays, d'une
province, moins que cela d'une simple localité; visant
plutôt d'ordinaire à illustrer des coutumes qu'à
dessiner des caractères, il ne ménage point les mots
de dialecte ou de patois, afin de rehausser ce qu'on
a appelé la couleur locale. Plus d'une tentative réussie
et d'une œuvre célèbre ont été le fruit de cette ten-
dance descriptive, qui parfois aussi, appliquée à des
sujets mal connus de l'écrivain, aboutit aux résultats
les moins exacts. Mais ce tableau de la vie réelle, où peut-
on le trouver plus fidèle, plus authentique et moins dé-
pourvu de manière, que dans les Chants, où un poète
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— VIII —
multiple et anonyme, qui chante véritablement
„ comme l'oiseau", a exprimé au jour le jour ses
sentiments, ses passions, ses idées et jusqu'à ses ten-
dances intellectuelles et religieuses? Les traits du
tableau sont épars, et il peut être laborieux de les
rassembler, les tons sont plus d'une fois languissants,
du moins ils ne sont jamais faux. Ainsi avec l'ama-
teur de poésie, le mythographe, l'historien, le mora-
liste, ont, quelquefois tous ensemble, à glaner dans
un modeste recueil de chansons que, eux exceptés,
peu de personnes daigneraient ouvrir.
Si ce recueil est suffisamment nombreux, s'il
a été publié avec le soin et la critique convenables,
il a encore une autre importance. On n'y trouve pas
seulement, en effet, le dépôt des idées d'un peuple,
mais celui des mots qui les expriment. Quand ce
peuple, arrivant à la maturité, passe sur la scène
politique, ces effusions anciennes de son âme lui
offrent une base naturelle pour la langue, qui devra
désormais exprimer de nouveaux rapports et devient
l'instrument déjà assoupli du développement social
et scientifique. Et le trésor n'est pas moins précieux
pour le philologue, indigène ou étranger: où la valeur
originale, le sens primitif des mots se révèlerait-il
avec plus de netteté que dans la bouche du peuple,
alors que leur empreinte n'a pas encore été effacée
par les caprices d'un long usage? où espérer, si ce
n'est là, de saisir le rapport mystérieux qui unit la
pensée au son articulé?
Telles sont, il nous semble, les raisons qui
justifient le labeur, accompli trop souvent au milieu
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— IX —
de l'indifférence sinon de l'hostilité, auquel se sont
soumis, de notre temps et chez divers peuples,
plusieurs hommes distingués, désireux d'arracher à
un oubli prochain ce qui avait constitué jusque-là le
patrimoine intellectuel de leur nation. Us faisaient
acte de patriotes, en même temps qu'ils méritaient
bien de la science, une science qui, elle aussi a eu
ses victimes, 1 car il s'est trouvé que, sans le vouloir,
elle touchait à la politique, à la question pleine de
pièges des nationalités.
Quant à savoir dans quelle mesure la poésie
du peuple bulgare et en particulier le contenu du
présent volume, participent aux divers éléments d'in-
térêt qui viennent d'être indiqués, c'est ce que le
lecteur appréciera. Je voudrais espérer tout au moins
qu'il ne condamnera pas comme inutile la publi-
cation d'un nouveau recueil, après ceux qui exis-
taient déjà. 2 Dépourvus de traduction, les ouvrages
1 Je fais % allusion ici surtout aux frères Miladinov, bien
qu'eux ne fussent pas, à proprement parler, des savants. Sur
leur triste fin, voy. mes Rapports à Monsieur le Ministre de
l'Instruction publique, sur une mission littéraire en Macédoine,
en 1872. Archives des missions scient, et litt., 3 e Série, T. 1.
2 Ces recueils sont: 1. A. VLbslwb BoroeBi, Eifi^rapcKH
HapoftHH irfecHH h nottioBHgH, nejga, 1842. Le titre seul m'est
connu. 2. EasarapcKH Hapo^HH itbchh, coBpaHH o/ç& BpaT&a
MHtfaflHHOBUH, ^HMHTpia H KoHCTaHTHHa, H H3#aHH 0#&
KoHCTaHTHHa, SarpeB-B, 1861, pp. VIII — 538, gr. 8. 3. HapoflHe
necaie MaKe^oHCKH Eyrapa, cKynno Ct. H. BepKOBHfes. Kn»Hra
npBa. 3KeHCKe necMe, y Eeorpa#y, 1860, pp. XIX — 373. — La
préface, en langue serbe, renferme des renseignements intéres-
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— X —
de mes prédécesseurs ne sont connus en France que
par l'étude due à une plume des plus distinguées 1
et dans les pays slaves même, faute des éclaircisse-
ments nécessaires, le texte offre, surtout pour le
dialecte macédonien, de grandes difficultés, que pour
ma part je me suis efforcé de faire disparaître. Il
m'a paru préférable de restreindre le choix des mor-
ceaux, et de fournir en même temps tous les moyens
de les comprendre. 2
C'est même dans ce but que nous croyons
opportun de dire ici quelques mots des Bulgares et
de leur langue, de donner, en mettant à profit les
autres recueils, des notions générales sur leur poésie,
enfin d'indiquer certains rapprochements, certaines
oppositions, d'esprit ou de forme, qu'oj peut aisément
constater entre cette poésie et celle de deux peuples,
sants sur la distribution géographique des Bulgares de la
Macédoine et sur leurs dialectes. — 4. Be3COHOB£, LX k&chh
H>HamKH, etc. L'ouvrage (dans l'exemplaire que j'ai vu, et qui
semblait faire partie des Mémoires de quelque société savante
russe, le titre manquait) comprend, outre de nombreuses
remarques philologiques, une étude sur l'épopée serbe et bul-
gare, et des recherches sur la langue bulgare moderne, le tout
en russe. *
1 j|me Dora d'Istria, dans un article de la Revue des
Deux Mondes, que je n'ai pas sous les yeux.
2 En l'absence d'un dictionnaire bulgare, les slavisants me
sauront peut-être quelque gré du glossaire joint au texte et qui,
malgré ses imperfections, ne m'a pas coûté peu de peine; il y
a bien des mots dont je n'ai pu connaître le sens qu'après avoir
interrogé plusieurs indigènes.
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— XI —
Pun congénère et l'autre simplement limitrophe, les
Serbes et les Hellènes.
I.
Les Bulgares et les Hongrois ont eu, dans
l'Europe du moyen-âge, une fort mauvaise renommée,
qu'ils devaient à leurs expéditions dévastatrices. Le
français et l'anglais ont gardé le témoignage de
l'épouvante qu'avait causée tant de férocité et
d'excès de tout genre. Parallèlement au nom d'ogre
(ouïgour, hongrois), l'anthropophage de nos contes
de fées, le mot „boulgre u , associé fréquemment
par Rabelais à celui de „hereticque" a fini par de-
venir un terme plus que trivial, dont ceux qui en font
usage ne soupçonnent guère l'origine, et au siècle
. dernier encore, l'auteur de Candide, voulant bafouer,
sans le nommer, Frédéric II de Prusse, le trave-
stissait sous la figure du roi des Bulgares. Cette
race, qu'on a peine à reconnaître aujourd'hui dans
une population essentiellement agricole et fort peu
belliqueuse, comme il semble, est le produit d'un
mélange, comme presque toutes celles de l'Europe
actuelle. Elle doit son nom aux Bulgares, tribu tatare
qui venue de l'Asie après plusieurs étapes, et ayant
traversé le Danube au VI e siècle, se fondit avec les
habitants de la Mésie inférieure et de la Macédoine,
eux-mêmes Slaves immigrés, ou peuplades alliées
aux Chkipetares et restes dés anciens Macédoniens
et Illyriens; c'est du moins ce que donnent à con-
jecturer certains caractères de la langue, qui, slave
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— XII —
dans son ensemble; s'éloigne par quelques particu-
larités du système grammatical de la race. l
Cette langue est aujourd'hui dominante non
seulement dans la Bulgarie, mais dans la plus grande
partie de la Thrace et de la Macédoine, et elle a
dû assez long-temps régner en Albanie et en Epire,
comme en témoignent de nombreuses dénominations
géographiques et autres, dont une partie cependant
doit être rapportée à la domination serbe, qui précéda
de peu celle des Turcs. Ses limites occidentales sont
le district de Bitol ou Monastir, le lac d'Okhrida et
la région des Dibras, qu'elle dispute à l'albanais. 2
Elle se divise en un grand nombre de dialectes,
qu'on peut ramener à trois types: les orientaux ou
de la Bulgarie et de la Thrace, les occidentaux ou
de la Macédoine méridionale et ceux de la Macé-
doine du Nord et de la vieille Serbie, 3 qui se rap-
prochent du serbe par certaines formes gramma-
ticales. Les dialectes occidentaux ou du sud-est de
la Macédoine, diffèrent beaucoup des autres, no-
tamment en ce qui concerne la prononciation et
les élisions, dont l'abus semble trahir une influence
étrangère.
Les Slaves, en général, sont célèbres par leur
amour du chant, c'est-à-dire de la poésie chantée,
et parmi leurs congénères, les Bulgares ne sont certes
1 Voy. mes Rapports.
2 Voy. la préface du recueil de Mr. Verkovic*, Bel-
grade, 1860.
3 Ibid. Voy. aussi la préface des Miladinov.
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— xni —
pas au dernier rang; les collections déjà imprimées
en font foi. Celle des frères Miladinov ne comprend
pas moins de 674 pièces (515 pages grand in 8°, dont
beaucoup à deux colonnes), celle de Mr. Verkovitch
335 numéros, et ce n'est, comme je l'ai dit ailleurs,
qu'une partie infinitésimale de ce qu'il est par-
venu à recueillir, et cela sur un point circonscrit.
Les manuscrits, où j'ai puisé moi-même pour la
composition du présent ouvrage, n'étaient pas aussi
volumineux, mais il est probable que le zèle ou le temps
avait fait défaut aux collecteurs, et non la matière.
M. Verkovitch n'a pas écrit moins de 270 pesmas
sous la dictée d'une seule femme de Serrés, Dafina,
et les Miladinov en doivent plus de 150 à une jeune
fille de leur pays, de Strouga. „ Quand on a transcrit
tant de chansons, disent-ils, à cette occasion, on croit
que la mine est épuisée, et pourtant il suffit de passer
dans le quartier voisin pour y en trouver une autre
non moins féconde." l Comme exemple de ces heu-
reuses mémoires, assez communes chez les peuples
qui „n'ont aulcune cognoissance d'escripture", et dont
l'existence jette quelque lumière sur la transmission
des poésies homériques, je veux encore citer un
Serbe, fonctionnaire pourtant, et le meilleur, ou plus
exactement, le seul bon joueur de gouslé que j'aie
entendu; il me disait savoir plus de deux cents de
ces pièces héroïques, qui ont souvent une grande
étendue, et à peine si le nom de l'ouvrage de Vouk,
* Préf. p. 111.
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— XIV —
alors interdit dans la Principauté, était parvenu à
ses oreilles.
Il est peu de Français, nés hors de Paris qui,
enfants, n'aient dansé des rondes en chantant. Cette
association intime de la danse et du chant est un
fait primitif et universel sans doute; celui-ci a
d'abord réglé et comme inspiré la première, qui n'a
que plus tard, perdant la meilleure moitié d'elle-
même, reçu le secours des instruments, de la flûte
ou de la cornemuse chez les Bulgares. Seulement
ce qui chez nous est désormais un plaisir ré-
servé à l'enfance, reste au sein d'un état social
très différent, parmi les Slaves méridionaux
comme parmi les Albanais et les Grecs, le diver-
tissement national par excellence. Aussi les Mila-
dinov, après avoir dit que ^presque toutes leurs
pesmas ont été recueillies de la bouche des femmes",
ajoutent-ils: „Ce fait pourra causer de l'étonnement
aux personnes qui n'ont pas vu de près notre peuple;
il ne sera donc pas hors de propos de dire quelques
mots de la danse, cette école où s'est perfec-
tionnée la poésie nationale. A Strouga l les
jours de fêtes non solennelles, il se forme dans
chaque quartier une ronde à part, mais lors des
grandes fêtes, comme celle de Pâques, de la Saint
Georges, etc., toutes les jeunes filles se rassemblent
dans un jardin hors de la ville et se réunissent en
un branle immense, que l'une d'elles conduit en
1 Petite ville à deux heures d'Okhrida et qui forme, à l'ouest,
l'extrême limite de la population bulgare.
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— XV —
chantant. La moitié des danseuses l'accompagne,
tandis que l'autre moitié répète ensuite chaque vers,
et ainsi de suite jusqu'à la fin de la chanson. La
conductrice (horovodka) * alors cède sa place et
sa fonction à sa voisine et va se mettre à l'autre
extrémité, changement qui se renouvelle, si la danse
dure long-temps, jusqu'à ce que chaque danseuse
ait eu son tour. Mais habituellement la ronde est
conduite par celle des filles qui possède à la fois
la plus belle voix et la mémoire la mieux garnie. . . .
De celles-ci on compte une ou deux par village ou
bourgade." Et ailleurs: „A Panagurichté, les jours
de fête, chaque quartier a sa ronde particulière, mais
au coucher du soleil les filles se séparent, vont
chercher leurs chaudrons ou leurs cruches, et se
rendent toutes à une fontaine, dans le voisinage de
laquelle est un endroit convenable pour la danse, et
là celle-ci recommence encore pour une demie heure." 2
Les noces, bien entendu, sont des occasions
qu'on ne néglige point, et les filles ne sont pas seules
à se livrer à la danse, on voit aussi des rondes de
femmes mariées et de jeunes gens, sans parler de
celles où les deux sexes prennent part librement.
Après avoir vu à Belgrade même, maint kolo
se dérouler en pleine rue et jusque sur la neige,
1 Les Bulgares n'ont pas de nom national pour la danse,
ils ont emprunté celui des Grecs, horo (*/opô;), comme nous
avons fait nous-mêmes à regard des Allemands, et le mot même
de Tanz a pénétré en Bulgarie, car les Miladinov disent
tanec-at, la danse; tanèarka-ta, la danseuse.
2 Préf., p. VI.
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— XVI —
plus d'une occasion s'est offerte à moi de constater
chez les Bulgares un goût non moins passionné pour
la danse. Ainsi un soir d'été, en suivant le défilé où
passe l'Hébre (la Maritza) et qui forme la sépara-
tion des chaînes de l'Hémus et du Rhodope, j'arri-
vai à un hameau ou plutôt à un groupe de mauvaises
auberges, de h an s, à peu près au lieu où se ter-
mine, pour le présent, le chemin de fer qui, partant
de Constantinople, traverse la Roumélie. C'était
l'époque de la moisson, et des troupes de femmes
descendaient de la province de Sophia dans la Thrace
pour y chercher du travail. Une bande de ces femmes,
des jeunes filles presque toutes, pour se remettre
des fatigues de la marche, dansait en chantant sur
la route poudreuse, et le lendemain, au lever du
soleil, je les retrouvais dans la même occupation,
amusé surtout de leurs costumes, qui ne le cédaient
guère en étrangeté à ceux des Peaux-rouges. Près
de Philippolis, pendant la récolte du riz, des ouvriers
des deux sexes, pour la plupart aussi du dehors,
ne montrent pas moins d'entrain. Le chant, durant
le jour, accompagne le travail malsain des rizières,
et à peine le soir en amène-t-il la fin, que commence
la fête, qui se prolonge fort avant dans la nuit.
Quelquefois, surtout si des étrangers sont présents,
des divertissements carnavalesques l'accompagnent,
par exemple la danse de l'ours: un paysan affublé
d'une peau et tenu en laisse par un de ses cama-
rades, imite l'attitude et les mouvements grotesques
de l'animal, de manière à exciter le rire et à provo-
quer la générosité d'une partie de l'assistance.
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— XVII —
Dans cette infatigable allégresse de pauvres
gens, pour qui le travail même devient un ressort
et un excitant, quel contraste avec l'allure morne de
nos ouvriers agricoles! Et elle est d'autant plus frap-
pante chez les Bulgares et les Serbes, que la musique
slave a un renom de mélancolie, presque de tristesse,
et que les Grecs, peuple d'un tempérament bien
autrement vif, apportent beaucoup moins d'entrain et
de gaîté dans le plaisir.
Ce serait, sans doute, s'arrêter trop long-temps
sur la danse, si elle n'était dans un rapport étroit
avec notre sujet, et il nous faut même revenir sur le
mot de Miladinov, cité tout à l'heure, et selon lequel
la danse „est l'école où s'est perfectionnée la poésie
bulgare". Mauvaise école! peut-on dire tout d'abord.
La musique déjà, quand elle accompagne la parole
chantée, tend à l'emporter sur celle-ci; en flattant
l'oreille elle distrait l'esprit et le rend moins difficile
pour la pensée et pour l'expression qui la revêt.
Combien est-il de nos drames lyriques qui suppor-
tent, je ne dis pas la lecture, mais d'être compris?
Que sera-ce quand, à l'amusement de l'oreille se
joindront et le mouvement physique et les mille
distractions que vont apparemment chercher des gar-
çons et des femmes réunis pour danser? Assurément
il restera peu d'attention pour la parole, on deman-
dera moins de sens que de mesure à ce qui doit
guider les pieds. Si l'on ajoute que ce sont les femmes
surtout qui composent les chansons et qui les trans-
mettent (en matière d'art les femmes, en général,
cela soit dit sans leur faire injure, n'ont pas grand
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— xvin —
souci de la forme, elles vont droit au sentiment, à
Témotion), on s'expliquera la mollesse, le manque
de nerf et pour ainsi dire de virilité, qui caractérise
la poésie bulgare, et le chevillage a outrance qui
dépare une versification déjà incorrecte. Ce dont on
se rend moins facilement compte, en effet, c'est l'ex-
trême irrégularité (en Macédoine surtout) de celle-ci
et le mélange tout à fait fortuit des mètres. Il
semble que ni la mélodie ni le mouvement cadencé
des pieds ne s'accommodent de lacunes dans les
paroles auxquelles l'une s'applique et qui règlent
l'autre. Aux interrogations que j'ai posées pour
résoudre cette difficulté, il m'a été répondu assez
dédaigneusement que les femmes qui composent les
chansons, se soucient fort peu de la régularité
métrique. Réponse d'autant moins satisfaisante, que
les hommes peuvent, il n'y a pas à en douter, reven-
diquer pour une bonne part la qualité d'auteurs. 1
La versification bulgare, fondée sur le nombre
des syllabes et sur l'accent, lequel reste le même
que dans la langue parlée (à la différence de ce qui
a lieu en serbe, en lithuanien et parfois en grec),
comprend des vers dont les syllabes varient en
nombre de quatre à quatorze. 2 Mais les deux espèces
1 Nesselmann, dans sa préface des Chants lithuaniens
(Berlin, 1853), y constate la même incorrection, qu'il attribue à
la négligence des chanteurs; ce défaut n'existe point dans la
poésie grecque, ni dans la poésie serbe, au moins celle publiée
par Vouk, qui, ainsi qu'il le raconte, a pris la plus grande peine
pour se procurer plusieurs versions de chaque pesma.
2 Milad., préf. p. VU.
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— XIX —
qui prédominent de beaucoup sont le vers de huit
syllabes et celui de dix, coupé de deux manières:
après la quatrième syllabe, c'est le vers épique des
Serbes et de notre Chanson de Roland, * et après la
cinquième , combinaison qu'on a rapportée à la
strophe saphique, 2 et que Brizeux de nos jours a
heureusement renouvelée, comme dans cette stance:
Un soleil si chaud brûla ma figure,
J'ai dû tant changer à tant voyager,
Que d'un franc Romain je me crois l'allure,
Mais un vigneron à brune encolure
Me dit en passant: bonjour, étranger.
L'octosyllabique est plus en usage dans la
Bulgarie orientale, le décasyllabique en Macédoine;
ce dernier, sous sa forme saphique ou partagée
en deux hémistiches égaux, se distingue, en général,
par plus de correction, comme on peut le voir dans
quelques pièces de ce volume, 3 où certaines parti-
cularités de langage annoncent le voisinage de la
population serbe. La rime est absolument inconnue
à la versification bulgare. Certaines pesmas, celles,
par exemple, qui ont pour sujet des légendes pieuses
ou des faits héroïques, sont chantées par les men-
diants aveugles, avec Paccompagnement d'une sorte
1 M. Adolphe d'Avril a très habilement manié ce vers
dans ses traductions si bien réussies de la Chanson de Ro-
land et de la Bataille de Kossovo.
2 M. Littré, cité par M. Ch. Aubertin, dans ses Ori-
gines de la langue et de la poésie française, p. 113.
3 N 08 37, 55 (les quatre premiers vers exceptés), 56, 63.
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— XX —
de violon à trois cordes, qu'ils tiennent à la façon
du violoncelle. Ce n'est pas plus mélodieux que la
gouslé serbe.
La poésie populaire a été d'une très grande
fécondité, mais c'est un fait qui appartient au passé;
d'après tous les témoignages que j'ai recueillis dans
le pays même, elle est morte, sans avoir été encore
remplacée ou se trouver en voie de l'être,* tout ce
qu'elle produit aujourd'hui, et Vouk il y a cinquante
ans disait la même chose pour les pays serbes, l
ce sont des chansonnettes burlesques, des couplets
satiriques, qui prennent texte des incidents de la vie
ordinaire prêtant au ridicule, et ont pour objet de
railler ceux qui en ont été les héros malheureux.
II.
Les collecteurs ou éditeurs des chants slaves
et grecs, les ont rangés sous d'assez nombreuses
divisions, qui peuvent se ramener à trois principales,
celles que j'ai adoptées: I. Mythologie. — Magie,
sorcellerie. — Légendes pieuses. — II. Histoire. —
Brigands. — Bergers. — Aventures. — III. Amour.
— Fantaisie. — Mœurs. — Pièces comiques ou
satiriques. — Les deux premières catégories, prises
1 Le Monténégro excepté et sans doute aussi les contrées
de l'Hertzégovine qui y confinent, car la collection de Vouk lui-
même, dans la nouvelle édition, renferme de longues pesmas
qui vont jusqu'à la bataille de Grahovo, en 1858.
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— XXI —
dans leur ensemble, constituent la poésie héroïque,
la troisième la poésie domestique ou féminine. C'est
la poésie héroïque surtout, comme plus importante
et comme ayant un caractère plus général, qui va
fournir matière aux rapprochements que nous avons
annoncé l'intention d'établir.
Le ciel, les astres, les phénomènes qui se pro-
duisent dans Pair, enfin à peu près ce dont traite un
livre de météorologie moderne, forment, cela est
reconnu aujourd'hui, le noyau primitif des religions
antiques, et en particulier la base sur laquelle le
fécond génie hellénique a élevé l'édifice presque
infini des mythes et des légendes, qui nous char-
ment encore, nous scandalisent parfois comme ils
scandalisaient déjà les philosophes, et après avoir
exercé la sagacité de tant de générations, laissent
aujourd'hui déchirer le voile dont ils étaient enve-
loppés. Telle qu'elle apparaît dans la poésie et les
contes, la mythologie des Grecs actuels et des Slaves
est sortie de la même source que celle des Hellènes,
mais elle est loin d'avoir (si elle l'a jamais eue), une
aussi grande variété, ce qui ne saurait étonner au
surplus, puisque, encore imparfaitement connue d'ail-
leurs, elle ne nous est parvenue qu'à l'état de frag-
ments, échappés après de nombreux siècles à l'in-
fluence du christianisme et non sans l'avoir subie.
Seulement ce qui est à remarquer, c'est que ces
fragments, ces débris, semblent se rapporter surtout
au mauvais principe, ou si l'on veut, à ce que la
nature a de malfaisant pour l'homme. Le côté bril-
lant des phénomènes, mis dans un si vif relief par
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— XXII —
les hymnes védiques, et le rapport qu'ils ont avec
la vie de l'univers, ont été oubliés; il ne nous reste
que la personnification de certaines forces physiques
puissantes pour la destruction, celles des vents et
des nuages; 1 à quoi on pourrait ajouter la figure du
Charos grec, lequel n'est pas d'ailleurs une espèce
météorologique. L'anthropomorphisme est plus com-
plet parmi les Serbes et les Grecs, tandis que la
personnification est à peine ébauchée dans la poésie
bulgare, sauf peut-être en ce qui concerne le soleil,
dont le rôle mythique se borne à épouser des mor-
telles; les Lamies et les Éléments (stikhias) qu'elle
a adoptés (Charos se rencontre aussi dans les lé-
gendes macédoniennes), ne sont guère qu'un em-
prunt nominal, et se confondent par leurs attributs
avec les êtres surnaturels auxquels ils ont été as-
sociés. Il y a deux classes, dont l'énergie est au
fond la même, de ces esprits élémentaires: d'une
part, les héritières ou les sœurs de la classe si nom-
breuse des nymphes antiques, les Vilas, Samovilas,
Samodivas ou Youdas, les Néréides et les' Éléments,
1 „Ne comprenez-vous donc pas que ce ne sont point des
vents et des brouillards, mais des Youdas, des Samovilas?" dit
(N° 9 du Supplément) une jeune fille, qui bientôt est emportée
par la tempête, comme Hélène regrettait de ne l'avoir pas été
au moment de sa naissance:
"ÛÇ \k* OÇeX' fjjAaTt TCO, 0T6 (J.6 7UpiOTOV T6XS pi"D)p,
OfyeaÔai jcpcxpe'cpovaa xaxrj av^oio GûeXXa
E?ç opoç ^ eîç xufjia 7CoXucpXo(a6oio GaXàaaifjç.
Iliade, VI, 345—7.
Voy. aussi N° 2, pp. 4 et 149.
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— XXIII —
de l'autre les Dragons des deux sexes, les Lamies,
et Drakos avec sa femelle Drakaina. L'identité fon-
cière de ces êtres, de ces monstres, ne fera pas doute
pour quiconque, au courant des croyances de la
Grèce, 1 lira la Note qui se trouve à la fin de notre
volume, 2 mais une preuve pour ainsi dire en action
de l'assertion que je viens d'émettre, se trouve dans
le rôle qu'attribue, d'une part aux Vilas, de l'autre
aux Eléments, une légende plus grandiose sous sa
forme serbe que dans sa rédaction corfiote ou épirote,
celle qui raconte la fondation de Scutari et la
construction du Pont d'Art a. 3 Laquelle des deux
est l'original? c'est ce qu'il est difficile de découvrir.
J'ajoute seulement, k titre d'information, que la
superstition qui en forme la base, est encore fort
enracinée en Grèce, et qu'à Leucade notamment les
maçons ne posent guère les fondations d'une maison
sans sacrifier un coq, afin d'éloigner l'Élément qui
pourrait compromettre la solidité de l'édifice. Ces
génies habitent les rivières et les lacs de PEpire,
comme les Lamies ceux de la Macédoine, 4 et il est
entre autres, sur le chemin d'Iannina à Prévèza un
petit lac, aux bords pittoresques, où un Élément
1 Voy. NsosXXtjvix^ {/.uGoXoYia, urcb N. V. IIoXétou, h 'AG^vaiç
1871 — 1874. — Tozer, Researches in the highlands of Turkey,
London, 1869, et le Recueil de Passow, Athènes, 1863. — Je crois
aussi pouvoir invoquer ma connaissance pratique du sujet.
2 P. 333.
3 P. 189 de mes Poésies serbes; Passow, N°» 612—13.
4 Elles font aussi leur séjour dans les puits, comme la
Koutchédra des Albanais.
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— XXIV —
décèle la nuit sa présence par un vacarme effrayant;
c'est probablement le motif principal qui a empêché
jusqu'ici de lancer aucune barque sur ses eaux,
qu'on dit être sans fond.
La question d'origine, qui se pose pour certaines
croyances ayant eu la force d'opinions religieuses, aussi
bien que pour des formes et des détails de la poésie,
offre d'autant plus d'intérêt qu'elle se rattache à celle
qu'on a voulu soulever à propos de la population actuelle
de la Grèce, dans les veines de laquelle, il ne coulerait
guère, selon quelques-uns, que du sang slave. Je ne me
sens nullement en mesure d'entrer dans un pareil débat,
et je ne crois non plus apporter aucun argument à
l'appui de l'opinion de Fallmerayer, en revendiquant
pour les Serbes la priorité de conception au sujet
de la pièce intitulée „le voyage du mort", dont j'ai
traduit la rédaction existant en plusieurs langues. 1
Passow l'a intitulée Vrykolakas, vampire, nom qui
a en effet cours en Grèce et qui, dérivé selon toute
probabilité du serbe voukodlak, poil de loup,
semble se rapporter à la lycanthropie. C'est à tort,
à ce que je crois, car ni la cause ni le but de la
résurrection apparente de Dimitri ou de Constantin
n'a absolument rien à faire avec les habitudes du
vampire vulgaire, ce revenant plus malfaisant que
les nôtres. 2 Quoiqu'il en soit, de là est sortie une
1 Voy. ci-dessous, p. 319 et seq.
2 Lorsque j'étais à Mostar, mais absent par congé, il se
manifesta un vampire dans un village chrétien-oriental, à une
heure du bourg austro-dalmate de Metkovitch. Les chefs du
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— XXV —
ballade fameuse, la Lénore de Burger, et c'est la
célébrité de la pièce allemande qui m'a engagé à
en placer les ancêtres, si Ton peut ainsi parler,
sous les yeux du lecteur, comme exemple de la mise
en œuvre par une plume savante, de matériaux
populaires, en même temps que de la manière dont
voyagent les légendes, car la nôtre se retrouve, ra-
contée dans l'idiome du pays, à Chios et en Serbie,
dans la Macédoine bulgare et chez les Albanais
d'Italie.
Les pratiques de la magie décrites dans quel-
ques-unes de nos pesmas, sont classiques pour ainsi
dire, et il n'y a pas à s'y arrêter. Mais ce qui mérite
une mention particulière, comme reste incontestable
et important du paganisme antique, c'est le person-
nage, tout transformé qu'il soit, du Charos hellénique,
avec son cortège de croyances relatives, non pas à
la vie future précisément, mais à l'état des trépassés
et, il faut ajouter, avec les rites funéraires et les
pratiques réprésentant le culte des morts. On ne
retrouve rien chez les Slaves qui réponde à ces
opinions, une légende pieuse que nous publions, l
village vinrent demander an pacha, qni eut la faiblesse de rac-
corder, la permission d'ouvrir la fosse du vampire supposé, dans
le but de lui faire subir l'opération traditionnelle, c'est-à-dire
de lui enfoncer dans la poitrine un pieu d'épine noire (glog).
L'Higoumène du monastère de Jitomislitchi, informé à temps,
s'opposa heureusement à l'exhumation, mais il fallut que les
agents consulaires étrangers se rendissent sur les lieux pour
calmer les habitants, après quoi les apparitions Cessèrent,
i N° lô.
b
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— XXVI —
retrace une conception du paradis, enfantine,
mais n'ayant rien d'absolument contraire au dogme
chrétien.
Le nom, et c'est la dernière remarque que je
veuille faire, le nom des Parques antiques , des
Motpat, s'est également conservé en Grèce ; leur rôle,
toutefois, s'est modifié dans l'imagination du peuple,
d'une manière qui n'a rien non seulement d'étrange,
mais de nouveau pour nous, bercés que nous avons
été par les contes de fées. Les Mires, qui à l'ori-
gine étaient de simples exécutrice^ de la destinée,
en sont arrivées à réprésenter cette puissance elle-
même, en même temps que les divinités qui prési-
daient à la naissance; elles se confondent avec les
Fées de la Belle au bois dormant par exemple,
et avec les trois Naretchnitzas bulgares qui
viennent, la. troisième nuit après la naissance d'un
enfant, lui assigner son sort, et que, dans une pesma,
où elles sont qualifiées de Samodivas, on trouve
emmaillottant le Christ au berceau K Les idées slaves
ont-elles influé sur la conception grecque? C'est ce
qu'il est peut-être d'autant moins nécessaire de sup-
poser, que la transformation toute naturelle qui a
produit celle-ci, a eu lieu d'assez bonne heure. 2 En
tout cas il m'a paru k propos de traduire une pesma,
intéressante k plusieurs égards, où le rôle des Na-
retchnitzas, de celles qui énoncent est clairement
exposé, bien qu'elles semblent en sortir en s'em-
1 Ci-dessous, N° 6.
2 Politis, myth. gr., p. 208, seq.
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— XXVH —
parant pour leur propre compte de l'enfant dont il
ne leur appartenait que de régler le sort. 1
Dans la poésie de plusieurs peuples, les bri-
gands occupent une grande place, et même, en par-
ticulier chez les Serbes et les Grecs, jouent un beau,
sinon le premier rôle. C'est qu'en effet ils se sont
plus d'une fois conduites en héros: ici le klephte,
comme là l'uscoque (ou s ko k) et le haïdouk, pro-
longeaient à leurs risques et périls la résistance à la
domination étrangère. Les romances espagnoles, qui
racontent tant de petites expéditions dirigées contre
les Maures, ignorent tout à fait les brigands, c'est
apparemment qu'elles ont toutes été composées en
pays libre, et non par les sujets opprimés et révoltés
des Arabes. Moins heureux, les haïdouks et les
klephtes savaient de plus, quand ils étaient pris,
mourir bravement et supportaient les plus affreux
supplices avec la constance des Hurons attachés au
pal de torture. 2 Le bandit (haïdout) 3 bulgare, à
en juger par les chants que remplissent ses aventures,
n'est qu'un vulgaire et féroce assassin, un lâche
chauffeur, et un ouvrage anglais, très défavorable,
il est vrai, aux rayas, lui opposait récemment, 4
comme un modèle de chevalerie en quelque sorte, le
1 Voy. ci-dessous, p. 331.
2 Voy. mes Poésies serbes, p. 169, Thadée de Sègne.
3 Mot arabe-turc, dont haïdouk, en serbe, est la cor-
ruption.
* A résidence in Bulgaria, by S* Clair and Brophy. Lon-
don, Murray, 1869.
b*
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— XXVIII —
balkan tchelebi, le détrousseur turc des Balkans;
il exploite les grandes routes pour enlever entre autres
les fonds royaux, mais sans que le sentiment
patriotique y entre pour rien, il s'agit simplement
de faire du butin, la haine, même religieuse, contre
le Turc ne se montre nulle part. La différence des
motifs éclate avec évidence dans l'adaptation d'une
courte et bonne pièce serbe à une aventure de coupe-
jarret. Le vaillant Marko 1 laboure les chemins dans
le dessein de braver les janissaires, tandis que Ta-
tountcho le Bulgare, cédant aussi aux suggestions
de sa mère, après les avoir labourés, s'y embusque
pour détrousser les voyageurs. 2 Le meurtre est le
grand sujet de gloire du haïdout, et voici ce qu'il
chante dans des vers devenus comme un lieu com-
mun de la poésie: „J'ai plongé bien des mères dans
le deuil, — j'ai privé bien des épouses de leur
foyer, et plus encore fait de petits orphelins, —
pour qu'ils pleurent, pour qu'ils me maudissent". 3 On
aimerait à croire qu'il y a là de la forfanterie, si
des pièces, qui retracent sans doute des faits réels,
n'attestaient ce penchant à la cruauté. Il est vrai
que dans une des trois versions du passage cité, le
nom de Turc apparaît et semble, surtout si on l'isole
du reste de la pièce, manifester l'idée patriotique:
„J'ai donné la chasse à bien des Turcs, — plus
encore fait périr de kadeunas (femmes musul-
1 P. 106 de mes Poés. serbes.
2 N° 31 du présent volume.
3 N° 24, v. 11 — 14, N° 28, v. 68, seq. et N° 30, v. 7—10.
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— XXIX —
mânes) . . . a , expressions qui rappellent celles qu'un
chant grec met dans la bouche d'une femme brigand:
"Exocfia Toàpxatç opcpavatç, exa[ia Toàpxatç /ijpaiç.
„ J'ai rendu des Turques orphelines, j'ai fait des Turques veuves." l
Mais quelle différence entre cette demi-vanterie
rétrospective et les fières paroles dii klephte: „Moi,
je ne deviens pas raya, moi je ne me soumets pas
aux Turcs", 2 celles-ci surtout, et ici je ne puis m'era-
pêcher de citer la pièce tout entière, tant elle est
pleine d'énergie et émouvante:
„Ils ont eu beau devenir turcs les défilés,
occupés par les Albanais, — Stérios est vivant, des
pachas il ne lui chaut guère. — Tant que les mon-
tagnes neigeront et que fleuriront les champs, —
tant que les crêtes auront de fraîches eaux, aux
Turcs nous ne nous soumettrons point. — Nous irons
faire notre gîte là où les loups ont leur tanière, — sur
la cime des monts, dans les cavernes, dans les gorges
et les ravins. — Des esclaves demeurent dans les
lieux habités et se courbent devant les Turcs, —
1 Pass., N° 159, v. 19. — Dans une pesma serbe de ma
traduction (p. 156), Manuel le Grec, qui n'est pas un bandit,
chante des vers à peu près identiques aux vers bulgares cités,
et dans lesquels il déplore les scènes de meurtre qui ont en-
sanglanté les Balkans, qu'il traverse en ce moment. — Voy.
aussi les paroles du bogatyr Dobryna, dans la Russie
épique, par M. Alfred Rambaud, Revue des deux Mondes,
15 juillet 1874.
2 Pass. N° 52, v. 6. Se soumettre ne rend pas le côté
pittoresque de 7:poaxuvw, qui exprime à la fois l'acte moral de
la soumission et l'acte matériel du prosternement. ■
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— XXX —
nous pour habitation nous avons les déserts et les
gorges sauvages, — plutôt qu'avec les Turcs, il vaut
mieux vivre avec les bêtes fauves." l
Il faut, nous le savons, des conditions topo-
graphiques particulières, pour que de tels sentiments,
s'ils naissent, portent du fruit; c'est dans les pays
frontières ou dans les régions montagneuses presque
inaccessibles, que les hommes d'une forte trempe
trouvent un refuge, pour fondre ensuite de temps à
autre sur la plaine où les esclaves se courbent,
comme dit Stérios. Mais l'Hémus et le Rhodope
n'offraient pas, comme il semble, un point d'appui
beaucoup moins favorable que le Pinde et l'Olympe,
pour une lutte au moins temporaire, et si, en par-
courant la petite contrée de Souli qui peut être si
facilement prise à revers, on admire l'héroïsme de
ceux qui y ont si longtemps bravé Ali-pacha, on
s'étonne aussi de ne pas apercevoir, dans la poésie
qu'ont enfantée les sommets de la Vieille Montagne,
de Rila et du Périn, le plus vague écho d'une pro-
testation contre la conquête musulmane. Les Bulgares
qui ont durant tant de siècles si violemment résisté à la
civilisation grecque, avaient-ils donc au fond plus
d'affinité pour la race issue des steppes turkomanes?
Aucune réprobation ne s'attache dans l'opinion
publique au métier de brigand, dont celui qui l'exerce
a une haute idée; on ne peut guère s'en étonner,
puisqu'il en est malheureusement encore ainsi, malgré
le changement des circonstances politiques, dans le
1 Pass. N° 54; voy. aussi le N° 24.
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— XXXI —
royaume hellénique et en Serbie, on n'en est pas moins
fort honnête homme et on fait une fin en se mariant.
Néanmoins, il paraît qu'à l'époque où nos chants
ont été composés, l'estime publique pour cette ma-
nière de porter les armes commençait déjà à être
tempérée par la crainte, car la délation par cupidité
et la trahison font souvent justice du haïdout, et la
police a plus d'une fois le beau rôle, ce qui est fort
légitime assurément, mais n'est point matière à poésie.
Aussi plusieurs des pièces que nous avons en vue,
font-elles l'effet de ces complaintes qu'on crie chez
nous jusque autour de l'échafaud. Le seul supplice
qu'on y voie infligé aux brigands, est la pendaison;
leur orgueil est de mourir élégamment, ils se piquent
pour ainsi dire d'une coquetterie posthume, ils veulent
qu'on leur mette une chemise blanche et qu'on dénoue
leurs cheveux, réunis en queue chinoise au haut de
la tête, afin, quand la hart a fait son office, d'avoir
bon air à la potence. 1 Leurs confrères grecs et
serbes, avaient une autre constance à montrer dans
les tourments atroces où les pachas les faisaient périr
et comme Marko, avant d'expirer, tue son cheval
et jette à la mer ses armes, de crainte qu'ils ne
tombent aux mains des Turcs, lorsqu'ils étaient bles-
sés, ils se faisaient couper la tête par leurs com-
pagnons , pour qu'elle ne fût pas exposée publique-
ment et livrée à la risée de leurs ennemis. 2
1 Voy. ci-dessous N 08 29 et 48.
2 Un fait de ce genre sert de nœud au beau poème de
Mr. Aristote Valaoritis, 'AorpaTc^Yiavvoç ; voy. aussi la note, p. 182,
du poème 'AGavàatoç Aiotxoç, du même auteur.
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— XXXII —
En attendant et quel que soit le genre de mort
en perspective, ni les uns ni les autres n'engendrent
mélancolie; ils aiment également à boire largement
du vin et de l'eau-de-vie et à rôtir un agneau dans
la montague ; il arrive même que ces esprits farouches,
ces cœurs presque inaccessibles à la pitié, soient touchés
par les grâces de la nature, au sein de laquelle ils
mènent leur vie sauvage; le bruissement des sapins,
le chant matinal et la démarche élégante de la bar-
tavelle, par dessus tout la lumière du soleil, ravissent
le klephte, et c'est avec autant de surprise que de
charme qu'on lit ce dialogue vraiment poétique, en-
gagé par le Bulgare Liben avec la verte forêt et
les fraîches eaux, auxquelles il rappelle ses san-
glants exploits. *
Un trait particulier du bringandage bulgare,
c'est la part active que les femmes paraissent y
avoir prise, et la tradition, d'après ce qu'on rapporte
à Philippopolis, confirme celui des pesmas sur ce
point. Parmi les chants grecs il y en a quatre, il est
vrai, variantes d'un même fait, 2 qui parlent d'une
klephtopoula, faisant campagne incognito et se
retirant dès que le hasard a trahi son sexe, mais un
début, deux fois répété, manifeste assez l'étonnement
du poète: „Qui a jamais vu un poisson sur la mon-
tagne et la mer ensemencée? qui a vu une belle
fille revêtue des habits de klephte?" Les héroïnes
bulgares n'y mettent pas tant de façons, et l'une
1 Plus bas, N° 24.
2 Passow, N°» 173—76.
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— XXXHI —
d'elles aussi termine honnêtement par le mariage
sa vie d'aventures. 1 Telle fut également la fin de
cette Sirma, que C. Miladinov dit avoir connue à
l'âge de 80 ans, et à laquelle est consacrée une
petite pièce, commençant d'une manière analogue
au chant grec cité tout à l'heure: „0ù a-t-on vu et
entendu — qu'une fille devienne voïvode de 77 ser-
gents? etc." 2
Les bergers, dans les pays où, comme en
Turquie et en Grèce, la vie pastorale et nomade est
encore très développée, ne diffèrent pas infiniment
du brigand; en contact perpétuel avec lui dans les
montagnes, lui fournissant de gré ou de force le
fond de sa subsistance, ils passent avec une grande
facilité d'un genre de vie à l'autre, s'ils ne les
mènent pas tous les deux à la fois. Aussi bien en
Albanie il n'est pas très rare de voir un homme,
ayant des terres au soleil, quitter sa maison tempo-
rairement pour faire des expéditions profitables.
Toujours est-il que les pesmas dites de bergers
(ovtcharski) sont rangées parmi les héroïques.
Pour moi je les ai classées pour la plupart dans les
chants mythologiques, parce qu'elles sont remplies
par les êtres surnaturels que les pâtres, errant dans
les solitudes, ont plus qu'aucuns autres, et parfois
pour leur malheur, l'occasion de rencontrer.
Je n'ai admis dans ce volume que deux pièces
ayant trait à des événements historiques, d'époques
1 N° 18 de ce volume.
2 Milad., N° 212, p. 328.
b**
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— XXXIV —
d'ailleurs fort éloignées. L'une, sorte de prédiction
de la chute de l'empire bulgare, est la variante d'un
passage d'un chant serbe, 1 l'autre est un écho des
guerres de Catherine II, désignée sous le nom de
Reine des Moscovites, contre les Turcs, et n'offre
aucun autre intérêt. Il faut en dire autant de quelques
chants, que contenaient mes manuscrits, ou imprimés
dans la collection Miladinov, et qui se rapportent
à Chichman, le dernier roi ou tzar bulgare (il a
péri en 1396). Mr. Verkovitch en a recueilli en
Macédoine plusieurs, où se rencontrent les noms
de divers prédécesseurs de Chichman; on doit sou-
haiter qu'ils aient £lus de valeur historique et
littéraire. 2
Les lecteurs de la poésie populaire grecque
savent que les chants historiques y font absolument
défaut, à peine a-t-on pu découvrir quelques vers
sur la prise d'Andrinople et de Constantinople. Cela
s'explique. Lors de la chute de l'empire byzantin,
il y avait si longtemps que la nationalité grecque
était morcelée, elle avait si souvent changé de
maîtres depuis le commencement du moyen-âge, que
les habitants de la Thrace, de la Morée et de l'Épire se
connaissaient à peine, leur histoire à chacun était toute
locale, et elle devait se concentrer bientôt tout entière
dans la lutte de quelques individus isolés contre les
envahisseurs asiatiques. Chez les Serbes il en avait
1 Fondation de Ravanitza, Vouk, T. II, N° 36; N° 39 de
ce volume.
2 Voy. me» Rapports, p. 60.
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— XXXV —
été autrement, la formation progressive d'un empire,
les conquêtes rapides d'Etienne Douchan, avaient
exalté le sentiment national, et la catastrophe sur-
venue ou complétée en une journée, eut un reten-
tissement douloureux, qui dure encore, et que la
poésie célébra, comme elle avait fait pour quelques-
uns des souverains dont les efforts avaient élevé
l'édifice écroulé sur le champ de bataille de Kossovo;
comme elle l'a fait, dans ce siècle, pour la lutte sou-
tenue par Karageorge et Milosh, sans parler du
Monténégro, où encore aujourd'hui tout incident de
guerre (guerre et rapine sont souvent synonymes)
est chanté. Ce qu'on a dit des romances espagnoles,
que le caractère historique en est le dominant, 1 est
tout aussi vrai des pesmas serbes, mais avec cette
différence à l'avantage de celles-ci, que le souffle
épique y est plus puissant, et que le ton s'en élève
plus haut, soutenu qu'il est par une versification
mieux appropriée. 2
On a relevé dans les chants klephtiques les
noms d'un certain nombre d'Armatoles, qui ont eu
leur moment de célébrité, et dont le plus ancien ne
remonte qu'aux premières années du siècle passé; 3
cette liste s'est enrichie de noms dont la gloire a
été plus grande, ceux des héros de la guerre de
l'indépendance, des àYiovioraC; les pesmas serbes, an-
1 Damas-Hinard, discours préliminaire de la traduction
du Romancero.
2 On sait que le vers des romances est octosyllabique.
3 Passow, p. 5, N° 1.
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— XXXVI —
ciennes et de ce siècle, fourniraient, dans les deux
catégories, les éléments d'une pareille liste, mais
c'est en vain, je crois, qu'on a tenté de faire la
même chose pour les Bulgares. M. Bezsonov, dans
l'étude comparative de l'épopée des deux principales
nations slaves méridionales, qui forme l'introduction
de son livre, cite, comme personnages réels, divers
haïdouts, des Stoïan par exemple, mais ce nom
de Stoïan est si commun qu'il devient difficile de lui
assigner une valeur individuelle; quel intérêt, d'ail-
leurs, présenterait une telle identification, le caractère
et le rôle du bandit bulgare étant tels, c'est-à-dire
aussi peu attrayants, que le peuple lui-même les a
réprésentés?
Au reste, comment s'étonner s'il n'a pas réussi
à idéaliser des coupe-jarrets, puisqu'il n'a pas mieux
traité, ainsi que je l'indiquais tout à l'heure, un per-
sonnage historique, celui-là, quoique agrandi par la
légende, et que les Bulgares disputent, à tort il me
paraît, aux Serbes, comme un héros national. l Marko
Kraliévitch ou Fils de roi, dont j'ai assez parlé ailleurs
pour n'y pas revenir ici, a une figure bien carac-
térisée, il est rattaché à des événements importants
de l'histoire et il joue à quelques égards un rôle
patriotique. Or presque tout ce qu'il y avait en lui
1 Poés. serbes, note de la p. 70. Marko, qui paraît avoir
porté pendant quelques années le titre de roi, appartenait bien
certainement à une famille serbe, et Prilip, où Ton montre
encore aujourd'hui son château, faisait partie de l'empire de
Douchan, dont il était le feudataire.
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— XXXVH —
de sérieux et parfois de noble, a disparu chez le
peuple qui le revendique comme sien. Parcourez,
dans le recueil des Miladinov, l les vingt et une
pièces, contenant près de 3000 vers (héroïques, déca-
syllabiques), qui sont consacrés en tout ou en partie,
à Marko Kraléviké ou Prileptchanetz (de Prilip,
aussi kral Marko), vous n'y trouverez que de banales
et prolixes aventures, aboutissant même au conte de
fées; les mauvais côtés du caractère sont, en saillie,
on a affaire à un ivrogne,* doublé parfois d'un lâche,
que son fils peut apostropher ainsi: „Je ne veux
que dégainer mon sabre, afin de t'ôter la tête de
dessus les épaules, parce que, quand tu t'enivres, tu
ne sais plus ce que tu fais". 2 Même là où il con-
serve son rôle de redresseur de torts, surtout en
pourfendant de noirs Arabes, personnages énigma-
tiques qui sont réprésentés comme infestant le pays,
il y a quelque chose de banal et de conventionnel
dans la manière dont il s'en acquitte. Une fois Marko
se risque bien à faire quelque chose de désagréable
au Sultan, en bâtissant sans sa permission des églises
à Kossovo, mais il se laisse prendre et châtier comme
un niais. 3 Bref, au lieu d'un héros épique aux traits
fortement accentués il ne reste pour ainsi dire qu'un
personnage du théâtre des marionnettes. Si l'on veut
1 Marko ne figure que dans une pièce du présent volume,
le N° 36, une chanson de danse évidemment; il y conserve son
caractère de vengeur des opprimés.
2 Milad., N° 84.
3 Milad., N° 143; c'est la plus longue pesma, elle a
443 vers.
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— XXXVIII —
aussi rapprocher dans ce volume l et dans la traduc-
tion des poésies serbes 2 les pesmas sur Doïtchin
l'infirme, la comparaison mènera, je crois, à des
remarques semblables. Deux héros, communs aux
deux poésies, sont encore Jean Hunyadi ou, comme
il est appelé, Yankoula, et son neveu légendaire
Sékoula, mais à l'Est comme à l'Ouest, leurs aven-
tures n'offrent rien de saillant ni de réel, et retracent
tout autre chose que le rôle historique du grand
capitaine hongrois. Quant au nom d'Alexandre, avec
son cheval ailé et à tête de bœuf, je ne l'ai encore
rencontré que dans une seule pièce, que je tiens de
M. Verkovitch, et qu'on trouvera au supplément
(N° 4). Cest un nom, et pas davantage.
Si les comparaisons esquissées jusqu'ici ne sont
pas à l'avantage de la poésie bulgare et montrent
que les régions supérieures de l'imagination lui sont
fermées, elle se relève, je crois, par les pièces qui
se rapprochent du genre lyrique: ni la tendresse et
le dévouement dans les choses du cœur, ni la grâce,
l'enjouement et même l'esprit,, dans ce qui est du
ressort de la fantaisie, ne font défaut. Il y a bien
des pesmas d'un caractère narratif, qui mériteraient
encore la qualification de complaintes, déjà appliquée
précédemment aux ballades sur les brigands, je veux
parler de celles qui racontent des crimes, et cela
1 N° 40, Georges l'infirme. Les collections Miladinov
et Bezsonov renferment aussi plusieurs versions de cette histoire
se rapprochant davantage de la rédaction serbe; le nom de
Doïtchin y est conservé.
2 P. 195.
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— XXXIX —
avec une sécheresse et une froideur, qui sembleraient
annoncer l'absence de tout sentiment moral. Mais si
le peuple parisien ne s'est pas encore déshabitué
de ce genre de littérature, peut-on s'étonner qu'il
ait été en vogue, avec bien moins de grossièreté
d'ailleurs dans la langue, parmi des villageois atta-
chés à la glèbe, séparés intellectuellement du reste
du monde, et pour qui le langage versifié remplit la
fonction du journal? Nos feuilles mêmes, au milieu
de tant de matières plus relevées, ne font-elles pas
une place aux Faits divers? Ce que nous lisons,
et non sans avidité, le peuple le chante.
Quand on voit, dans les villages de la Bulgarie,
les jeunes filles ramasser le fumier de buffle et le
plaquer, en forme de galettes, sur les clôtures en
clayonnage, pour en faire plus tard usage comme
de combustible, on se détourne avec dégoût, et certes
l'idée de la coquetterie est celle qui se présenterait
le moins à l'esprit, si la tête ornée de roses, de lys
ou de fleurs artificielles, ne disait qu'elles sont filles
d'Eve comme les autres. Qu'on ne croie, pas d'ailleurs,
qu'aucun des artifices de la toilette féminine: fards,
teinture pour les cheveux, chignons encore plus
extraordinaires que ceux de nos élégantes, sans
parler d'enjolivements d'un goût vraiment barbare,
soient inconnus de la paysanne des Balkans, 1 nos
chants seraient là au besoin pour l'attester, comme
1 En Serbie particulièrement il n'y a pas une femme qui,
dès l'âge de sept à huit ans et jusqu'à la mort, n'ait les cheveux
teints en noir; les cheveux blonds et les blancs sont également
inconnus.
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— XL —
aussi l'effet irrésistible de la parure sur le sexe fort,
c'est la ressource qui, réparant
Des ans l'irréparable outrage,
sauve du divorce une Bulgare, comme une Grecque
de l'abandon. *
Dans les extraits que j'ai donnés des Chants
du Rhodope, 2 on peut voir à quel point l'amour y
est purement physique, c'est, je demande pardon
de l'expression, l'union passagère des sexes unique-
ment en vue de procréer des enfants, et pour parler
strictement, des enfants mâles, car il n'est jamais
question que de ceux-là. Les autres poésies bul-
gares, bien que l'amour y trouve plus d'une fois des
expressions tendres et délicates, a encore quelque
chose de cette brutalité, en ce sens que la femme,
qui a le malheur de ne pas devenir mère, ou même
de ne donner le jour qu'à des filles, y paraît mé-
prisée, comme c'est son lot dans la vie réelle, mal-
traitée, voire, ainsi qu'il y en a un épouvantable
exemple, égorgée à la façon d'une vache. 3 Les
querelles entre belles-mères et gendres ont défrayé
et surtout égayé, chez nous, le théâtre et le roman;
parmi les populations du Levant, la situation inverse
se produit, mais avec des résultats beaucoup plus
tragiques ou douloureux que comiques. Rarement
les fils mariés se séparent de leurs parents, et la
1 N° 45; Passow, N° 438.
2 Voy. mes Rapports.
3 N° 88.
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— XLI —
femme qui, par le mariage, entre dans une famille,
y est surtout considérée comme une ouvrière de
plus, comme une servante; placée, avec un nombre
de brus et de belles-sœurs, sous rentière dépendance
de sa belle-mère, elle peut endurer, par le fait de
celle-ci, un supplice de tous les jours, auquel plus
d'une, à ma connaissance, s'est soustraite par le
suicide. Quelquefois, c'est le mari qui prend les
devants et qui, poussé par les fausses accusations
de sa mère ou de sa sœur, donne la mort à une
épouse calomniée, quitte, c'est justice de le dire, a
se poignarder ensuite sur le corps de celle-ci. La
poésie conserve tous ces petits drames domestiques,
et nous les retrace sous la forme d'un assez court
récit, d'une nudité absolue, dont la conformité évi-
dente avec la réalité est le suprême intérêt. Les
Grecs, qui ont plus d'imagination, ont traité bien
peu de sujets de ce genre, et ils y ont jeté des
ornements sous lesquels le fond disparaît ou perd de
son atrocité. l
Ceci nous amène à considérer très brièvement
la forme des trois poésies.
Toutes se rencontrent en ce point, qu'elles sont
impersonnelles, la même où le sujet prêterait à des
développements lyriques. Le chanteur, si par hasard
il exprime ses propres sentiments, ne les étale point
avec complaisance, il ne fait que manifester naïve-
ment sa joie, ou semble chercher un soulagement a
1 Passow, N os 54 et seq.: La méchante belle-mère, et
d'antres pièces.
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— XLII —
ses chagrins. Cette poésie, où le je paraît, sans
pourtant jamais se mettre en scène, est surtout repré-
sentée en Grèce par les innombrables distiques, 1
qui, on pourrait le dire, y poussent partout comme
des champignons; successeurs, par certains côtés,
de l'épigramme antique, ils manquent absolument
aux Slaves.
Les Serbes ont reçu en partage la faculté
épique, eux seuls savent bâtir et ordonner un récit
régulier qui, prenant le fait à son origine, le déroule
jusqu'à la péripétie finale, avec le ton sérieux, la
profondeur de sentiment et l'ampleur de développe-
ments qui constituent une œuvre d'art.
Le contraste avec les Grecs est saisissant;
-dans cette brièveté abrupte des chants klephtiques,
qui là représentent l'épopée , et malgré l'énorme
allongement du monotone vers politique, c'est
l'accent dramatique qui domine; les transitions sont
supprimées, le chanteur, à qui on peut reprocher
l'abus de l'apostrophe, ne se mettant pas en peine
de s'étendre sur des faits récents et connus ; parfois
on n'entend plus que des cris de passion ; il y a plus
de vivacité peut-être, mais souvent aussi du désordre
et de l'obscurité, presque jamais un tableau complet.
La poésie bulgare occupe une position inter-
médiaire; pas plus que celle des modernes Hellènes
(les productions populaires , il s'entend) , elle ne
connaît la division des vers en strophes ou en
1 La collection publiée à Athènes (AtavoipàyouSa, 3 e édi-
tion, 1871) en renferme 2300; celle, non achevée, de la Société
du Parnasse (1871), 739.
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— XLIII —
stances, remplacée parfois et jusque un certain
point, par un très court refrain au milieu ou à la
fin de chaque vers; 1 mais cette analogie extérieure
n'a pas empêché des résultats esthétiques très diffé-
rents. En effet, elle est essentiellement narrative, je
ne dis plus épique, c'est-à-dire qu'elle raconte tou-
jours, mais sans les qualités que j'énumérais tout à
l'heure, et sans cette vivacité de langage qui, trans-
portant le passé dans le présent, lui rend pour ainsi
dire une existence actuelle. Les pesmas sont dia-
loguées, elles n'en sont pas pour cela plus drama-
tiques, à cause des formules traînantes qui y sont
employées, le nom de chaque interlocuteur étant
répété à satiété, de manière à rappeler au lecteur
cet ironique dicton:
Le roi dit à la reine,
La reine dit au roi. 2
A la suite de cette trop imparfaite esquisse,
j'aurais voulu mettre immédiatement sous les yeux
du lecteur les plus remarquables des analogies maté-
rielles qui existent entre les trois poésies, surtout
ces détails et ces formules qui ne peuvent être con-
sidérés comme le résultat des sentiments communs
de l'humanité, mais qui décèlent manifestement une
influence exercée, un emprunt, encore qu'on ne
puisse toujours distinguer quel est l'emprunteur.
Mais outre qu'une pareille recherche dépasserait ma
1 Voy. N°« 36, 85; Pass., N° 537, etc.
2 Stoïan disait à sa mère, la mère de Stoïan loi disait,
etc. etc.
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— XLIV —
compétence, cette préface est déjà bien longue, il
me paraît a propos de rassembler dans un article
séparé, qu'on trouvera plus loin, l les détails et rap-
prochements complémentaires que j'ai en vue.
m.
Les manuscrits dans lesquels j'ai puisé pour
composer ce volume, m'ont été obligeamment com-
muniqués par MM. Tcholakov ( T Io.iaKOB , L), aujour-
d'hui, à ce que je crois, directeur du gymnase bul-
gare de Philippopolis , et Guérov (repoB'L), vice-
consul de Russie dans la même ville, mais Bulgare
de naissance; j'offre ici à tous deux l'expression de
ma gratitude. Ces deux messieurs, qui sont du
nombre bien restreint des personnes lettrées ayant
du goût pour la poésie nationale, n'avaient point
recueilli eux-mêmes les pesmas, mais avaient reçu
de diverses parts les manuscrits, dont je vais faire
connaître la provenance, telle qu'elle y était indi-
quée; indication qu'on trouvera reproduite pour
chaque pièce à la table des matières:
A. Collection faite a Ternovo (Bulgarie), signée
Ev. Hadji G. Kisimov (Eb. X. T. Khchmobt»), et
contenant 98 pesmas rangées sous dix rubriques
différentes, à l'exception de 18 non qualifiées, et de
quelques-unes qualifiées de récentes.
B. Collection provenant de Pridop (Bulgarie),
partagée aussi en dix classes, qui ne sont pas iden-
tiques aux précédentes. — Sans nom d'auteur.
» P. 333.
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— XLV —
C. 128 pesmas, „ écrits par Slaveïko" (3anncaHH
otb CjiaBeôKo. — M. Slaveïko a été, et est peut-être
encore rédacteur d'un journal bulgare, „la Macé-
doine"). — De la Bulgarie.
D. 17 pièces accentuées, avec cette mention:
^Ecrites parZacharie Ikonomovitch. — Chants divers
qui m'-ont été dictés par ma mère" (3airacaira ott>
3axapiH ïïkohomobhtb. — ïlicnn pasjramin OTt Maftna
mh Ka3aHn). — Aussi de la Bulgarie.
A et B appartenaient à M. Tcholakov, C et D
à M. Guérov.
Je ne suis pas moins obligé à M. E. Verko-
vitch, de Serrés, qui en me fournissant les onze
numéros du Supplément, recueillis par ses scribes
(longtemps avant la découverte des Chants du Rho-
dope), et un certain nombre de Contes, dont je ne
puis insérer qu'un seul, m'a permis de donner ainsi
des spécimens des dialectes macédoniens.
Enfin, M. Nentchov, de Philippopolis, a bien
voulu me dicter trois petites chansons (N os 66 — 68).
Je ne suis nullement d'avis qu'on doive publier
toutes les productions de la poésie populaire, dont
beaucoup ne regardent que le lexicographe. Ayant
donc au préalable choisi les morceaux les plus inté-
ressants en même temps que les plus corrects, je
les ai transcrits fidèlement, sans y rien changer ou
retrancher que ce qui était une erreur évidente
du copiste, changements, d'ailleurs, si peu nom-
breux qu'il me paraît inutile d'en rendre compte. 1
* P. e. N° 3, le 1 er vers, était ainsi conçu:
Xo#Ha H)HaK xoflna noMaïc Ha nycTa-Ta BoficKa.
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— XLVI —
J'avais aussi, avec l'aide d'un indigène, commencé
à ajouter au texte les accents, car les 17 pièces du
man. C en étaient seules pourvues; mon départ de
Philippopolis a malheureusement empêché l'achève-
ment de ce travail, qui n'était pas sans utilité. On
peut voir, à l'avertissement du Glossaire, les raisons
qui m'ont porté ou obligé à modifier l'orthographe
des manuscrits et à m'éloigner du système d'écri-
ture généralement reçu, il est vrai, mais qui n'a
pas encore une fixité suffisante et qui appelle une
réforme.
Quant à la traduction, le système de fidélité
rigoureuse, de littéralité, qui y a été suivi, pourrait
paraître d'abord avoir été poussé jusqu'à l'excès.
Pour peu qu'on y réfléchisse, on se convaincra qu'il
était impossible d'employer une autre méthode,
même en laissant de côté la nécessité de faciliter
l'intelligence du texte. Les poésies auxquelles j'avais
affaire, ont le plus souvent une forme à peine arrê-
tée; on les pourrait comparer à certains mollusques
brillants mais aux contours indécis, qui flottent à la
surface de la mer ; il faut les observer là tels qu'ils
sotit, ne pressez pas cette substance molle, qui
s'échapperait bientôt à travers vos doigts, en per-
dant ses couleurs avec la vie. J'ai voulu, pour moi,
présenter les productions de l'esprit bulgare baignées
Xo#hji noMaK était de trop, et a été retranché; de même,
au 3 e vers, paHHjra ro était répété. — J'ai pratiqué plusieurs
coupures, pour supprimer de fastidieuses répétitions; elles sont
toujours indiquées.
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— XLVII —
pour ainsi dire dans l'élément où elles sont nées;
l'entreprise est de celles où il est difficile d'atteindre
la juste mesure, et je réclame d'avance l'indulgence
du lecteur. l — Enfin, je me plais à espérer que les
Bulgares ne jugeront pas trop sévèrement un travail
qui, pour un étranger, offrait des difficultés toutes
particulières.
1 Je dois faire, en outre, appel à la même indulgence, pour
ce qui concerne la correction et l'exécution matérielle de ce
livre, imprimé loin de moi, et dont j'ai pu corriger, il est vrai,
les épreuves, mais toujours avec une extrême rapidité, imposée
par l'organisation du service postal.
Iannina, le 2 février 1875.
Auguste Dozon.
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TEXTE BULGARE.
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gitizedb'y VjOC
EMTAPCKH IIÏiCHH.
CaMOBHJICKH H IJfcpKOBHH.
1.
r^TO CJTLHIje-TO 3aJld3fl,
TaM HMa MOMâ 3acndjia,
Ha Jiôino k m4cto 3acnàjia,
Ha caMOAHBCKo nrpâjio,
5 Ha roBe,a;âpcKO na^djio.
Cnâja MOMâ-Ta njo le cnâja,
KaTo ce ot c4>h clÔ^ah,
Bt3 HéH Cfcfll&T TpH MOMH,
TpH MOMH TpH CaMO^HBH.
10 IIlpBa-Ta oTroBâpiiuie :
xâfi^e #a 3éMeM MapnfiKa
3a caMOAHBCKa nonâ^H.
BTÔpa-Ta oiTOBâpfluie :
KaK méM ^a 3éMeM MapnfiKa
15 KaTo k e^HH^nca y Mâfina,
th 3a chh th 3a fl^mepâ ?
TpéTH-Ta OTroBâpHine:
H MH TaKBâ3H T'ipCHMe
taÉto e^Hâ Ha MâMa ô,
20 qe me MâMa ô ,a;a njiâ*ie,
fla njiâ^e aa hh BecéjiH
B nOHA&^HHK Ha KOpHTO-TO,
b'lb BTÔpHHK b Mâaa rpa^HHa,
b rpa^HHa, ftrime Ha HHBa,
1*
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— 4 —
25 Ha HHBa ftôme na afoie. —
"ïe Ha MapHftKa A^wax^:
CTané MapnftKe a CTann,
CTaHH, HAH CH y B&3H,
flfr K&TBLeW BfàMH CH
30 rfl&To me Aa Te 3éMeMe
sa caMOAHBCKa nonâAfl,
Aa AÔAeui Ha Haui BnaâieT,
Aa bhahih KaKBÔ ft' x^ÔaBo ;
He npe^éM Mapé He TatéM,
35 KâTa A6H c xopô c ijnr^JiKH,
KâTa A6H xopô nrpâftMe,
KâTa a©h K^éM h nni€M ;
Aa th ce MâMa napâ^Ba,
Aa th ce MâMa HaA^Ma.
40 KaTO ch y t£x othaô,
AorA^ MâMH CH H3KâîKe
h ce ot Ayniâ ota&ïh.
MâMa CTOHHy A^Maine :
OrotéHe chhko CTOiëne,
CTâAO-To ch He pa3THpaft
H3 caMOAHBCKa A^tfpâBa,
5 hjih, KaTO ro pa3THpaui,
CBC TlHKa CBHpKa lie CBHpH,
Aa Te He *iibie AHBa-Ta
AHBa-Ta CaMOAHBa-Ta,
Aa ce He 6<Spn clc Té6e.
10 Ctohh Mâfina ch He ciyinâ,
Haft ch CTâAo-TO pa3Kâpa
H3 caMOAHBCKa A^tfpâBa,
CBC CBHpKa-Ta CH 3aCBHpil,
CaMOAHBa-Ta noKâHH
15 Aa fl^Ae Aa ce notfôpaT.
CaMOAHBa ce BfccTHJia
KaT* Mâjnco MÔM^ie pôxaBo,
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— 5 —
iueciL&jiH h ce BJLOBÛAH
Ta cA ce Tpé ahh 6opHJH.
20 CtoAii me ^a ô HaABHie,
CaMo^HBa ce npoBihcHA :
Cthxhh cecTpâ BHXp^IHKH,
Aiiéc me Me Cto^h HaABHie.
Cthxhh ça ce cnycHiuiH
25 H CBHJH CA Ce BHXp^UIKH,
*ie ca CTOihia bahfhAjih
ot A'BpBÔ Ha KJiôn cjiarà,™,
ot Bipx Ha Blpx AHràiH,
nàp^e no iiàpne cicbc&jh
30 h CTâ^o-To My njrbcnAjiu.
3.
Xoahj KwâK Ha nycTa-Ta BÔficica
Ha n^cTa-Ta BÔftcica, BÔftcKa TaTapéftcica,
paHHJH ro TpncTa ApéÔHH n^niKH
TpéCTa n^HIKH, TpH CTp&IH TaTâpCKH.
5 Ila^nA lOHâK yB xbJLÔôito a6ji€
yB xbJLÔÔKo &6jiie noA AtpBÔ 3ejnéHo,
Ha Ai>pBÔ-TO nitae cokôjiobo,
H)HâK nHiHH ot *iépHa-Ta zeMÀ
ne ce qibBa ao chhho-to Hé6o.
10 OTroBâpn nûjie cokôjiobo:
yMpé H)HâK yMpé IIoMâK,
me th noiM 6ijo-To th Micije,
me th nûuk ^épHo-TO th KpiBie.
Pa3Ci>pAH ce K)HàK apajHK,
15 OTroBâpn IIoMâK Aotfip lOHâie:
mmué, nnje, He Me pa3JK>TâBaH,
He Me CTp^Baft, nitae, Aa pa3BpéœAaM
MÔft'-Te TpHCTa pâHH, TpH CTpfcaH TaT&pCKH.
OrroBâp/i nitae cokôjobo:
20 yMpé H)HàK (Les vers 11 à 13 sont répètes.)
Pa3C*pAH ce KMâK apa-nia,
noBjré^e ce no KopéM no pÉn^
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— 6 —
*ie ch ^p'ÉnH^ nyniKa réraftjmficKa
*ie yAapn néjie cokôjobo.
25 IlaflHA né-ie yB a^Ôôko Ao\iie,
nuiini uûjie ot tépHa-Ta 3eMA
^e ce *nbBa ao chhho-to Hé6o.
OiroBàpH lOHàK apajinn:
iranjH, nnae, ABàMa Aa nHmHUie,
30 jieauâ, néjie, ABâMa Aa zeTRÛme,
yMpn, néjie, ABâMa Aa ^MpeMe.
^OTérn^jio fi' lOHàKy Aa Jie^KH,
npoBéKH^ ce rouan apajinn:
ta& ch cécTpo, ejià H3ij$pn Me!
35 3a*nbjia ro ft' cécTpa CaMOAHBa
*ie noAXBplKH^, npn H)HàK OTH^e,
OMHJia My TpécTa ap^Ôhh pâHH,
ApéÔHH pâHH, TpH CTp'ÊJIH TaTâpCKH,
HaÔpâjia le TpiBH caMOAHBCKH,
40 B'Lpsàjia le ao TpncTa My pâHH
03,a;paBH ro 3a a^h h ao njiâAHe,
noflà-Ae My nyniKa réraftjrHHCKa
Ha BÔftcKa Aa HAe, BÔncica Aa H3Kâpa,
BÔficKa Aa H3Kàpa, jjâpfl Aa H3ÔâBH.
4.
Ilâcaji le CtoAh Tciué-Te
Ha CaMOAHBCKH xopHiua
H CH C M^AHH^Ka CaM CBHp&l,
CaMOAHBH ce CBÔpâ^H,
5 CLÔpâjiH h c& iirpàjn,
nrpàjiH H C* yMOpHJH,
*ie O*. BHCÔKO XBp'LKHAjIH
no 3ejiéHH-Te e-ixéini
TA^TO ÔHCTpH-Te KJlâAeHHH,
10 H nO IJB&THH-Te MOpâBKH
AO pâBHH-Te MH HOJTHHKH.
TpH-Ti ce réjiH cb6j[Ékjih, «
Aa B.i:fc3iK.T Aa ce onAnt^T,
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— 7 —
*ie CH pÔKIH-Te VbÔJl&KJU/l
15 h 3jaT0KpâÔKH MaxpaMH
ctc 3ejéH nôiic mômhhckh
h caMOAHBCKO 3a6^H^e.
Ctohh ch CTâ^o noKàpa
ie ro Ha B&ior npeBajra,
20 CaMo,ràBH-Te H3&é6u&.
CtOÂR HM pÔKJIH OTKpâAHA t
CaMOAHBH CA H3J&3.IH
H TpÉ-TÈ TÔJIH 6e3 pH3H,
Tpé-TÈ ce m6jd*.t CTOihiy:
25 Oroièiie, M&à&o OBU^p^e,
Aâfi HH, CTOlfeHe, pÔKJIH-Te
pÔKJIH-Te CaMOAHBCKH-Te.
CtoAh hm rn He A^Ba.
HàH-nlpEa-Ta My roBÔpn:
30 a^h mh, OroiëHe, pÔKJMi-Ta,
*ie iiMaM MâûKa Mâmnxa
h MâôKa mh Me yÔHBa.
Otohh h Hémp He Ka3â r
iiafi â pÔKJiH-Ta no^âAe.
35 BTÔpa-Ta A^Ma CToiHy:
Mo mh, OroiëHe, Apéxn-Te,
*ie HMaM ôpâTH ao a^bct,
h Téôe h MéV yÔHBaT.
Ctoéh â HHnjo ne Ka3â,
40 Haô â Apéxn-Te noA^Ae.
TpéTH-Ta Kâ3BaT Mapnôica,
THii CTO^Hy At Mame:
Aàfl mh, CTOièHe, ApéxH-Te
ApéXH-Te CaMOAHBCKH-Te,
45 ^e clm a3 eAHâ y Màfiiea
3a CHHei^ h 3a AT>m,ep;i;
th Aa ne càKaui, CToréne,
CaMOAHBa aceHâ Aa bôahui,
CaMOAHBa a^m He ctôépa
50 hhto th A^a OTrjiéacAa.
Ctoah h thxo roBÔpn:
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— 8 —
a3 TaKBâa' Tlpci*. A*Bi'ma
rA&ro le e^Hâ y MâfiKa. —
"ïe bR y t4x ch 3aBéAe,
55 c ap^th hr. ApéxH oÔJii^e
h 3a HébR ce oaKéHH;
cbcth HbAh th BtH^âBaji.
Tpn roAHHH ce boahjh,
CTaHiuia Tp^flHa HeB&nca,
60 M^acKa le pôarôa AOÔHJia,
cbcth HbÂh wr. Kp'LnjâBaj.
KaTo A&re-To kp'lcthjih
ÂJLH C/R. ftÔme IIHJH CA,
CBeTé Hb^h ce cyMfeca
65 ^e Ha CToiHa A^Mame:
OroiëHe, K^M^e OroièHe,
h Aa mh, K^M^e, nocBHpHm
c TBÔa-Ta ràfl^a Minraé^Ka,
KyMHija Aa mh noérgafi'
70 KaK CaMOAHBH nrpâw^T.
CTOiH C MfclHHHIja 3aCBHpH
a MapnnKa fi' 3anrpàja
Kâicro x<Spa-Ta HrpàbRT.
Cbcth HBàH h roBÔpn:
75 MapnftKe, MHja KyMiiue,
njo mh KyMH^nce, He Hrpàfim
KâKTO CaMOAHBH Hrpâi*/r?
— K^Me je, cbcth HsâHe,
mojh ce, K^Me, CToiHy
80 Aa mh H3BàAH ApéxH-Te
ApéxH-Te CaMOAHBCKH-Te,
6e3 t4x hc môtj& Aa Hrpâi*..
H CBeTH HBâH My ce iiomôjh
h mh ce Cto£h npHA^Ma,
85 câMCH ce Cto^h nsaîra,
KaTo m^ fi* pôarôa AOÔéjia
ne me 3a Ha3àA noMHdH,
*ie H pÔKJIH-Ta H3BâAH,
H3BâAH Ta noA&Ae.
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— 9 —
90 H MapâfiKa ce paaB'ipTÈ
*ie H3 KOMHHH H3XBplKH>».
*ie na irkqa-Ta KauHijia,
CaMOAHBCKH CH 3aCBHpH
qe na CTOjhia Avanie:
95 HajiH th piicox, OoiëHe,
CaMOAHBa &6m ue A^M'Ba? —
ILiecHiuia piijfc, iiJLecn&jia,
H 16 BHCÔKO XBptKHAja
H 1€ JSfrJlèKO OTHUIJa
100 y h^cth ropn 3e.iéHH
Aa caMOAHBCKH cé-inma
Ha mômhhckh-ji iciàAeHei;:
TaM ce MapiiflKa oickia,
MOMHHCTBO H Ce nOB'LpHA
105 *ie y MàMHHH ch othac
5.
CâMCH ce TiicuoA noAKàira
^épKOBa Aa en 3arpaAH
MeaCfl^ ABÈ BHTH HJaHHHH
h no,a; ^Ba tIhkh <56jianH,
5 na ch noBHKa Bhjh CaMOAHBH:
• Bhjh jie, Bnxpn h CaMOAHBH,
Bâ3H CBM BHKàjt ffl, K&ïïiA.
ne ct»m ^iépKOBa 3axBâHHji
Meac^t AB* BHTH nJiaHHHH
10 h no a ^Ba t^hkh ôôjiauH
hh Ha Hé6e hh na 3eM.i>i,
3a TOBà n^R. Aa bh nnTaM
Koi mh le aayrâ Hàô-61p3a,
MeH* hjihthh 3a 3ha Aa c6épe,
15 hjihthh h sâp 3a JienéHie
H péAOM KÔJLUfl 3a CTtHH-Te,
AOÔpn np'frne 3a npenjiHTaHie,
*IHCTH A^CKH 3a nOACT$IIH-Te
h rpeAH 3a TaBàHH-Te,
Digitized byLjOOQlC
10
20 3a MepKÔBHH BpaTa npàroBe
h 3a CTpixH-Te nÔKpviBn. —
Hâfl-6 r Lp3a le 6n&à, *nbMa-Ta
Ta ch jtAkh h CTpkin y3éja
CTâçn h M^à^H #a cime,
25 rojtMH h mAakh #a Bje^é,
3a ilihthh k cTâpun Mopoia,
Bâp 3a JienéHie ÔâÔH-Te TpoBHJia,
3a iiobhb kôjih KmâijH norofléHH,
3a npenjéT nplne momh HeaKéHeHH,
30 3a fl'iCKH ^épKOBCKH HeBicTHIJH
H 3a rp'LAH MHJOJnfcCH KMéTHIJH
h 3a npâroBe nonÔBe h KMéTOBe.
TpÉfl, CJTBHlje'H MiceiHHKO,
ropn h njraHHHé #a orpiôni,
b'lb ropé-Te, Kà3BaT, HMa
BfLHacTâp CBeTé Hjéa
5 H BT>B MtHaCTHp KHJlÛK
h b KHjréH-Ta Mapén,
ko^to fi* XpncTà poAitaa.
OTKâK k XpncTà poAHJia
TOK<5 16 TpH flHH CTOpÉJia, *
10 Ta K B^HKa H3ji3Jia.
C 3JiâTeH ce p'LacéH noAnnpa,
KonpHHemi nejLeuû #a c6épe,
A^TéHi^e #a ce noBHie.
Korâ ce na3àfl noBlpHA
15 th npn flïiTéHije 3aBâpH,
Hapé^ cê^At TpH acemi,
TpH aceHH TpH CaMOAHBH,
e^Hâ My pé3a uiHieuie,
BTÔpa My iiobôh iuieTéuie,
20 TpéTH My niànica Hnaceuie.
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— 11 —
MàflKa OoHHy At Mame:
CHHKO CTOlèHe CTOKHe,
Aorxk 6i, CHHy, npH Mâfina
a th 6$, CHHy, 6fci iepBéH,
5 OTKâK ca pa3flfciH ot MàftKa
a th ch, CHHy, ararr 3ejiéH
KaTo 3R r bJiT3. Hepâima
h KaTO 3ejiéii uiHMuinp;
Aa-JH th fi', CHHy, 3Ja ApyacHHa
10 UJL 1 TH CA B'LpJH OBHHpH?
Cto£h MâfiijH ch A^Maine:
MàôHo je, môh CTâpan,
hhto cIm Ha 3ja apyauâHa
HHTO MH CA B'LpjIH OB^ipH,
15 ho ca Ha^HH, mjIhho je,
3Jia Mé»IKa CTp'LBHHI^a,
Ta Béiep icbcho floxôacaa
OBqipH t(Shh clc raaBHH,
a K^^eTa-Ta c KaM^Hie
20 a MéHÈ hhiho He Kàace
HO MH BHKa, JIHÔe JEC
MâôKa Oroiray a^Mame:
TO H6 iè Mé^Ka CTpraHEIKi
ho mh iè ÉjiKa 3Minua;
25 MÔacem-JH î*. xéTpoM H3nHTa:
Éjiko je, jiHÔe 3MïiHije,
TH KaTO TÔJIKO XÔ,IHIH,
CHHKH CB&T OÔXÔAHIH,
He 3HâÔHI JIH 6ÛJLK 0Mpâ3H0,
30 0Mpâ3H0 ÔHJII€ ota&ïho?
*ie HMaM cecTpà n<5-MâjiKa
Ta iè T^p^ihh î*. 3ajnb6HJi,
ot néro ^a fc*. OMpâ3i*.,
OMpà3i*., Éjiko, ota^jha? —
36 Éjnca OroHHy A^Mame:
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— 12 —
Jiû6e OroièHe, CTOiéHe,
^a ch Haôépe aiâôKa th
CHHH-Ta Ôfria TéHTaBa,
acijiTa-Ta BpaTHra h KyMaHHJia,
40 Ta MâôKa th #a rn Bapn
cpea HÔm cpe^ noji^Hom
BtB r^piié He otfaceacéHO,
Ta cecTpâ th ^a nojiiie,
OT T^p^IHH ,3,21 1*. OMpà3H,
45 OMpâ3H ôôme ota&zih.
MâfiKa CTOHHOBa HaÔpâjia
Bapéjia ru f PC b cpe,a; noa^Hom,
Kâicro ie EjKa Ka3âjia,
BtB n»pHé He oÔaceacéHO,
50 He nojiijia cecTpâ.CTOHHy
ho nojijia caMH CToiHa.
Korâ k 6vulô Ha B&iep,
éTo *ie H^e Mé^nca-Ta,
ot p&jiév é^e h BHKa:
55 JiHÔe Ctokhc, OroiëHe,
mp Me jiécHO H3jlra
Ta Mé ot JiH6e ota&ih ?
8.
Pâ^a 3a BO^â xo^HJia
Ha 3MtëBH-Te KlâfleHHH
xoAHja h ce BtpHAjia.
Cp^ma Ô Hfl^T ABa 3M$H,
5 ABa 3mÉh ABa orHéHHKa;
n<i-CTâpH Pâ^a 3aMHH^.,
nô-MjiâAH Pâ^a 3anépa
n ô CTÔMHa-Ta HannBa
ne ch Ha Pâflâ ^^Mauie:
10 Pâ^o Jie, jiHÔe Pâ#o je,
KâTa B&iep mh ^oxô^Aani,
nô-CM^CHa KHTKa aohôchhi
tÔ3' Bé^iep moH J mh flonéce. —
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— 13 —
Pà^a Ha 3m4h a^aiiie:
15 3Miflno th orHéfiHo je,
n^cHH Me, 3MÎftiio, Aa mhoa.,
fla mhha Aa en a 3aMHH>&;
MÉMa MH 6ÔJLHQ, JieHCH,
KÔJIKOTO ft' ÔÔJIHa OT Ô&iecT,
20 ABa KâTa ropn 3a BOflâ. —
3m£h lia Pâ^a ^^Mame:
Pàflo je, MOMâ x^ÔaBa,
J'lhch th, Pâ#o, apyréro,
ajia ch 3mÉhho ne jn,xn,
25 3m4hho ch xBlpKa bhcôko
h r-ié^a 3Miôno ninpÔKo,
cern Ha^ Bâ3H npe£XBp , BKiL*x,
MâftKa th d&flH b rëpeH KaT,
MàftKa th MarécHHi^a-Ta,
30 MâftKa-TH oMàftHHija-Ta,
3a rè6e pn3H CLiunBa,
C^KaKBH ÔHJIKH OUIHBa
cinaKBH 6ÛJIKR OMpfelIH,
OMpâ3HH, ÔHJKH pa3A^IHH,
35 ^aHÔ Te, Pâflo, HaMpâ3i*.
MâftKa th MarécHHija-Ta
MarftÔ3a ropâ h BOflâ,
acéBa le 3%Mji xBaHiuia,
b hôbo b& rLpHé Typera,
40 c 6&jl h& Ôoahjt no^KJiâAa,
3i.Mii ce b rtpHé BHieuie
BHieiue ftôme uinn^éuie,
a Mâivia th HapiniA:
KâKTO Ce BHK Ttâ 3%MH
45 Tift ^a ce bhbrt 3a Pâ^a,
3a Pàaa T^puh Elarapn,
AaHÔ B& 3m£hHO HaMpâ3H,
HaMpâ3H #a î*. octAbh.
Roui ne Te le nj&pnjia
50 a3 uja ^a Te 3aflHrH,&. —
^ôp' Tyft ch 3m4h H3A^Ma
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— 14 —
h ch Pà^a 3a#HrH^,
mKarn& r<ipi b Heôecà
po BHCOKH-Te Kanàpn
55 y inapÔKH-Te neujépH.
9.
^Keiiiiiu Ma, Maaio, ro^iiui Ma,
a^a Ma, MaMo, He uirraiii,
ysaemi jh ii^sl ca, ne iU/K. jiu.
Mené Ma, MaMo, 3Mifi jihÔh,
5 3mM jih6h, MaMo, 3mM jokh:
AO Beuepa iiv&t 40 aoa>&t
3MJ&BH C Ôitfll aTOBH,
3MÏ1HH,H C 3JiaTII KOUHH,
3Mifi^eTa B 3JiaTH JH>;PIIII(H,
10 ropa 6e3 BtT'Lp me jrerne,
cejio 6e3 on.ii me n^aMHe
h <5e3 Ky^ieTa me jiaBHe.
MaMa ^iiMHTpa ayMarne:
^HMHTpO, CIIHKO ^HMHTpO,
15 qo th MaMii ch He Ka3a,
MaMa th #a Te nojiiie
Ha nycTO orHHiue c nycT ÔaKpau?
^or^t MaMa û H3A\Ma,
ropa 6e3 Bfrr r bp jierH^ja,
20 cejio 6e3 on>H HJiaMH^Jio
h 6e3 Ky^ieTa jl&bh&jio,
Ta ch ^HMHTpa rpaÔH^^n.
10.
MàMa CToina noMlMpa
noM^Mpa MafiKa norâ^n:
CTOiene, chhko CToréne,
UK) I€ Tyfl ^1H)A0 ot Téôt?
5 H MH C3ie MjâflOCT H MH. III
H JIIOÔÔBHHI^H JIHÔHJIH,
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— 15 —
Tyfl *Il6A0 H6 CMe BH2KA&JIII
KaKBÔTO TBÔft'-TO, CTOlfeHe,
Ha r<5p£ MHHeui 3aMÉneui,
10 y MajiâMKHHH HaMHHeui:
MajiâMKa TÔn-ia oôiflfr,
MajàMKa AOÔpâ njaAHHHa,
MajiâMKa AOÔpâ Benépa,
ne ce saBplmaM y AOMâ
15 o6i»Aa a» ch oôi^saM,
iuaAHâHa pp. ch njia^H^BaM,
Beuépa A& ch BeuépHM.
H Ctohh ce k pa3cpaMH&
ne ce Ha Eôra noMÔ.in:
20 CTopn Me, Bôace, iipecTopn
na KaKBâ rÔA$ raAHHKa
Ha chbo Ô&jlo opprime,
BHCÔKO fl& CH nOAXBplKBaM
h Aa Me HMaT 3ary6eH,
25 As fl& ce cn^CHA KaT* opaé
y MajiàMKHHa-Ta rpaAHHKa.
H Ha Eôra ce cmhjihjïo
*ie ro Ha opjié npecTÔpHJi,
H CH BHCÔKO nOAXBplKH^JC
30 h n6-HH3KO ce naK cnfcn&JL
y MajiàMKHHa-Ta rpaAHHKa.
MajàMKa h^èth paacàHCAa,
Ctohh BO^â-Ta pa3npâB«
Aa ce i^b4ti€-to nojiHBa.
35 CTOHHOBa-Ta Màfi^mua
KaTO ce Ctohh aar^Ôn
y MajiâMKHHH ro TptCHJia,
Aa Hero ie CKpnjia MajiâMKa,
h b rpaAHHKa k OTHuuia.
40 MajiâMKa jhoto KtJHénie:
th mh MOMié-TO nponlAw! —
Ctohh npeA Héb*. H3Jii3e
KaT 1 chbo 6&jio opanme,
h ctc KpHJiijâ Mk rjiàAeuie.
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— 16 —
45 MaMa m y néro no3HâBa
h My Kpitaie-TO ocK^6a.
11.
^iojio ca fi' Bpa^ma CTpannaHCKa
Ha CTpaHuancKH a KaMeH-Mocr,
CHEIKH OB^IHpH XOAHXa^
Ha Bpanica ^a ch BpauyBaT.
5 ^o6pé KHxan He xo^h
Ha Bpa^iKa #a ch BpauyBa.
OB'iapH My ca cm^hx^:
cbh^h Jin th ca napa-Ta
ne npn Bpanna ne n#eui
10 Bpa i iKa-Ta ^a th BpauyBa?
^e CTaHA ^o6pn Ta OTH^e
Ha BpauKa ^a ch Bpa^yBa;
Bpa^Ka lia ^oôpa AyMaine;
^oôpn je, ^oôpn KHXaH,
15 JoniaBO Te6n ca r^e^a,
He CBHpn, Ao^pn, He rpa^H
Ha Cbcth Ha wrnpHCH,
He CBHpH C MÈAHH KaBaJIH,
ot KaBaj S'héla, me H3JÈ3e
20 ne Te6e Ta ma yxann. —
#o6pH Bpa^iKa-Ta He cjiyina,
Haô rpa^H A<>6pH, Hafi CBHpn
Ha Cbcth Ha qeTHpncH,
OT KaBaJ 3^MH H3Jrfc3e
25 ^oôpa Kiixan yxana.
12.
II^CTH-Te MÔH KB% T%rH,
h ^a CTâHeTe ab$ M'BrjiH
ne ce bhcôko B^HrnéTe,
AiiraôTe WLrjH npâxoBe
5. Ta 3aTy.iiTe cjrinije-TO,
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— 17 —
cjrèHije-To ôme M^ceija. —
Pà^Ka 3a BOflji oTitea,
qe bR cpfcmHAjia cj'BHue-To.
Giiinje-TO Pà^KH A^Mame:
10 Pâ^Ke jie, MOMâ x^6aBa,
E<Sr a* ytfnie Mâfiica-Ta,
MâôKa-Ta MarécHHi^a-Ta,
qe Marfiôcajia cjrôime-TO,
c-n^Hi^e-To <5me Miceija,
15 ropâ-Ta ôme TpfcBâ-Ta
3eM^-Ta ôme BOAâ-Ta,
3 r bm&û"Te acHBH jiÔBeine,
clc 6&i ch Ôoahji ÔOAÔiue
ÔOAéuie h HapHwnne:
20 KaKBÔ a3 6oaA t£ S'lmhh,
T'Bft A& ce 6oaAt npréHH
3a Pâ^Ka, MOMâ x^ôaBa.
13.
,3[éuiKa h pôarôa ne Tpâœ,
AoÔHJia ^éiiiKa MOMifae,
TB^pAt ê 6hjiô x^oaBO,
^éuiKa ce ^uoah h Mâie
5 KàK me My KplCTH HMe-TO,
qe ro Kp-LCTHJia Tpo3AâHKa
Aa My le rpÔ3HO HMe-m
Pâcxa rpo3AàHKa nopâda
rojiiMa MOMâ CTaiiAja,
10 cjriHije-To He br BH3KAâjio,
^e ch Tpo3AâHKa H3jrâ3e
y ôâmuHH ch rpaAHHH
npeA 6âmHHH ch capàn,
na hr. cj^ime-To CLrjéAa,
15 Tpé ahh Tpn HÔmn Tpeirrijio,
TpenT^Jo ne 3ajii3Bâjio,
*ie mv le MâMa roTBHja
roTBHjra h HaA^Bâjia
Digitized byLjOOQlC
— 18 —
3amô ce cji'iHHe-TO 3a6âBH.
20 KaTO ch y t£x othac
MâMa My ro le ctAHJia:
cjn>H^éi;e mhjio màmbho,
3amô ce, cjràHije, 3a6aBH
^e th Be^iépH hcthha,
25 Be^iépH KpâBa âjlobsl? —
Cji'iHqHue A^ Ma MâMH ch:
KaKBâ ch, mAmo, CBrjiéAax
Ha a<J Jhh 3eMH, Ha CBfrrà !
aKo t13* momA He 3éM^
30 Hem A ch Acho H3rpiBaM
KaKBÔTO icHo H3rpiBax;
Aa HAeui, màmo, Aa habui,
Aa H^eni, m£mo, npn Bôra,
Aa H^eni, Aa ro nonnTaui
35 ÔHBa jih acHBa mom& Aa AnrHeM,
3a \ièa Aa ce b*jh*i£i*.? —
Xoah MaMâ My, nHTàjia:
Eo^KHé Jie, ÔJiaroAapHM Te,
CJllHIje-TO ttjkho KaxlpHO,
40 ^e i€ MOMâ ctrJieAâjio
AÔJiy mh Ha RÔJiHfi 3eMH ;
ÔHBa jih h npnjttra jih
jKHBa MOMâ Aa AHrHeM ?
rocnofl MàMH My Avanie:
45 CTàpnue, MâfiKO cjii»HUOBa,
ÔHBa ce h npHJiira ce;
Aa cn^CHeM 3JiàTH jii6jhihuh
Ha rp.03AàHKHHH JJBOpÔBe
Ha jié^eH ach Ha reprëB ach,
50 Aa BiipBH Mâjio toji4mo
3a 3ApâBie Aa ce jnojiiie,
Hàft-noAHp Ta HAe rpo3AàiiKa
Ha JiibJiKH me ch nod&AHe,
hhh méM JiibjiKH-Te Aa AP^nneM.
55 KâKTO k Ka3âji CTaHimo,
Ha JinqeH ach Ha reprëB ach
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— 19 —
3&&TH 06 JK)JIKH cnycHAJiH
Ha rpo3^;âHKHHH ABopÔBe,
B'LpBijïO MÀJO rOJT^MO
60 3a 3ApâBie Aa ce aïoiiie;
jhojlÎjlh njo ce jiio.ii.iH,
Hâfi-noAnp Aonurâ rpo3flâHKa,
MâMa â caiwâ 3ajiiojii.
KaTo k c^AHAjia Ha jiojikh
65 tImhh ce M'LrjiH cnycHAjn
h ce JibjiKH-Te AHruAJH.
KaTO ce jiib^KH-Te ^nrax^
MâMa â njiâ^e Hapn^n:
rp03AâHKe, MHJIO MâMHIIO,
70 fléBeT roAHHH cbm Te cyicâja,
AéBeT Micei^a Aa roBÉftiH
Ha CBéiCBp h Ha CBeidpBa,
Ha nlpBO JiHÔe BiniàHO.
IlaK rpo3AâHKH ce Aombjo'
75 a^bct toahhh Aa roBin',
^e le rpo3^àHKa roB&aa
AéBeT toahhh Ha CBéKpa
Ha CBéKpa h Ha CBeK'ipBa,
Ha nlpBO JinÔe cjriHUHije,
80 ne ce ca^Hue-TO naacâjiH
A&ro K HÈMâ HÉMHI^a,
*ie ce 3a AP^ra 3arÔAH
Aa He ie H$Mâ HfcMHija,
rpo3AâHKa me le KyMHua,
85 rpo3AâHKa me th Biimiie.
Ila^e ch CBàTÔa fl&ruAjui,
h î*. Tpo3AâHKa 3a6^JiH,
KaK 1*.* rp03AâHKa IipHÔ^JIH
caM<J le 6fxo njaMH^jio,
90 6fjLV2L no a 6fxo npoA^Ma:
rpo3AânKe, MJiâAa KyMnne,
ano CH HÈMâ HiMHIja
ue cjinâ jih ch ca^mina
ue mh 3anàj[H 6^jio-to?
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— 20 —
95 H rpo3MHKa ce 3acM&ia
*ie ch Ha 6^-iKa npoA^Ma:
ofl mh Té, MjâAa HeBicTO,
He th 6f&o-TO 3anâjiHX
H He CT.M IltMâ HtMHl^a,
100 MéHi mh MâMa Hap'LHâ,
AéseT clm roAHHH cyKâJia r
AéBeT toahhh a& roBfo*.
Ha CBéiepa h Ha CBeicLpBa;
cerâ tf A^BéTa roAHHa,
105 cerâ m& a& ch npoA^MaM.
KâK le 3a*iib.io cilHije-TO
h Ha ai'fcme-TO MâôKa My T
*ie ça 6^JiKa-Ta BtpHiuiH
ne ça rpo3AàHKa BÈH^âjiH
110 3a icHO cilHne.
14.
Tp'LrHAj mh CBeTH Teôpra
c^Tpa pâHO Ha reprëB a^h
Aa oôxôacAa 3ejiéH CHHop,
c^rpa pâHO Ha reprëB a^h,
5 3ejéH CHHop 6âui-nuieHHi^a.
B cpima HAe c^pa iâMA,
C^pa JL&MK CLC TpH TJaBH.
Cbcth TeôprH oTroBâpa:
oh Ta Téôfc, c^pa jiâMH,
10 ipL H3BâAi*^ 3JiaT 6o3AorâH,
nj*. otc^kA ao TpH rjiaBH
qe me TeicAT ao TpH pfcKH,
AO TpH pfcKH népHH Kp'BBH.
He ce BtpuA c^pa jl&mk,
15 TOH H3BàAH 3JaT Ô03AOrâH,
na OTC&ie ao Tpn r\iaBH
TeKHAjIH C&. AO TpH pfcKH
AO TpH pÈKH ^iépHH Kp'LBH.
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— 21 —
ITipBa pfcicâ no opâ*ie
20 6âui-mneHHH,a,
BTÔpa pfcicâ no OB<aipe
npicHO MJ^KO,
TpeTH pfeâ no Kônâie
p^ÔHO BHHO.
25 CTaHH hhhè, rocnoAHHe,
Té6i nii6M, Eôra cjiâBHM,
ot E<Sra th MHÔro 3ApâBi€,
ot Apy^HHa BeceJHHa.
15.
HMÈja MâftKa HM^jia
e^Hà ^i»mepi HH^nna,
OTKâK ce Hmca poAHJia
MâMH en pirc He B'BpHijia;
5 cerâ ce 6ojrnâ pa3Ôojrâ,
MaMà ô c$ah Ha^ cipAne,
6amâ ô c£ah HaA i\iaBâ.
rôcnoA âHreJH npoBÔAH
AÔJy mh Ha A<taeH cb4t
10 Ha npaBocjiâBHa Ayninna
b pan 6Ô3KH Aa b& 3aBeAAT,
nB&rie-TO A^ My npenpâma,
qe My i^b4tk-to iiob&l&,
KajiaH*HpH h 6ocHJiaKa.
15 rëcnoA âHreJH npoBÔAH
3apâA 6e3rp4mHH Ayménn,
h âHreJH ch othaoxa
KÔ&y mh Ha AÔaeH cb4t,
HaMipnxA ilHKa <5e3rpimHa,
20 neMÔr^T Aa ch npHCT r Liu*.T
OT MâMHHH ô njà^oBe
ot ÔânniHH ô T'iroBe;
*ie ce âHreJH B'tpHAx^
h npn E<5ra c;r othihjth
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— 22 —
25 na ch Ha E<5ra a^Max^:
ne MÔaceM, Eôate, He môskcm,
ne m6»6m aa ch npncTlnHM
ot MâMHHH h naà^OBe
ot ÔàmHHH h TiroBe.
30 TôcnOA nocin HÔtJïKa
flO oôi^ hhkh>& noiiHKH^,
#o iuiâflHe ijb'lhA aaBlpsa,
flO HKHHflHfl y3pÉH
#o Tpn mh aiàTHH flÔMKH;
35 càMCH ni rôcno^ otkIcil*,
Ha àHrejrn rn no^à^e
^a ni Ha ÉHKa 3aHecAT,
ft<5me hm TôcnoA napvià:
e^Hâ-Ta A^HTe MàMH â,
40 AP^ra-Ta flànTe TàTKy â,
TpéTH-Ta flàftTe Ha HHKa
iÏHKa me aa ce 3acMiie,
MâôKa û me ce 3apà#Ba
na HaB^H me ch H3JÉ3He
45 #a ch KaxlpH pa3T^niH. —
h âHrejiH CH oth^oxa,
e^Hà iiÔ'BJiKa flàflox^
Ha ihiKHHa-Ta Màifanija,
Ap^ra flà^ox^. TàTKy â,
50 Ha HHKa flàBaT TpéTH-Ta.
flHKa ce le no3acMÉjia
h MâôKa h ce 3apâ^Ba
h ch Ha liaB^H H3Jli3e
#a ch TlroBe pa3T^niH
55 ^e me iÏHKa 03flpàBH,
naK àHrejiH ô 3é\iH Xynini^a
h Mv npe^ Eôra 3aHécjiH.
CàMCH b& TocnoA nocpimn^
qe Mv b pàô 6Ô3KH yBé^e,
60 iÎHKa My ijBfrne npenpània
kôjiko ro HHKa npenpàina
H UB^TK-TO Ce pa3KJlÔHH
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— 23 —
pa3K.iÔHH fiônje pa3ijaBTt.
Kàie ce Mâina â noBlpn^
h Ha ÉHKa ch ^Mame:
65 KâK ch ce, IIhkc, po;jH.ia,
TH ptl lie MH CH B'LpHAja
qe naK Me, iÏHKe, H3BàpjH
6e3 MéHe ayuiâ npe#àAe.
16.
3B*3Aâ 3opHHi;a H3rp"fcBa,
IleTKâriKa flBÔpa MeTéine,
IleTKâHKa a^Ma 3opHHun:
3opHnue, AcHa 3opHHi;e,
5 3am,<5 MH TTift pâHO H3rpifl
A^i^a-Ta aa ch pa3njiâ*iein,
MOMH-Te ^a ch pasAiinieni,
Ô^JKH-Te #a ch pa36£flnui?
3opHnue 7 icHa 3opnHue,
10 th CTÔHin ÔJiH3y npn Eôra,
MHÔro My 3^pâBi€ 3aHecii,
MÔJÔa-Ta #a mh nooi^uia,
fléBeT c*. n,£.IH toahhkh
ot Kâicro CMe ca aceHHJiH,
15 ajra ch pôacôa HeMâMe,
MOM^âHa hh MOMHqâna,
AaHÔ mh rôcno,a; no^apiï
ot cÉpAue pôacôa #a HMaM,
Eor^M^o méM ro Kp'LCTHMe.
20 rôcnoa IleTKâHKa nooi^ma,
flâ^e h pôacôa ot CLpaue,
ABpâM'io CBHKâ nonÔBe,
AHKOHH ÛÔWP BJiaAHI^H ....
(Le reste est omis.)
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II.
XafiflyTCKH H OBHHpCKH.
17.
IIpoBHKH;Rjia ca Eo>raa
hh3 TOBa ÔiJio rpoMa^e:
npo^aBaô, MaMo, 3ajraraô
MOH-TH TXHKH flapOBe,
5 aapoBe Jieueim h KonpHHeHH,
qe me PoMamca ^a H^e
Ha lOHaun BOHBOfla ^a CTaHe
Ha ce^eM^eceT apyatHHa,
cefleMfleceT h ce^eM,
10 EoHHa Aa hm k BoftBoaa.
BCH^KH K)HaUH npncTaxA,
K03apie lOHane He npHCTaa.
Eo>raa ctc rjac H3BHKa:
apyjKHHO BepHa, croBopHa,
15 ÔpfeMeTa Api>Ba Ôepfrre,
rojiiM ch ortH KJiaAiTe,
Mfecfrre ÔiJia nora^a,
Typfrre wljitb, 3K%JïTHn,a,
BCHKOMy no 3ajiar Kèzire;
20 KOMy nia na/jne 3K%jrrHHa,
toô me BOHBOfla aa CTaHe
Ha ce^eMAeceT h ce^eM lOHaijH. —
EpiMeTa AP^sa HaÔpajra,
roJitM ch ortH HaiciajïH,
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— 25 —
25 m£chjh ÔtJia nora^a,
TypnjiH acLjrra acL-iTHiui,
pe,a;oM no 3ajiar a&ihjih
Ha ce^eMAeceT h cca'm Apy^RHHa.
Eoahh cna^HA araETnija,
30 th BoôBOAa me Aa CTaHe.
Ko3apie MOM^e He npncTaa
EoHHa BOHBO^a Aa Ô'lac
EoHHa hm AyMa npo^yMa :
ApyîKHHo BipHa, croBopHa,
35 Typfrre np'BCTeH Ha 6yica,
npxcTeH Ha Jiy^a Aa ôhkm ;
koô np'BCTeH npoKapa,
toô me BOHBoaa ^a 6i>Re. —
PeAOM'B ca peflb&r lOHaijH,
40 np'BCTeH Ha Ôyica JiyqaxA,
hhkoh ch nptCTeH ne npoKapa,
EoHHa npe3 np'BCTeH nponapa.
Ko3ap*ie MOM^e He npncTaa
EoHHa BOHBOAa Aa 6i>j(e.
45 PoMaHKa Eojraa H3BHKa:
ApyacHHa BipHa, croBopHa,
Ao A^BeT caÔJiH nÔAaftTe,
HapeA Aa rn npecKa*iaMH,
koh-to caÔJH npecKO^H,
50 Toft me BoôBOAa Aa 6-ba©. —
IDHaun EoaHa nocjyinaxA,
napeA ch caÔJH noÔHXA,
lOHai^a Aa ru npecKa^iaT.
Hhkoh ca He Haie Aa CKa^a,
55 Eo>raa PoMaHKa npecKOKiL&,
ome 3a AeBeT HaACKOKH^.
Kora ca cihth*. K03ap*ie,
oceM catfjra npecKOKHA,
Ha A^BeTa ca Hajia3H>&..
60 EoHHa hm BoôBOAa CTaiL&jia,
bchikh i€ lonanH noBejca,
no Bptx no GTapa njianHHa.
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— 26 —
^6BeT TOAHHH XOAHJH,
nonapajiH AeceTa-Ta.
65 Ctohh Eohhh npo^yMa:
MOMa cecTpnne Eohho !
xaft^e flfl, ca pa3HeceMH,
Ha 3HMOBHme Aa hacm. —
A EoHHa My npoAyMa:
70 iio^HKaft, Ôafiqe Orojme!
*ie mh le xaôep CTHmauio
Aa HAe MOMa KepHMa,
KepHMa, 6iJia KaA^Ha,
ctc TypcKa xa3Ha rojrôMa,
75 ctc AGBeAece AaœjiaTH
h cto h ABaftce Apann,
CKopo ropa 3aBapA$Te,
ircreKH npecM&Te. —
ToBa KaTo H3pfc*ie,
80 AO*Taca KepHMa Ka^^Ha
cto TypcKa xa3Ha rojiiMa,
ctc ACBe^ece A^e^a-TH,
et cto h ABafice Apann.
ÏÏ3Jii3e ô Eojma,
85 EoHHa M^aAa BOÔBOAa,
Ta Ha KepHMa npoAyMa:
KepHMo, Ôfcjia KaAi>Ho!
Hfcmo m& Aa th ca noMOJii*.,
AaHO mh MOJi6a npoMHHe.
90 h noAapn mh momuh-tc,
Manap no ^TLpBeH Ay^aT. —
KepHMa Eohhh npoAyMa:
Ae thah, KypBa Eo>mo!
Ha Te6' jih uy& ca noôoi*.?
95 MOMUH-Te Aa th noAapMv,
ct>c AGBeAece A^e^aTH
cl cto h ABOfîce Apann ? —
Haj[H ca HAoca Eojraa !
IÏ3BaAH caÔH ^peHrin,
100 Ta Mv ABa ntTH npHrtpH^
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— 27 —
H TpH ITBTH b& UfcjqrHA,
na ca Ha catfa homojh:
ca6ë je, moh cecrpHue!
MJioro Me ch cjyinaja,
105 h cera a» Me nocjyinaui,
KepHMH xa3Ha Aa 36M^&. —
lia ca EoHHa 3aBi>pH^
Ty Ha jièbo Ty Ha a^cho ;
Kora ca HaaaA oÔxpiL*.,
110 toko KepHMa 6t ocra-ia
bxb Tan 3JiaTa ko*ihh.
EoHHa KepHMH npo^yMa:
KepHMa, 6kia KaA'BHa,
noAaft ch r-iasa Ha Bi>HKa
115 rjaBa-Ta Aa th otp&ka! —
KepHMa Eohhh npoAyMa:
Maia cecrpHue Eohho!
npocTo Aa th re xa3Ha-Ta,
TOKO CH M6H6 H6 ryÔH,
120 ie cbm e^Ha Ha Maftica
h cbm CKopo ro^ena,
Mja^a neaceHeHa.
EoHHa KepHMa He nocjiyiua
ho û rjiaBa-Ta OTpt3a,
125 na ca na Apy^RHHa hbobhkh^:
Apy»HH0 BipHa, croBopHa!
KOft ta^to îe Aa AoftAe,
Aa 3eMe Teaaco HMaHie;
Kofi kojcko Morae Aa AHrHe,
130 bchkh AOMa Aa ch HAe,
a3H iha Komin Aa KapaM.
18.
MàMa Ha IléHKa A^Mauie:
IléHKe ae, MHJia MâMHHa,
Mâicap Aa cbm th Mâmnxa,
Ha^Ka nia th Ha^*L&:
2*
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— 28 —
5 Korâ th flô^e csàTÔa-Ta,
KaTo npeA CBàTÔa H3Jife3eiH,
x^ÔaBo Aa ch npHMéHHiu,
JléKH^KO A» CH nOKJLÔHHIII
Ha K^Ma h Ha K^Ma-Ta,
10 Ha CBéKxp h Ha CBéKxpBa,
h Ha nô-CTàpa érBpBa,
Hâfî Ha MâjiKO-To AéBepue,
<S*ih-th aa ch He H3AHraui
ropà-Ta Aa ch norjréAHeiu,
15 ^e ma CBâTOBH no3HàBaT
ie ch c xafta^TH xoAHJia.
IléHKa M&MH CH At Mame:
a3 nia ce môjii*. na Té6e,
naK TH CH MÔJH Ha TéTH,
20 npnidH Aa mh npHKfiôca,
MOH-Ta MTbaoca npeMéHa,
MOH-TH qHBTe-nHCTÔBH,
MOH-Ta câ6n 4>péHriH
h A^ra nyimca ôofijuin,
25 qe a3 m^ Mlata Aa bôa^
H ABâ AHH, MÀMO, K TpH AHH,
a nâK mh ao Tpé caxâTa,
a3 m^ b ÔajKàna Aa ha^,
b Ôaracâna b'lc xaftA^TH-TH ;
30 TaM mh H)Hâu;H qâKaxsi,
HOA C&KO A^PBO H K)HàK,
B C^Ka AOJ^HHKa h ÔaHpâK.
KaTo ch IlénKa H3A^Ma,
o6.ié<ie Mlauca npeMéHa,
35 3anâca *iH4>Te-nHCTÔBH
h ôcTpa càÔH *péHri«,
*ie BJii3e b t'bmhh axipH,
H3BàAH KÔHue xpaHéno,
*I6 CH KÔH^e-TO B'BSciAHA.
40 IlénKa b ÔajiKàHa othac
b ôajiKàna npn xaftA^TH-TH,
Aa ch lonâun AapyBa
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— 29 —
3apàAH CBÀTÔa néHKHHa:
Ha BCfeKH K)HâK no HJllK
45 H B iLI'LKa HCMTHMKa,
Aa 3Hâw,T, ôme Aa hôbhi*t
Korà ca ft IléHKa aceHHja.
19.
OTKaK ca HBanuo noBAHra*
h ome cecTpa My ^paraHKa
et n'LT^ xa3Ha He mhila.
OT Ijapfl HH OT Be3HpH.
5 Choihh mh nonja AOBTaca,
ijapcica me xa3Ha Aa mkhc
ÏÏBaH^io AyMa ^paraHKH:
^paranKe, cecTpo ^paramce,
k^a* KaK cbm Ta npoBOAUJi
10 Bce mh paÔOTa saB^pinn;
xaft^e Ma ft cera nocayniaft
h mh patfoTa aaB'LpiHH:
H 36MH KHTKa KJIOMOBH,
OTBOpH T'LMHH 3eMHHUH t
15 qe 3eMH 6&ïh MaA^pn
^e hah, cecTpo ^paraHKe,
A<wiy b paBHO-To jHBa^ie,
b'lb 6erjiHraKo-TO ycoie,
KopAHcafi ÔijiH naA^pn,
20 npnrpaAH Maaa rpaAHHKa
^e Hacfefi n,B$Te BC$KaKBO.
KaT* ca xa3HH-TH 3aAaA^T t
Aa HAeui b Majia rpaAHHKa
Aa naôepeni ijBfrre BCÏKaKBo,
25 Aa HanpaBHHi khtkh CMicenn,
• Ha BC^KHMy KHTKa Aa AaAein,
Ha ÔaftpaKTapn abï khtkh,
C KHTKH-TH Aa TH OÔaBHHI
AO KaTO aoa^ H a3H,
30 AorA^ Ma rjiaBa otÔojiti
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— 30 —
flOKaT* Ma Tpecica npeTpece. —
^[paraHKa ay M & HBamiy:
6paTKO Jie, ne CTHrHauio th
A6B6T nemepn c HMaHie,
35 aeceTa c hcbjïth TKrhjiTmjR?
HBairao ayMa ^paraHKH:
^paraHKe, cecTpo ^paramee,
CTHrHAJio h apTHcajo,
ajia xaupn m^. npaBi*^
40 xanpn h MaHacTHpn,
Ha ÔyflHa Bo#a KaM6H-M0CT T
Ha nycTa ropa MaHacrap,
ManacTHp cbhth HBaHa,
Ha Hobo cejo qepKOBa,
45 qepKOBa CB/rra ^paraHa.
^le ro ^paraHa nocjymaj
3ejia 16 KHTKa kjktcobh,
OTBOpH T'LMHH 3CMHHIJH
H3BaAH tffcra qaA'Bpn
50 qe ch ^paraHKa OTH^e
flojy b pocho-to jiHBaAie,
fbb 6erj[HiHKO-TO ycoie,
KopAHca 6$jh qa^pH,
npnrpaAH Maaa rpaflHHKa,
55 Hacin i^B^Te BcfeicaKBO.
KaT* ca xa3HH-TH 3aAajn,
^paranKa Bjfe3e b rpa^Hinca
HstÔpajia fi ijBfrre BcfeKaKBO,
HanpaBH khtkh cMfeceHH,
60 ^e npeA xa3HH-TH H3J[fe3e,
BC^KHMy KHTKa nO^afle,
Ha xa3HaTapH kb% khtkh.
Xa3HaTap â ca Mojrenie:
^paraHKe, 6aui-xapaMio,
65 MOJï6a nia th ca noMOJH*.,
xa3HH-TH aa mh xapHacem,
^e B6K6 MH Ca AOfliïbfc.
ot ÔanjHHH mh Mapra3H,
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— 31 —
OT AfyïiOBH MH HaKa3H.
70 H ^paraHKa ro nocjynia,
h My xa3HH-TH xapH3a,
h ca iia Ha3a# noBi,pH^.
Ot ropa H^e HBaHuo,
h Ha ^paraiiKa ayManie:
75 ^paraHKe, cecTpo ^paraHKe,
6e3 MeHe napn HecTpyBam,
KaKBO-TO a3H 6e3 Te6e;
3amO xa3HH-TH H3nyCHA,
He th, ^paraHKe, Ôacmca?
80 H ^paraHKa ca pa3CLp^H
*ie ch xa3HH-TH npecTHrHA
qe ca Ha aecHO saB'BpTï,
AOKaT* ca Ha jrôBo ofopHH
Ao e^eH MH rn H3Cfrie,
85 ABiCTi mh pycH Ka3aijn,
TpncTa mh AfcJïH-ÔauriH,
^6 HM Xa3HH-TH flHITLÏcJHL
^e npn HBaH^ia OTHae,
h Ha HBairea ayMauie:
90 ÔpaTKO je, ÔpaTKO HBairao, *
ÔojeH ch, 6paTK0, uia yMpenr r
aja ca naK He ocTaBaui;
MeHe mh ca xa3HaTap noMOjrn,
*ie My xa3HH-TH xapH3ax. —
95 AoTp$ ^paraHa n3#yMa,
HBaH^io ca ot Ayiua OT^friH,.
TeatKO HMaHie ocTaBn.
20.
.lajwo lOHai^H Ay Maine:
H)Hau,H, OTÔop-Kmanji,
3snyji2L mh ce fi KepHMa,
KepHMa Ôfoia KaatHa,
5 qe n^e KepHMa #a MHHe
C neTCTOTHH «lyura OTÔpaHH^
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— 32 —
CHMKH-TH qepHH MaHaBIJH
pa3MicoM ctc ApHayTH.
Kofi me ce Haie Haj6MH>&,
10 KepHMa a» ch npeBapn?
KepHMa HMa 3JiaT repAaH,
rep^aHa Aa h oTp&Ke,
no a ryinKa Aa ia u^Jiyne? —
Hh ce k Haieji hh e^eH,
1 5 Haft ce re Haie* ^HMHTap,
^HMHTap M^a^o K)Ha*ie.
lOHann AywaT ^HMHTpy:
He ce, ^HMHTpe, oôjiaraft
c KepnMa, Ôftia xaHtMa,
20 qe ch, ^HMHTpe, rjrynaB,
KepHMa me Te 3aTpnie,
HajiH k r3t>k 3a Teôe ?
^HMHTap hhiho He pfrie,
jifcna npeMiHa o&ifctie,
25 cpiiina KepHMa othao,
ot AaJieq h ce noKJiOHH,
ot 6jiH3y CKyTa nfcjiyHyR,
h Ha KepHMa AyManie:
KepHMa, 6&ia xaH'BMo,
30 a3 HMaM ceB#a 3a Te6e,
CKpHuiHa m^k AyMa Aa Ka3K,&,
BoficKa ch nanpeA H3npaTH. —
KepHMa, acena rjynaBa
BoficKa ch HanpeA ncnpàTH,
45 ^HMHTpa nycn>& b ko^hh.
^HMHTap AyMa KepHMn:
KepHMO, ceBAo roJÈMa,
h ch rjraBa-Ta noBAHrHH,
no ryinica Aa Te u$jLynj&,
40 no tboa repAaH ajrrLHeH. —
KepHMa, aceHa rjynaBa,
KaT* ch rjaBa-Ta noBAHra*,
toô h rjaBa-Ta OTp$3a
h CK'Bca repAaH aartHeH,
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— 33 —
45 3aAnriL& ckuih npeMtHH,
clc oônp Ha3a,ai H3Jit3e,
Me ch npn JLauma, 0TH,a;e,
rjiaBa My b Kpaica noAXB'BpjH.
Ce-Te lOHann ce MyAHJH
50 KaK le ^HMHTap naji'Lraji
KepiiMa, 6ftia xain>Ma.
21.
OTKâK ce le cejiô 3ace.iH.io
Xaftfl^TH He CA BJi3BàjIH,
cerâ ce Kâmi&T aa B-ifeBaT,
KaHHJIH C*. Ce H BjfejH.
5 CpeA cejiô xopô nrpàie,
h Ti a*. Bji3jrii B xop6-TO>
b cpeA xopô ÔaôpâK 3a6HJH,
HapéA MOMB>Te i\iea&iH,
kôh me ch nosHâH' He^é-in,
10 6ani-inoHniHCKa-Ta A^mepâ.
He uk HHKofl no3HaBàjr,
Hâft m; le no3Hâji MjaA Ctohh,
Me b¥v 3a ptKâ yjroBii,
Me hR noBé^e 3aBé#e
15 Ha Bp'ix Ha CTâpa ILiaHHiià.
Ha xaft^TCKo-TO xopnnje.
IleqéHO Ame rrç^T aaAt
MepBéno bhho nia nÔMvT,
KexêjiH. me hm 3ajHBa.
20 CfcKHMy qéniKa npnjiHBa,
CTOHHy He b&. AonljiBa,
C ApéÔHH hfc. CLJI3H npHJHBa.
Ctoah He^éan A^Maine:
nOMHHHI JH, He^éjIHO, 3Hàl€UI JIH,
25 KorâTO 6fcx y Bàc pàTafirae,
jibTa Me TpécKa 3aTpéce,
Blpja Me rjaBâ 3a6ojr&,
A3 th BOAHija noiicKax,
2**
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— 34 —
TH MH BOAHIja H6 &&&,
30 aMH ch xjiiôa MfccBame,
ne mh noMHftica Avanie,
â3H tu xaiôen, noiiCKax,
th ch xjiÉÔa OTplrBaine
qe mh KopéuKa flàBame.
35 raaBà-Ta n^ th OTpiat^
KaTO Ha Ame reprëBCKo,
KaTO Ha nnjie neTpÔB^e? —
A He^éjui My Avanie :
KaTO cbm, ÔâôHe, crpiméJia T
40 HéMa jih, 6âHHe, nponjéHie?
Cto^h ce jk5to pa3cip,a;H
qe â rjaBà-Ta oTpfoa.
KaTO ô rjaBà 0Tpi3a,
bhkhA HenêjLR mp M&Ke
45 a RÔJLie-TO ca lekraajiH
h ropà-Ta le nncHAjia
ot He,a;éJiHHH-Te raàcoBe.
TaMâM ô rjaBâ 0Tpi3a,
6amà ô HMàHie npoBÔAH.
50 CtOHH HMâHK CTOBâpH,
He^éan rjiaBâ TOBâpn,
Ha 6amà ô b& npoBÔAH.
22.
E^fina ce ropâ pa3BHBa T
MâfiKa ce ctparjé HajiHBa.
MâMa CTOHHy fltfM&we:
CTOI^He, CHHKO ÔTOlfeHe,
5 Tyfi jcéTO 6e3 K>ip oct£il*.;
chôihh TeprÔBHH mhhAx*,
TeprÔBi^H, MjâAH KÔTjreHUH,
3a Té6e, chhko, néTax^ :
r^e re, Ô^jrae, MJiâ^ Ctohh,
10 MjràA Ctohh, Mjcâ^o lOHà^e,
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— 35 —
Ha Kipa Aa ro 3aBeAéM
Ha Péja Orâpa ILiaiiHHâ? —
Cto^h Màten ch Affame:
ne CTHrHA jlh th, MàftHO Jie
15 A<> A&B6T KOJlâ C HMâHK,
ACCOTA XTbJlTÛ ECBJITHnH?
He ÔaxTéca jh, cràpo MàôHO &e>
TxprÔBCKH rjcaBH a» Kpiiiein,
icBpBaBH pé3H Aa népeiu? —
20 IIocj^Hiaft, CHHKO CTOlfeHe,
Tyft JléTO hah, KHp^Bafl,
3a Hanpéfl ceAH, norfiBaft. —
Cto£h MàaiH ch oTroBÔpn:
MâôHO je, MHJia MàftHO Jie,
25 KaKBÔ TH CJEà^KO roBÔpninl
K CH A3HKa H3BaAH
noA fl3HK Aa Te uj&ji^ha,
3anjô mh cjcàAKo roBÔpnin,
x^ÔaBo Ha ^m no^Bani. —
30 H MâôKa My ce HSJilra
ne CH «3HKa H3BâAH,
h toô ô H3HK npHxàna.
Othac b tImhh axlpn,
H3BâAH A^BeT KaTipn,
35 h rn c acBTHHH HaTBâpn,
ne rn caMH^OK noBéAe
b CB^Tà Topâ rn 3aBéA©
Ha XnjieHAâpcKH MOHacTHp,
caMcii ca noKaj^repH.
23.
Ot KaK ca PaAaH noBAHriL&,
Ha ijapa xa3Ha He CTHrHA.
Ot ijapn xaôep AOBTaca
Ao BHAHHCKH-Te nameHUH,
5 PaAaHa Aa ch yaoBb&T
hjh rjiaBa My Aa 3eM^T.
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— 36 —
TejaJHH BHKa H3 Bhahh:
koô-to Pa^aHa yjoBH
ro-i-ÊM me Ôaranniu Aa 3eMe.
10 Hhkoh mh ca ne Haieaia
Aa n^e Pa^aHa ao tohii.
Ilaina-Ta nncMO Hannca
ne no Pa^aHy npHBOAH,
rA$ Aa le PaAaH Aa AOAe:
15 B MyxaMeAa ca 3aK.i$BaM
Ôaftpaicrap b^r ro HanpaBMx
Aa boah oTÔop-iOHanH,
Aa na3H xa3HH ot oônp.
PaAaH ch nncMO HaMïpn
20 na xaftAyTCKo-To KJiaAeHHe,
npeA Apy^KHHa ro nponeTe,
npo^ieTe h rn nonnTa,
Aajin Aa HAe y Bhahh?
Hàô-MajiKo Moame PaAOH
25 to Ha PaAaHa Ay Manie:
Byfrqo Jie, Byftqo PaAane,
He xoah, Byitao, y Bhahh,
TOBa le, Byitoo, H3MaMa,
H3MaMa, JK)Ta npeBapa. —
30 A3 h^r, ApyîKHHa, Aa ha^,
ano Ma b Bhahh 3aTpni*.T,
Homi mh jiema 3eMHfrre
ne ro b ropa-Ta 3aHec'Te
ropi mh ropi b CT6HH-Te.
35 TaM HMa HBop hoa CTeHa
h ao HBopa nemepa,
npeA nemepa-Ta 6%jl KaMT»K
h Ha KaM'LKa'TpH Kpi»CTa,
bh ch KaMtKa A^rHiTe,
40 jrenia mh TaM 3apoB$Te.
IIoApaHn PaAaH b wtb'bpt'lk,
caMCH npn naina ôTHAe,
raBa3H ro c;& xBaH,*jiH,
onaK My ptufc B'LpsajiH,
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— 37 —
45 Ha Kpafl ca ro bsbcih,
H3BeJH, m&n ro nod&KAT.
PaAaH raBa3H Ay Maine:
raBa3ii, BepHH nainenuH,
Kp'LB-Ta ch xajaj J& CTOpiA,
50 MOJi6a bja bh ca homojiw».,
AorA* ne ctb Ma 3aTpH£H,
cxc CBHpKa Aa en nocBuphr^,
Aa lyre Maao rojfeMo
KaKBO ch PaAaH 3arHHBa. —
55 TaBa3H ro ca nycHAJH,
PaAaH CLC CBHpKa 3aCBHpiI,
Ta ca ropn-Te nncHAJH.
PaAOfl Aywa Apy^KHHa:
ApyKHHa, MJiaAH lOHaijH,
60 TT»3H K CBHpKa Byft^OBa,
HJO JH MH 3KaJIHO TLH CBHpn?
cKoqiTe, Bepna ApyacHHa,
Aa HA6M Byftqy Ha apAaM. —
PaAaH ch CBnpKa H3Kapa,
65 TaMaM My o^h npeBpi»3BaT.
PaAoft c K)H€mH AOBTaca,
raBa3H ot Kpaô pa3Tnpa,
Byfîqa ch Ha rpxô 3aAHrHA,
Ta ro b ropa-Ta 3aHece.
70 PaAaH Apyaoma noBeAe
ropfc mh ropi b CTeHii-Te,
npn HBop ao nemepa-Ta.
TaM 6%jl KaM'LK ch noAHniA,
TaM 6HJ0 CKpHHIHO HMaHie:
75 3eMaflTe, BepHa Apy^HHa,
Kofi kojiko Moace Aa hoch,
KOÔ TA^TÔ BHAH Aa HAC
24.
IIpoBHKHAwi ca JlnÔen lOHaK
Ha BpT.x, Ha CTapa ILiaHHHa,
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— 38 —
JLu6en ca c ropa npomaBa,
Ha ropa h BO#a ^y Maine:
5 ropo Jie, ropo th 3ejeHa,
h th &e boao CTy^eHa,
3Haiem jlh, ropo, homhhhi ah,
kojko clm no Te6* noxoAHJ,
M^a^H CLM MOMUH nOBO^HA
10 M'ipBeH clm npinopeu, hohochj,
MHoro clm MaftKH paanaaicaji,
MHOrO HeB^CTH pa3A0MHJL,
noBeqe ApeÔHH cnpaniï ocraBHJ,
Aa ruia^tb^T, ropo, Aa mh icl-ïhat ?
15 npocTH mh, ropo, npocrn!
Me iu^ ^OMa Aa ch h^r.,
MaMa Aa Ma noroAH,
noroAH ftonje oaceun
3a nonoBO-TO MOMnqe,
20 nonoBO non-HHKOJOBO.
Topa HHKOMy ne Aywa,
h JlnôeHy ropa npoAyMa:
Au6ene bohboao, bohboao,
AOCTa ch no MeH* noxo^na,
25 OTÔop-iOHanH noBOAHJ,
TLpBeH npinopeu, noHOCHJ
no Bp'Lx, no Oapa ILiaHHHa,
no xjkiahh cêhkh AetiejiH,
no pOCHH Tp^BH 36JreHH,
30 MHoro ch MaftKH pa3njiaKaJi,
MHOrO CH HeB^CTH pa3AOMHJÏ,
noBeqe ApeÔHH cnpaieTa ocraBHJE,
Aa njra^b^T, .InôeHe, a* icljïhat
MeHe, boôboao, 3apaA Te6e.
35 ^o cera, JlnÔeHe boôboao,
Te6£ 6fc MaftKa Oapa ILiaHHHa,
a. JinÔe th ropa 3e.ieHa
c KHiiecTH niyMH npeM^HeHa,
c cjiaA'BK BeTpeu, pasxjraAeHa;
40 Te6e Tp^Ba nocTHJiame,
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— 39 —
c ropcKH JHCTa uoKpiiBauie,
ÔHCTpH-TB BOflH nOflXA,
ropcKH-TH nnjmH niaxA,
3a Te6e, ^IntfeHe, AyMax^:
45 BeceJH ca lOHaïc c lOHaun
^e c Te6e ropa k Beceaa,
3a Tetfe iuiaHHHa Beceja,
3a re6e BO^a cTy^eHa.
Cera ca, .InÔeHe, c ropa npomaBam,
50 *ie mem flOMa ch ,a;a H^ern,
MaftKa th Aa Ta noroan,
noroflH, ftonje 03K6hh
3a nonoBO-TO MOMnqe,
nonoBO nou-HHKO^OBO.
25.
ïïpoqyji ce k K)HaK npoqyj
c TpncTa AyniH ,a;py»HHa.
CKopo k HBKy xa6ep aonpaTHJi:
^HHH HJ0 *IHHH, IÏBKO ÔOJLHpHH,
5 nô-CKopo ,a;a mh H3npaTH,
Aa H3npaTH h AonpaTH
TpncTa qn*Ta TLpBy.iH,
3a TpncTa flynra npeM^Ha,
qe me BofiBOfla ^a flo^e
10 y lÏBKa ôojrnpHH Ha rocTie
C TpHCTa MJaAH lOHaUH.
CnqKO k Hbko npHroTBHJi
Ôa^iBa c B'ipjia paKHH,
Ôaraa c pyftHo bhho,
15 aeceT KpaBH hjobh,
AeceT *ypHH xjh^Ôobh.
lia c^ah^ Hbko #a njKwe,
Koft me rocTie Aa My nocpefcnnie ?
caMCH Hbko GojiJipHH He CMfeie
20 He CMtie Ha cpinnia hm Aa H3jt3e,
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— 40 —
Aa He 6h rjaBa ,a;a My 3eM^T.
C'LrJieAa ro CHaxa My
cHaxa My Hâfî-M'*HH*nca-Ta,
na k TefiHy ch roBopa^a:
25 TeftHO Jie, mhj 6amHue!
He njiaun, TeftHO, ne t'lhch!
a3 n^ th KmaijH nocp$npL&.
CBeK'Bp HeBÈCTH npoayMa:
MOMa HeB^CTO HCBfcCTO,
30 moh MaJKa CHamnije,
ano mh Kmaun nocpfcnjHeui,
npocTO #a th k KOB^eace-TO
KOBqea:e-TO Hâft-M'BHH'iKO-TO,
njo ro niecT ÔHBOjra B03W&.T.
35 PaHO k cTaHAJia HeBicTa,
paBHH le ABopn noMejra,
bch^ko le pe^oM peflHJia,
3a lOHai^H rocTK roTBHJia.
3aAaJiH ce lOHaini-TH,
40 C TpHCTa CBHpKH CBHpfcX^.
c TpncTa r-iaca iihchax&,
TpncTa caÔJiH ji^ch^xa,
3a lÏBKa 60-iHpHH nnTax^.
ToAOpKa HM nopTH OTBOpH
45 Hape^ hm p'LKa ijïUyBa,
CHKofi h aa^e no ujkio
a BofiBo^a-Ta acLJiTHija.
HaToqn B^p^a ôncTpa paicnn
#a rn Hapefl nocayatH.
50 BofiBo^a Ka»:e hcb^cth:
MHJa xyôaBa hcb^cto!
hjo th k KpoH^np cpeÔiïpeH,
a qauia-Ta KajeHa? —
A HeBfecTa My OTroBopH:
55 6aie ^aMHHe, ^aMime!
Ha TpncTa aymn bohboao !
Mjra^a ct>m, ôaftqo, HeBfecTa,
CKopo cbm Tyn' flOBe,a;eHa,
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— 41 —
He 3Hawv ta% k uama cpeÔ'tpHa.
60 BofiBO^a npo^yMa hcb^cth:
ot p$ ma 3Haiem, HeB^cTo,
^e Me BHKaT ^aMHHa? —
HeB^CTa My OTroBapa:
He 3Haiem jra, Ôafao, He noMHmn-Jn
65 Kora hhœ cnpan,H ocTaxMH?
a3H 6fex M'LHHUKa, 6afîHe,
MaMa Te6e yneuie,
a th MaMa He aiymame;
MaftKa Te<fë ay Manie:
70 He moi\&, chhko ,3|aMHHe,
3a Te6e CTapa aa paÔOTA,
c e^Ha ypKa h MaxajiKa
Ha Typun xapaM aa njranjaM.
Th 6aflqo, Tora 3a(5erHA
75 ot Te6e Maâica #a He njia^e?
cera bh^ïx, Ôaft^o, no3Hax Te,
*ie cmh Ha e^Ho CBpn,e aeT&iH,
OT e^HH CHCH 603aJHH.
ToraBa ce bhkha npoBHKH^
80 Ha BCH*IKH ^aMHH BofiBO^a:
Apy»HHO BepHa nocaymHa,
C MHpOM JVBLTe H IIHHTe
TyKa le moh cecTpa To,a;opKa,
6ojflpHH-HBKy CHaxa cTaa&..ia ; —
85 Ôp'LKHA CH #aMHH B na3BH,
TeatKH ch KeMepn OTnaca
Ta rn To,a;opKH xapH3a.
ToAopKa le toctk ncnpaTHja,
KmaijH rocTie HaKajecajia.
90 noBTbpH^. ce TO,a;opKHH ,a;eBep
Ta HeB^CTH KOBqeace He ,a;a.Ba
mo-To CBeKtp oôpeie,
Hâfi-M'BHH^KO-TO K0Bie3Ke
mp ro inecT ÔHBOJia bo3hrt
95 To^opKa My oTroBapa:
AeBepe, ^parn ^eBepe.
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— 42
ano mh KOB^eace He ^aBam,
TO MH le flOCTa h 6afiOBO-TO.
26.
OcTaHA HeH*io cnpa^e
6e3 6ama HeH^o 6e3 Maftica,
Me HeMa HHrA$ HHKoro
koô Ha yM ^a ro Hay^n,
5 ^a patfoTH HeHqo p& patfoTH
6aiHHHH-TH CH MKMKOBH,
aMH ch TpxrHA xaôAyTHH
Ha xaftAyTH-TH tiaftpaicrap,
Ha napn-TH hm xa3Ha^ap.
10 Xoahji le HeH^o xoahjc le
ce^eM,a;eceT h ce^'M toahhh,
^e ch 16 HeH?o HapaHHJ
ce^eM^eceT h cca'm paHH
HÔ-MaJTKO H OT CaiMH-TH,
15 nô-MJoro ot KpoinyMH-TH,
^e CTaH*. Hchmo oTH^e
y AyAa y AOBHqiea-Ta
*ie ch Ha nopTH xjtoname.
AyAa ch njaTHO Tx^euie
20 h TT.3H niceH nfcreme:
tfpe HeH^o 6pe xafiAyTHHO
Ha xaôAyTH-TH 6anpaKTap T
na napn-TH hm xa3HaAap!
HeHMO CH BJïi3e B ABOpH
25 h ch Ha AyAa Ay Maine:
AyAO &e Ta AOBH^Ke je,
h Hâ th, #yAO, t$3' napn
*ie hah, ÂyAO, ie Tcynn
ie Kynn MexjieM 3a paHH
30 h Aasaô KxpnH jeHeHH
Aa B'ipaceM paHH lOHa^KH. —
AyAO ch CTaH^. oTHAe,
He Kynn MexjieM 3a pann,
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— 43 —
aMH na KOHaK othaô
35 h Ha cefiMeHH #y Maine:
cefiMeHH, 6yjnoK-(5aniiH,
TOJK03H BpeMe KaK CTaH^.
KaK ch HeH^a A^pirre,
AO cera He H3AHpnxTe,
40 HeHqo le cera y AOMa. —
"ïe ch ceflMeHH cTaH^x».
ie y ^yAHHH othaox*.
ne mh cjk HeHia xBaH>*j[H,
onaK My pxitfi BT»p3aJiH
45 qe ro Ha KOHaK 3aBejra.
HeHio cefiMeHH AyMame:
cefiMeHH, (îyjiOK-6amiH,
MOJltfa II^Îv BH CH nOMOJM,,
p^Ka-Ta Aa mh pasB'LpjKHTe
50 p'LKa-Ta fiome A^CHa-Ta
Aa tfp'LKHA B KOK)H-A»otfOBH
3jaT0 caxaT^ie Aa H3BaAfc&
Ha Ba3H Aa ro xopnacA. —
Pa3Bxp3axA My pxKa-Ta
55 qe ôp'MCfr*. HeHqo qe 6p-M0L&
^e ÔpXKHA B K0H)H-A^060BH,
He H3BaAH 3jraT0 caxaT^e,
Haft H3BaAH caôfl *peHrin;
KaT* ça Ha accho 3aBtpTii,
60 aota$ ch Ha afeBo o6T»pHe
CH^KH-TH MH 16 nOCilCBJ.
^e ch Ha Ha3aA noBTbpHA
^e y AyAHHH OTHAe
ie ch Ha ,3jAa Ay Maine:
65 h Jinraft, ÂyAO, Maraft
cpeA icBmn cpeA nparoBH-TH
Aa th rjaBa-Ta oTpiacA,
Aa bhahih, AyAO, Aa bhahbi
KaK ch HeH^o npeAaBa.
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44 —
27.
Hornca na pfea nepeuie,
IlaH^o ch Hohkh ayMaine :
HoHKe jre, Mjra^a HeBecTo !
rA$ HMa Aa 3Haiein çepa*e
5 nepa*e, HoHKe, eKHMarie
paHH-TH Aa MH 03ApaBl*.T
paHH ceAeMAeceT h ce^eM,
ce^eMAeceT c nynnca ynymiiaTH,
ce^eM c hohc npoÔOACHH ?
10 HoHKa Ilairay npoAyMa:
a3H cbm, IlaHio, yepaBKa,
nepaBKa ftome eKHMariftKa;
a3 IIJ/R. th paHH 03ApaBH
ce^eMAeceT h ceAeM,
15 ceAeMAeceT c KpyniyM paHeHH,
ceAeM c hoec npotfoAeHH. —
3ApaBH ro Hoiraa 3ApaBH ro,
T'LKMO AO TpH M$Ceua
AorA^ My paHH-TH 03ApaBH;
20 na ch naireo no ABop H3Jii3e
Ta ch ïïthh AyMaine: 1
MOMa ïïtho, xytfaBa HeBecTo,
H BJÈ3HH B AOJIHH 3eMHHn,H
Ta MH H3Hec' A^BeT TH*THKa
25 Aa ch IlaHio onauie,
Aa no3Haie 03ApaBfci Jin ie
paHH ceAeMAeceT h ceAeM, etc.
HrHa BJ$3e b 3eMHHnn,
H3BaAH Ilan^y th#thuh,
30 na ce Ilanio ouaca
na ch HeH^y npoAyMa :
1 La substitution, d'ailleurs inexplicable, du nom de Hma
a celui de HoHKa, est conforme au manuscrit.
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— 45 —
H H£H Heiroo Kpi^MapHH,
a hah b 3JiaTHuiKa-Ta uapuiia
Ta mh Kynn KypinyM h 6apyT
35 Aa ch 6aii(HiiieMH ;
aKO jh, HeH^o, He HAeui,
aeMaM th HrHa HeBecTa. —
HeH^o ch no ABop xoAeuie,
6%jlu ch p'm.'fc Kp^menie,
40 ap^Ôhh ch CBJmn poHeuie.
HrHa ch HeH^y AyMaine :
JHÔe je, HeHqo Kp'B'mapue !
mp ch no ABop xoahui,
6£lH CH p^Ufe Kp-BUIHUI,
45 flpetfHH CEJT3H pOHHUI ?
HeH*io ch IlrHH AyMaine :
Kora Me nnTain, Aa Ka5K>&,
IHO CH 6&ÏH npT»CTH Kp-BIHl*.,
m.0 CH Ape^HH CBJ3H pOHLR,
50 h KaK mh IlaH^o AyMa
IlaH^IO HHUe BOHBOAa,
Aa haa b 3JiaTHHmKa ^apuiin,
Aa My KyntR KypinyM h ôapyr,
Ta 6aimiiueMn ;
55 aKO He ha>&, JHÔe Hrao,
a Toft Aa Te 3eMe, Hrao. —
HrHa HeH^iy Kaace :
jiHôe je, Hch^io, jn6e je,
TOBa jih Te k rpnata xBaH>R.io ?
6(f 3a TOBa jh Aa Te yn*. ?
He x#ah, HeH^o, He xoah
b 3jraTHHuiKa-Ta ^apniiji
Aa My KynyBaui KypuiyM h ÔàpyT,
ho hah npn Ilypa 6yjii0K-6amifl
65 Ta ch Ilypy 6yjuoK-ôamift KaatH :
rojiiMa JOBa My cmh xBaH^JH,
Tpn M$cen.a ro cmh qyBaJH,
ho eja Ta ch ro 3eMfrre,
^e me Bene Aa ro H3nymHM. —
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— 46 —
70 Eto ^e H,a;e Ilypo <îy.iiOK-<Samifl,
HrHa H3 npo3open, norJieAHA
Ta Ha nairaa npoAyMa :
a 6$raft, irane bohboao,
qe 6yjK)K-6auiiH aohaox».
75 Te6e iuat, IlaH^o, Aa XBaH^T.
Hah^o ckokha noÔerH^,
AorA* 6yjiOK-6aiiiiH Aa BJrô3e
IlaHUO H3 KaMHH H3jfc36,
bch^iko ch Ilanqo 3atfpaBH,
80 ^aHTa c at'uiTHn.H ocTaBii.
28.
3aruiaKaia ie ropa-Ta
ropa-Ta h njairaHa-Ta
h Ha ropa-Ta jehctk-to
h no ropa-Ta nnaue-To
5 h no noje-TO Tp'fcB'fc-TO
3a KmaK Ilau^a HHne-TO.
IlaH^o ch Kojuo AyMauie :
Koaë je, npinop»He-je !
r 3eMH, Kojië, raÔAa-Ta
10 Ta hah, Kojië, Ta hah
Ha CTaMÔoji Ha EAH-Kyjie
Ha eAH-KyjiKa MexaHa
Ha 6erjiHmKa-Ta cajixaHa,
Ta HaAyô, Kojë, raftAa-Ta
1 5 mom wra Aa ch CBÔep^T
MOM^eTa KaTO BM*ieTa
AO TpncTa HOBa Apy^HHa,
Aa TH, Koaë, H3BeA6MH,
ropa-Ta Aa pa3BecejiHMii
20 ropa-Ta h njiaHHHa-Ta,
a Ha Api»B4-TO JHCTK-TO
h no nojie-TO Tp^Bi-TO
ot K)HaK IIaH*ia HHne-TO. —
Kojë ch IlaH^a iiocayina
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— 47 —
25 Ta y 3e Kojë raftAa-Ta
Ta OTH^e Ha Oraiiitfoji, etc.
Ha^yJi k Koaë raô^a-Ta
Ta cr CT»6pax«. MOM^eTa
MoMieTa KaTO B^ji^ieTa
30 ao TpncTa h ao Tpiiece
TpHCTa HOBH APy^KHHa.
lia rn Kojë noBe^e,
npn IlaHia BoftBOAa 3aBe#e,
na a&. Ha njraiiHiia h3j$3jih,
35 ajreH ch npinopen. iioôhjïh.
Hah^lo ch Kojiio npo^yMa:
h cônpn, Kojë, npiinopeu,
Tie meM b ^otfpojKa Aa hacm,
Tie cbm qyj, Kojë, h pa3Ôpajr
40 b ^oÔpoaca apa^ape-TO
Temca en xa3Ha ctôpajin,
3a CTaMÔOJ 1*. Bp'BSaJLH,
xa3Ha-Ta Aa ÔamnuieMH,
3a ApyîRHHa Aa w&. 36MeMii.
45 IIoBeAe Ilan^o MOMieira,
MOM^eTa KaTO Bi»jiqeTa,
Ta b ^oôpoaca CTnrHJ&x&,
ijapcica ch xa3Ha xBaH^x^,
Ha bch^kh peAOM A^euie,
50 H$My ch a^Ji ne ocTaBume.
Kojë ch IlaH^y AyMauie:
IlaH^o jre, HHne bohboao,
AOCTa CH HHÔ nOXOAHXMH
no Taa Orapa ILraHHHa
55 h no Ta* 3eMJiH Pysfamn,
AOCTa ch ropa iiJiainHXMH,
AOCTa ch ropa BecejiHXMH,
MHoro CMH MaftKH pa3n.aaKa.aH,
MHOrO CMH HeBeCTH pa3AOMHJH,
60 nô-Beqe ap^(Îhh CHpa^eTa ocTaBHJH,
MHOrO CH HMaHK CLÔpaXMH,
Kora A©Ti;a HeMaMH
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— 48 —
KOMy meM aa rn ocTaBHM ? —
Ilainio ch Kojiio flyMaïue:
65 xaiUe b CTaMôoj Aa hacm
na iiaAyft, Kojë, raiUa-Ta
#a ch cÔep^T MJiaAH MOM^eTa
Bce ot IIpHfloii aôaniftqeTa,
bch^ko #a hm xapnaceM
70 Hac ^aoioMeHyBaT.
29.
CnpoMax Ctohh cnpoMax,
Ha ABa ro m>TH BapafexA,
Ha TpeTfl ro XBaH^x».,
MXpHH My BT>pBH pa3BHX*
5 6%jivl My pT>n,fc Bp^ax^,
Ta CTOHHa 3aBeAOx«.
y IoBaH-nona Ha AOMa,
ve nona HMa ^-fc a^mepu
h TpeTH Tiojia CHauiHi;a.
10 TlOJia CH MJlfeKO tfnieine
Ha MajH BpaTa rpa^nHCKH,
A^BOÔKH ABOpH MeT^XA,
na Oro/my ayMax* :
Mapn Oro/me rn^io
15 3apaH* me Te o<Secw&.T
Ha i;apëBH-TH flBOpOBH,
ijapnija cenp #a ivre^a
H ijapëBH-TH A^^Hi^a.
Ctohh ch Tiojih roBopn :
20 Tioio Jie, nonoBa CHaxo,
KaTo h^t #a Me o6eci*.T,
Ha na3ap xoahjh au ca,
Konone KynnjH jih g*. ? —
Tiojia CTOHHy roBopn:
25 Mapn, CTOHHe rn^io,
Ha na3ap ca xoahjth
h KOHone cjk Kyniuni.
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— 49 —
Ctohh ch Tiojih roBopn:
Tiojio je, nonoBa CHaxo,
30 3'BJIBH JIH TH CH T$3' MOMH
hjih a& ot Maxajia-Ta ?
Tioja CTOHHy oTTOBapa:
Mope CTOHHe rn^io,
3'BJIBH He 3'BJIBH HJO HHTaiH,
35 h ,na ca ot Maxaaa-Ta ?
CtOHH CH TlOJIH TOBOpHI
Tiaio jie, nonoBa CHaxo,
a pi^H Ha nô-Majiica Ta
KaTo ity&T Aa Me o(5ecb&T,
40 pH3a-Ta Aa mh onep.*.T,
nepueiwa Aa mh pa3pfcniHkT,
*ie mh k Aparo, Tiojio Jie,
Kora H)HaKa oÔecbKT,
pH3a-Ta Aa My ch (fàjrèie,
45 nep^ieMa Aa ce b^k.
30.
Chjiho CH BHKH^. npOBHKH^
Hnryji MJiaA H)HaK
ot bhcokh *iapAaijH,
no cejiCKH yjiHUH :
5 ^yieTe jih, ôpaTH cejiHHe !
mo le Men' ao rjiaBa aohijio ?
MHoro CBM naKOCT nOIHHHJI,
MHoro cbm Typi^H HOrOHHJI,
noBe^e KaA'BHH nocfor&x,
10 3a îkchh cji^a çe^e noBOAHJi,
MeHi He k 6$Aa Aonuia ;
cera le MeHi 6$Aa Aouuia
Ha npaBHHa HecTopeHa.
HHKaK AyMa He MHiiyBa
15 H H CBC CpeÔpO HH CBC 3JiaT0,
ho mh rjiaBa ncicaT
ot Ayma Aa mh pa3Aejn*.T. —
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— 50 —
3a^yjia ro M&ia cecTpa
MnjeHKa cecTpa ILiryjiy,
20 na ch Haryjiy npoAyMa:
6paftHO je, Haryje ÔpaftHO,
He rpnacn ch Ôpaftno, He tlhch,
a3 HMaM ao A^seT CHHa,
AO A^BCT CHHa H eAHa Atnjepii,
25* Hâft-M'LHeHKiH MH 16 Jlajio,
Hero iua 3a re6' OTKyn &&,
toko mh, ÔpaTKO, Aa OCTaHeiH. -
ToBa H3pe^e h otipe^e
MnjieHKa cecTpa Hnryjy,
30 na ch AOMa OTHAe,
TOnJTH ch r03ÔH noroTBH,
pyfiHO bhho npnroTBH
chhobc a* norocTH.
H Ha CHHOBe AyMame :
35 CKyn mh hxltq h nnftTe,
peAOM ch pxKa i;iJiyBaHTe,
^e u^e JIsulo A^Bep a» ha^
AeBep 3a yft*ia ch Hnryjia,
b Kyn MaMa Aa bh norjieAa
40 h HapeA Aa bh npnaiy^KH
C pyÔHO BHHO TLpBeHO
H C TOnJIH T03ÔH BCHKaKffH,
Ha bch^kh *iaina He irBjraiTe,
JLbjij i*. npnn'LjiHiTe. —
45 E-iKa, cecTpa jrajoBa,
Jlajiy npeMCHa roTBeuie,
ApeÔHH ch CBJI3H poHeme
qe me JL&jlo AeBep Aa hao
a Hei*. He m^r KaJHHKa.
50 Jlajio ch Ejkh npoAyMa :
EjiKe, cecTpnqKe eAHHiiKa,
He njrauH, cecTpo, He txhch,
hhh cmh ÔpaTH AeBeTMHiia
CTOii-meui, cecTpo, KajHHKa. —
55 Toko TOBa H3pe^e,
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— 51 —
Ha ABopa nejiaTH aoaox*.,
Aepep JLa,Jia, naftAox*.
na My rjraBa o63ex*
3a yftqa My, 3a Hflryjia.
31.
Maftica TaTyH^y AyMaine:
chhko TaTyH^io, TaTyH^o,
xaô^yTHH Maftica He xpaHH ;
npo^aft ch, chhko, nyuiKa-Ta
5 h ourrpa ca6n *peHria,
na en Kynn, chho TaTyHno,
ABa 6pi»3H ÔHBOJia,
H3opn ôamuHO yrope,
nocift 6&ia nmeHHija
10 /ja, xpaHHm, chho TaTyH^o,
Maftica, chho, h ôama. —
TaTyH^o Maftica nocayma,
npoAaAe ch nyniKa ôofijon,
h ocTpa caôn *peHria,
15 Ta Kynn ôp^n Ôhbojth,
H3opa ôamirao yrope,
iiacin 6tja mueiiHua,
na My h to He CTHrH*.
ho ch 3aBapAH ijapcKH m/rama.
20 "ïy ch, npo^y ch ao napn.
IJap k MaHa*H H3npaTHj
Ao TpncTa AyniH Apy^nna,
A^Ka TaTyH^a HaMfepb&T,
rjiaBa-Ta Aa My ofeeM^T.
25 MaHa*H xoju&t h nHTaT,
3a TaTyHua H)HaK pa3nnTBaT
OB^iapn h roBeAapn,
OBqapn noBCie opalin,
^e ie 6iui TaTyH^o opau.
30 TaTyH^o ch caMH oôaAH,
Mana*H TaTyH^iy AyMax>& :
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— 52 —
a <$pe TaTyiwo, TaTyirao,
HHie cmh ot ijap npaTeHH
A^Ka TaTyHqa HaMfepHM
35 TaMo rjiaBa ,a;a My 3eMeM. —
TaTyH^io caMH noMnoin
na Ha KonpajiKa AyMame :
Mapn Konpaao, Konpajio,
3a TpH AHH TA CTBM OTCÈKTBJI
40 H 3a TpH AHH AOBJieKTBJI,
toko ma cera otxmhh
OT THfl ITipHH MaHa^H.
lia saB^pTi ch TaTyHuo
Ha ji^bo Ta Ha a^cho,
45 ot TpncTa AyuiH MaHa*H
TOKO TpOHHUa OCTaJIH.
Thh oi TaTyH^y mojlèxa :
no e^HH^eK cmh Ha Maftica,
3a Hac en, TaTyH^o, cmhjlh. -
50 TaTyH^o h Tfcx noryôa,
TpncTa hm KeMepn oTnaca,
Ta rn Mafinn ch 3aHece :
Hâ TH, MaÔKO, HMaHK,
xaftayTHH MaftKa He xpaHH !
32.
HocTbtfpa Ctohh flpyacHna
Apy^HHa BfepHa croBopHa,
B^pa CTBC KJliTBa CTOpHJIH,
„koh-to ce ôojieH pa3Ô0JiH
5 no pe^oM nia ro r^e^aMn,
na ptnfc nia ro hochmh."
IIoBe^e Ctoah lOHanH
*ie rn 3aBe^e 3aBe,a;e
ropfc mh b CTapa ILiaHHHa,
10 *ie ce pa36ojrè pa36ojrô
MjraA Ctoah Mjia^a BoôBo^a,
*ie ro no pe,a;oM rje^ax^
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— 53 —
H TO Ha p'BIjfc HOCHX^Sv
UfcjLll MH A^BeT rOAHHH.
1 5 ^pykHHa AywaT CTOflHy :
Ctoahc, MJia^a BofiBo^a,
AeBeT ro^HHH KaK CTaHA
KaK Te nopeAOM rjieAaMH
H Te Ha p'BIjfc HOCHMH,
20 Be*i hh ça, KapAani, aoa^h,
Kpana-Ta hh en hoabhxa
B CHTHO ffJ^eÔHO KaM'BHK.
Ctoah ^pyacHHa AyMaine :
ApyacHHa BfcpHa croBopHa,
25 MHoro CTe Me, KapAani, hochjh,
nome Me MaJKO HocfeTe
fla CH B HHBfl-Ta CTHrHeMH
B HHBfl-Ta B JEHBa^H-TH,
TaM HMaM HHBa ôan^Hiia,
30 b HHBa-Ta HMa 3ejieH 6op,
noA Ôop-'BT CTy^eH KjraAeHeu,.
IIpH KJiaAeHei^ Me cjioarëTe
cjLOTB&re h ocTaBÏTe.
Cera k BpeMe 3a aceTBa,
35 me aoa^t HHBa a& TKrbUJ&r,
mené ihat a& ch HaM$pi*/r. —
"ïe ro Apy^KHHa hochjlh
^e ro b HHBfl-Ta 3aHecJiH
B HHBfl-Ta B JIHBaAH-TH,
40 noA 6op npn CTyAeH KJnaAeHeu,,
TaM CH CTOflHa CJO»CHJIH
CJL03KHJH H OCTaBHJH
MJaA Ctoah MjaAa BoôBOAa.
^OIHJIH CA HHBa A& HCBH^T
45 CTOflHOBa HeB^CTa
Hfîome cecTpa My CTaH^raija.
HeBicTa AyMa KajrHHH :
Mapn KajiHHO CTaH^Hi^e,
mo mh ce ivraceu, nociyBa
50 no a 6op npn CTyAeH KJiaAeHeu, ?
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— 54 —
,&a jh k Me^Ka KpTbBHHija?
HJH 16 K)HaK ÔaJIKaHCKH ?
Mapn KaJiHHO CTaH^nue,
TH HMaUI CLpije K)Ha^IKO
55 KaTo Ôpara ch Oro/ma;
HflH, KaJiHHO, #a bhahui.
CTaiL». OaH^nija OTH,a;e,
nnmoB b p'LKa fl'Lpaceuie
h k'bm KJa^eHi^a B'BpBeine.
60 KaTo ro bh^-ê CTaH*rau,a
*ie Ha ôyjia. ch H3BHKa:
a ejra 6yxe ,a;a bh^hui
(5aTë th Ctohh r%$ jiemn
noa tfop npn CTy,a;eH KiafleHeu,.
33.
IIoKapâjio ft MâjiKO Moaraé
MâJKO MOBPlé CHBO CTâflO
H3 KOpHH CyJITàHOBa
cyjTàHOBa cy-iTâH-ôéftcKa.
5 Xôpa A^waT MâjiKO Moaraé :
He pacTHpaft chbo CTâ,a;o
H3 KOpHH CyJITàHOBa,
T^Ka x6^h fléan ^HMO
fléjra ^hmo Kypynnn
10 c fl'krra n^inica réraftjriHCKa,
ytféBa Te H3nnBa Te. —
MâjTKO MOMlé He TH CiyHlà,
Haft pa3THpa chbo ctàao, '
na nocéfliLR Ha 64j KàMtK
15 H 3aCBHpH C M^AHa CBHpKa,
a CBHpKa-Ta nporoBÔpn :
OH TH Té(5i fléjIH #HMO,
He Cfl <50H MaJIKO MOM^é.
Tflfe ro zanf Aé\iH ^hmo
20 noM^pn ro c KbJLra, n^inica
yflàpn ro c ppà, Kpoui^Ma
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— 55 —
c ABa Kpoin^Ma tcuh^hh.
MâjIKO MOMlé B eHIIHK Ôp'LKHA
Ta H3BâAH ao flfii iCBpnn
25 H z&Tfjm ao Ab4 pàHH
na h3h<5hch -rlmca câôjw
na ch noraâ flé-in ^iiMa,
AOCTérH^ ro, CTbciqe ro,
pa3Kâqn ro no ApâKH-TH
30 3aBlpH^ CH npH CTâAO-TO
C CBHpKa CBÉpH, clJ3H pÔHH
nÈCHH nfcie Hâft-noAiipHH,
ntCHii CB^pinH, ayx H3n5 r CTII
MâjIKO MOMqé, HÔBH KmâlC.
34.
KcKpeH Mhjihi^h roBÔpn : (AOAe.ie Moft !) !
.iibôe MnjiHne Mitonne,
ÔMecn 6&iâ norâqa,
HâTO^IH TKThJLTà 3ApâBHU,a
5 y Tân ararrâ ÔlKinija,
na àn^e, jnbôe, a'hagmg
y tboA MâflKa Hâ rocTe,
y tboii Màfiica h 6amâ ;
eBé A^séTa roAHHa
10 KaKBÔ CMé Té6e AOBéan,
xh q He CMé hhlih Hâ toctc. —
A MnjiHi^a My rpBÔpn:
jnb6e IIcKpeHe HcicpeHe,
He cm£i€m, jnbtfe, a& hacm
15 y moA MàôKa Hâ rocTe,
qe Korâ 6fcx ch koa Mâtea,
HCKâ Me II'BpBâH BOHBÔAa,
a MéHe Mâôna He AâA©.
Cerâ je II'LpBâH BoftBÔAa
20 y Tân Oâpa ILiâHHiia
Ce refrain est répété après chaque vers.
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— 56 —
co cefleMflecéT ^pyacéna,
na Ke hh, Ji66e, npecpécHa T
TéÔe Ke, jnb($e, norytfn,
MeHe Ke, jibôe, zbjljoÔâ. —
25 HcKpeH Mhjihijh roBÔpn :
ÔMecH, etc.
h T^pn ao ce^eMAecéT
AO ce^eM^ecéT CTpfcjnijH
3a ce^eM,a;ecéT Apy^RHHa
h eAHà T^pn noBé^e
30 3a rExpBàiia 3a BoftBÔAa,
Ta àftAe, Jib6e, A'nAeMe
y tboh MâôKa nà rocTe,
y tboà MàftKa h 6amà ;
eBé A^BéTa roAHHa
35 KaKBÔ CMé Téôe AOBé-in,
xh*i He CMé vluijlû Hâ rocTe. -
H Mrijraija ro nocjynià,
oMecn, etc. (8 vers répétés).
Ta na c>r nonuiH Aa ha^t, .
B'LpBéjIH IUO C;R B'BpBéjH,
40 mhhAxa nojé ninpÔKo,
HacTâxA b rôpa 3e.iéHa.
McKpeH Mhjihijh roBÔpn :
jiibôe Mnjiime Mitanije,
a bhkhh, jLibôe, Ta 3anift
45 na 3anift niceH c e^HH raàc
Ta Aa ce q^ie c ab& r.iàca,
Aa *i£ie TBoA-Ta MàftKa,
TBo^-Ta MàftKa h ôanjà,
^e hm Hà rocTe n^eMe,
50 Aa AéftA-^T Aa hh nocpécHAT.
A Mnanija My roBÔpn :
Jioôe IIcKpeHe, KcKpeHe,
He cMiieM, jnbôe, Aa niièM,
T5 r Ka le nTbpBân BoftBÔAa
55 y Tau Oàpa ILiâHHHa
co ceAeMAecéT Apy^KHHa,
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— 57 —
a oh mh raacô no3HaBa,
Ta Ke hh, Jib($e, npecpécHa,
TéÔe Ke, Ji6<5e, noryÔH
60 MéHe Ke, jnbtfe, 3ajno6é. —
HcKpeH, ... (9 vers répétés).
H MéjHi^a ro nocayinà
Ta bhkhA, niceH 3anfeH,
3anifl uicen c e^fm rJiâc
Ta ce k vfjio c ABà r-iacà.
65 Ao^t ^ Ù'BpBâH BOftBÔAa
hh3 Tân Cïâpa ILraHHHa
na Ha flpyatHHa roBÔpn :
ApyacÉHa B&pHa croBÔpHa,
mo néceH nfcté y rcSpa ?
70 piHi^ 3mhh océftna,
hjïh ife aiaBé y fllpBo?
Ta niceH nfcië c e,a;HH i\aàc,
Ta mh ce nfie c ppé, i\iâca? —
A .apyacHHa My roBÔpMvT :
75 II'bpBàHe, eràpa BOftBÔAa,
HHTH le 3MHH OCÔftlia
iihth le cjaBé y A^pBO,
Hàjro le TOBà Mn-nma,
nouxià ife fl'nfle Hâ rocTe
80 y HÔftHa MâflKa h Ôanjà. —
II'bpBâH hm thxo roBÔpn :
ApyatHHa BtpHH croBépHH,
Ha cpenjà p& hm n#eMe,
na aa xBaHeMe Mnjimja,
85 eflHàm coc Héi*. Aa JiérHeM,
Ta nà TorâBa ,a;a yMpeM. —
H flpyacnna ro cjryuiâxA,
Ta hm Hà cpenja oft^ôx^,
Ta npecpecHâx/R Mitanija.
90 Ka' rn le HcKpeH cor jLen&x,
H3Baan ao ce^eMAecéT
ro ce^eM^ecéT CTpkiHHH,
ycTpiJH flo ce^eMAecéT
3**
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— 58- —
AO ce^eMAecéT ApyatHHa.
95 Eah£ nÔBe^ie HéMame,
6h en MAjhi^h roBÔpn:
jnbôe Mnanije Miianue,
ne jlâ th, aibôe, Hapfriax
eflHà nÔBe*ie a* T^pnni ? —
100 H/LpBâH My thxo roBÔpn:
a ôpé, lïcKpeHe, ïtciepeHe,
Aa an ch rjiàBa npeAàBani
tiJiû mii ,a;âBain Mnanija,
e^Hâm coc Héi*. Aa jiérHeM
1 05 Ta nâ TorâBa Aa ^MpeM ? —
IlCKpeH My thxo roBÔpn :
ntpBàHe, CTâpa boôbôao
hhth ch rjiâBa npe^dBaM
hhth th AisaM Mnanija,
110 ho àft^e fl& ca ÔnieMe
AO TpH ffHH H AO TpH HÔlHH,
K<5ft KOM^ MÔ»e HaflBHTH,
tôh. Aa 3éMe MnjiHna. —
Ta ca clc Asa-Tà 3a($éflH,
115 AO TpH AHH H AO TpH HÔmH,
Tpn jïàKTH 3éMJiii KonaxA.
itcKpeH ch noue pa3nacâ,
HcKpeH Mhjihi^h roBÔpn :
jK)6e Mnanne, Mnaime,
120 n. npiftAH, Ta mh nôneo
Ta MH nÔHCO 3âÔOAH. —
H Mnanua ro noaiymà,
Ta npfôAe Ta My nôneo
Ta My nônco oTnacà,
125 Ta nà ro a^a© ITBpBàHy.
IlrBpB&H œ B'Lpsâji IIcKpeHa,
Ha3àA My prbiji B'LpsàxA
Ta nâ ro BT>p3â 3a A^pso.
H/BpBâH npHri»pHA Mnanija
130 Ta a npnrpHA najHBà,
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— 59 —
naK ca-ierHAjiH 3acnàJH
e^HH ap^roMy H & P'BKa.
IIpOMHHàjO je oBiâp^ie •
a HcKpeH My ce MÔJieine :
135 OB^àp^ie, ÔpâTeu; ^a mh ch.
h npifi^H Ta Me ÔTB'LpacH
OT TOBâ A'tpBO TOJléMO
H ÔTB'LpîKH MH pB^-T6.
H 0B*iàp*ie ro nocjiyinâ,
Ta npinflé Ta ro 0TBT>p3à
140 OT TOBâ A'BpBO TOJéMO,
h OTB'Lpaà My p-Biji-Te.
Ta na le lïCKpen oTHinéji
Ta le nocTOita norjieAâj
KaK ca xemÂjin 3acnàjn
145 e^Hii Ap^roMy H ^ ptKa.
K3BaAH BJiàniKH HoacéBe,
II'LpBàHy TJiéiBQ, oTcéie
na en MnJHi^a 6f%ewe :
jib6e MnJiHi^e MnjiHije,
150 a CTàHH aa ch H^eMe., —
A Mn-inija ce pa3ÔyAH
Ta nà npHFLpHA ITBpBina:
Il/BpBàHe, CTâpa bohbôao,
KcKpen Me KJHKa ,a;a c* iifleM.
155 Korà norjiéAH^v MnjiHija
II'BpBâHy rjàBa otc^k^ji
a OHâ My ce MÔJienie:
aibôe Ilcicpene lïcKpeHe,
HeM<5ô Me uaa&jn BpamâTH
160 HO CH M6 BÔflH ko# MâfiKa. —
IIcicpeH Mhjïhijh roBÔpn :
jiioôe MéjiHi^e Mnanije
a àn^e p& ch H^eMe. —
H MnJiHija ro nocaymâ,
165 Ta ch ca .jyoMà othihjih.
lia a*. le lïcKpeH viajrbr&ji,
Tai*y 3eMHHK yBé^e,
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— 60 —
Mhjhi^h TJl&BB, oTcé^e
na je Ha Knnra Hanncâji
170 mp re MéjLHi^a ^HHHJa.
Ta nà 1e HcKpeH 3anpaTHJi
Aa AÔfîAe MàfiKa ô ô ôanjà ô
qe je Mnanija poAH-ia
poA&ia mIhcko ACTéHue.
175 ^ofl^é Mâftica h fi 6amâ ô,
Ta G&l y 36MHHK yjé3JIH.
Kà ch BH^ixa MnjiHija
KHéra ô ctoh npn r.iàBa,
180 ohh ca KHéra npo^éjiH,
CTaHâxa Ta en ofîAÔxa,
HcKpeH norpéôe MnjiHi^a.
35.
Koë ch CTaHH ayaf âme :
jLHÔe je, CTaHO, JHÔe &e
OTKaK ce, jHÔe, c re6' 36xmh
HHK CH BCH*IKO CBÔpaXMH,
5 KT>mHHHa H noKtmHHHa,
aja ch, aHÔe, HeiwaMH
CHTHH apeÔHH ^eT^HIîa
HH M'LÎKKO, JIHÔe, HH EteHCKO,
3a TOBa h^r, Jinôe, 3a n^&
10 BofiBo^a Ha momijh Aa CTaiL*.,
a. #o6hb #a ch AoÔHbR,
h rjiaBa Aa ch 3aTpni*..
TeÔe ch, JHÔe, auiaAa ocTaBHM
h h^r th, jiHÔe, sap'LiaM
15 Aa Me qeicam h Aa ce HaAfcreni,
TTBKMO A^BeT rOAHHH,
na Tora3\ jinôe, a»- ce oœeHHin,
ho Aa ch AHpnni, jHÔe, npnjimca,
npnjiHKa na mok-to hmc
20 OTHAe Koë BofiBOAa
MJiaAH lonai^H a& boah,
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— 61 —
A AO($HB Aa CH A0ÔHI6,
a rjiaBa Aa en 3aTpHie.
*ieica ro CTaHa mo ^eica
25 tbkmo A^BeT toahhh,
AeBeT ro^HHH h Mecen,.
^OIHJIH C;R JIIOAH 3a MO.IH
3a mojh ot Apyro ceao,
na ca CTaHa noncKajiH.
30 A CTaHa nja^ie, Ta He me
h Ha 6an ch YrpeHa Aywaine :
($aie jh YrpeHe, YrpeHe !
a3n ch He m*. Ctohh xyKejLenmi,
ie Koë npe3 hoih, aoxoah
35 Ta MeHfc raaBa 0Tpe3Ba.
BpaT ÛRHe nocjyma
ho ch cecTpa noroAH
3a Oro/ma 3a flJKejenHHa,
noro^H Mv ojkchh br.
40 TûKO TpH AHH CTOpHJia
na 6e 6e&n MemjH y3ejia
Ta Ha Bo^a OTxoatAa.
C^kh ce CTaHH ^yAeme
h c^kh CTaHa acajreme
45 a no Mea:Ay ch BHKax*.:
MHja OraHO, xyÔaBa OraHo !
AeBeT ro^HH Koa ^eKajia
b AeceT ro^HH CTtnHjia,
Ta th MJiaA Koë He aoa©i
50 th ce, CTaHO, roAH, noaceHH,
AOB^epa me Koë Aa AOAe
ca ce^eMAeceT lOHann
riKiBa-Ta Aa th oTpeate.
CTaHa hm HHma He pe*ie
55 ho ch AOMa OTHAe,
no ABopn xoah h naa^e
rpnareBHa CTaHa, atajoBHa.
Ka Mv cBrjeAa A^Bep ô
na ch HeBecTH AyMaine :
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— 62 —
60 xyôaBa HeBecTO CTaHnue !
njo no ABop xo^nni h njra^ein ? —
Oraira ^eBepy npo,a;yMa;
ÔpaT^ie ÏÏBaHe, HBaHe!
KaK aa He clm rpHHteBHa
65 rpna:eBHa noBe*ie atajiOBHa !
KaTo Ha BO,a;a OTHBax
r^fc kohto, ÔpaT^e, CTOieuie,
bchkoô 3a MeHe fljMBme:
cnpoTa CTaHa, cnpoTa,
70 A^BeT toahhh Koh ^eica,
Mjrafl Koë ch hc AO#e,
AOB^epa me ,a;a AO^e
clc ce^eMAeceT flpy;KHHa
rjraBa-Ta && â OTpeaœ.
75 ^eBep ch HeBecTH ayManie:
He rpnacH ch, HeBecTO, He rpnacHÎ
a3 mjk ,a;a Jiern^ nofl nopTH
a TH CH B KTBIini 3aKJIK)*IH,
HHie ineM Koh J& xBaHeM. —
80 Toko ie 6vuio cpeA Hom,
cpeA hodj nojiyHonj,
ÔyôHO ch BpaTa noTponax^.,
CTpauiHo KyieTa 3ajiaHx^..
Koë Ha BpaTa npo^yMa :
85 OTBopn, OraHO, oTBopn. —
A CTaHa Koio ayManie :
He cMei*., Koë, OTBopn
ne Ctohh k Ha# nopTH
a ôpaT My lÏBaH no a nopm.
90 Koë OraHH #y Manie:
OTBOpH, CTaHO, OTBOpH,
a3 h ABaMa-Ta noryônx. —
ToraBa CTaHa OTBopn,
Ta BJie3e Koë c apyHCHHa
95 c ce^eMAece h ce^eM,
na ch CTaHH ayManie:
jinôe je, CTaHO, jnôe jie,
Digitized byCjOOQlC
— 63 —
c bhho jih mein nocjyacn
hjh mein Ha CBem, nocBeTH
100 Ha Moô-Ta BepHa ,a;pya:HHa ? —
A GraHa Koio oTroBapu :
jntfe je Koë, JHÔe je !
bhho bja pe^oM npncjiyacH
h CBenj-Ta, jn6e je, nocBeTH.
105 Koë ch CTaHa CL($je^e
na m*, cbc cmojh HaMa3a,
na br Koë Ha CBem, 3anajH
Ha ^py»HHa ^a My cbcth,
TpH AHH C>R HJH H HHJH,
110 CTaHa hm 3a CBem CBeTHja.
36.
Eh ropnija, rôpo mh 3ejéHa,
mp Te HHTaM, npâBO #a mh Kàaceni :
mp ch tôjko pdHO noBexHàjra,
flaJH Te ife cjraHà nonapnja
5 hjh Te ife nôJKap noœapHja ? —
Topnija My nÔTHxoM roBÔpn :
jeje MâpKO, jeje Bpé^eH K>Hâic,
ecjH nHTaui, npdBO aa th KàaœM.
mo caM tôjko pàHO noBexH^ja,
10 hhth Me ie cjaHà nocjaHrija,
hhth Me ife nôacap noacapHja,
ho noMHHâ iyipHa ApânHHa,
Ta noBé^e Tpn CHHnnpa pô($ie,
6^HH CHHHHp Ce MjàflH lOHàlJH,
15 ap^TH chhhhp ce MjàflH fleBÔftKH,
TpéTH CHHHHp Ce MjâflH HeBicTH,
y lOHâijH tbôh nô-MJa^H ÔpâTeij,
Hanpéfl H#e, npéfleH chhhhp bôah,
y acbôôkh TBOii MHjà cecTpâ,
20 HanpéA n^e, BTÔpn CHHnnp bô^h,
y HeBÉcTH tbôh nlpBO Jibôe,
HanpéA H,a;e, TpéTH chhhhp bô#h.
Digitized byLjOOQlC
— 64 —
A MâpKO û nôraxoM roBÔpn:
xejie Êàpaft, ropnne 3eaéHay
25 Kh^è ofl^é ulpHa Apâmraa? —
Toplii^a My iiôthxom roBÔpn :
zejie MâpKO, jeje Bpé^eH KraâK,
oTBé^e rn y TécHa KJHC^pa. —
SarplrHa ce MapKO BpéaeH K)HâK
30 Ta OTHflé y TécHa KJiHC^pa,
Ta AOCTurHâ npn CHHnnpa p<56ie.
ApânHHy nÔTnxoM roBÔpn :
jie&e Bàpaft, ulpHa ApânHHa,
H AO^âft MH TBOH AB$-Té câ&ïH
35 MâjLKO xopô #a th nonrpâieM,
#a nor-ié^aT Tpn CHHnnpa pôôie. —
He ceTH ce n.'ipHa Apânmia
na My aâ^e HéMy AB$-Té câÔJH
ABi-Té câ&ra h y ABfc-Té pini,
40 paaB'LpTi ce MâpKO BpéaeH KmâK
MâjiKO xopô #a hm nonrpâre.
3araeflâ ce iripHa ApânHHa,
MâpKo MaxHâ c flBfc-Té ocTpn câÔJH
Ta noryÔH ulpHa ApânHHa,
45 OTcé^e My HéMy p^ca i\iâBa,
Ta nâ 3a6pâ Tpn CHHnnpa pôôie,
noBé^e rn Ha cbôho BHjâieT.
37.
T^piraH mh Kâpa l KJeTâ pOÔHHfl
jhoto tk Kâpa no jiibTa aiaHâ,
ÔHièM hk ÔHie no Ô&jlo jraijé :
MapH XBlpJH CH MljKKO-TO A$Té.
A poÔHHKa My thxo roBÔpn :
a 6pe T^p^HHe, 6pe ap^ra Bipo,
KaK flfr CH XBlpJHM mIeCKO-TO fl$Tè,
1 Le refrain AneaH'BM est répété après la cinquième syllabe
de chaque vers.
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— 65 —
KaTo caM jfoe non<5Ba CHaxà,
nonÔBa CHaxà, tàkj HeBfecTa?
10 HecaM poAHJia nèBer roAHHH
Ta na ce nyKHâ npÔKJieTa npÔJiiT,
Ta mh xoKHâxa KJieTH ÔHjiApe,
tfnjfc 3a rjiàBa, 6ûtâ 3a pÔJKÔa.
Céna ch a^a© 3jàTHHo repAàH
15 Ta ch Kynnxa 6hj$ 3a rjiâBa,
a H CH flàxOM 3jâTHH-Te rpHBHH
Ta caM KyiiHja Ôhjiï 3a p&KÔa,
Ta caM poAHjra mIjkko AfrréHije. —
lia ce^Hâ T^p^ihh a& oÔ^A^Ba,
20 poÔHHKa Bé3e m^kko A&réuije,
Ta ro oTHéce Ha iwaHHHâ-Ta
na My HanpaBH ot nàBeT JnbJiKa
Ta î*. HanpaBH 3a ab£ xcïhijh
Ta na ch Typn mIecko A&réHqe,
25 Ta ro 3ajnai;ï h 3ano£ My,
h 3ano;i My h 3an.iaKà ce:
HàHH MH HâHH, MlKKO A^Téffije,
Té(fà le MàfiKa Oràpa IIjàHHHa,
AO ab4 xcihijh ab£ mhjh cecTpn,
30 ^yxHâ Ke BfcTpéu,, no jlioji A Ke Te,
y^pn Ke at^ka^h,, oieBnâ Ke Te,
A<5ô Ke Koin^ra, hoa<5h Ke Te.
TjlAc h lè aohijtô ot naaHHHà-Ta:
HAH CH, HAH, MA&flfr pOÔHHKO,
35 th HéMoft rpéaca 3a m^kko A^ré,
ifoe caM MàftKa Ha mIîkko A^ré
A0 ABi XCIHHH flfii mhjïh cecTpn,
Ayxâ Ke Bfrrpén,, Ta Ke ro jlwjlA,
BaJH Ke at^A^h, Ta Ke ro <5aH#,
40 Aoft Ke Kom^ra Ta Ke ro aoh. —
lia ch OTHAe MJiàAa po($HHn.
Oàpa IIjiâHHHa CTàpa Màftanija . .
Pdcjio k A^Té h nopâaio le,
Ha TpH M^CeiJH KaTO TpH tôahh,
45 Ha uiécT M^ceijH KaTO mécT tôahh,
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— 66 —
fléBeT arôcéini A^BeT toahhh,
Ta ré CTaHâjio Kouâ epréH^e, -
A^Ae »iy bôcok CTàpa HiàHHHa
Aa ro npo^âBa, Ta Aa ce xpàHH, . . .
38.
^BÔftica k cmhj no nôae Ôpâjia,
(SepeniKÔM ré b repu 3aM , LpKHàjia,
HaMfcptfjia neTCTOTHH xaflAyun.
Ka rn bha& rÉ3AaBa A^BÔHKa,
5 ot Aa^réK* ru MOMâ ôpaTHMHja,
ot 6.IH30 hm pi»Ka najiHBâja,
BCli XaÔA^IJH ÔpàTHMCTBO npHHxa,
Mhjeoui xaflA^K ÔpdTHMCTBO He npn>i,
no ce môjih na hcho-to c&iHije :
10 3àftAH, 3dfiAH Moré iicHO ckrane,
orpift orpift, icHO Mfcce*iHHKO
Aa nojiérneM a^bôhkh Ha ptoa
Aa h (HpKHeM y A^cna nâ3yica,
Aa H3BàAHM At HH H Hépanna,
1 5 A^Hfl Ke Me Ha py^ÔK py^iâra
h HépaHna Bé^ep Be*iepàTH. —
^o^jia ro rH3AaBa A^BÔftica
co cutian ce E<5ry noMOJiéja :
jiejLè Eô»:e jreaé mhjh Eôaœ,
20 nynni E<5;Ke 3mh£ TpoieraàBa
Aa yA^pn Mn-ioma K)HàKa
Aa ro fxpvt. Me»A^ AB$-Té 6mi
za,u\6 HCKa coc MéHe Aa aéra,
Aa mh 61pKHe y A^CHa nà3yxa ?
25 Aa H3BàAH A^Hfl h HépaHya
Ta A^HH-Ta Ha py^ÔK Aa pt x *a,
HépaHna-Ta Bé*iep Aa Be^iépa. —
IUjo ré peKjâ rH3AaBa A^BÔHKa,
mo ré peiciâ ce k Taicô 6hj6,
30 nyiinta T6cnoA 3MH>i Tpoiei\iàBa
Ta yAapn Mnaoïna lOHàica,
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• — 67 —
Ta rx> yapn MeatA^ Ast-Té <5*ra,
Ta ife jeacàj ABâHaAeceT xèua,
hh xjÉ<5 p^ia hh BOAHija nnie.
35 Korâ 6nx6 ABaHâAeceTfto agh,
Torâ Mhjoih BOAnua noHCKâ,
boa& nHnâ h xaiôeij k xanHâa,
na Ha 3mhh nôraxoM roBÔpn :
jeaé Bâpafi, 3mh^ TpoierjâBO,
40 mo th qnHHJi Ta Me tôjko yapn ? —
a 3mh£ My nÔTnxoM roBÔpn :
aeaé Bâpaft, Mitaoïne Kw&ie,
Aa th KâjKeM KaK ne c MOMâ Aa cnnm t
Aa â (Hpicain y A^CHa nâ3yxa
45 Ta Aa bôahih a^ hh h népaHua
Ta A^HH-Ta Ha py^ÔK Aa p^iain,
népaHna-Ta Ha B&iep Aa Beiépam,
Ta MOMâ lè moà MHja cecTpâ.
39.
Réme 6&ne neaénHHe,
,3#H MH 6&H MH BHH<5 nHlfe
CO céjHHe COC KMéTOBe.
Céjiffle My roBÔpfcxa :
5 ,3#He 6àae uejiéHHHe,
A<JcTa niaxMe pyfîHÔ bhhô,
eTé CTanâ Tpé MiceijH
Ka nniéMe pyfîHÔ bhh<5,
3a Eôra ce He cémaMe
10 3a CBeTÔro Aa a^a^mc
Ahac i^'ipKBH Aa rpâAHMe,
Cé OT CpeÔpÔ H OT 3JlâTO. —
^àn km 6à,n hm roBÔpaïue :
eft céjHHe eft KMéTOBe
1 5 hcm6h i^lpKBH Aa rpdAHMe,
cé ot cpe(5p<5 h ot 3JiâTO
Haine ijâpcTBO AocTanâ^o,
T^pCKO I^âpCTBO HacTaHâjio,
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— 68 —
Ta KHT IJTbpKBH pa3TypHTH
20 ot cpeôp<5 kht c^A^a KOBâ y
OT 3JlâTO kht y3flé j4th ;
Hajiô ij'fcpKBH Aa crpâ^HMe
ot 6iJ KâMHK n ot MepMép
<5&!iâ Bâpa acBJiTâ 3éMJiH. —
25 Céjume ro noaiyniâxa,
Ta ca ijlpKBH Harpa^éjn
OT 6$JL KàMHK H OT MepMép T
(fàjiâ Bâpa arLJrrâ 3éMJi«.
40.
Pa3Ô0JiÈ ch 6oji£h Teprn
ôoJiJH je^tH, 3Ji yMHpa
ot A^BeT paHH KpomyMeHH
AeceTa-Ta c hohc tioAHJ&Ta,
5 ope 3Jii ôojih, b ornbH ropn.
ÛTroBapa TepriOBHi^a :
oft Ta Teôn, 6ojiH Teprn,
KaK ch jeacnni acbct roAHH y
He yMHpani He 03ApaBani,
10 Aaft mh bojth Aa ch 3K6hi*.,
Aa 3aJTH6i*. Apyro Jinôe,
HMani cecTpa ÂHrejrHHa,
HeKa Te6e th Aa rjeAa
KaKTo clm Te a3 rjieAajia
15 A^BeT roAHH h nojroBHna,
AeceTa-Ta ina ch ckjiio^h. —
ÛTroBapa ôoji£h Teprn :
ofî Ta Te6e, TepriOBHi^e,
TepriOBime xyÔaBHije,
20 AaBaM bojth Aa ch aceiinni
Aa 3ajiH6Hni Apyro jraôe
Apyro Jin6e TTbft Kma*iHO
TTbfi lOIia^HO TTbft npHJIH^HO,
to Ha MeHe Aa npHjrirea. —
25 3apaABa ch TepriOBHi^a
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— 69 —
njcecHA pwjfe 3acM&ia ca ft,
36JMI CH K KJHOIOBe-Te
Aa OTBOpH CaH^yi^H-TH
Aa H3Ba^H npeM6HH-TH,
30 npeMeHH ch, HaT'BKMH ch,
Te othac y MaMHHH ch.
KaT' 1*. bha$ <5pe MaMa ô
n jecH>¥v p'mfc 3acM&ia ch fi :
ie yMpe jh 6o j^h Teprn ?
35 ChroBapa repnoBHija:
H6T0 yMpe H6T0 03ApaBl;,
Aa^e bojlr £a ch 3K6hi?&
Aa 3ajfn6i*. Apyro jiHÔe
Apyro JHÔe KaTO Hero,
40 T'BÔ HDHa^HO TTbft npHJKH^HO
to Ha Hero Aa npHJHia.
\Ie ch CTaHA repriOBHn;a,
II'BCTpH CTOBHH 36 Ha p'BU.fe
ie oTH^e Ha uiouiMa-Ta
45 Aa HaJuiH 1 CTy^eHa BOAa.
Ot AOJy H^e Tp^uico icao,
Ha rjaBa My hcch Mfeceu,.
OTroBapa repriOBHija :
ofl Ta Te6e, rprapco icao,
50 xaft^e ABaaia Aa ch m^hhm,
Aa ch m£hhm Aa ch 3K6hhm
h b HeA^afl Aa ô CBaTÔa-Ta.
MtHHX^c CH toahxa CH
h b HeAejiK ma fl CBa-rôa-Ta.
55 OTroBapa <5oji£h TeprH :
Mapn cecTpo AHrejHHO
h H3BaAH BpaHa kohh
A6B6T TOAHH H6B0AeH0
HeB0A6H0 HCKOBaHO,
60 3aB6AH ro Ha HajrôaHTH
Aa MH KOBAT BpaHa KOHH
Ha lonauiKa Bepecin,
KaT J 03ApaBH ôotâu Teprn,
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— 70 —
KaT' 03flpaBH nia sanaaTH,
65 A*TO My CT6 Bflft KOBaJH
Ha lonauiKa sepecHfl. —
IIoBe^e ro ÂHrejHHa
noBe^e ro 3aBe^H ro,
saBe^e ro na najrôaHTH.
70 ÛTroBapn AurejiHHa :
oft Ta Te6e 6pe najrôaHTe,
npoBOAH ma ÔojiiH Teprn
^a My KOBem Bpaiia kohk
Ha K)HamKa Bepecna,
75 KaT* 03^paBfl ma th 3anaaTH.
ÛTroBapa Hajï<5aHTe-To :
ofî Ta Teôe, AnreaHHO,
KOBaBaM th jBpaHa kohh
na lOHauiKa BepecHfl,
80 aKo AûBaui TBoft'-Ta CHara
TBofi^Ta CHara, th npn Mofi'-Ta.
IIOB'BpHA ck ÂHrejiHHa
IIOBT.pH^ Cfl oÔaAH My.
ÛTroBapn Ôojt^h TeprH :
85 MapH cecTpo AHreJHHo,
a mh 3eMH ocTpa catfa
AeBOT rosira ne TO^eHa,
3anecH î*. na Hoacepn
Aa naTomikT ocTpa ca&i
90 na lOHauiKa Bepecnn
KaT* 03^paBK 6oj$h TeprH
KaT 1 03£paBJi nia 3anjiaTH.
^e î*. 3eja AnrejHHa
qe h&. 3BJL2L 3aHecia î*..
95 ÛTroBapa AHrejnna :
oft sa' Ba3H ôpe Hoœepn,
npoBo^H Me 6oj4h Teprn
Aa HaTo^inm ocTpa caôn,
KaT' 03flpaBH ôojeèh TeprH,
100 KaT* 03flpaBfl ma 3an.aaTH.
ÛTrosapH HO»epqe-TO :
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— 71 —
où Ta Teôe, AHrejHHO,
HaTaKBaM th ocTpa caôn
aKo Aasaui wb^un o*ih.
105 noBtpiL*. ch AHrejHHa
noBtpH^ ch Ka3ajia My.
"ïe ch CTaHA ôojtin Tepra
qe en rpaôH>& ocTpa caôn
Te OTH^e npH iiajoaHTe :
110 a3H aoaox ^ a 3anjiaTh^
A^TO MH CTe BOft KOBaJIH
Ha lonauiKa sepecna.
IIpHcern^ ch OTpi3a My
OTpi3a My pyca rjaBa
115 pyca rjiaBa ot paMeHe.
Ot TaM CTaHA 6ojl%h Teprn
*ie oTHfle npn no»epH.
OrroBapn 6ojiH Teprn :
ofi Ba' Ba3H 6pe Hoœepn,
120 njo clm whimeii Aa 3an.iaTi*.
A^TO MH CTe BHH T01HJIH
Ha lonauiKa sepecHH.
IIpHcerHA ch ôotân Teprn
OTptoa My pyca rjiaBa.
125 Ot TaM CTaiL*. 6otân Teprn
*ie oTH^e npn repriOBHija.
OTroBapn oWfeH Teprn :
eaa Tyna, TepriOBnije,
Aa TH Ka)K>¥, KaK CH JKeHHUI
130 KaK CH 3K6HHIH IipH 3KHB MT>«a.
OTp^3a h pyca rjiaBa.
OTroBapn na MaMa û :
ejia TyKa, CTapa Maae,
Aa th Ka»A KaK ch ateHiiui
135 KaK CH 2K6HHHI A^H^P^-Ta,
KaK a* ^eHHui npn jkhb Mtaea,
OTpi3a h <5feja rjiaBa.
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72 —
41.
063a.ao)KH ca MjiaA Ctohh
c Typ^HHa c HiiH^epHHa
wb^Beno bhho Aa nnie
ne^eHO ame Aa JWi
5 KajHHKa Aa hm 3ajiHBa:
ano ça onnft MJiaA Cto/ih
Typ^HH KajiHHKa uia 3e3ie,
ano ça ohhô TypuHHa
Ctohh kohh My ma 3e»ie.
10 HecHie onn-i TypMima
Hafl ca i€ onHJ wuiaA Ctoru
qe My ca ApiiMKa AOAp^Ma
^e jerHA Ctohh Ta 3acna.
TypiHH KajHHKH Ay.Mauie :
1 5 KajiHHKe, KJiiTa poônnice,
mo ce^Hiu, nome Ta r-ae^aiu ?
mo jh ca AOÔpo HaA^Baui?
CBÔJHiaÔ TtpHO O&liKJIO,
oÔJiHiaft cHHë h 3ejieHO
20 *ie mein AaJieKo Aa H^eui
npi3 A^BeT ropn 3ejieHH,
npfe3 A^BeT boah CTyAeHH,
npi3 A^BeT ccia b A^ceTo. —
"ïe le KajiHHKa CTaHAJia
25 ^TBpHH CH ApeXH CLÔJliKJia
CHHH H 3ejieHH OÔJI^KJia ....
Ytâ&jia, kohh xpaHeHa,
npHnjimn ca(5a *peHria
h A^ra nyuiKa ôoftjiia
30 H UH*TejliH nHmpBH.
Ctohh ca ot cbh ci>6yAH
^ie Ha KajiHHKa AyMauie :
KajLiiHKe, cecTpo KajiHHKe,
a Aaft mh BOAa Aa iihur.. —
35 He ca o(5aAH KajiHHKa
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— 73 —
Haft ça oÔa^H MaMa My :
CT0KH6, CHHKO CTOKHe,
Aa nnieiii at>Pbo h KaMtK !
KajiHHKa OTH^e c Typ^HHa. —
40 KaA 3auy Otohh MaMa ch,
Bt3ceAHA Koiree xpaHeHO,
no^np KajHHKa othac
KaTO np$3 ropa BT>pBeme
c T'BHKa CBHpKa CBHpeine,
45 CBnpKa-Ta thxom roBopn :
KajHHKe, cecTpo K&iHHKe,
qaKaft, KajHHKe, j&to ch ? —
KajiHHKa 3auy 6b.tr ch,
kojko-to no-ieica Kapaine,
50 ABam nô-nojeica 3aKapa.
TypiHH Ka^HHKH AyMame:
nô-fopace Kapaft KOHie-To
CHKaM th CBnpn 6aTë th.
"*Ie ro npecTHrH^ MaaA Ctohh,
55 Typ^HHy rjiaBa OTpi3a,
KajHHKa Ha3aA noB'BpHjR.
42.
rLpOBHKILÎUia CH 16 MûCKOBCKa KpsuiHi^a
MocKOBCKa KpajEHi^a, MocKOBCKa AOBHija :
HCMaM CTpaxa HeTo ot hhkoto,
H6T0 OT I^apH H6T0 OT Be3HpH,
5 Haft HMaM CTpaxa ot BHHraaro Bora. —
Ot-a* i*. 3aiy ijapn h B63Hpn,
^e ch npaTH ceACMAeceT namn,
ce^eM^eceT naura ce^eMAeceT h cca'm
Ha <5oft Aa ch 6hi*t c MocKOBCKa KpajHim.
10 %mh ca othhijih ce^eM^eceT namn
^e mh ch npocTpeine 3eaeHH TiaA'tpH.
KHHra mh npaTHx». ceA^MAeceT nauin
KHHra mh npaTHx^L ao MocKOBCKa KpajHija,
Aa CH H3J$3H Ha 6oft A3» CH ÔH16.
4
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74
15 MoJEÔa HM Cil MOJIH MoGKOBGKa KpajiHu,a,
MioxjieT Aa ô a^A^t Koca a& ch ciuieTe,
Koca Aa ch ciueTe, Boftcica a& ch côepe.
MioxjieT He ô AaBaT ceAeMAeceT nauiH,
CaÔH-TH HM CeK&T KaTO >ICHO CJTLHIje,
20 nyuiKH-TH hm r'LpMbR.T KaTO Apetfen M H at>5KA-
Pa3CLpAH CH MoCKOBCKa KpajiH^a
kxha kohh c Koca pa3iuieTeHa,
ôoft mh ch le ÔHJia npn ahh h Tpn hoiuh,
ie mh noryÔHJia ceAeMAeceT nauin,
25 ie mh le CBÔpajia ceAeMAeceT rJiaBH,
ijapio rn npoBOAH, îjapio h Be3Hpio,
aKo HMa ijapa, ijapji h Be3Hpa
ftome ceAeMAeceT, ceAeMAeceT h cca'm,,
h Tix Aa npoBOAH, ot xax Aa hm aoa^.
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III.
JIioôobhh h cm^chh.
43.
3aJHÔHj Ctoah EopHHKa,
jh6h i*. Ctohh Hcna mi,
jura ro Heme EopHHKa.
MaMa EopHHKa npn^yMBa :
5 3eMHH ro, chhko EopflHKe,
flfiL Ca, CHHKO, HaHOCHlH
Ha CHHH CyKH6HH KOJKyCH
c nô-MHoro 3JiaTo ot cpetfpo.
"*Ie 3e EopHHKa CTOiraa,
10 soja ro h BeHiajn^a.
Boah i*. e^Ha roAHHa,
^oÔHjia fi Mi,acKO AeTOHije.
Ctohh Eop^HKH AyMaine :
EopHHKe, Jiuôe EopHHKe,
15 M6H6 M6 BHKaT Ha 3606T,
ropi b ropHK-Ta Maxaja,
n a3 m>& Ha 3e4>eT #a ha>&,
th pp. Me, JHÔe, noTiaKam
flOfli; neTJH-TH ABam nfo*r,
20 ABaiu nia*T h aa noTpeTMU\
a3 KaTO, jHÔe, noxJonaM,
Aa AOAein aa mh OTBopmn.
Ctohh Ha 3e*eT OTH^e
h EopHHKa fi ceaeja,
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— 76 —
25 ce^ejia h ceaeKHyBajia
AOA* neTJH-TH ABaui nfcjLH
ABani nkin h noTpeTHJH,
TOBap ÔopHHa H3ropn,
Tpn 103a naMyK onpeAH
30 *ie h ca Mpeaca AOMpeatH,
*ie ô ca Ap^MKa AOAp^Ma.
EopflHKa AyMa MaMK ch :
Maftno je, cTapa CBeKtpBO
Ao cera mh ch CBeiCLpBa,
35 ot cera mh ch MaH<mija ;
MeHe mh ca AP^Mica AOAp^Ma,
Maifrio je, ina ch uojerH>R,
th KaTo ^yiem MjaA Ctohh,
th a& Me, MaMo, noBHKaui,
40 a& CTa&*. ^a My oTBopi*.. —
TaMaM EopHHKa 3acnaja,
Ctohh Ha nopTH noxjona,
MaMa My cTaiL*. oTH^e,
^e Ha CroHHa otboph.
45 Ctohh b K'Bmn noBj$3e
h npn EopKHKa noce^HA
*ie ch EopHHKa MHJBauie,
MHjBauie i^me AyMauie:
mhjo ÔafiKOBO ar'LHi^e
50 KaKBo mh h cja^KO 3acnajio,
KaTo arwme npn MaMa,
KaTo Tejemje noA MaMa.
MaMa CroHHy Ay Maine :
C/TOieHe, CHHKO C/TOKHe,
55 mo TOJK03* ch MHJBaui 6yj*ie-TO
H,"fcja Hom k nrpaja
C TBOH-Te A^BeT mer'BpH,
cera mo jera*. Ta 3acna.
Ctohh ca jioto pa3d>pAH
60 H3BaAH Hoarce TiepeHqe
ne ch EopHHKa npoÔOAe.
EopHHKa Ayina A^Bauie :
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— 77 —
MaftHO je, iiaHOcnx jiu ca
lia CHHH CyKH6HH KoœycH,
65 nô-MHoro 3.iaT0 ot cpeôpo ?
KaTo merLpH 3a^yx^
*ie Ha CTOHHa AyMax^:
OroieHe, th Hani MacTope
16 njO T H CTOpH MacTopnn,a ?
70 itf&ja Hom 16 CTOflja,
ceflfcja h cejeKHyBajia fi,
TOBap <5opHHa H3ropn,
Tpn K)3a naMyK onpeAH,
TpiôceT BpeTeHa onpeAH. —
75 Ctohh ca xsuitia HaacajiH,
h3boah Hoacie MepeHTie
Me ca b CBpjme npoôo^e
h Ha BopflHKa AyMame :
jeacH, jHÔe, ja aeacHM,
80 MaMa mh Aa ca Hapa^Ba.
44.
Mapn, KajHHO MapiôKe^
AHecKa le CBeTa He^ejn,
a3 ii^ïv b ^iepKOBa aa h j>&
CBeinnn.a #a ch 3anajii*.,
5 th #a mh *eTe Harje^Bani
h aa, mh ABopn noMeTem
nann^KH aa ch oMHiem
HaHHqKH ftou^e jtljkhtikh.
ByjK ft b qepKOBa 0THfle t
10 Mapitea jBopa MeTeme
h me naHH^KH a,a MHie,
naHHqKH ftonje jii>5Kh^kh.
Hoarae icLpBaBO MHieuie,
ot Hoat^ie 3Be3Aa \m&HJiJio r
15 MapiftKa 3Be3^a KaTo bha^
ctc jb$ ce ptijij iCBpmeuie
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— 78 —
h ce Ha Eora mo jeuie :
EoacHe je, bhhihh rocno^e
, h flHenraa CBeTa neflfijin.,
20 MeHe Me Ôyjfl HaKapa
HaHH^KH Ad. ô OMH1*.
naHiracH ftome jt*:khtoh.
&op$ MapiftKa H3^yMa
nieMnrap a* nopTH TpaKH^jn t
25 cpeC^BpHH xaJKH ^P'biiil&jh,
ôyjn ô n^e ot ^epKOBa
h Ha KajiHHa AyMame:
Mapn, KasHHo MapiftKe
Tie njana jh mh AeTe-To ? —
80 He th k A^Te njanajo,
H6T0 CBM B'LTpi XOAHJa,
ÔyJTH Ô KBTpi 0THA6,
AeTe-TO b jioJKa 3aKJiaHO !
Eyjr/i â bhkh* Aa naaie:
35 HajiH th Ka3ax, HnKoaa,
ot TyK* KajEHHa Aa MaKHein,
KajHHa ne hh ô 3a Aoôpo,
KajiHHa AGTe-To 3aiaajia. —
HnKOJia AyMa MapiftKH :
40 xaft^e 3a Atpsa Aa hacm, —
^e ca 3a Ai>pBa otmihjh,
HnKOja A^psa Hace^e,
HaKjafle ao A^a orHëBH,
b e£HHa xBTbpjH MapiftKa,
45 b flpyrnii xBtpjH 6jx.fi ô ;
flfrro MapiftKa ropeuie
6fcj ce MTbHacTHp jiienie,
A$to 6yjH ft ropeuie
TiepHO ch icLpBie TH^eme.
45.
MapKo ^a*HHH roBopn :
m>R Aa Te, jraôe, nonycra*
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— 79 —
ne Bené He ch xy(5aBa
KaTO np'BBa-Ta ro^HHa
5 np^Ba-Ta h noBTopHa-Ta.
^a4»HHa MapKy roBopn :
JHÔe je, Mapico, zu6e je !
HeA$ft Me, jnôe, Hanyma,
ie MH K ÔHJO OMpa3HO
10 B ITLTH B^OBHl^a ffl, CpemHA,
BAOBHija HanycTeHHi^a.
Ho ch 3eMH, jmôe je,-
xyÔaBa ToôKa To^opa,
Ha koh jyK fla mh noMorne ;
15 TeacaK le KOHjyK Ha Mené,
ho neT nemn ne*L&
HHTeH xje<5 j,a H3ne*L&,
He Mor>R, jH(5e, Aa BTacaM
Apexn th ja ch onep>&;
20 aKO ce jn<5e onep>&,
He BTacBaM && ce 3aio>pnM^ ;
ano ce, jn6e, 3aKtpni*.,
He BTacBaM #a ce ohhml ;
aKO ce, jiHÔe, omhi*.,
25 He Mor^ j,a ce on jota.
MapKo ^a*HHa ocTaBH
Ta oTHfle Toôica J,a 3eMe.
Jlsi&mm BJiize b rpajHHa
Ta mhjho acfljHO 3anjaKa :
30 mhjo Moie UBeTnue !
koh jh Te le caAHJia,
koh me aa Te pa3caacja?
CBeKptBa Kaate ^a*HHH:
MoMa, CHauiHn,a ^a*HHO !
35 He ce^H, CHaxo, He nja*iH,
omhô ce #a Te oiueTA,
njeTHUH j,a th Hape^i*.
h no iijeTHnH mckithi^h,
npnniHH TeacaK KocaTHHK,
40 HaTypnft rpnBHH ao jaKTH,
Digitized byLjOOQlC
— 80 —
xytfaBO ce, cnaxo, npeMeHH
npeMeHH, ftome HaTpy*H
C KOnpHHeHO H CyKH6H0
h c cpeôi.pHO H 3JaTeHO,
45 na ch Bjiez' b 3eMHHn.H,
HaTOIH BHHO MepB6H0,
Hajrôft TRTbJLTQ. Ô'LKJIHna
MapKy CBaTÔa j& nocpenjHem.
^a*HHa CBeicBpBa nooiyma,
50 MH CH H3MH CH JHUe-TO,
h nieTC h njeTHUH
h no njeTHUH htlathuh,
C K0npHH6H0 H CyKHCHO
xyÔaBO ce npeMeun
55 H3J63e CBaTÔa #a nocpeiinie.
KaTo c HeBecTa MapKO H^e,
Ka î*. CLrje^a ToftKa To^opa,
na Ha KyMOBe npoayMa ;
KyMOBa H BH CTapH CBaTOBH
60 h A^BeT M jaAH ACBepn !
nponjaBaftTe 3a MHoro roBenie
H -3a TieCTO KJaHHHK,
Hemp wx. #a bh nonHTaM :
TOBa jh re MapKy HeBecTa?
65 kok le tojjkos' xyÔaBa,
Ka î*. MapKO Hanyma ?
KaTo jh MeHe aa boah ?
xaft^e Me Ha3aA BtpHfcre.
46.
C'BÔpaJH MH Cil, HaÔpaJTH
KMeTOBH H qoptfauÎH
b cpeA cejio Ha Mer^aHie-TO
Teauca Bepria Aa peaL&T,
5 a& pejKaT ionje a& nnuiAT.
Pe3ajiH KOMy pe3aan,
nncajH KOMy nncaJH,
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— 81 —
Toflopn TpHCTa pe3&IH
iome neT^eceT OTropt t
10 Tie HMa ToAop HMaHie
Aa Aara, Aa ch Hanaama.
To^op ch acaaôa naacaiH,
Haxjonn K&inaK ao BeacAH,
oÔpoHH cbji3h ABa peAa
15 ^e Ha flfijij nor^eAa.
ÛTAOJiy HAe *ih*io My,
ToAop Miraa ch rjeAaine,
nmo My nia ro orBpBe.
"*Ih*io My ro He OTBpBa
20 a mh Ha KMeTOBH Ay Marne :
KMeTOBH h *iop6auiH,
pe»cÏTe KOMy peaceTe,
ToAopn neT ctothh,
iome neTAeceT OTropi,
25 ne HMa ToAop HMaHie
Aa A^Ba, a» ch Haïuiama.
ToAop ch Ha3aA HOB'BpHa
ne Ha MaMa en AyMaine:
MaMo je, CTapa Mamnxa,'
30 Manap Aa mh ch Mamnxa,
Hemo ma Aa th nonHTaM,
th Ha y m Aa mh Hayinui:
CLÔpajn mh ch naôpajH, . .
MaMa ToAop^iy AyMaine :
35 ToAop^io, chhko Toa<>p*io,
a3 Ha yM a& th Hay^ii*.,
h 36mh Mpeœa jeHeHa,
ne hah B THxa ^yHaBa,
yjOBH pntfa MopyHa,
40 AoÔpa oÔeAa Aa croTpBHni
c OTpoBa Aa br nocojHHi,
nma. ch Aa ch yrocTmn. —
ToAop MaMa cy nocjyina,
3e Mpeaca jeneHa,
45 OTHAe b THxa ,3jHaBa
4*»
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— 82 —
Aa jobh pn6a MopyHa,
toko yjoBH rjraBa TtproBCKa
*ie npn MaMa ch ora^e
ne Ha MaMa en ayMame:
50 MaMo je, CTapa ManjHxo,
He yjoBHx pn6a MopyHa,
toko yjoBHx rjaBa T%proBCKa.
MaMa Toflop*iy ayMarne :
H HflH, CHHKO ToAOp^IO,
55 B ^H^IOBH-TH flBOpOBH,
TtproBCKa rjaBa 3apoBH
ne Ha cefiMeini oôaAn:
CHOIHH T%prOBqe 3aMp%KH>R
B *IH*IOBH-TH ABOpOBH,
60 3aMp^KH>R nan He oclmha ;
T Iirao T'LproBie-rjiaBa 3apoBH
B HerOBH paBHH flBOpOBH. —
^e ch ceftMeHH CTaH^iH
ceftMeHH 6yJK>K-6auiiH,
65 *ie y qntiOBH My oth^oxa
*ie Ha nm& My #yMax& :
Tyxa T'BproBne saMptiOL*,
aaMprEKHA naK He ocbmha ; —
onan My pTHjfc Btpsax^
70 h ro H3 icld^h BO^ex*
BoaexA iome 6higx>r :
eKopo r&proBqe aa Haftflem.
^wno My ceftMeHH Mojeme,
MOJieme, iome ayMame :
75 pe^oM no pe^oM rjreaaftTe,
aKO T'BproB^e Han^eTe
MeHe Me cypryH cropfcTe,
»6Ha MH pOÔHHA 3eM*T6
CBC CBTOCO T65KKO HMaHie
80 H CBC BCe MT.3KKH fleqima.
Pe^oM no pe^OM rje^ajin
KaMT>K nO KaMT.K XBT.pjeJH,
TtproBCKa rjaBa HaftflHJH,
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— 83 —
*nma My cypryH ctophjih,
85 aceHa My poÔHHH 3eMaiH
CT>C CH'IKO TOKKO HMaHK
h ctc Bce MtacKH Aeuinja.
47.
ToAopna Boaa HajHBa,
Uanë ch nyuiKa HaÔHBa
h Ha To^opKa ayMame :
AyMaft mh 6ape, To^opice,
5 AyMaft mh 6ape, ayuiMaHKe,
3am,o ch peKJia, To^opice,
npe^ TBofl-Ta BepHa KOMiiiiftica :
a3 He m*. UaHH #a 3eM^,
a3H u^ 3eM>R CTOHHa;
10 ayMaft mh, w>/k Te y6ib&. —
To^opKa My ce Mojenie :
Hecjiyuiafl, CaftHe, xopa-Ta,
xopa-Ta mh cjk ayuiMaHH,
Ha AyinMaHJ'LK th xopTyBaT. -
15 Ha3a# ch Toflopica Bpamame,
IJaHë noAHp â BtpBeme,
ToflopKa My ce cupa-Bfl :
peicia clm, (5afiHe, peKJia cbm,
3anjo ne th cbm npHJHKa,
20 th hochui pH3a JieHeHa,
JieHeHa h KonpHHeHa,
a3 hocbr pH3a ot *iepra,
th hochih ranjH cyKHeHH,
a3 hocbr cyKMaii ot ko3hk,
25 th hochui Kajiiiaftc caMypeH,
a3 hocr. K%pna oTpenKa.
IJaHë To^opKH Ay Marne:
hoch, Toaopko, KaKBO mem,
ce me' ch MeHe jrntfaBa,
30 a3H ^ #a th HanpaBi*.. —
H cjit^ Tyfl ce pa3flejiHJiH,
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— 84 —
I^aHë ch y t$x othao
h To^opica ch flOMa BJe3iL*ja,
craR&ja paHO b noHfleJHHK,
35 onpaja pH3H kohohhh
h rn no flBopn npocTHpa.
Ifanë no flBopn xo^eme
h KOH^e-TO ch Bo^enie.
To^OpKHHa-Ta KOMIUHHKa
40 TRff Ha U|aHH ayMarne :
Caftue Je, IJaHë, CaflHe je,
Tyft jh th le BepHa ToaopKa ?
chohjh ce TaflHo ro^Hja
3a CTOHHa, 3a *iexjap*ie-TO.
45 I^aHë ce jioto pa3CLpj,H
h nyniKa-Ta ch otiœmh
ne ch To^opKa noMïpn ;
floral nymKa-Ta TpïCHAja
To^opna MptTBa naflHAja.
50 IJaHë ch Kome Btsce^H^
h ch flfrxeKo 3a6erH>R.
48.
Xoahjh momh Ha nasap
XOflHJH H Ce BipBL^JH,
HeMajH jjmh #a AywaT
a MH CTOHHa KpHBHJH
5 qe jh(5h Ctohh KajrBiroe
Ka^t^ie 6%jlo xaHT&aree.
To Cape ^a le Ka^tH^e,
aM <5hjo TtpHO HHraH^e.
IIoflHp HM B'B^BH AjÎH,
10 Ajin Mja^o cyCanrae.
KaK 3a^iy Ajia m' flyMa
Toft Ha Kaflifl o6a^H.
Ctohh y ÔyjHHH ch oth j,e
*ie Ha 6yJH ch #y Marne:
15 6yjHe je, ,a;a Me noxBajHra
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— 85 —
Ha TBoft-Te fleBeT Kaanira
Ha Hàft-MJiaAa-Ta KaJHHa. —
ByjH ayMame OroHHy :
AparnHKe, aparo Ctohhc,
20 a3H cbm Te6e xBajHja
h naK mex Te noxBajra,
aaa cbm *iyja m' ayMa
ne th ch Jin6um Ka^raie,
Ka^XH^e (Sfcio xaffBMie,
25 qe d^rt #a Te o6eciacr
cpe# ceao cpe# HÔpHioBo
Ha A'BpBO Ha rpaHiwoBO. —
HcTiiHa, 6yje, HCTHHa,
HCTHHa BJJRT Me JJLOBh&T,
30 yjfOBbRT H W&.T OÔeCb^T.
KaTo mo, 6yje, o<Secb&T
#a mh pa3^emeni nepieMa,
#a mh Hajoacniu manrca-Ta,
Aa MH H3B0AHUI pH3a-Ta,
35 #a mh ce nep^eM paaBHBa,
Aa mh ce qepBH manica-Ta,
fla mh ce 6kieft pnsa-Ta. —
#opH Tyft Ctohh H3^yMa
h ro ceHMeHH xBaHAJiH,
40 ^eBeT ^eHa cik mtoiuh
*aHo ce Ctohh H3pe*ie,
Ôfejo xaHi>M^e #a seMHe.
He ce m Ctohh nsjrôraj,
H CTOHHa C* OÔeCHJTH
45 cpe^ cejo cpefl HtfpiraoBo.
II 6yjH My k pamura,
to nep^eM-'BT My cqecaja
h Hajro»Hja maniea-Ta.
KaTo Ha na3ap*ie xoahjh
50 h ca CroflHa rje^ajin
ce-Te ro ca OKoftBajin :
ropKH-HT Ctohh ropKH-HT,
KaK ch lia npaB^a HarHH^
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— 86 —
ot e^HO HenpeBapABaHie
55 Ha neroBO-TO BfcpHO JHÔe.
49.
IIoroAHj ch Mom^ihj H)Haie,
Tpn to^hh xo^h ro^eHO
irarflii ca He ca bha'&jih,
HHrA^ Cfl H6 ca cpiimHAJïH.
5 ^omjro le BpeMe 3a CBaTÔa
na ca 3a HeB$CTa othuijh
na ch ca 36jh HeB^CTa,
B'LpBeJH B40 CA B'BpBeJH
Ha CTapa ropa 3ejreHa,
10 b ropa bha&ïh ejeHa,
cyp cieHa cypo ejreinie.
Cn^nca ch CBaTÔa cnycHAjra
cyp ejeHa #a jobiat,
caMo 6$ K)HaK ocTaHAJ
15 K)HaK c 3a6yjieHa HeBfccTa.
K)HaK ca CTtpnfl pp. r-ie^a
na ch ot koh npecfcraa
aHôe-To ch &a, ijaayHe,
3JiaTeH My hojk H3Jiï3e,
20 na ch HeBfccTa npoCo^e !
HeB^CTa MoMiHJiy npo^yMa :
Mope, MoM^Hje nmaie,
h ôptKHH ch b ^ecHa na3yxa,
h3bo^h iCLpna jeHéHa,
25 Ta MH KT>pBH-TH 3aTT>KHH ;
na cfl Bory noMOJH :
noflatp^K mh, Eoace, Ayma-Ta
flO MOMIHJOBH ABOpOBH,
^ie MH TH MHOrO XBajflXA,
30 KaMeHH My Ôcih flBOpOBH,
*ie HiHMniHpeHH My ir&nnmH,
»eJli3HH My BpaTH-TH
cpe6i>pHH My Kjno^apKH. —
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— 87 —
ToBa ch Bory cmhjthjo,
35 HeBicTH ayma nofl^'BpîKfc
flO MoMqHJOBH flBOpOBH.
TOKO flO ABOpOBH cTnrHax^,
to 6£ 0Txï3Jia MaftKa My
CBaTÔa-Ta #a ch nocptapie,
40 na Ha MoMinja AyMaine :
chhko Moaninjre, H)Haqe !
TOBa jlh th ie HeBïcTa
t^ïto bR. MHoro xBajeme
*ie k Ôftna ^tpBeHa,
45 a th k JK'Krra 3ejreHa ? —
ToraBa HeBïcTa npoayMa:
KyMOBH, CTapH CBaTOBH,
npon^aBanTe 3a MHoro roBfeme
h 3a TiecTo KJiaHflHie ; —
50 jeHeHa iCBpna ot paHa H3Ba^H
Ta ca c ayma pa3fliijrH.
50.
Iliua He^a CHonnia BOfla
CHonjHa Bo^a rnpaHOBa
ie H3nnjia ntCTpa stMJi
iTBCTpa S'bmh ycopjrnija,
5 ycopjraija ctc ab* rjraBH.
Ha CBpije ô 3HMyBame,
Ha rBpjo â jiÈTyBanie,
no^ Koca ô rHis^o Bine.
JLerB& He^a, (JojHa jrejKH,
10 6ojHa jeîKH, 3jiï yMHpa.
ÛTroBapn He^nHin
He^HHiii n'BpBH tfpaTeij :
Mapn He^o, cecTpo He^o,
HaKBa 6$nie TBoô-Ta 6ojiecT?
15 He yMnpani He 03^paBBani;
*a #6 fl'BpBo H3CBXBauie,
Aa 6$ KaMtK np-LCBame ca. —
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— 88 —
OrroBapn ue^nnia
HeflHHifl BTopn ÔpaTeu :
20 Mapn He^o, cecTpo He^o,
KaKBa Ô-feme TBOft-Ta ôo aecT ?
He yMHpaui He 03ApaBBaui
Aa fà A'Bpso HBCBXBame,
Aa (Si KaM'LK np'BCBauie ca. —
25 OTroBapn He^HHa-Ta
HeAHHa-Ta CTapa MaflKa:
Mapn Heao, chhko He^o,
KaKBa Ôïuie TBofi-Ta CojiecT?
He yMHpani He osapaBBam ;
30 TH CH TeJKKa C OTL3KKO A^TC
E$ja He^a ôojtHa jeacn
ôojraa jeacH, Bora mojh
AaHo bR Bor He 3aôpaBH.
Haa rjiaBa ô MJia^o Typ^e,
35 Typ^ie He^H roBopeme :
Mapn He^o 6ija He^o,
Ha th, He^o, iama bhho
qama bhho, abïj paida
AaHO 03ApaBH TBoft-Ta 6ojecT. —
40 OiroBapfl (Sfcaa He^a :
oô th Te6e, BuaAO Typie,
a3 en nem&. *iaina bhho
qaïua bhho ab$ paKÎH,
a3 ch he^r acBJTa Ay^H,
45 arMTa ny&ti HnKonojicKiH,
^epHO rpo3Ae pa3eKÎH.
Xopa-Ta xoab^t 3a He^ean,
MjaAO Typqe 3a a^h xoah
3a agh xoah h ch aoag,
50 TaMaM Typqe noKpaft ceao,
tffcia HeAO b cpeA cejo.
IIo3anpe ch MjaAO Typ^e,
no3anpe ch ocjiynia en
HK) CH nJia^L&T H6AHHH tfpaTfl,
55 njo MHpnnie Ha (SfLi TaMHH,
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— 89 —
ocêth ce M-aa^o Typ*ie
yMpfcia k fà.aa He^a,
ie OTH^e b cpe^ cejo.
ÛTroBapn m ja^o Typ^e :
60 où Ba' Ba3H, He^HHH CpaTfl,
Ha BH £B£ct£ cjroœïTe bR,
Ha BH TpHCTa OTKpHHTe bR,
Aa Mv BHflbR 6&ia JTH K,
6-fc.ia jh k Kaicro Cfcuie. —
65 CjOaCHX^ bR, OTKpHX^ b*,
He ch fla^e ^bèct* TpncTa,
Haô H3Ba^H ocTpo Hoarae
Tie ca yjapn b ki^to ctpne,
# 3apoBHx>R Ô&ra He^a
70 6fcja He^a c cpea cejio,
Mjia^o Typqe noKpaft cejio.
51.
Mâiwa IleTpàHa njeTéine
b côôa-Ta ao npo3<5pn,H-Te
Ha ce^eM^ecéT kochijh;
ôamà â Ha ctôjl ci^éuie,
5 IleTpàHa ji5to iCB-iHéme :
Aa Aa,a;é rôcnoA, IleTpâHo,
AéBeT ro,a;HHH ,a;a jearéni,
A^BeT nocTéjiH ^a H3rH<5ftni,
AéBeT Bt3rjiâBfl &a, mïhhui,
10 CHarâ-Ta Aa th yrHHie,
Micà-Ta #a th yKânjrr
KaTo Ha ropn jhcth-tc,
Kocâ-Ta #a th yji^TH
KaTO pOCHI^a B JTHBàflH.
1 5 ChÔIUH CH à3H OTHflÔX
cpe^ cejô na KaBeHé-To
3aBâpnx TpHMa raBâ3H,
3a Té6e, IleTpâHO, npHieâ3BaT
h ch Ha MéHe péKox>». :
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— 90 —
20 Màniaia, Hbâh noptfa^KH,
OTBe^é MOMâ x^ôaBa,
nopàciLftjia th MOMâ-Ta; —
a3 Ha raBâBH npo^Max : %
MOMâ-Ta fi MOMâ MâHBHKa,
25 Korà mh MOMâ nopacTé
Torâ3H m/k tk omèn^
3a 6aui-<5o.iÉpHH ElarapHH,
#a ie TtprÔBeij KaTo MéH\
IleTpâHKa Ha AioréH aa ctôh. —
30 XojâH HBân *iop6a;pKH,
He th fi MOMâ-Ta MâHeHKa,
Ta jh6h T^puH EljirapH;
HBâH xojrâ-H HBâHe #
aKO ta. c Ao6p6 He Aa-A^ui,
35 hh c 3Ji<5 njéM Aa k* 3éMHeMe,
ôijia, xaHi»Ma aa cTâHe. —
Bâm'-Ta ie B^pa jiômaBa,
He 3HâftTe a^jihhk HH npâ3HHK T
He 3HâfîTe CBeTâ Heaéjfl,
40 hhtô BejHK^eH, TepréB aen.
MhhA ch hôihh Tpn hôhjh,
HBâH ce ot clh clÔ^ah,
iiéMa IleTpâHa npn Héro.
Mnôro ce jii5to pa3cipAH,
45 }MOBH ÔCTpH H03KÔBH
ne TpxrHA b ijâpcKH AP^MHma
h ch raBâsn npncTHrHA,
Ha KOHé-Te hm IleTpâHKa.
KaTO th ÏÏBâH npecTérH^,
50 H3BâAH ÔCTpH H03KÔBH
Ta ch IleTpâHKa yaâpn,
nlpHH Mv K'ipBH OÔJlixA,
na tk raBâ3H Hen^njaT.
Onje ce HBâH pa3c£pAH
55 ne â rjaBâ-Ta oTpfea,
na MâfiKa ô bk 3anéce
Aa bhah MâMa TEeTpâna
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— 91 —
ne fck fi xytiaBo xpaHHja
3a T^pCKH IjâpCKH raBâ3H.
52.
CToifeHe, chhko OrorèHe,
HâjiH tu MÀMa ^^Maine :
He XORÂ, CHHKO, B ^HMÔTa,
b ^HMÔTa rpâ^a rojribia,
5 He hoch CKinn npeMéHH,
He e3AH kôhji xpàHeHa,
He ch MHH^Baft Ha %6jiy
Ha RÔJiy ftôme Ha rôpfc
nOKpdfi aflHCKH KOHâlJH,
10 qe Te xaHiMH 3aMÉpi*r
cbc »:1jth a^jih HepàHijH,
th Me, chhko, He cjiymâ,
aKO Te C &$JLK 3aMipM;T,
TH HM C TKThJlTÛmi OTBp'BmaiH,
15 aKO CLC 7K.i>JLTW. HepâHijH,
th nàK cbc ApéÔeH Maprâpnij.
KÔft Hia Te, CHHKO, H3ÔàBH
OT TÉ3H T'BMHH TtMHHIJH ?
— Ctohh MàMH ch A^Mauie :
20 a M'BJiqH, MàMO, He njra*iH,
B'BpHH ce, h^h Ha céjio,
Ha *iHia xatfép ^a CTÔpnin.
— Xo^Hjia h Ka3djra My.
"ÏHtIO My, XOflH B ^HMÔTa,
25 ajia CTOHHa He n^maT,
h TÔfi ce Ha3àfl noB^pn*.,
CBÔpâj le mômijh H)HâH,H ;
Be^ep-Tà KaT* ce CT'BMHéjio
t6ô ch MÔMi^H-Te noBé^e,
30 nocpéfl HÔm, b ,3jimôV OTH^e,
Ta ch Konài^H ôacTéca,
pa3ÔHJ I€ TlHKH StHflàHH
*ie CH CTOifaa H3BàflH,
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— 92 —
anHHH b xapéM ÔacTéca,
35 Ha npâra rjiaBâ 0TpÉ3a
ne npH Ka^én othac
Ta Héro ot xapéM h3bà^h,
Kpaô ^HMÔTa ro H3Bé^e,
kIc no idc ca ro p£3àjH,
40 p^3âjH h ro nHTâjn:
onje jlh njéui rjoôa Aa séaiani
h naK HJiâMa Aa A^Bam? —
Tords' ch Ctohh 3a6érH>R
AaaéKO Ctohh npe3 MÔpe
45 c MâftKa CH H CBC 1H*lâ CH.
53.
Maaia CroRuy Ay^arne:
CToieHe, chhko Ctokho,
He XO^H, CHHKO, lie XOflH
Kpaft KaAHioBH xapeMH. —
5 Ctohh MaMa ch He cjyma
aMH CH KOHie B'BSCe^H-».
ne Kpaô xapeMH MHHyBa,
xan'BMH ot ropï rje^axA
3JiaTH HfojTKH XB'BpjfcXA
10 ne ch CTOHHa yapfcx^.
Ctohh ch ot KOH^ie HaBOîKAa,
3jaTH hC'bjkh cÔHpame,
b 6%jlo rn ^aceBpe Typaine
h tcbm neHnepn rjre^ame.
15 Ota^ ro 3any Ka^HH
ne ch ceôMeHH npoBOAH
CTOHHa Aa ch otkob^t,
otkobat ftome AOBeA^RT.
"îe ca ceflMeHH othuijh
20 ^lecA CTOHHa xBaiLRjiH
ne Ha CTOHHa Ayaiax^:
Ctokhc, jyAa thaîo,
ne ch CTOHHa OTKOBax>&
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— 93 —
^e ro Ha KOHaK Kapax*,
25 ^e Kpaft xapeMH Mimax^,
xaH'BMH ot ropfc rae^axA
e^na c Apyra 6jr&CKax*.
n ch CTOHHa rae^axA,
TJLejiflXJL ftome CMHrax^.
54.
IOhAk Ha ropâ roBÔpn:
CTÂBafi ch c EôroM nponjàBafi,
rôpo .ie, Péja naaHHHÔ !
xajiàj hh CTp^Bafi, rôpo jre,
5 i\a;£-TO th BO^à nnixMH,
TA^-TO TH TpfcBâ TlHKaXMH. —
Topâ lOHàKy OTroBâpn :
hah ch c Ectom lOHâ^e,
xajàj bh CTp^BaM ch*iko-to,
10 TpÏBà-Ta ftôme Bo^à-Ta;
BO^à-Ta, Te^é naK boaA,
Tp$Bà-Ta, pacTé naK Tp^Ba.
Eahô bh xajiâ.i He CTp^BaM,
rji-TO mh éjixH K^puiexTe,
15 qera Ha x^pKH npâBexTe
h no ce^HKH xÔACXTe
qe th Ha mômh ^âsaxTe.
55.
3anajiHjia ch, Maitao ma,
CJIHBHeHCKa BHTa napinHii
h ot napuiHH ABanaflce ^ioreHH
h ot AK>reHH TO^opoBH-Te capan.
5 Capan ropbRT, To,n;op rn rae^a,
ToAop rn i\ieAa, *iyflOM ca qy^H
b ofbh #a BJ^3e, Koro aa Ba^H,
Aaj' MJiaAO (Syjrae cbc flpe(ÎHH aiiTua
m* BpaHO KOH^e c 3jaTHH ceatJija.
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— 94 —
10 H MaËKa My My thxom roBopn:
H CH H3Ba^H BpaHO-TO KOH^e,
samp ch Kome piano Haxo^Kaa.
Ako th Ôyjqe c flfcTija H3ropn,
nô-KpaoHo 3e-meni, nô-Aotfpn po^H,
15 Ha TaÔHT KOH^ie ch He HaMHpa. -^
ToflOp H3BaAH MJaflO CH KOH^e,
njaMeK 3an>pH>!6. HeroBO Ôyjme,
HeroBo tfyjree cbc Ape&ra fliiTija.
^Ti^t-Ta nnmbRT, Mafeca rn arapn,
20 c ropemn clj3h paHH hm racn,
c iCHaniKo CT,pije Ha KpaftHO Apia:
TopiTe, A^Tija, ropfrre c-Lpija,
bh me cTaHeTe Ôejn^en neneji,
a3 Bauia Mafeca «a TitpBeH wbrien,
25 3a Aa we rae^a Bauia-Ta 6a6a
3a #a Me rje^a h ^a ch pa,a;Ba.
56.
Oft TaHo TaHO, MOMa AparaHo,
h Ka3Baft, Tano, TeacKH rpfexoBe. —
JKaHT>M Bjra^HKo, KaKBo ^a Ka3BaM ?
3anajiHjia ct>m ^eBeT axTbpn,
5 ^6BeT aXT»pH H1»J[HH C KaTLpH,
axi>pH roptRT, KaTtpn peB^T,
jipa ca Anra ao CHHë Hetfo;
3ana.iH.ia cbm AeBeT Koniepn,
AeBeT KOHiepn c MjaflH OB^epn,
10 KouiepH ropi*r, arHeTa ropi*.T,
OBue-Te ÔJiitRT, flpa ch flHra;
3anaj[Hjia clm ^cbct *iepKOBH,
qepKOBH ropbRT, nonoBH nfcbKr,
apa est ^nra ,a;o CHHë He6o.
15 3a,a;aH mh KaHOH, cbcth BJia^HKo. —
KaK ch ropnjia, MOMa ^paraHo,
Taiea aa ropnin h th caMH*iKa. —
B nycTHHH 6ira MOMa ^paraHiea,
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— 95 —
ct>j3h ie jijia, ^'BpBa ie 6paja,
20 AT»pBa je Ôpaja, caMa rn KJiaja,
n sanaJHja joot 6yieH orra,
npeirBpcTHja en h ch xBT>pjni.ia
b orra #a ropn KaHOii #a H3irbJiHH,
Tan k yMpftia ho He H3ropkia.
57.
Choiijh Mana iîiiKa ÔHJia 3roAHJia
h 3apaHa jhoto kjc ja :
fla ^a^e Tocno^, iÎHKe je
#a ce 03KeHHni #a ce 3a£OMnm
5 aom ^a c(5epein, Hirce, KaTO TLnaH neneji,
pojKÔa #a en poflHHi Kora Btptfa i^lbhh
poarôa #a saB'BpacHiu, cia^aïc îkhbot ^a HMam
Kora pntfa nfcie, Kora AynaB ayaia. —
Hhkh ce a:aji(5a HaxaJHJo,
10 7Rsjl6& Ha»ajiHjo, TT>ra naTTHKHJio,
ne ch Bje3e iliiKa b MaMHHa rpa^unna
ve Ha6paja HHKa ot 3apaBHn, BfcH*ien,
h ie 3eja HHKa #o ab$ ntCTpa ctobhh
*ie oTHnua Ha Ay HaB Ha B °A a
15 *ie ce CKpnjia ilHica lia noTaftHO mècto.
Tpn ahh k CTOflja, AeH$ Honjii ciyuia
n^e jih ,5yHaB .ayMa, me jih pntfa nfcie.
Hhto AyHaB AyMa hhto pntfa niie,
ot flOJiy H,a;e Hjpio reMHHHH
20 h ch Kapa Hjrao Ôtpsa-Ta reMHfl.
HHKa Hjrca nHTa:
oô Ta Te6e, ILrao rearaune,
BH KaTO XOflHTe H fleHii H HOUjfc
no TitpHO-TO Mope no ÔejiHfl ^ynaB,
25 lyjra jih CTe, H>io, AyHaB ^a ch ayaia,
pn6a aa ch nfcre? —
ÏLrao ce ycMHxn^., na ch Hhkh ayiia :
iy$ ce ft *iyjio, HHiee, ^yHas ^a ch flyiwa,
pnôa Aa ch nfeie ?
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— 96 —
30 Ajh eaa, Amce, #BaMa aa ce 36MeM. —
iÏHKa CBJ3H pOHH, HHIIJO He rOBOpH,
IfalO CH H3MHIL& iÎHKa B fljn&B CKO^H,
Hmca ch norBiL*., BfcHen,-aT ô njyBH&.
HHKa My roBopn : MHoro 3^paBie, BtH'ie,
35 Ha MaôKa mh hoch,
^a He H^e, Bforae, Ha #yHaB 3a Bo^a,
me Harpetfe, BfcHie, hhkhhh-tc cbji3h,
MHOrO 3^paBI6 HOCH Ha flCBeT moô ÔpaTH,
cet pp. He kocbrt Kpaô ^yHaB b jHBa^H,
40 ^e WXT flfr nOKOCBKT HHKHHa-Ta Koca,
MHoro 3^paBl€, B^Hie, Ha MOft MHJIH Tem
#a He ope TeTë Kpaft ,3jHaB b iiHBfl-Ta
qe me aa H3ope AHKHHH-Te kocth.
58.
Bjii3Jia ft MapifiKa b rpa^HHKa
no,a; ntpBéHa-Ta KajréHKa,
klm neTpÔBKa-Ta è&lxko
flO ^I'LpBéHH-HT TpHHAâ*eJI
5 ce^HA MapiftKa Haa reprëB
6ÎJLB, MaxpâMa ^a mHie.
Ha TpHH^â^ejia cjâBeftie,
cjiâBeftqe jr^Ma MapiftKH :
a niô, MapiftKe, ^a niieM,
10 ano Me, MapiftKe, Ha^niieui,
KpHJmH-Te flfr mh oTptjReui,
KpH.IH,H-Te flO pàM6HHH-Te,
Kpaqnà-Ta flo KOjrÉHH,H-Te.
Ako Te, MapiftKe, a3 HaaniieM
1 5 Kocà-Ta m*, th OTpia^R.,
KOCâ-Ta flO KOCH^IHHKa. —
II&JIH OR flfi& flHH H TDH flHH,
Mapifina caâBefl naflniJia.
CjrâBen MapiftKa MÔjreiue :
20 MapiftKe, MÔMa x^CaBa,
He mh Kpa^iKà-Ta OTpiacH,
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— 97 —
Kpaqicà-Ta ao KoatHijH-Te,
aja mh ocTaBH KpHJHjà-Ta
qe HMaM ApéÔHH cjâBen,
25 caàBen Aa ch OTxpàHi*.,
oahô-to a& th xapH3K*>. —
MapiftKa A^Ma cjàBeio :.
cjEâBeftqe, cjà^Ko noftHHqe,
a3 th xapé3BaM Kpnjmâ-Ta
30 Kpnjmà-Ta ft6me Kpaqicà-Ta.
Hah, caâBen oirjiéAaH,
e^HÔ-To Aa mh xapHJKem
Béqep 3a Aa Me npecnHBa,
AP^to-to a& Me pa36^»Aa.
59.
MhhAx ropâ, mhhAx BTÔpa,
y TpéTfl-Ta Tpn cjàBeH,
KaTO nib^T ropà jek>jièi*t !
à3 CH q^A**> CH Mal*.
5 KaK Aa xBâa*. Tpé cjâBen,
qe ch ÔpxKHAx y nâ3BHqica
qe H3BâAHx T^HKa Mpiata
qe 3aMpÉa:nx ao Tpé ropn
qe yaoBHX ao tpn cjEàBea
10 qe rn Typnx y KaBé3H.
IIoKàqHX rn npeA némKepH,
iripBH uiie npecnHBa Me,
BTÔpH nii£ pa36^»Aa Me,
TpéTH TpenHA, mh npoA^Ma:
15 CTaHH CTaHH, JlffrO MJLâAO,
KaKBÔ AO^pÔ B n^T CH BT>pBH,
c ycTâ ch nTnqKH jlobh,
C K3HK CH 3BÉ3AH CHéMa.
60.
MoMnqe ÔaHKa aram>M,
MajiKo ch, ÔaHKa, rjiynaBo,
DigftizedbyC
— 98 —
ne rjie^aô AOJiy hh ropfc,
Haô r^e^aô Ôamco b o*m-Te,
5 6aHKO me #a Te H3nnine
Ha TypcKa Ôftia xapTHH
c e^pHHonoJCKo MacTiuo,
Ha MaMa m^ Te npoBOAbk
#a bhah Maiwa h totho
10 KaKBO CBM JHÔ6 3aJHÔHJL
na T03H ^Lyac^H BHJiaieT.
Hhiv$ ro HeMa no CBeT-aT,
Ha CHara TtHica TonoJia
Jinue h npiCHO cnpeHe,
15 0<IH H TI'LpHH ^LepeiHH
Beat^H ô t'lhkh rafiTaHH,
ycTa â ^auia cpetapHa,
K3hk ô 3axap npo^aBa.
61.
,Zïâ*HHKa pàHO paHHJia
Ha ,3$naBa naaTHâ #a 6ijia;
jéHeHH njiaTHâ tfkiHJia,
c 3JiâTHa 6yxâjiKa Ôyxàjia.
5 ^^HaB ch Mi»TeH npoT&ie,
jiéHeHH njiaTHâ noB-iéie,
T^HKa ,3#*HHa noAHéce.
MâMa â no Kpàft xoAHJia
h Ha ^â*HHa A^Maine :
10 h njrâBafî njcâBaft, ^â*HHKe,
P&kô en Ha Kpâft H3njiâBaHi
MÀMa TH fla Te H3BâAH. —
He môîK/R, MâMO, ne môxlx.
VlB mh ch Kocà aauutéja
15 y pÈKÉTOBo KÔpeHie,
H£H MH TéTH nOBHKaft.
TéTôo ô He en HaièMa.
Ot rp$ k zmfji Hhkôjki
c ApÉxn-Te ckokhA y ,3^HaB,
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— 99 —
20 ^â^HHKa c Ayma mB&&n
néôHo-To Apàro JiHÔeHije.
62.
ChOIUH 3aMpi»KH>RX, Maftica mh, Kpafî nyCTH
IIIyMeH,
TaM ch aaBapnx MOMa niyMeHCKa,
Ha pi»Ka HOCH aJIT'LH-KOUIHH^Ka,
yB KoinHH^Ka-Ta ao xpn hÔxjikh,
5 AO TpH HÔlJIKH TpH CKOp03p$HKH.
A3 ô noHCKax, Maftqo mh, e^Ha iiÔt-oa
th He mh a^a© hh Becea norjieA,
a3 ch npnceriL&x, Ta î*. ijfcayHax,
TH MH TH AaA© CBC KOIHHH*IKa-Ta.
63.
K%aÉ ch ÔHJià AéHO, ^éHKe ae,
AéHo, ^éHKe ae, ot 3àpaHa?
mIskko th A^Té b jnbjiKa
b X&JLK2L nponaàica,
5 Ôijio th iLiàTHO Ha njiéT nperopi. —
Eor Aa yCnie, Apâro Ô^jeho je,
Apàro ô^jehc Jie, MÔH-Ta Màftica,
*ie hc Me a^ag taÎto clm ijHJia,
âjH Me &&&& Ha ji^ao MJiàAO,
10 Ha j^ao MjrâAO Ha Hepa36pàHO.
C^TpeH Korà-To Ha HHBa xôah,
c Top6à ch xjiÉÔeij He 3éMa,
aMH Me Kâpa Aa m^ tôtbi*.
Aa m^ HarÔTBi*. TÔmia oÔ^Aa,
15 Aa My i*. hôci*. ^iaK Ha HHBa-Ta.
KaT 1 My 3aHecA TÔnjia oCÉAa
tôh ch H3nj)Éra eAHiia BÔJieij
aqé Me Bnpira à3H Aa opA,
â3H Aa OpA AO HKHHAHH,
20 KonpâjiE-Ta My ninnoBa po3rà,
5*
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— 100 —
a Me npoBàsKAa ot hkhhahh,
Aa My HarÔTBMv c^à^Ka Beqépa.
64.
JlïoÔnjm ch JiyAH MJiaAH
ot MajeHKH ao rojtMH,
CTaHA BpeMe Aa ça 3eM*T,
MOMa, MafiKa b*. ho AaBa,
5 npreH, 6ama nero 5K6hh. -
HpreH momh oTroBapa :
Mapn MOMa, MajiKa MOMa,
Kanj jiu ch a3 Aa 3eM*
a3 Aa 3eM^ Apyro JHÔe ?
10 xaftA* Aa HAeM b nycTo rope
b nycTo rope THJLHjeHCKO,
ta^to He CH HTE^IKa XBT.pKa,
HeTO XB%pKa HeTO IJBT.pKa.
A3 d^r CTaH^. 3ejeH HBop,
15 th npn MeHe rLHKa ex.ia,
h n^T aoha^t AT>pBOA&mH
A'BpBOAi^H C KpHBH ÔpaABH,
D^RT OTCÈKAT 3ej[eH HBOp,
npn HBopa T^HKa exjia,
20 n^T*Hap&&*.T 6&ih at>ckh,
n^T hh npaBb^T Ha OApoBe,
m^T hh TypMvT eAHO npn Apyro,
naK meM, Jinôe, Aa cmh HafîAHO.
65.
MàMa Ha KÔH*ia A^Maine :
KÔfi^IO JLe, MHJIO MâMHHO,
Kôùvlo Jie, MJiaAO AàcKaji^e,
He xoah, KÔffrlO, H3 cejô
H3 rôjlksi rôpH^ Maxajâ,
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— 101 —
He jh6h, Kôë^o, IlaB^HKa,
IlaB^HKa He le 3a Hâ3H
ne k CHpMâniKa A^mepa,
ft<5me k, Kôfiqo, cnpà^e
10 h HéMa T^HKH AâpoBe. —
KÔÔ^O MâMH CH At Mame:
a3 ^ IlaB^HKa Aa 3éM^,
aKo njA i*. ABa ahh noBÔAfc*.,
naK m>R IlaB^HKa Aa 3éM,&,
15 IlaB^HKa n'icTpa T^kûrr.
B noHfléjiHHK néjiH paKHH,
BT.B BTÔpHHK TO^èm. IipaBHJIH,
b cp^AA ca #âpa KpOHJH,
b MeTB'ipTaK a* ro cmhhjh,
20 b néTaK 3acéBKH npaBHJH,
b cfctfoTa Aap CLÔnpàjiH
b HeAéjH CBàTÔa ahfhAjh,
b noHAéjLHHK ÔKpon nrpàjiH,
B'BB BTÔpHHK 6fjLO XBT>pJÏH.IH.
25 B cpé^a ch Kôftqo pa366.i£,
IlaB^HKa XÔflH H3 kIihh
h acâ^HO mhjho njâieme
h ch Ha Kôô^ia At^ 1116 **
mp mh Tpiôajio atéHeHie,
30 Korâ le Ôhjlô 3a tô^ros'
Moiè-TO Kôftqo ao MéHe ? —
Tôko Tyfl IlaB^HKa H3A^Ma,
Kéftqo ch ot A^ina ota&ïh,
IlaB^HKa CBC TJlàc BHKH^Ja
35 bkkhAza Ta 3anjiàKaHia,
h MâMa My bhkhA Aonjiâ^e:
KÔffao JI6, MHJLO MâMHHO,
HajH th MâMa A^Mauie :
He 3éMaô, Kofi™, IlaB^HKa,.
40 qe k IlaB^HKa cnpâqe,
th He ife, Kéô^o, 3a Tétfe.
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— 102 —
66.
OTKâK CM6 CH, T^HKa JÎhO, CJHÔHJe
ot TorâBa AOÔpâ Kjipa He qéHHM
ot TorâBa BpàHH Koné He Tpài*r,
ot TorâBa chbh rlj r b6 He r^ica,
5 ot Tor&Ba éceH caàBeft He niie;
Aa JH CH MH, T^HKa JÎho, 3JIO^éCTa
HJIH CH MH, T'iHKa JÎhO, HpOICléTa?
Ako th cbm, n'ipBO Jé6e, aïo^écTa,
aKO th cbm, nlpBO JiHÔe, npoiaéTa,
10 TH MH XBaHH H03.làTeHa KO^HH,
H3Kâpafi Me b HnicondiCKa qapmna
na ch XBaHH ao ABaMHHa Tejâje
Ta A& BHKaT H3 t4cHH-T6 ^JHnjH:
npo^âBa ch T^HKa ilHa x^ÔaBa,
15 npo^âBa CH.3a AsaHÔftce Kecé.
3éMaô napé, nrbpBO aé6e, na 3éMaô
na rn Typé b na3^xa
Aa ch BHAHm, no3Hàieni
Aa jih m>*T Te Hapn, aéôe, nocpfcnnL*.T r
20 hjh ihat th napé, jé6e, npoA^MaT
hjh io>rt Te napé, aéôe, npnripH^T.
67.
Chtoh A^sKfl BajiH KaTo MàprapHT,
môk-to JiHÔe kôhh ceA*âie
Ha Kip Aa HAe Ha KapaBJiàmKO ;
à3e My A^MaM h My ch môjïm*. :
5 nocfeAé, tfHÔe, Tàn roAHHa
T&a roAHHa h t&e 3ÉMa,
napé ch, jiéôe, citera nemii*.T,
MjàAOCT le, jcétfe, eAH&K Ha CBfcrâ,
M^àAOCT k, JiéÔe, KaTo pocéna,
10 3âpaH br. éMa, zeni br. HéMa.
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— 103 —
68.
3acnâjia le MâjiKa MOMâ
b^b rpa^nHa no a TpaHAâ*HJi,
npocTHA Kpâica b'bb ÔocéjieK,
MeTnA p^ufe BtB tfoa^peic,
5 npn rjiaBà ô ceAéB-cicéMJie,
Ha CKéioe-TO Cnjnbp ÔapAâK,
b'bb Ôapflâica ineKép-mepÔéT
b%b uiepÔéTa TÔn KapaH*HJi.
Hanxiô k Jiffro MJiâAO
10 na ch v$w h ch Maie
Aa jh inepÔéT Aa H3nnie
HJIH MOMâ Aa ujfeji^He,
meKép-niepCéT AOMâ HMa,
Màjnca MOMâ AOMâ HéMa.
69.
KajiHHO He^Ke KajraHo,
MaMa th le TJTLKa c r BÔpaja t
3a Te6e xatfep npoBOAH,
ABa n'BTH caMa aoxoa>&
5 Aa AOAem Mapn Mapiftico,
Aa mh AOBeAeui CBaTH-Ta
cBaTH-Ta, HeAa, Ha TJFBKa.
HeAa CyjiH ch AyMame:
6yjHe Jie, Apara ÔyjiHe ae,
10 cpaM Me re, Ôyjie, ot Tetfe,
cpaM Me le, ho m>& th Ka»c^:
MHoro mh acaJHO H TOHCHO
3anjo CE MÈHHJI HHKOJia,
HnKOJia m»pB0 jintieHue
15 3a CTaHKa, CyjiHe, AoaHeHKa.
Th hhi6, CyjiHe, xytiaBa
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— 104 —
HH6K MHoro paooTHa,
aja le MHoro xpncnMa
xpncHMa ftonje 3KHBOTHa
20 atHBOTHa h AoopoBOJHa,
c xopTa ^eji^Ka nocpfcma
nocpfenja h ro noicaHa
noKaHH h ro Haxpaim
HaxpaHH h ro H3npam;a.
25 Mhj mh je, tfyjrae, HnKOJia,
nOT rOflHHH CH JIOÔHXMH,
MHJI MH K, 6yJH6, HHKOJa,
KaK dja Ha TJtKa #a h^,
me MH CH CM*M*.T M0MH-T6,
30 jhÔhxmh *ie ce ne 3exMH. —
KajiHHO ôyjrae KajiHHO,
XH*I ^a TH H6 16 HH 6HA,
hh 6h>i, ÔyJHe, hh rpHxa,
yMHft ch #a Te onaeTA
35 h ch xyÔaB* npHMeHH
c TB0H-Ta floôpa npHMeHa,
3aôpaflH 6&ia momhh,
IiaKHMH KHTKH CM6C6HH,
cMeceHH, Ôyjrae, pa3MfccoM,
40 36MH ce xypKa nncaHa
H 36MHH HOBO BpeT6H0,
Ha^yHH <5&io noBtCHO
*ie xoah a» Te 3aBefl*. ;
KaTO Ha TJTLKa HA6M6,
45 MHHH, KaJIHHO, np63 MOMH
KaTO ôorH'ia npe3 cTa^o,
CfcflHH KaJHHO, Cpe^ MOMH
KaKBO-TO M$CeiJ Cpe^ 3B$3AH T
bhkhh, KajiHHO, Ta sanfcft
50 H3 e^HO rxpjno flBa rjaca,
C e#HH M3HK £B$ AyMH,
Manap #a CTe ch jihôhjih
ne toko Hmcoja Ha CBfcTa.
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— 105 —
70.
IlnniMaH cbm CTaH^j, CTaH^nue,
i\k1j-to cbm Te6e 3ajfHÔHj,
qe ch cnpManiKa a^mepH,
6ama th CTxpacH BpeTeHa
5 a MaMa th th npo^aBa
3a ihcto ÔpauiHO H3 cejo. —
CTaHKa Ha IIeH*ia roBopn:
IleH^o Jie nopôaariftHO,
AOÔpfc mh Ka3a tt^' Aywa;
10 KaTO CH nHHIMaH TH CTaH^JI,
#a xoahiu #a noH3ÔHpaui
h né-HMOTHa #a 3eMeui. —
IleHnO CH y T$X 0THA6.
3a CTaHKa aoulih orjeAHHini
15 h ch le CTaHKa cro^Haa:
IleH^OBa MaMa Ha ro^ea: BHKajin,
6ama My MaftKa othiilih
h KpHHa ôpauiiio 3aHec^H
H WbJLen MfcflHHK CLC BHHO.
20 IleHiiy ch ata-iôa HaœajiH,
na Maja npouiKa oth^c
*ie Ha CTainca flyMame:
CTaHKe je, ceB^a rojrôMa,
a3H ch, CTaHKe, uieryBax,
25 6eKH ro xBan*. HCTHHa.
A CTaHKa My OTroBopn:
cbc MOMa niera ne ôHBa.
IleH^y ch acajiôa HaœajïH,
neMa koh #a ro pa3^yMa,
30 h Ha Ha3a# ch k b^uj^ji
h b rpaflHHKa ch le ri$3m
no a neTpoBKa-Ta HÔ'KiKa,
TBpBeH ch iiohc pa3nauia,
Ha HÔ'LJiKa ro npHMeTH^
35 h TaM ch IleHqo o6$ch.
5**
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— 106 —
Hhkoô ch IleH^a He bha$,
naK ro CTaH^iinja fi BHAfcia,
ne ch ça CTaHKa 3asTe^e,
c Hoacne noHC-aT 0Tpfc3a
40 h ch Ha IleHia AyMaaa:
KaKBO njein, IIeH*io, aa CTopnni? —
KaK ro le vjjlb, MafiKa My,
MaôKa My onje 6ama My,
ne ch Ha ro^eat B'Bpa&JiH
45 h î*. 3a Iïeroa roAHM.
71.
ÏÏBaH^o IleHKH ayMame :
IleHKe je, jajoBa A'Bnjepn,
noMHHin jeh, IleHKe, 3Haieui jh
KorHT' ch ABaMa jh6£xmh
5 bhhihh ^epenin 3p$HXA
n hh ^epemn ÔepfcxMH,
Ha e^HO KJEOH^e cT r bnnxMH,
b e^Ha KomHH^Ka TypixMH,
AyMaxMH Aa ch 3eMeMH,
10 e^HH ch Apyrn kmhèxmh:
koô ch noHanp^A oraeHH,
AeBeT toahhh Aa aeran
AeBeT nocTejiKH Aa H3rHofi,
HOCTeJIKH fiome 3aBHBKH,
1 5 cbc CMÔa b r'BpHe Aa BJ$3Ba
h TaM #a My ie ninpoKO.
HaA BOAa jh rn AyMaxMH ?
ôyfiHa Jim BO^a npoTe^ie
ne hh ayMH-TH 3aBjfrie?
20 ÔyieH jh BiTT.p noB^ie
ne hh ayMH-TH 3aB*re ? —
IleHKa lÏBaHiy AyMame :
Kora d>bti*.t bhhihh h ^epeuiH,
Tora3' AyMH-TH hh ma ch CLÔnpaT.
25 HBaH^o IIchkh AyMame :
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— 107 —
Aa aaae rocnoA, Jinôe jie,
ABBeT roAHHH Aa jexHm,
Kora ch Ha xopTa-Ta He cuirai.
HBaH^io acaJHO 3anjrana
30 a naK IleHKa ch 3acM&ia
h lia Hfiairea AyMame:
MaXHH CH OT TyK, HBaH^O.
KaTo HBairao 3aMHH*.,
IleHKa b& rjiaBa saôojrë
35 h ch 6oj[Ha pa36ojt,
jLeyR&jLB, fi ManiKO He MHoro,
Jieatajia ô ao Tpn toahhh,
<ie Tora3' Ay^a npoAyMa:
Aa H#ein, JinÔe, Aa HAem
40 ÏÏBaH^ia TyK Aa AOBeAein,
pi»Ka-Ta Aa My ijfejyH^
AaHo mh Aynia H3JiÈ3e,
*ie Bene mh ch aoa*«.
Xoah, HnKOJia, BHKa ro,
45 ne en ÏÏBaH*ia 3aBeAe.
IleHKa HBaHiy AyMame:
Aaô p^Ka, JiHÔe, npocTH Me,
cTHra cbm Ôojlhq, ae^a-ia.
Tofi ch pi>Ka-Ta noAaAe,
50 IleHKa My p'BKa i^ÈJiyH^.
ne û Ha <wh otj£kh;k.
72. *
flHaKH jiHÔe, th nxpBO jHÔe,
aKo nia AOAem, cera Aa AOAeni,
ne HeMa MaMa, *ie HeMa TaTe,
He tb^pa* paHo He tb^paè icbcho,
5 KaTo caxaTa cahh yAapn
eAHH yAapn h no.ioBHHa.
Ajia Te hiu>& Ta^pa Aa AOAem,
1 Cette pièce fourmille de mots turcs.
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— 108 —
no Ôfcaa iiianKa «fcHTHJLiHflHa,
no Ôfcio eaeie ^HieKJiiHHO t
10 no 6$Jia pH3a ÔypyHuyiaHa.
Th, KaTo AOAeni, hhto Aa xiionani,
hhto Aa xjonaiu, hhto Aa BHKam,
Haft Aa nonyKaiu Ha neHuepcna-Ta
Ha neHuepcKa-Ta Ha naMJH-Ta
15 c TBOH-np'LCTeH KaH-TauuiiH-Ta,
KaH-TauiJiiH-Ta, Kap-TauwiH-Ta,
*ie 6yjLK mh m ropfc b co6a-Ta.
73.
IHeTaja le TtHKa He^a
Ot capan ao CyHapn,
*ie 3ary6n ajT r bH-repAaH,
aJT'LH-repAaH, ctpMeH-KOJaH,
5 ^e ch CB'BpHA Aa rn TpxcH
qe ch cpfcmHA jy,a;o Mjaao
jiy^o MjaAO HeaceHeHO.
OTroBapa rBHKa He^a :
oô Ta Tetfe JiyAO M^a^o,
10 JiyAO MJiaflo HèaceHeHO,
th jlu Haft^e ajETtH-repaan
ajiT'LH-repAaH, CBpMeH-KOjan ? —
OTroBapa Jiy^o MjaAO,
jyAO MJiaAO HeaceHeHo:
15 'ko clm HaÔAejL ajn.H-repaaH
Aa CH yBHBaM KaTO 3T>MHfl *
Kpaô TBOH-Ta 6&ia rynnca,
'ko cbm HaftAeji CLpMen-KoaaH,
Aa ce yBHBaM KaTo 3t>mh;i
20 Kpaft TBOH-Ta TtHKa CHara.
74.
E Aa HAeui, MaMo, AOJiy y ^ohkhhh,
AOJiy y ,2[ohkhhh, ^OHKa Aa mh Hmein,
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— 109 —
^OHKa Aa mh Hmeni, ^OHKa Aa mh 3eMem.
Ako th i^ ^a^^T, /ça ch no3a6aBHm,
5 aKO He th i*. AaA^T, CKopo Aa ch aoaghi,
*ie m*. Aa otha^ b nncTa CBÏTa Topa,
Kajyrep iha ha^, AyxoBHHK m*, aoa^i
Aa ch H3noB*AaT ateHH MjiaAH (Jy^KH,
acenn MjiaAH 6y.*KH h CTapn 6a6n*iKH
10 H CTapH ÔaÔH^IKH H A1»pTH KOIHHHUH,
Haft noAHp me AOAe ^OHKa MjaAa Cyjnca,
^OHKa MjaAa ÔyjiKa, ^OHKa xytiaBHija
Aa ch H3noB$ABa tchuch-th rpixoBe :
Ka3Bafi, ^OHKe, Ka3Baô mp ch CBrpfcuiHJia,
15 mo ch CLrpÈuiHjEa Ha mjkiah toahhh,
Ha MjaAH toahhh clc ntpBO-To jLHÔe.
75.
Choiuè othaox na <nomMa-Ta
Ha ^loniMa-Ta Ha HOBa-Ta,
TaM 3aBapnx n'BpBO antie,
a3 My pÈKOx AoCxp Be*iep,
5 AOÔ'Bp Beiep, n'BpBO antie,
TO CH CTOpH 16 H6 M6 ^y.
A3 HOBTOpHX H3 BTOpH HXT,
Aofap Beiep, n^BO JHÔe,
to ch CTopn qe He Me bhah.
10 A3 noTpeTHX H3 TpeTH hxt,
AOÔxp Be^iep, n^pBO jiHÔe,
to mh naK He oTroBopn.
A3 My p^Kox, npomaBaôTe
npomaBaftTe, tbphh o^h,
15 BH 0T MeHÈ H a3 0T Ba3H,
*ie HeMa Beice Aa ch BHacAaMH
hhto naK BeKe Aa iipmca3BaMH,
me oTHAeM Aa ch cbahm,
Aa ch cbahm npn BJiaAHKa,
20 TaM ano He Ha* t£ otcbai^t,
me OCTaBHM 3a OH3H CBfcr,
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— 110 —
TaM ii^t npaBO a» otobai*t
TaM meM HHie a& ch 36MeMH.
76.
MaMa HBaH^y Aynanie :
JÏBaHUO CHHKO IÏBaH*IO,
KaTO ch xoahhi npt3Mope,
M8Ma He Te le iraTaja
5 KaKBo th, chhko, apeca ? —
MaftHO je, cTapo MaÔHO ae,
KaTO Me nHTani, Aa Ka»:^,
Aa KMRJk, Aa Te He .itao^,
M6H* mh, MaMo, apeca
10 eAHO MOMHqe np$3Mop*ie,
HiftAt My HeMa xy6ocT-Ta,
hh b rpa^a hh b KapnrpaAa,
b Mope Ôhbojh noieuie,
3a 3JiaT th chhuhp AT>paœiHe,
15 arBHije-To HaAA^^sanie,
Mfcceij-aT npfecnojiiBame;
aKo He mh ro 3eMeTe,
a3 iua AaaeKO a* fàraM. —
MaMa HBaHqy Ay^anie :
20 HBaH^IO, chhko HBaH^o,
MafiKa th ateHa AOBHija,
He M0»e CBaTÔa Aa AHTHe
np^SMope 3a MOMa Aa xoah.
77.
^jiKoiree AyMa Ha IleHKa:
IleHKe je, MOMa xytfaBa,
ch rjieAax, IleHKe, ch BapA^x,
AaHO Te CpfoHH,*. K CTHITL&
5 b ajieKCOBa-Ta yjn^Ka, ,
Hemo mTHx Aa Te nonHTaM.
.ZtHKOH^e AyMa Ha IleHKa :
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— 111 —
H Ha TH, IleHKe, T03* ÔeiHJHK
Aa Kynniu opH3 3a nnjaB
10 h ftonje m£co 3a Ke6a6,
Ao Btqepa dja, IleHKe, #a ro&j&,
ABaMa meM, IleHKe, #a Beqep/iMH.
IleHKa A^KOH^y ayMarne :
flHKOHe, TOJliM flHBOJK),
1 5 mt>j^h, ^HKOHe, He AyMaft,
^e îe ot xopa-Ta cpaMOTa
h ot Eora k rpfcxoTa. —
^AKOH^e flyMa Ha IleHKa :
IleHKe Jie, MOMa xyÔaBa,
20 3amo ch tojekos' rjiynaBa ?
^HKOHa ^ejitK He le jih,
AflKOHa flyma HeMa jih ?
78.
^yMaft, 6yae, Ka3Bafi aoôpo 3a MeHe
AaHo AO^e Tyfl momb^o npn MeHe. —
^yMaja ct>m, Ka3BSua clm, #parHHKo,
aia He le Tyfi momb^c 3a TeÔfe,
5 to ch nine 3a neT ctothh *HcraH*ie,
3a neT ctothh 3a niecT ctothh Koaryxe.
IIIeCTHX ctothh ot MeH$,
AyMafi, Ôyjce, Ka3Baft ^o<îpo 3a m6h£,
AaHO AO^e Tyfi momb^o npn MeH$. —
10 ^yMaja clm, Ka3Bajia clm, #parHHKo,
aja He le Tyfi MOMH^ie 3a Te6i,
T03' ch nnje 3a rpoui 3a ABa ÔfciHJine,
3a rpoui 3a ABa tffcjHjme,
3a neT 3a mecT ^epBHjme. —
15 IleTHx mecTHx ot moh* ; v
AyMafi, Ôyjiè, Ka3Bafi #o6po 3a mohè
AaHO fl,o&e Tyfi MOMHqe npn MeHÈ.
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— 112 —
79.
Ciiomn othaox Ha HOBa UIOUIMa
Ha HOBa uiouiMa koh Aa Hanoi*,
koh Aa Hanoi*., koh KOH^aiin,
koh KOH^ajiia koh ceB^a^ia.
5 TaM en 3aBapnx MajKO MOMHue,
MajiKo MOMHie MHoro xyÔaBo.
A3H ro r-ieAaM, to Me He raeAa,
aan My AywaM, to mh ho fljM&,
at'BJiTHUKa a»AOx Aa Me noraeAHe,
10 ac%jiTHHKa 36Ma naK Me He raeAa,
Apyra My AaAox Aa mh npoAyMa,
H H61* 36Ma naK MH H6 AyMa.
Pa3Hrpa mh ch xpaHCHO KOHie,
Tora3* noraeAH*, Tora3* npoAyMa :
15 MaXHH en ot TyK, 6aTfto Ctokhc,
MaXHH CH OT TyK BpaHO-TO KOH^ie,
ne MH OnpXCKa K%JÏTH-TH M6XJIH.
80.
CaMCH ch le Ctohh noxBajHJ,
caMCH le 6$Aa HanpaBHJi
b E^peHe b ysyH-iapmiji
npn CyjTaH-Ce-iHM uaMin,
5 qe HMa Ôyjrae xyÔaBo
h HMa Konqe xpaHfcHO
xpaH^Ho ne BxaciiAaHO ;
Konue My CTpyBa xH-na^a,
6jJine My CTpyBa ABa rpa^a.
10 Ot a^to 3auy BOÔBOAa
^e 3a CTOHHa npoBOAH
A* Aa ie Ctohh Aa A<Wi
6yji*ie-TO Aa ch AOBeAe,
6yjiue-To fîome Koinie-To.
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— 113 —
81.
TpLrHAJIH MH CR Tpi»rHAJIH
neT CHaxn ao neT eTtpBH,
3KXJTT0-T0 npOCO A& TSThUÂT.
KaTo Ha HHBa othhmh
5 Haft-rojiiMa-Ta cnaxa OTroBapa :
xaftAe a» JerHeM a& nocnnM
Ao-a$ cji'BHi^e-TO npnne^e,
AO-a* poca-Ta yjiTH. —
JLerRJZjm Ta en noenaan.
10 Kora en ot cbh CBÔyAHXA,
CTap CBeicLp HAe ot Aoay
Koja-Ta bo3h 3a CHone,
CH^IKH-TH CH qyAHXA I
KaiCLB meM ueBan Aa a&AGM ?
15 Haô-rojiiMa-Ta CHaxa OTroBapii:
CHHH,a hèmh 6yAeTe,
a3 m.j& ueBan a& a&m. —
KaTo a<W CTap CBeicLp,
Haô-rojiiMa CHaxa oTroBapa :
20 CBeKpo -ne, a^Pto Marape,
njo npaBHin HHBa Kpaft niTH?
CH^KÎH A©H CMH ÔfcraJIH
ot Typu,H ot eHH^epn
A^-TO Kpaft n'BTH MHHyBaT.
82.
3acnaja le Mainija
AO-iy b MajiKa-Ta rpaAHHKa,
noA 6iz noA wb^Ben TpaHAa#HJ,
3acnajia le 3aci>KHyBajia m,
5 Ape^en ch AT»3KAen, 3anAfc,
CHjieH ch BiTpei; 3aB£n,
MiLiHH,a ot cbh CLÔyAH.
JIioto Mnanija KtaHeuie:
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— 114 —
Bfrrpy je, He HaBiaji ch !
10 A^a^Ay je He 3aftA&ï ch!
Cera a3 bha$x Ha cxHa
Me Me MaMa mh nHTame :
MnjH/iKe, MHja MaMHHa,
6ama TH 03K6HH JIH CH,
1 5 MamHxa aobcac jh th ?
xytfaBO aiyinaft, MnjHMKe,
xytfaBO aiyinaft Mamnxa,
Me 16 Mamnxa JomaBO,
Aa Te Manjnxa He yAapn
20 c T^CTaHa ptKa b cypa-Ta
c cnpeHHHa b ycTa-Ta ?
Bfrrpy je He HaB^HJi ch!
Ai»acAy ^e ne HafiAiU ch!
^e Me ot MaMa ota&ih
25 OT MaMHHH-TH noptMKH. '
83.
ChOIHH npHMHH^X np^3 CHBJIOBy
npi3 CnBjiioBy np$3 MepKOBa-Ta,
TaM ch a3 bha^x ABa rpoôà hobh
ABa rpoôa hobh hjo 3apoB6HH,
5 mp 3apoB6HH h ocTaBeHH.
Ha rpo6oBH-TH ab$ cb£ihh ropiAT,
ABii CBiimH ropw^T mo 3anajreHH,
mo 3anajteHH h ocTaBeHH,
flO rpoÔOBH-TH ab£ MJa^H 6yJKH,
10 ab£ MjaAH 6yjiKH c Mipnn *HCTaHH.
jKajiHO njiaMaxA, jtioto wbJLuaK* :
Eor Aa ytfnie Te3* ApHayTH
T63' ApHayTH Te3* KanacB3H,
A$to y6nx^ MHMa ÏÏBaHMa
1 5 MH^a ÈCBaHMa h xaun CaBBa ;
ne mh 16 mhjio 3a MH^a HBaHMa
3a MH^a HBaHMa 3a xaun CaBBa
Hafi MH 16 MHJIÔ 3a TfcXHH-TBT fl$Ufl,
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— 115 —
3a TixHH-TH A&ja, 3a CnBJiiOBy
20 3a CnBJiiOBy, 3a cnpoMacH-TH.
84.
Pa3MHpnja ca ô BjiamKa-Ta 36mh,
BjainKa-Ta 36mh h EorAaHCKa,
CTapH kojïx^, MJiaAH poÔix^ ;
ne nopoÔHXA Bnma poCÎHHH
5 Bnma poÔHHA Bnina TxpKHHH.
IJapio kohh boah h My 6aftpaK boah,
h My ÔaftpaK hoch h My poca Bfcie
h My poca Biie h ro jioto iciJHe
h ro aiOTO in>JHe : ijapio, He ijapyBajt !
1 ijapio He î^apyBaj, c Eora ne ÔoryBaa !
qe caM ocTaBHJia m%3kko j&re b jnoaica,
koû me ro oirBnH, koô me ro HaTCLpMH ?
85.
Ilociflj ch Ape6eH nanpeT l
ApeÔeH nanpeT Kpaft ^yHaBa
AaHO nanpeT poA poAH,
He ch nanpeT poA poAH ;
5 a3 HaKJaAOx ÔyieH oflh
AaHO or'BH nanpeT ropn
AaHO nanpeT poA poah,
hhto oriH nanpeT ropn
hhto nanpeT poA poAH ;
10 a3 aobcaox thxh ^yHaB
AaHO AynaB ofbh racn
AaHO or^H nanpeT ropH
AaHO nanpeT poA poah;
hhto AyHaB ofbh racn
1 5 hhto orxH nanpeT ropn
hhto nanpeT poA poah ;
Chaque vers est suivi du refrain ropo ae 3ejieHa!
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— 116 —
a3 aoicapax roa$M Ôhboji
AaHO Ôhboj BOAa imie
AaHO ^yHaB or-LH racn
20 ,a;aHO ortH nanpeT ropn
AaHO nanpeT poA poAH,
hhto Ôhbojï JlynsB nnie
hhto AyHaB ofbh racn
hhto ofbh nanpeT ropn
25 hhto nanpeT pÔA poAH ;
a3 aoboaox B'Bpjia Memca
AaHO Me^Ka 6hboj ha©
AaHO Ôhboji AynaB nnie,
AaHO AyHaB oflh racn,
30 AaHO ofbh nanpeT ropn,
AaHO nanpeT poA poAH,
hhto Me*nca Ôhbojk hag
hhto Ôhbojï Jlyu&B ha©
HHTO.^yHaB ortH racn,
35 hhto or'BH nanpeT ropn
hhto nanpeT poA poAH.
86.
OBAOBHJia ft ji£cHn,a-Ta
cbc ABanaftcn jfccHqaHn.a,
ciAHaja i€ a& rn n,ia*ie:
A$ meM, chhko, a* ca bhahm ? —
5 ÔTroBapH Haft-MajiKo-TO,
Haft-MaJIKO-TO Haft-XHTpO-TO :
mt^h, MaMO, HeA$ft n-iàica,
mft meM, MaMo, a& ca bhahm
b IJapnrpaAa b qapinia-Ta
10 b cnpoMaxa b Kecia-Ta,
Ha ÔOJipHH okoji' nii>i-Ta.
87.
CBaAHj en KOMap c Myxa-Ta,
Aa Ôhjio 3amp, 3a Kaiœo,
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— 117 —
3a eAHa jKeHCKa Myinmja.
KoMap en jooto pa3cxpAH,
5 H3BaAH ocTxp ÔosAoraH,
yAapn Myxa b ctpije-TO ;
T63KKa Kp'BBHHHa IiaAH^JIO
Ha i^apnrpaACKH Apy^nma,
He MOJKe KepBaH Aa Mime,
10 KaMO JH H1THHK %& ra3H.
MyxH-Te ciôop CLÔpaan
H C>R K'BAÎH TypH^SUIH,
ceôMeHH 6$xa ocn-Te,
cyôainn 6$xa imejH-Te,
15 TejiaJiH 6ix^ tfptMÔapH.
Te jiaJiH BHKaT H3 ceao :
£a BtpBH MaJEO roj^Mo
M'Bpma-Ta ot Apyw Aa AHrH/*T.
CefiMeHH KOMap norHajiH,
20 KOMapH TpxrHA Aa 6ira
h ch Ha Bora iiomojih:
Eo3KHe je, bhhihh TocnoAHÎ
h ch Aafî, Eoace, ApetfeH at>3KAi
Ha MyXH KpHJli H3KBaCH,
25 xjraAeH mh BfcTpeij Aa AyxHe
ocn-Te Aa ch pa3B$e. —
Tochoa KOMapn nocjyina,
xjiaAeH mh Bfrrpen, noBie
poceH mh AT>3KAeu, nopaMi.
30 KoMap ch Aa^eK* 3a6irH^
Ha npHH IIhphh njaHHHa *
TaM ch iiaA'&pH KopAHca,
TiaA'Bpn 6ix^. n»ÔH-Te
rtÔn-Te ^iy^yjemKH-Te.
35 KaTO A^^AC^aT npeBajiH
KOMap-aT Ha b'bh H3Jii3e,
IIhphh ou IlepHH.
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— 118 —
Ha ÔykaB jihct <ï>epMaH H3Hnca :
KOft OT TA* 1€ A» CH Hfle.
88.»
TÔAop To,a;6pKH A^Maine :
ToflôpKe, nplBHH npiBHéHO !
To^ôpice, ceB^â ro-iÉMa,
To,a;6pKe, 6^jKa x^ÔaBa !
5 Éto mh a^bct roAHHH
KaK ca c Té6e cxÔpâxMe :
th Ôiine iciéTo cnpàMe,
à3 6$x ^3kao aprâ^e
KaK ca cbc Té6e ctÔpàxMe
10 x^6aBa MlKa CTHTHAXMe,
3jàTo ot cpéôpo nô-MHÔro ;
3JiâTHa napajui^ HéMaxMe,
h napajiJii ch K^nnxMe ;
ot clpue pôarôa HéMaxMe ;
15 Burâ^a jïh, Aa Ta KaÔAncaM ?
Mjâaa jh, Aa Ta napÉcaM ? —
Ho TofldpKa A^Ma TÔAop^iy :
TÔAopuy, nplBHH nptBHéHO,
Tô\a;opuy, ceB^â rojÉMa !
20 b ropâ-Ta HMa flÔMKa,
AéBeT roAHimia HJOBa :
t%3' ch roAHHa i^i^H^jra,
n,fc*H,sj[a h 3aBlp3ajra
CAHà MH 3JlàTHa iÔ'BJTKa. —
25 TÔAop^y ch He yr^AH
Ha TOA<5pKHHa xopaTâ,
ne CTàn^ TÔAop OTHAe
k noÔpàTHMOBH ch HHKô\ia;
TÔAop HHKô\ia A^Mame ;
30 HHKÔ-ia, noÔpàTHMe jre,
1 Ce morceau est le seul qui ne soit pas inédit dans la
présente collection, il est emprunté à celle de Mr. Bezsonov.
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— 119 —
th ch, HHKÔJa, KacannH,
ejâ, HnKÔJia, y AOMâ,
a3 HMaM KpâBa àjlob&,
Aa bk HnKÔJia, 3aKÔJiein. —
35 HaKÔ-ia A^ Ma TÔAopuy :
TÔAopqy, noÔpàTHMe je,
xâô^e ch, Tôflope, hah,
a3 iota. iioAHpn Aa aoa&. —
HaTéun Hoat KacâncKH,
40 ^e y T6,a;opiOBH OTHAe.
Tô^op^ë KpâBa He H3Kàpa,
Haft CH T0A<ipKa H3BâAH
Hhkôjhi ToflcSpica KaftAécaji
Ta ftoft rjaBà-Ta OTpi3a.
45 ToA<ipKHHa rjiaBà CKàuiine
h Ha HHKÔaa A^waine :
Apârn HHKÔJia, mhj 6^jeH,
no e&pué-TO Aa mh pa3n6pnin,
Ha CBpné-TO Aa mh bhahih,
50 #a bhahih ino HMa, ApârH HiiKÔJia.
À Hmcô-ia m; pa3pi3aji,
HaMipH Ml^na pôsKÔnua,
Moanénue c 3JiâTo nep^éHue.
TÔAop HnKÔJia A^Manie :
55 h Aafi mh nôaca KacâncKH
Aa ch AÔ'BJKa pa3p£j&&.
Aa ch ycTà-Ta pa3KBàcak. —
He ch âÔ'BJiKa paapfea
Haft ch b CBpné-To yAâpn
60 h ToA<5pKH At Mame :
TOA<5pKe, npÎBHH npT>BHHHO,
ToA(SpKe, ceBAâ ro-zn&Ma,
ToA(5pKe, 6^-iKa x^6aBa,
t1h jh k Ôhjiô nécaHO
65 Ha eAHÔ AfiâMa Aa yMpéM !
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SUPPLÉMENT.
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L
Chants mythologiques de la Macédoine
orientale. *
Tribu imposé par la Youda.
3a^aAe ca ^iiMHa ic^a
Ta ca pyKHa h noflpyKHa :
Ofî cejeHH 1 oft KMeTOBe,
mo Ke Ha MeHe aa^eTe
5 ,a;a mh *jiH3a 2 <&% Baina cejiy ?
A thh OTroBopnxa :
Ke th AafleMt h HaT^a^eMi.
pyAH ioBHH, *aKJiH obijh.
A TH XMH OTrOBOpH :
10 Oft cejieHH oft KMeTOBe,
* Le texte de ces Chants est scrupuleusement reproduit
tel qu'il m'a été envoyé par Mr. Et. Verkovid, j'ai seulement
ajouté la ponctuation qui manquait. L'orthographe en est très
différente de la mienne, car elle représente la prononciation, et
cela selon divers dialectes ou parlers locaux, ce qui en augmente
l'intérêt au point de vue de la langue; ainsi le caractère s re-
présente non seulement notre s (eu français bref), mais parfois,
comme au No. 6, dans le Conte, etc. Ve ordinaire, p. e. BsjihIto-
#<khb pour Be^HK-fleH, etc. L'extrême irrégularité de la versi-
fication doit aussi être remarquée.
1 cejiHHH, villageois.
2 Ba*3iK, j'entre.
6*
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— 124 —
H3T> CH HHIUa 1 pyAH ÎOBHH
HHTy CH HCKaMT> *aKJH OBUH,
JKO CH HCKaMX ABa H)HaKa
KaBaJCKHH CBHpeJDKHH,
15 abc a^boôkh nicHonoftKH. 2
2.
Néda enlevée par 3000 Youdas
et 3000 Samovilas.
HeAy Mapn Ôerb, HeAy,
HeAy ça Maftica icapaaa,
Ha HeAa ca c HaatajiHjry
Haa:aJHjy HaT^JKHjy,
5 CTaHa HeAa Ta yTHAe
Kpaft i^^pHy Mope ;
TaM' en Hafl,a;e 6nja He^a
Ay TpH XHJH^H K>AH
H TpH XHJLflflH CaMOBHJIH,
10 Ta ch xh B^jeTt roBopeTX :
HeAy Mapn Ôsulb, HeAy,
xa^e HeAy et Hact Aa AOHAenrB
m>îvIiikh A^na £a hh jnojeuiT),
jusjcoBe a» hh hochutb.
15 il HeAa xmh b&ïh oTroBopn:
Bapaô Bapaô Tpn xhjhah ioah
H TpH XHJUIAH CaMOBHJIH,
nocToftTe Majiy no^eicaftTe,
Ay Maftica Aa noôAa,
20 BftnHiCL-AeHB Aa ch ycTope.
Ta nofiAe HeAa AOMa ch
H CH yCTOpH Bi JHICB-AeHB ;
HeAa ch xopy oAeine 3
1 Hejgx, je ne veux pas.
2 Cf. Milad. 8.
3 allait à la danse.
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— 125 —
Ta 3ar^pMH 3aTpemH,
25 3aayxa ioahh BirrpoBe,
Ta noftfle Heaa flOMa ch
h caci cajh3h ch pyKHa:
Maie je Mina Maje,
Maje je H3je3H Maae
30 yTB^Hi Ha Aopn, l
j& Ma bhahbtl, Ma-ie.
Pe^e Ta hh yTpe^e,
H)ah ch A rpaÔHaxa
35 h à Ha ropa anrHaxa.
Le dragon sous la forme de poisson,
ou Fépreuve. 2
MajKa MOMa jrem, naeBHJia,
Jiewb njeBHja h njaKajia,
Ha MaftKa ch oTroBopn :
oô Maje MHJia m&io,
5 3Mefi ch HMaM'B ^'B na3yxa-Ta
3Meft Ha pnôa npHOÔpaseH-L ;
^TerHH pAna H3Ba^H ry.
K MaftKa xh OTroBopn :
CTpaxx Ma e 3jo ma mh CTopn,
10 3jlo ma mh cTopn ny CHara.
Ha TaTKy ch OTroBopn :
Oft TaTe CTapn 3anjy,
3Meô ch HMaMt &i> na3yxa-Ta,
*TerHH p>sjca H3BaiH ry.
15 K TaTKy xh OTroBopn :
CTpaxt Ma e 3jo ma mh CTopn.
Ha lOHaicL ch OTroBopn :
Oft lOHa^e M^a^i» H)Haqe,
1 otb-bh Ha ABopH, dehors dans la cour.
* Cf. No. 61.
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— 126 —
3Meft oh HMaMi) *t> na3yxa-Ta t
20 *TerHH p;uca H3Ba#H vy.
lOHaiCL ch caMy Kaft^Hca
Ta *TerHa p^soca &b na3yxa,
6e3T> CTpaXTb CH 3M6Ô H3Ba^H
n MaJKa MOMa ijajHBa.
4.
Alexandre et son Bucéphale ailé.
Fragment (?).
H mh eme 1 h mh nnnre
h ch Ha yMx HMaflTe,
K& ma AOÔA© MJaAi» ÀAeKcaHApHH,
HHKOÔ J& HH 6 nOTCTaBaJTB
5 KOHfl aa My no*aTH,
kohh My BOJorjaBaTt,
HHTy 3opHa #a wy npocBfcTH.
Oma floôpii hh oTpeK-iH
flfc ch AOH^e Mjia^'B AjeKcaHApna
10 cb koho MHory CHJraH'B h «sÀpKart;
ch^kh c>& HcnjauiHxa
h My ca. noTCTaHajtn,
KOHfl My ca no*aTHJiH,
ÔopHa My c>& npocBiTHJH,
15 BHHy ch ry HacayatHxa,
chmhtï) My KOHfl Hanjoxa,
BHHy ce^eM^ece' okh,
chmhtb AôBeH^ece' 2 OKH,
HXHa ch 6^p3a-Ta kohh
20 h ch yTH^e Ha capan.
1 ajKTe.
2 Analogie avec le slavon fleBAHflec*rB.
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— 127 —
5.
Stoïan aimé d'une Youda.
lOfla CTOHHa 3ajio6Hja,
jiio xè Aa ofîAe h th ny Hery.
Cheikh cy ceiihiH cotfpajiH
A^py l TJJLRMY Aa HOCeT"B,
5 kochjh ry Majy hohochjih,
Aa ch no^HHaT'B ry ycTaBHJH,
noceAHJiH Majy no^HHain,
Aa ch ry HapaMeTx cTanaan,
Aa ry HapaMei"B hh MoaeeT'B,
10 a* ch Ctoah'b cTapa K)Aa svjie^a,
qn ch ce^iLia Ha Bpyxx A'&po-Ty.
Xh b&ïh oTroBopn :
3anjo ch ca^Haia lo^y Ha Ai>py>
Ta hh CTaHeninb loay Aa ch HAenit
1 5 ce jjhra Axpy Aa 3aHoceT"B ?
TH My B&3H OTTOBOpH l
Hena ch HAaTX ch^kh cej^HH,
Hne yTpe A'&py ma 3aHeceM'B ;
xaAe câ Aa HAeMe gt» Hamn KymH
20 Aa BHAHHHb moh Ôanja h ÔpaTfl,
jlto mo me bhahhtb Aa ca hh yn-iamBinx
HHTy HHKOMy HHmy Aa Kaacennb.
y-THAe Ctohh'b ny CTapa H)Aa,
A$ CH My yTOpH HHXHH KyiHH
25 KJiaAe ch ry na hcxhhh CKyTH,
co pyKH ch My yniH 3anyniH,
H3Jie3e ch ioahh'b Ôama
3aTp^mnj[y 3arypMHjy,
H3jeroxa hcxhhh ÔpaTji
30 3ac*HTKajiy 2 3aAHMHajy cy. 3
1 flfcpBO.
2 sacB^TKa^o.
3 ca
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— 128 —
6.
Le dragon qui a pris la forme humaine.
Xlïpio * jlh thah MjaAy Ahio,
HpO^iyjTB CA Ah^O OTTb Kpaft flj Kpaft 3AMH-Ta
KOJiKy 3a n/krjBj K)HacTy
Ome TOJTKy *IH HM8UTB 3JaTHH KpMH,
5 SJiaTHH KpHJIH UJffb MHinmma.
Ch^kh MHCA&xa qn c jbjfio bhthkt»,
BHTfllCL OT1 3M>&fi nopOA>SvH1,
Ta ca ci H^ry hhkoh hh «anjame
Hirry Ha riopeurB HHTy Ha KaM^Hb *Apjienie.
10 CH H3JULIH Ha B^JIHK'B-A^H'L 2 CHEIKH lOHaUJI
CH^KH KWaiJH H CHTOH MOMH,
K)Hai^H KaM^Hi, aa *^pjeTT>,
momh xopy Aa HrpaTx ;
co tax.i> ch H3Jie3e h &.trao
15 co lOHaijH KaM^H^ Aa *>&pjLH,
co momh xopy Aa nrpa;
K)Hai^H ch Ha KaM^HT, naA*^pJH
h yTHAe xopy Aa ch nrpa.
KaiCB ch c>& Ha xopy *aTH,
20 chikh momh HAry iML&Aaxa,
AAHa cl Apyra ch roBop^xa :
Bjara Tan MaftKa
njo c nopoAHja TaKaBi lOHaiCB,
ÔJara h onan MOMa
25 HJO KH) CH OAH TaKaBT> IOHaKT> ! 3
AA rn Ay^y MOMa EorAaHa,
Ta HM1 BAJIH OTrOBOpH I
>&31 KH) CH jRjTOO 36Ma,
1 Hhho ou Ehho.
2 Bexmrb'Reiib.
3 Vers lequel ira, qui épousera.
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— 129 —
moa c&pn^R. l co H^ry kio ca KpaBH,
30 KaKo KHTKa Ha Bo#a ;
xjm.0 ch EorAaHa Ay^y>
Ta ca yTt xopy nycHa
h ch AOMa yTHA^,
Ta en Ha MaôKa 3MAHHHija Ka3a
35 moeaa H^ury EorAaHa Ha ApyniKH ch p^KJa
3M^HHHi^a My Bxjm OTroBopn :
OH TH MHJiy MOfl CHIiy,
ApyiHKH KIO CH A paSB^pTATt,
HHMOH ta6h Aa CH 3eMH ;
40 aMT» th Aa ch npHBapimrL Aa A rpaÔHAHTB.
YTpa tk kio haji Ha HHBa Aa 7Klie&,
yTTb HHBa Aa A rpaÔH^sjut,
HHaict kio ch A saryônurb;
ahîo ch ome paHy CTana
45 Ta yTHAe Ha Apywt paciGRpcTHija,
Aa ch EorAaHa ram
^A CH CA H THH Ct ApyHIKH 3aAaA>&,
JH) ch Ay /^vh^io npn6jiH3H
h c^ oÔjai^H 3aAaAOxa,
50 3MAIOB/T Ha HMAaTTb AOHAOXa
Aa ch Ha Ah*io noMorHaTT»,
MOMa EorAaHa Aa rpa6HaT%,
EorAaHa ca Tp^cica 3aTp>RC^
Ta ch naAHa yMp>suia na 3amh.
55 3m,kiobji cr. cr. ^yAHjH njo Aa npaBAT'L,
mo Aa npaB^T% AaHO EorAaHa y»HBe>R.
CTapn 3mah ch HCKapa yra na3yxa
BOAa iho ch 3khbot% noAaBa
Ta ch EorAaHa co hah noiL*.pcKa,
60 EorAaHa ch KaTy yT% rjEHÔOKy H3A^xna
h ch xh nain» Aynia aoha>&,
Ta ch A 3m^k)bji 3aKapaxa
Ha ropa 3,&x&Ha,
npn BOAa CTyA^Ha,
mow cipge.
6**
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— 130 —
65 aa ch 3Mahhhd;h #AKe * tfaHjixa;
jno KaiCL m jtb Bo^a H3BaAaxa
nyAi> MHiiiHHija hmi KpHJA H3j>&Baxa y
Kpnj>«c co 3jaTy no3jraTAHH.
Tora ca Bor^aHa Aycera
70 qn Ah^o ch e 3m>rh
nae ^ufliTL npncHMocyBaji'B
Ayp'B Aa CH H,RJI H3MaMH.
Ry ro^HHa ch Eor^aHa a^ta nopoAH t
h tr ch ry cb Bo^a yÔaHH
75 Ta My KpHJA H3J,&roxa 2
co 3jraTy no3.iaT>sdra
H CO ÔHCy^pi» noAHH3aHH ;
Eor^aHa ch &js,TJk jiiojr>sjne
h co Hery c>& <ï>i ropa Ma^me.
Le voyage du mort. 3
HMajia h MafiKa HMaaa
Ay A^BOTt CHHa pOA^HH
h eAHa A>&mepJi Beicnn.
PacHa BeKHji nopacHa,
5 Ha BeKHji 3rjijiAHHijH AOÔAOxa
npesT» a^bctb ropn sejihra,
npe3Tb a^bctt» ceja *% Aecjhy.
Mafîica xh à hh AaBame,
ôpaTt xh ^HMHTapt A HaftAaBa
10 h MaôKy ch AyMame :
xafîAe BeKHH Aa AaA^Mt
npes'L A^seTt ropn 3ej>iHH
npes'B A^BeTT» cejia *% A©CHTy r
*ih hh e CMe ÔpaKH MHory ;
1 fl-fere? Pins bas il y a axtx.
2 H32rii3oxjts, sortirent.
3 Voy. plus loin la traduction.
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— 131 —
15 «AHaTL &t> roflHHa-Ta ,a;a xh E^ewb
Ha rOCTH H Ha OTBpaTKH.
BeKHH ch Aa^oxa,
AaAoxa h yateHHxa
npeat A^seTi» ropn 3ejiHHH,
20 npe3Tb A^seT^ cejia *t aecHTy.
I^pHa ca e Marja cnycnajia
y ^HMHTpoBa-Ta K^ma,
H3Mopn ÔpaKH 3aApyacHH
H A^BeT'L CHaXH coÔpaHH,
25 caMy Maihca hmt» ycTaHa
RÂBeTb JIOJLKH Aa JHOJTH,
Ha AiiBeT'L rpoôa cbhkh #a najin ;
narine h cl BHHy npnjiHBame,
Ha ^HMHTpyBa rpoÔTb hh xoflflme
30 HHTy My CBHKa naanme
hh cl BHHy ry upnjiHBaine,
aj[H ry jhoth kjhtbh KSJLnàme :
^HMHTapn, rpoÔTb aa hh ycTopnm'B !
AajriiTL mh BeKHji yaceHH.
35 Ha Eora ca e HajKejrH.iy,
^HMHTapt yn» rpo(5a H3jrnrHa,
y BeKHHHH ch yTH^e.
KaTy ry bh^c BeKHH,
pyKa-Ta My ijajyHa
40 h ^HMiiTapy npo^yMa:
Ôa^ia jlsl (fewa ^HMHTapii,
m;o th pyna-Ta Mnpnca
Ha 6^3y Ha nynapHHy,
Ha n^pBHHa n^pcTHija ?
45 ^HMHTap'L Ha BeKHH Ay Manie :
HOBH CMO K^JHH rpa^HJ[H,
3a TOBa mh pyKa Mnpnca
Ha 6>R3y Ha nonapHHy,
Ha i^RpBHHa iL&pcTHija ;
50 h xa#e cncTpy BeKHK),
Ha tocth aa Ta 3aBe^a,
Ha TOCTJI H Ha OTBpaTKH.
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by Google
— 132 —
BeKHH ch TpAmaja
cl 6aia ch ^HMHTapa,
55 Ha tocth a& h ah
Ha TOCTfl H Ha OTBpaTKH.
BopBHJH HK) Ca BOpBHJH,
H3MHHaxa nojifl ninpoKy,
HacTaxa ropa 3ejHHa,
60 cpHAT» ropa A'&py bhcokj,
Ha Ai>py nTHneHi;e cBHpnme
CBHpnine h AyMame :
AH ca c *iy.iy BHAHJiy,
»HBy cl M^pTBy a& xoah,
65 KaKOTy ^HMHTapi H BeKHH ?
BeKHH AyMa ^HMHTapy :
6a^a jlr 6a*ia ^HMHTapn,
njo ch AyMa irraTOBne-ry?
^HMHTapt Beicino AyMame :
70 BeKHio CHCTpy BeKHH),
MOMa H3ÔpaHa,
TOBa nTnqeHije c j^acoBHy.
KaTy Ay THxt Ha6jH3Hxa,
^HMHTap'B BeKHio AyMame :
75 BeKHK) CHCTpy BeKHH),
xaftAe y AOMa hah,
a3t> noAHpn ma ocTaHa
KOH^e-Ty Aa ch Hanoa ;
BeKHio, ma Ta HacTHrHa.
80 ^HMHTapt ch ycTaHa,
nain» BeKHH ch 3aMHHa,
^HMHTapi ch y rpoCta *Jie3e.
BeKHH CH y THX'B yTHAe,
na nopTH ch xjoname,
85 Ha MaftKa ch pyKame :
H3Jie3H Maio nocpeuiHH mh.
KaTO H3Jie3e MaftKa xh
H CH BeKHH) BHAH,
BeKHK) ch AyMame :
90 BeKHH) CHHKy BeKHH),
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— 133 —
Kofi th flj TyicB AyKapa ?
BeKHji AyMa MaftKy ch :
Maio jlsl cTapa Maio,
Eaqo ma ^HMHTapB ayicapa.
95 JKhbh ch ca 3>aTH.iH,
m^ptbh ca nycHajH.
8.
Combat de 300 dragons contre une Lamie.
Ry TpncTa 3Meji ca cotfpajra
Ha epnHCKa BHina njaHHHa,
Ay Kpaft mnpoKy e3epy,
h ca ÔyeTt et ryjfeMa jaMna,
5 Kofi Aa e3epy oÔ3eMe.
TpHCTa 3M6H CH CpHJH ! QXJiXeTh,
r jiaMHH.cn Ay 3JiaTHH jyciiH MAKH6,
ny 3MeiOBe rn *Apjre
h ch rn cb THxt yÔHBa.
10 Yti» TpncTa 3MeiOBe
ceAeiirB ca ycTaHajiH ;
^yAyMTb ch ca ^yACTi
KaiTL Aa na jaMHH HaABHerB
h ch e3epy o63eMarB.
1 5 KaiCB ch ca ^yAyMX ^yA^TB,
AOHLia e IL^pBa BMHHHHUa
Ta XMH B&ÏH OTrOBOpH l
oô bhji Ay caAeMT» 3Mei0Be,
m,o HaKaxapeHH CTonre,
20 ctohtc h ca ^yAHTe
KaKX Aa Ha aaMHH HaABneTe
h e3epy 0Ô3eMeTe ?
K3T> ma HAa cb jaMHH Aa roBopHM'B,
A BHJI cbcb cpejiH-Te h rpoMOBe-Ty
25 noAt 3eM« HCKynaflTe,
1 CTp&ra.
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— 134 —
noA^ Ha3H oraHb xypHTe,
JlaMHH Aa H3^ypHTe ;
Kora oraHb TypHTe,
cp/ua Ha MeH*fe «^pjHTe
30 H3T» Aa ch jtb TaMy noôerHa.
3MeiOBe ch 3eMH npHKynaxa
h nyfli jkimhh oraHb Typnxa;
KaiCB ca e oraHb sanaJHjEi»,
jaMHH 3e KaKO naaHHHa Aa xpnna,
35 fl^pse HcnoApoÔH
h e3epy npoBaaH,
Ta ch e3epy HCTeqe
h AOTeie Ha 3M6iobh Kj&djh,
Aa ca 3mhhhhi^h mhhtb
40 h A^a ch Aa K^nerB.
9.
Ce que sont les vents.
3aAyjiH ca Ay ryjHMH BjrrpoBe,
yr* njo ca ryjiHMH Ayp'fc ropa H3Apo<Snxa t
ny BflTpoBH ca mjuum Ay thmhh Ma^JH,
yi"B BHTpoBH ca n^TiOBe npamerB,
5 yra MarjH Ay Ap^^na poca Kann.
KoJIKy nOCHJKH BJITpOBH Ay^T^
h yTTb MarJH noApntfHa poca Kann,
TOJKy Ay AHrejniHHHy c£iy noHa6*H3HBaT"L,
momh ch HAna Apyra roBopHT* :
10 IHO Ca TOJKy BJITpOBfl,
BjiTpoBH h MarjH;
y-TB njo ca chjhh
Aypx upaxt ca ny n>RTK)BH Aura,
yTt njo ca THMHH
1 5 Aypt Ap^^Ha poca KanH.
ÀHrejHHa xmh b&ïh oTroBopn :
Ofl MOMH MHJIH APymKH,
3HpTb hh ca cnnjaTe
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— 135 —
mi hh ca BjrrpoBH h MarJH,
20 aMTb ca Ay ioah h caMOBHjH ?
Kora ca npaxTb ny il&tiobh Anra,
Tne ca <5op(Sa 6opHTB,
KOA A^ HaABHfl
MOMa Aa rpaÔHH;
25 Kora yTi» MarjH Apatfna poca Kana,
THe CH M^JHKH &%}& (5H3aflT"L,
6H3ain"B h ca paAyBarB
nn HeBHCTa ma seMarB,
HeBHCTa Mjaaa Kary KpaxTL Ôycnj^Kx.
30 ÀHrejHHa .no ch Ay^a-Ta CB^pniH,
h BjrrpoBA cb MarjH AoftAoxa,
Ta en A rpaÔHaxa
n lia BHnie njaHHHa yTKapaxa.
10.
L^es fontaines des Samovilas; vertus de
leurs eaux.
Ha Bp^&xt iuairaHa-Ta jerneri» Ay Tpn KiaAHauH,
HapeAeHH Ha6&ieiiH et (5&ia n^pet
cl 6$a2l n^pcL cl ajeiia (5oe,
vtl TexTb Te^ie Ay CTyAeHa BOAa ;
5 a^ yTHBa ciniKy ca 3ejeHHe ;
cyxy Ai>py Aa nocneiirL
clcl c>R3HKaHa 1 BOAa Aa ry BaAHiirL,
BjacTape nenyma
h 3a eAHH'L Meceu> hjoa'b noAaBa,
10 koô yrL Hery *Kycn
ÔHBa CHjyH'L KaKy caMyBiura,
KaMeHL *>Rpjie Ay xHJHAa okh,
A^pBe H3MAKHyBa CO Ci 3KHJIH,
co BHTeiCL Aa ca Ôopn
15 <5op6a ry HaAÔope,
1 KaHa s'ajoute à divers pronoms sans en changer le sens ;
voy. pins bas TOAHieaHa.
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— 136 —
A*n,a paacAa co Kpmia Ha p^Ku,
co Ôfcia Koca Ha rjiaBa,
cl bo^h K^pBaBH KaKO oraeH'L iuaMeHb,
cl ycTa ryj^MH KaKO Ha MypyHa ;
20 yTT» JHBaAe njo ca okoj' KHaAHaijH
h ca BaAerB yT% HHXHa BOAa,
kohl TpHBa Aa HaKycn
ÔHBa KaKO nnjie HaJte^pKaTy,
^ob^icl Aa ry ji;KAa hh ca HaeBa,
25 yTTb njiaHHHa Ha njianHHa cTAdinyBa
h ^OBiKa ycjyMiiBa.
CejHHH ca ^yAeTT» 3a CA3HKaHa BOAa
3amo TOJHKaHa cnaa AaBa,
Aa jh ca càMyBHjH bo nea ôaHeTt
30 hjh ch e BOAa mecrBeHo 1 TaKa ÔHnwa; 2
rçyAyM'B ca *iyAeT"L
Ha hhkoô hh yTÔnpa
yTT» mo BOAa ToanKana cnjia AaBa.
Ch KJHKHaxa Tpnina M-iaAH
35 Ta hmx Boxera roBopeTTb :
on bhh Ay TpHMa »ÏJaAH,
Aa noôAeTe Ha BpAX'L iuiaHHHa-Ta
A$ jreaceTt Ay Tpn KJiaAHaijH
HapeAeHH HaÔ&reHH cl Ôftia n^pcL,
40 cl ôfcia n^.pcL cl ajreHa 6oe,
AeHOBfL Aa &!> nemepe ceAHTe,
HomoMT» na JHBaAe Aa H3JiH3aTe,
Ay KjraAHaijH Aa croHTe
Aa rjreAaTe Aa &' ma AOÔAaT'L,
45 caMyBHJiH *% KopnTy Aa ca ÔaHcr'L,
Aa ca ÔaHeTT» Aa ca ô&ieT'L,
h mo ma Apyry rçnHaT'L.
TpnMa MjaAH HaB^pBHxa,
HaB^pBHxa h noflAoxa na njraHHHa ;
50 aôhom'l *% nemepe ceAflxa,
1 si. lecTbCTBbHO, naturellement
2 6œia.
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— 137 —
HomoMi, Ha JHBaAe H3Jflsaxa
Aa rje^an, koô ma AofiAe Ha KiaAHaHH.
IL&pBa Hom> hh Koft hh AoftAe,
*Topa Honn> npeA'fc neTJHBy BpftMfi,
55 ch flyxoamarB ^ecerB caMyBMH,
Offre cb fifère MAmKy Ha p&KH ;
npeA'B aôccti caMyBHjra eAHà cTapa HAeme,
CBHpKa CBHpeme nfictfa nfieine,
jiina afcna Aypt h BOAa nponrpa.
60 Era ch Ay KjraAnaijH AoftAOxa,
CTapa caMyBHja b£ih OTroBopn :
ofi bhh Ay TpHMa MJa^H,
3anymHTe Banra ymn
Aa He cjiyuieTB moh .ifena n$CHa
65 KOfl Ha KJa^Haun ma 3an$Mi»,
moh CHaxH Aa ca ÔaHerB,
Aa ca ÔaHeTTb Aa ca (5&ieTi,
ma e nfecHa TOJKy Jina
Ayp^b h BOAa ma nponrpa
70 h A'&pse ma ca saKiaTCTt,
omfi h bhh ma 3ajyAHTe,
aKy ch ymn hh 3anyuiHTe.
TpHMa MjaAH ch ymn 3anyiHHxa,
AecerB caMyBHJH ch Apexn c^aJHxa,
75 m^jhkh ch A^i^a Ha 36mh ycTaBHxa,
h Meroxa *tb laaAHaijH Aa ca ÔaHeTi,
Aa ca ÔaHen» Aa ca ÔiaerB,
CHara xmh 6i Ôijra KaKo CHfert
Koca xmh CTnrame Ay 36mh,
80 jtl omn xmh Ayp'B oraHt *ApKaine.
KaiCB ca Bene H3Ô$jiHxa,
H3jeroxa h ch Apexn HaAeHaxa
h ch 3exa mahikh A$n<a Ha p^.KH.
CTapa caMyBHja KJHKHa Ay Tpn MjaAH
85 Ta xmh b£ih OTroBopn :
rjiAaftTe mo ma ^hhhm'b,
mo ma ^hhhm'b mo ma nfceMT,
BOAa hh e mecTBCHo nyAna Ônniaa,
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— 138 —
aMi> en xh Hee CHja AaBaMe.
90 Tora3i 3e Aa nie CTapa caMyBHja:
oft th BOAy mo Teneur* yn» Tpn K.iaAHan,H
H Ha MOH CHaXH TOJKy AOÔpO ifflHHIirB,
Aa ca *tb Te6e ÔaHeTt
6a,ueTi> h ôijineT'B !
95 Kofi ny Ha3H AofiAe
BOfla yTTb Ba3H ,a;a nne,
Aa ch 6hac CHjyHT» KaKO Ha3e,
cyxy Ai»py yTi Ba3e Aa ca BaAH
BjacTape Aa nenyma
100 h 3a eAHHT» Mecei^B hjioa'b Aa noAaBa ;
KOft yT"B nJOAO BKyCH,
KaMeHt Aa «fc^pae Ay xnjHAa okh,
A^pBe Aa H3M^KHyBa co ci »hjh,
co BHTeieB Aa ca 6opH
105 6op(5a Aa ry HaAÔopn,
A$n,a Aa paacAa co Kpnjra na p>rkh,
co 6&aa Koca Ha r-iaBa,
CL BO^H K^pBaBH KaKO oraHB,
cb ycTa ryjiiMH KaKO Ha MypyHa ;
110 yTB JHBaAe mo ca yTi Ba3e BaAera
kohl TpHBa Aa HaKycn,
Aa ÔHBa KaKO nnjie naft*>&pKaTy,
^OBiicL Aa ry na^a Aa hh AaBa,
yT'B njaHHHa Ha njaHHHa Aa CT>*jiHyBa,
115 h aKy ry ^ioBfcK'B H»Aa
Horn h p>RKH Aa My ycjyMUBa.
C^3H 3<5op(5a CTapa caMyBHJia Kairt CB^pmn,
AeceT% caMyBHJH noKjroHTb ycTopnxa;
Tora3Tb CTapa caMyBHaa Ha TpHMa H>Han,H
120 BiJH oTroBopn :
aKy CTe jti> CxpÔCKH MJiaAH,
OMHflTe ch CHara cbcl c&3h BOAa,
Aa en ÔHAeTe chjhh KaKO KaMeHt HaftCHjryHt,
Aa ch AyniMane HaABHBaTe,
125 HaABHBaTe h Aa ca 3a Bauie cnjra eAocyBarfc;
aKy jlh CTe yT'B rr&pHjcn mjkiah,
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— 139 —
Aa hh ch cnara cbcb o*.3h Bo^a yaineTe,
*ih ma Ôn^eTe MeKH MeKH Kano Kajra,
CHJIHH CHJHH KaKO naareTHHa,
130 AyuraaHe ma bh HaABHBarB.
TpnMa MJiaAH xh B^jerB roBopeTt :
on th CTapy caMyBHjy Hame MaftKy,
HHJI CH CMe yTB (HpÔCKH MJiaAH,
ma *je36Me 4>a&T> BOAa
135 Aa ch CHara yaineMe,
chjhh Aa ch 6 HfleMe ;
Ha AyniMaHe Aa ch Ha^BHBaMe.
Ilto *jie3oxa *a*i. Bo^a
CHara Aa ch mhct'b
140 h e^Ha yT-B A^ceTe' caMyBHJiH
B&IH oTroBopn :
oô Maae cTapa Majre,
TpnMa M^a^H Te6$ HS-ntraxa,
ABaTa ca jirb CxpÔCKH mjkiah,
145 eAHHO e yTB TtpijKH MjraAH.
CTapa caMyBHjra KaicB ch ^y,
pa3eAH ca pa3jreoTH ca,
Ta ch ABaMa (HptfcKH MjaAH ÔJrarocjroBH
H XJH B&IH OTTOBOpH,
150 oô BHe CxpÔCKH MjraAH,
era yTTb BOAa H3Jie3eTe,
Aa ch 6ha6T6 no chjihh yrt KaMeHt,
cb Ai»pBe AyuiMaHe-Te Aa ch Ôhctc
T'BpDtKHo l MJiaA'B noKJre
155 Ta My b&ih OTroBopn:
OÔ TH T'Bpi^KH MjaAe,
era yTX BOAa H3je3eui , B,
Aa ch ÔHAenrB TOJKy cnjiyH'B
KOJKy CHJia HMa naaceTHHa
160 h paKO caiwapi» Ha HOBa Mfcce*raHa.
C^3H 3(5op6a CTapa caMyBHja Kairt cBykpura,
AeceT'B caMyBHJH noKjroH'B ycTopnxa,
1 Le Grec; o pour *-t, est l'article.
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— 140 —
Ta en HaBj&pBHxa h nofiAoxa,
ny 3ejeHa ropa KaiCB B>&pBnxa,
165 BeftKH yT-B ropa cayaiexa,
BeftKH KOJKy CaMyKOBCKH B>&AMa,
KaMem> yrb ropa o^pjexa
KaMeHB OKOa' XHJHAa OKH
h CTHrame Ayp^ Ha n^psy Mope.
170 TpHMa MJa^H KaiCB yrB BO^a H3.ieroxa y
ABaMa-Ta tfn^oxa ghjehh KaKo KaMeHb,
e^HHO ÔH^e CHjyH'B KaKo naateTHHa ;
Kora c^MHa noftAOxa ch «ra cejy
h Kasaxa Ha ccieHH
175 *ih Bo^a hh e mecTBeHO ^yAHaC Ônnuia
aMi» en xh caMyBHJH CHja AaBaTi>.
11.
L'éléphant marin.
H3.1e.1a e yrB Mope-Ty
e^Ha aciOBHHa ryjrëiwa KaKo ôhboxb^
*ce Ha ApyMy ce^H,
Ha npnneK'B ca npoTura ;
5 koh npesx TaMy noMHHe,
Ha3a^H He ca Bpama.
Ch^kh ca ^y^yM'B nj^eri»
KaKBa e c>&3H aooBHHa,
hhkoô ca hh HaeMHa
10 Aa n^e Aa bhah
KaKBa e C&.3H aciOBHHa.
HaeMHajiy ca e^Ho MjaAy
e^HO Mja^y caMy Ha MaftKa,
toô xoTe ^a HAe Aa bhah
15 mo e c^.3H aaoBHHa.
MaftKa My ry hh nycHyBa :
ceAH ceAH CHHy,
KaiCB ma MaftKa Teôe npHatajTH?
toh ch MaftKa hh ycjynie,
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— 141 —
20 aBTB ch 3e Ay cpetfipHa 6y3AyraHa
h yTH^e Ha i^pHy Mope,
A$ ch Han^e aciOBHHa KaKo Ôhbojtl
Ha npHneicB npoTerHaTa,
npoTerHaTa h 3acnajia,
25 Ta ch HCKapa cpetf^pHa 6y3AyraHa
h A yflapn Ha c^pije;
3KK)BHHa Ca JHOTy HapaHH
h ny Kpaft Mope ca 3aTTbpKajio
Aa ca *ApjH *t» u^pHy Mope ;
30 MJiaAy ch HCKapa 6y3AyraHa
h xh yTce^e Ay ryifeMa rjaBa ;
HH MH 6 (ShJEI »H)BHHa,
aMH e 6vuLy hhjg *HJiAHUieBy. i
il
Conte. 2
Les trois lamies et le diable.
$t> JMHa ropa HMaay aahh MHory y(5aBH capaa
yTT» tojlj 3jaTy H3rpaAâHH , h Br& taxi cj&A&ia Ay Tpn
CACTpn JiaMHH MHory ryjiHMH, KOTpn ome on» Majin^KH ca
KpHOT TaMT, , 3am0 HM&IH tfpaT6 Aypi» OQXMT> 3MAI0BH H
rn TApaan Aa rn yTpnnaTrX, h qyHKH MaftKa xmh hh
Morja a& rn Kpne , 3rpaAHja xmh bt> tb3h ropa 3JaTHH
capaa, h rn ycTaBRia TaarB Aa o^a^tb. Th3h Tpn jkimhh
CJLffBaJLH Ha, HATBOT'B, H JIK) KOH 3aMHHyBaJTB TJ H3HBaJH
h HCHHBaJH ^pHT-'B A3^po-Ty, yn» KOTpo noAHjy BOAa
Ha ijapcKHO rpaA^b, h TTbft kiojh 3anycTiT% rpaA'BT'L.
ïïapBOTTb ca qyAHj'B KaiCB Aa yrpHne Te3H jkimhh, h npa-
1 Jeune éléphant, peut-être ici simplement un phoque.
2 Ici encore rien n'a été changé à l'écriture du scribe de
Mr. Verkovic*; la notation des accents lui appartient.
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— 142 —
thjt. Ha cïvKa^e ^^pMam», jiio koô HaàMHe #a yrp/ine
Te3n jaMHH, Ha K&ry ^acan T*XHH-Te 3jaTHH canaa, h
a&h kio My AaM'B 3a ac/tea MOii-Ta ch A'Bn^epe, h kio
ijapiOBa 3a>^AHy ct, mahc" Hhkoô HàMajrB #a H3jui3e;
AflHH'B ^yjHK% KaKT> ch ypaj'B Ha HHBa-Ta, jjfrHaxB MajKy
^a noTOHe h sacnajra ; KaTy cnajra toô aohlio a^ho a£bo jrce
#a My yTKpa^e BOJOBe-Ty, h Kaira rn yrapAra-TB yT'B
ypaay-Ty, *iyjrB ry qyjiflK'B-T'B, h CTanajTB Ta ry *aHajTL,
h My peKajra „xa, Ta th ch Ôhj'b hjo mh yTKpa^e h jkihh
BOJOBe-Ty, c/ira #a bh^hhtl m;o kio Ta npaBe!" C^Trie
*aTHJTB Ta ry B^p3aj'B yÔaBy 3a >*aho #BpBy h 3a<*>aTHJTB
Aa 6epe yT'B ropa-Ta fl'BpBa. ,3#BOJnie-Ty ry nHTaay,"
^yio, mo kio ^hhhhtb fli»pBa-Ta ? „ T ïyjHK-^-T'B My pe-
KajrB," mo kio rn raHa? Kio HaBaae oraHB ^a Ta H3rype.
KaTy HaÔpaji'B MHory A%pBa, HaKynnjrB rn Ha js^ho
M^CTy, 3anajHjrB rn, h yTHineji'B aa OTBAp3e flâBOJwe-Ty
n^a ry «rapjra b% oranB #a H3ropn. ,3#BOjree-Ty ca
Ap'BHHyBajy h ca Mmnjy #a noCtàrHe, ho KaTy BHflâjy
rn H^Ma #a ca KypTyjHca, TpA6yBajy fla H3rypn , peKjo
Ha vjjia.Kb-T'b , ^KaK'B kio Ma H3rypHm'B mo kio ca Hay-
TOHTB ? HO MOJH TH Ca HyCHH Ma, Ta H3% JIO B^O TApaDTB
KH) TH flaM'B. „ T Iyj[flK'B-T , B CH Ty&paJI'B BOJOBe-Ty, HaiTB
fl£BOjrae-Ty My aaj'B AflHa Tonra h My peKajTB", h^h npn
i^apBOTi, h My peqn „xyb kio yTpanaM'B *aMHH-Te h mo
kio mh aaflenrB ? Toft kio th aaBa Muory xa3Ha , ho th
fla My T^pani-B ^'Bmepe-Ta, toô kio 6ha^ icaHj'B h kio th
fla^e «fcApMaH'B. ïï^h Tora npn ^3npy-Ty ^e cxABarB
JaMHH-TC Aa HHCT'B BOfla ; THH JK) KaiCB KK) Ta BHflJTTB,
kio ca 3anaa>h"B Aa Ta rpatfHarB h ma.flfl.Trb; th Tora
xhib aa ca hh ynjanranrB , yaapn rn cb tb3K) Tonra Ty
rjraBa-Ta, h 3aB^aca thh kio ca *%pjijift'B b% *3jipy-Ty, h
yT'B MHory 6oJHKa kio zkm.T'b fla.xpnnaT'B b'b jSv3flpy-Ty,
Ta THH KK) yCMKHaT'B, HaiCB >R3Hpy-Ty KK) HCTiFIH IipeS'B
OHa Aynica mo kio HknpaBeT'B jaMHH-Te, h kio 6yfl& pnica,
Ta KK) TH^H BCe npCS'B rpa^'B-T'B ; I^apBOT'B chthc KaKT.
KIO BH^H TOBa TOH lOHaCTy, KK) TH ^a^C XHMT. IiapH, XHM'B
A'Bmepe-Ta ch, h kio ÔH^em'B KaTy i;apB.
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— 143 —
"ïyjuncB-T'B KaTy 3à Tonra-Ta , pe^e Ha flHBOjroe-Ty
n H3i> hh kh) Ta ocTaBe, naieL kh) Ta H3rope, 3amp KaiCB mh
yTKpa^e BOJOBe-Ty, tt>h naiCL kk> yTKpa^eni'B h Toara-Ta
ch." II txô ry yTBxpsa yT'L fl'&pBOTy, h ry *i»pjiH bx
oraHt-T'B, Ta H3rypH. C^THe toh 3H Tonra-Ta h yTH^e
npn ijaptOT'L, Ka3a My ih kio yTpnne jaMHH-Te any My
^a^e A'fcnjepe-Ta ch 3a a:«Ha ; uapbOT'L My ca cpTaKcajrt
h My aajTB no^nHCL ih any rn yTpane , aiyT-naiCL kio My
#aae 3a 3KHHa A'Bmepe-Ta ch ; to th yTHinaT» npn A3HTy-
Ty #e 6vljle jiaMHH-Te, thjl KaK* ry bh^h^h ca 3ana-
Ahjlh #a ry rpaÔHaTx, toh rora rn y^apn^t ny rjaBH-Te
et Tonra-Ta, h 3aB^acL ca «fctpjiHjiH bt» ^3flpy-Ty, Ta
yTi> MHory (JojiHKa KaiCB xpnnKajH ny ^3Hpy-Ty, npoBa-
JIHJH ry , H THH yCJIHKHaJH , naKT» <&.3Hpy-Ty HCTAK-iy
npesi. aymca-Ta, h npest cpH^i» rpaAt-Tt yTx TaMt
c^THe TKKJiy KaTy pjnca; rpajK,a;aHe-Ty KaiCB bh^hjh th
floniJia TanaBa pmca bt» rpaA'B-TT» , yTHnuiH Ta Ka3ajtH na
uaptOTt ; toh nozna.&'b yn> TOBa ih ^iyjiHK'L-TX e yTpn-
najn» .ïaMHH-Te aaMHH-Te, Ta nsa/Lit yn> b'lh'b rpaat-Tt
^a ry aoqaica, h Kora aouiejn», uajiyHajn» ry uaptoTt,
HXHajti> ry Ha ^hh'l cp*.6poHaio saaH'L kohb, yÔJLKK&jn*
ry cb napcKH apaxH, h My ^aat 3a acHHa Atmepa-Ta ch.
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TRADUCTION.
PREMIÈRE PARTIE.
MYTHOLOGIE. — MAGIE. — LEGENDES
PIEUSES.
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La prêtresse des Samodivas.
Où le soleil se couche
là il y a une fille endormie,
dans un endroit périlleux elle s'est endormie,
dans le lieu où dansent les Samovilas,
où s'arrêtent les bouviers.
La fille dormit ce qu'elle dormit.
Quand elle s'éveilla du sommeil
près d'elle sont assises trois filles,
trois filles, trois Samodivas.
La première commença à dire:
Allons, prenons Marika
pour prêtresse des Samodivas. *
La seconde se mit à dire :
Comment prendrions-nous Marika,
alors qu'elle est l'unique (enfant) de sa mère,
qu'elle lui tient lieu de fils et de fille. 2
La troisième se mit à dire :
1 La popadia est la femme du pope ou prêtre du
rite oriental, lequel, comme on sait, ne peut être ordonné à
moins d'être marié. Quant à une prêtresse des Samodivas,
c'est le seul exemple que j'en connaisse.
2 Litt. unique chez sa mère, — elle (est) pour fils,
pour fille.
7*
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- 148 —
Justement c'en est une pareille que nous cherchons,
qui soit enfant unique,
car sa mère pleurera,
pleurera, et nous réjouira, !
le lundi à l'auge, 2
le mardi- dans le petit jardin,
dans le jardin, aussi dans le champ,
dans le champ, aussi dans la vigne. 3
Et à Marika elles disaient :
lève-toi, Marika, lève-toi,
lève-toi, va-t-en chez vous
dire à ta mère
que nous voulons te prendre
pour prêtresse des Samodivas,
pour que tu viennes dans notre pays,
que tu voies comme il est beau.
Nous ne filons pas nous autres, nous ne tissons pas,
chaque jour ce sont danse et violons,
chaque jour nous dansons la ronde,
chaque jour nous mangeons et buvons ;
afin que ta mère soit comblée de joie,
que ta mère se rassasie de te parler.
Quand elle fut arrivée au logis,
dès qu'elle eut tout raconté à sa mère,
de son âme elle se sépara. 4
1 Trait se rapportant à la méchanceté, qui forme le fond
du caractère des Samodivas.
2 L'auge où les femmes lavent le linge.
3 Les femmes qui ont perdu un enfant déplorent cette
perte par des lamentations ((xopoXfy) tout en se livrant aux
travaux domestiques ou agricoles.
4 Expression ordinaire pour expirer.
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— 149 —
2.
La forêt des Samodivas.
A Stoïan sa mère disait :
Stoïan, mon fils Stoïan,
ne fais point passer ton troupeau
dans la forêt des Samodivas,
ou si tu l'y fais passer
ne joue pas de ton menu flageolet,
de crainte que ne t'entende la sauvage
la sauvage Samodiva,
et qu'elle ne vienne se battre avec toi.
Stoïan n'écouta pas sa mère,
mais il mena son troupeau
par la forêt des Samodivas,
il joua du flageolet,
il provoqua la Samodiva
à venir et à lutter avec lui.
La Samodiva se montra
sous la forme d'un jeune garçon ébouriffé,
ils battirent des mains et s'étreignirent
et durant trois jours ils luttèrent.
Stoïan allait la vaincre,
la Samodiva se mit à appeler :
Eléments, tempêtes mes soeurs,
aujourd'hui Stoïan va me vaincre.
Les éléments s'abattirent
et les ouragans tourbillonnèrent,
tant qu'ils soulevèrent Stoïan,
le déposèrent sur une branche d'arbre,
l'emportèrent de sommet en sommet,
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— 150 —
morceau par morceau le rompirent
et dispersèrent son troupeau. l
3.
Le Fomak et la Samodiva.
Un héros est allé, un P orna k est allé, à la guerre
maudite, 2
à la guerre maudite, la guerre contre les Tatars. 3 ,
Trois cents menues balles le blessèrent
trois cents balles, trois flèches tatares.
Le héros tomba dans une vallée profonde,
dans une profonde vallée sous un arbre vert ;
sur l'arbre vert (est) un faucon.
Le héros gémit sur la terre noire
et (sa voix) s'entend jusqu'au ciel bleu.
Le faucon commence à dire :
meurs, pallicare, 4 meurs Pomak,
je mangerai ta chair blanche,
je boirai ton sang noir.
1 Ici le caractère élémentaire des Samodivas est bien
évident; elles ne sont que la personnification de l'ouragan.
2 Pomak, mot d'origine obscure et par lequel sont
désignés les Bulgares devenus musulmans, de la Thrace et de
la Macédoine. — La présente pièce est, à ma connaissance, le
seul texte où ce nom se rencontre.
3 Kéminiscence des expéditions dévastatrices des Tatars
dans la presqu'île du Danube.
4 Le mot grec pallicare, 7taXXr)xapt, est assez connu en
français pour qu'on l'emploie à rendre le mot slave younak,
lat. juvenis, auquel il correspond parfaitement; l'un et l'autre
expriment l'homme dans la fleur de la jeunesse et de la force,
par suite le brave, le héros.
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— 151 —
Le héros blessé fat saisi de colère,
le pallicare, le brave Pomak se mit à dire :
oiseau, tais-toi, ne m'irrite pas,
ne fais pas, faucon, que j'envenime
mes trois cents blessures, l,es trois flèches tatares.
Le faucon répond :
meurs, etc. (Vers 11 à 13 répétés).
Le guerrier blessé s'émut de colère,
il se traîna sur le ventre, sur les mains,
et saisit son fusil guègue i
et tira sur le faucon.
L'oiseau tomba dans la profonde vallée,
l'oiseau gémit sur la terre noire,
tant qu'on l'entend jusqu'au ciel bleu.
Le héros blessé dit:
gémis, oiseau, gémissons tous les deux,
gis, oiseau, gisons tous les deux,
meurs, oiseau, mourons tous les deux.
Le pallicare était las de rester gisant,
le pallicare blessé s'écria :
où es-tu ma soeur, soeur Samodiva?
viens, ma soeur, viens et guéris-moi! — 2
Sa soeur la Samodiva l'entendit,
elle prit l'essor s'en vint près du guerrier,
lava ses trois cents menues blessures,
les menues blessures, les trois flèches tatares,
1 Le long et mince fusil qu'affectionnent les Albanais
guègues.
2 De même dans une pièce serbe (Vouk, T. 2,) Marko
Kraliéyitcb est tiré d'un grand péril par une Vila qu'il avait
appelée à son secours.
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— 152 —
elle cueillit les simples connus des Samodivas,
elle banda ses trois cents plaies,
le guérit en un jour et jusqu' à midi, l
lui remit le fusil guègue
pour qu'il allât en guerre, qu'il levât une armée
levât une armée et sauvât le tsar. 2
La Samodiva mariée malgré elle. ;
Stoïan paissait les veaux
dans les lieux de danse des Samodivas
et se divertissait à jouer de la flûte ;
les Samodivas se rassemblèrent,
se rassemblèrent et dansèrent,
1 Le sujet du No. 39 du M. M. d'où j'ai tiré cette pièce,
est presque le même; il représente aussi un pallicare blessé,
qui a une conversation du même genre avec un oiseau (ga-
luna), auquel il brise l'aile dans un accès de colère, mais qui
guérit ensuite et rend lui-même à la santé le pallicare.
2 La dénomination de tsar, qui par son étymologie
même (Caesar) a le sens d'empereur et est appliquée d'ordinaire,
au Sultan, désigne probablement ici un des anciens tsars bul-
gares.
3 Ce même sujet est traité dans un grand nombre de
chants bulgares; voy. entr'autres Miladin, Nos. 1 et 2, là
détail bizarre, pendant les trois ans que dure l'union forcée
de la Samovila, une de ses ailes reste engagée dans un coffre,
pour l'empêcher de s'évader. — Plusieurs autres détails de la
présente pièce donneraient matière à des rapprochements avec
les contes et les traditions d'une infinité de peuples, y compris
les Japonais, Revue des deux Mondes, du 15 août 1873, le
Théâtre en Japon, par M. G. Bousquet.
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— 153 —
dansèrent et se fatiguèrent,
puis en l'air elles prirent leur vol
à travers les verts sapins
où sont les sources limpides,
et par les prairies en fleurs
jusqu'aux plaines unies.
Toutes trois se déshabillèrent (et restèrent) nues
pour entrer (dans l'eau), pour se baigner,
elles ôtèrent leurs robes
et les mouchoirs aux bords dorés
avec la verte ceinture virginale
et la veste merveilleuse. *
Stoïan poussa son troupeau
et lui fit descendre la pente,
il surprit les Samodivas.
Stoïan s'empara de leurs robes,
les Samodivas sortirent,
nues toutes trois, sans chemise,
et toutes trois supplient Stoïan :
Stoïan, jeune berger,
donne-nous, Stoïan, nos vêtements,
nos vêtements merveilleux. —
Stoïan ne veut pas les leur donner.
L'aînée lui dit :
rends-moi, Stoïan, ma robe,
car j'ai pour mère une marâtre,
et ma mère me tuerait. —
Stoïan rien ne lui répondit,
1 Uyaau texte appartenant aux Samodivas, mais
avec l'idée de merveilleux, mot qui d'ailleurs a l'avantage
d'épargner une répétition trop fréquente.
7**
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— 154 —
mais il lui remit la robe.
La seconde dit à Stoïan :
rends-moi, Stoïan, mes habits
car j'ai des frères, ils sont neuf,
et ils nons tueraient et toi et moi. —
Stoïan ne lui répondit rien,
mais il lui remit ses vêtements.
La troisième, on l'appelle Marika.
Celle-là disait à Stoïan:
rends-moi, Stoïan, mes habits,
mes habits merveilleux,
car je suis unique (enfant) de ma mère,
(je lui suis) pour fils et pour fille.
Toi Stoïan, ne cherche pas
à prendre une Samodiva pour femme,
une Samodiva n'enrichit pas une maison, 1
et n'aurait pas soin non plus de tes enfants. —
Stoïan doucement lui répond :
c'est une telle jeune fille que je cherche
qui soit l'unique (enfant) de sa mère.
Et il l'emmena chez lui,
la vêtit d'autres habits,
et se maria avec elle
Saint Jean fut leur témoin. 2
Trois ans ils récurent ensemble,
la pauvrette devint enceinte,
1 Litt. ne rassemble pas du mobilier, c'est à dire ne
sait pas tenir un ménage et faire prospérer une maison; c'est
aussi le sens du v. 96.
3 Litt. les c o u r o n n a, c'est le témoin au mariage qui place
sur la tête des époux la couronne (vénetz) qu'ils portent pen-
dant la cérémonie du mariage orthodoxe. Voy. aussi le No. 13.
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- 155 —
elle mit au monde un enfant mâle,
Saint Jean en fut le parrain. '
Quand on eut baptisé l'enfant,
on mangea et de plus on but,
Saint Jean se mit une idée en tête,
et il disait à Stoïan ;
Stoïan, compère Stoïan,
allons joue-moi, compère,
de ta musette de peau,
afin que ma commère danse
comme dansent les Samodivas. —
Stoïan se mit à jouer de la musette
et Marika commença à danser
• comme les hommes dansent.
Saint Jean lui dit :
Marika, chère commère,
pourquoi, commère, ne danses-tu pas
comme dansent les Samodivas ? —
Saint Jean, mon compère,
prie, compère, Stoïan
qu'il me donne mes habits,
mes habits de Samodiva,
sans eux je ne puis danser. —
Et Saint Jean lui en fit la prière
et Stoïan se laissa persuader,
Stoïan se trompa lui-même (croyant),
comme elle lui avait donné un enfant,
qu'elle ne penserait pas à s'en retourner,
1 Le baptisa; c'est ordinairement la même personne
qui sert de témoin au mariage et de parrain aux enfants qui
en naissent.
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— 156 —
et il aveignit les habits
les aveignit et le lui remit.
Et Marika fit une pirouette,
puis s'envola par la cheminée,
se posa sur la maison
et siffla à la façon des Samodivas,
ensuite elle parlait à Stoïan :
ne te l'avais-je pas dit, Stoïan,
qu'une Samodiva ne tient pas une maison ?
Elle battit des mains, en battit,
puis prit un haut essor
et bien loin s'en alla
dans les vertes forêts solitaires
jusqu'au séjour des Samodivas,
à la source de la virginité ;
là Marika se baigna,
sa virginité lui revint l
et elle s'en retourna chez sa mère.
5.
" L'église bâtie par la peste. 2
Le Seigneur de lui-même se résolut
à se bâtir une église
entre deux monts sinueux
et sous deux nuages peu épais ;
1 Les Néréides des Grecs modernes ont le même privi-
lège, àvaXafjLpàvouai XoutfpiEvai xrjv rcapOEvtav Ttov, Mythologie gr.
m. par N. G. Politis, p. 117.
2 Sujet favori de la poésie serbe et bulgare. Voy. Vuk.
T. 1, 226; Milad., No. 3 et aiUeurs.
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— 157 —
puis il appela les Yilas, l les Samodivas:
Vilas, tempêtes et Samodivas,
je vous ai appelées pour vous dire
que j'ai entrepris (de bâtir) une église
entre deux monts sinueux
et sous deux nuages peu épais,
ni dans le ciel ni sur la terre,
c'est pourquoi je veux vous demander
laquelle est la servante la plus prompte,
afin qu'elle me réunisse des briques pour la bâtisse,
des briques de la chaux pour l'enduit,
et des pieux pour les murs, 2
de bonnes gaules pour les entrelacer par dessus,
des planches solides pour le bas des murs,
et des poutres pour le plafond,
pour la porte de l'église un seuil
et ce qui sert à couvrir le toit. —
La plus prompte fut la peste,
elle prit un arc et des flèches
pour immoler jeunes et vieux,
pour entraîner grands et petits :
en guise de briques elle tuait les vieillards,
en guise de chaux pour enduit elle empoisonnait
les vieilles,
1 Y il a, en serbe; les Bulgares disent Samovila.
2 Les chaumières bulgares consistent essentiellement en
une paroi ou mur (stena) léger en clayonnage (poviv), sou-
tenu par des pieux (ko Ici), et revêtu pour plus de solidité
d'une seconde claie (p replet), enduite de chaux (var); le bas
des murs (podstene) peut être, comme ici, recouvert de
planches (dœska).
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— 158 —
en guise de pieux pour le clayonnage les jeunes gens
fiancés,
en guise de gaules les filles non mariées,
en guise de planches les jeunes femmes
en guise de poutres les belles femmes des kmètes *
et en guise de seuil les popes et les kmètes.
6.
Le Christ et les Samodivas.
Brille, soleil et petite lune !
illuminez les bois et les montagnes.
Dans les bois, dit-on, il y a
un monastère de Saint Elie
et dans le monastère une cellule
et dans la cellule (est) Marie,
celle qui a enfanté le Christ. 2
Après qu'elle eut mis le Christ au monde, 3
elle n'attendit que trois jours
1 Les kmètes sont, en quelques endroits, les habitants
aisés des villages, qui en deviennent naturellement ainsi les
chefs ou anciens; ce sont les ôrj^oY^povxsç des Grecs et les
tchorbadjis des Turcs.
2 Voy. Miladin, No. 36, la confession de la Vierge.
Elle vient dans un monastère, où se trouvent deux Saintes,
dont l'une allume les cierges, tandis que l'autre balaye l'église
et que St. Nicolas chante. La Vierge arrive avec Dieu sur les
bras, et dit au Saint qu'elle veut se confesser: en venant
par la Bimna planina, elle a maudit trois arbres qui se trou-
vaient sur sa route (comme Jésus le figuier) ; voilà le péché
dont elle s'accuse, après quoi elle communie.
3 Voy. mes Rapports, p. 63.
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— 159 —
pour faire sa première sortie. i
Elle s'appuie sur une pelle d'or, 2
(elle va) pour recueillir des langes de soie,
afin d'emmaillotter son enfançon.
Quand elle s'en fut revenue,
qui trouva-t-elle près de l'enfançon?
trois femmes sont assises à la file,
trois femmes, trois Samodivas : 3
Tune lui cousait une chemise,
la seconde lui tricotait un maillot, 4
la troisième lui ornait son bonnet. 5
7.
La Samodiva sous la forme d'un ours.
A Stoïan sa mère disait:
Stoïan, mon fils Stoïan,
tant que tu étais, mon fils, chez ta mère,
1 Litt. elle fit seulement trois jours; les dames ne sor-
tent que quarante jours après leurs couches.
2 Quand les paysannes font leur première sortie en re-
levant de couches, elles prennent pour s'appuyer, en guise de
canne, l'instrument désigné, mais qui est en fer et sert à
attiser le feu. H a la forme d'une tige terminée par une petite
pelle. Dans ces visites elles reçoivent des cadeaux.
3 H n'est pas besoin de faire remarquer l'analogie de ces
trois Samovilas avec les MoTpat ou Parques des Grecs anciens
et modernes, etc. — Ce sont évidemment lesNaretchnitsas
bulgares, qui viennent assigner à l'enfant sa destinée.
4 La bande de laine qui entoure et maintient les langes.
5 Ornait, litt. enfilait. On attache au bonnet des en-
fants des médailles de piété, des monnaies, des rangées de
perles, etc.
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— 160 —
tu étais, mon fils, blanc et rose,
depuis que tu t'es séparé de ta mère,
tu es, mon fils, vert et jaune,
comme une jaune orange
et comme le buis vert.
Est-ce que tu as, mon fils, de mauvais compagnons,
ou bien tes bergers sont-ils d'humeur violente ?
Stoïan disait à sa mère:
Mère, ma vieille (mère),
je n'ai pas de méchants compagnons
et mes bergers ne sont pas non plus violents ;
mais c'est, mère, que s'est accoutumée
une ourse féroce, audacieuse,
et elle vient tard au soir,
elle chasse les bergers avec des tisons
et les chiens avec des pierres,
moi, elle ne me fait rien,
mais elle m'appelle son bien aimé.
A Stoïan sa mère disait :
Ce n'est pas une ourse audacieuse,
mais c'est Elka la dragonne. l
Ne peux-tu, mon fils, l'interroger par ruse:
Elka, chère dragonne,
puis que tu voyages tant,
que tu parcours le monde entier,
ne connais-tu pas les plantes qui font haïr,
1 II a fallu forger ce mot de dragonne (comme au
No. 15,) celui de dragonneau, pour désigner la compagne,
j'allais dire la femeUe, et les petits, de l'être surnaturel appelé
dragon (zmej); on voit au reste qu'il y a confusion ici entre
les dragons et les Samodivas.
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— 161 —
qui font haïr, les plantes qui séparent ?
car j'ai une soeur cadette,
dont un Turc s'est épris,
que je la lui fasse haïr,
haïr, Elka, que je l'en sépare ? —
Elka disait à Stoïan :
Stoïan, cher Stoïan,
ta mère doit cueillir
la tenta va, bleue et blanche,
la vratiga et la koumanila jaunes, '
puis qu'elle les fasse bouillir
au milieu de la nuit, à minuit,
dans un pot de terre cru
et qu'elle en arrose ta soeur
pour la rendre odieuse au Turc,
la rendre odieuse, l'en séparer.
La mère de Stoïan cueillit, etc.
les fit bouillir à minuit,
comme Elka l'avait dit,
dans un pot non cuit au four;
ce ne fut point la soeur de Stoïan qu'elle en arrosa,
mais elle arrosa Stoïan lui-même.
Quand ce fut au soir,
voilà l'ourse qui arrive,
qui arrive et de loin s'écrie :
Stoïan, cher Stoïan,
que tu m'as aisément trompée
et séparée de qui j'aimais?
1 Je n'ai pu parvenir à identifier ces trois plantes.
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— 162 —
8.
Eada ravie par un dragon.
Eada était allée chercher de l'eau
à la fontaine des dragons,
elle y était allée et s'en revenait.
À sa rencontre viennent deux dragons,
deux dragons deu* êtres de feu ; i
L'aîné dépasse Eada
le plus jeune arrête Eada,
il se désaltère à sa cruche,
puis il disait à Eada:
Eada, Eada ma mie,
chaque soir tu me visites,
tu apportes un bouquet plus varié
que tu ne l'as apporté ce soir. —
Eada disait au dragon :
dragon, être de feu,
laisse-moi passer, o dragon,
passer et m'en aller;
ma mère est malade et alitée,
autant elle souffre de son mal, —
deux fois (autant) elle est altérée d'eau.
Le dragon disait à Eada :
Eada, belle jeune fille,
mens, Eada, à quelque autre,
mais ne mens pas à un dragon,
le dragon a un vol élevé,
1 Ognenik, Subst. dérivé de ogœn (agni, ignis), feu.
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— 163 —
le dragon voit loin ;
je viens de passer audessus de votre maison,
ta mère est assise à l'étage supérieur,
ta mère la magicienne,
ta mère l'enchanteresse,
elle coud pour toi des chemises,
elle y attache toute sorte d'herbes,
toute sorte d'herbes qui font haïr,
qui font haïr, qui séparent.
Afin, o Bada, que je te prenne en haine,
ta mère la magicienne
enchante la forêt et l'eau,
elle a pris un serpent vivant
et l'a mis dans un pot neuf,
elle alluma dessous un feu de chardons blancs,
le serpent se tordait dans le pot,
se tordait et sifflait,
tandis que ta mère incante:
de même que ce serpent se tord,
qu'ainsi se tordent pour Kada,
pour Eada Turcs et Bulgares,
afin que le dragon la prenne en haine,
le prenne en haine et la quitte.
Puis qu'elle ne t'a pas encore guérie,
je vais t'emporter. —
À peine le dragon eut-il fini de parler,
qu'il enleva Bada,
l'enleva en l'air jusqu'aux cieux,
jusqu'aux hautes cimes rocheuses
dans les vastes cavernes.
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— 164 —
9.
Dimitra enlevée par les dragons.
Tu me maries, ma mère, tu me fiances,
mais tu ne me demandes pas, mère,
si je veux me marier ou si je ne veux pas.
C'est, mère, qu'un dragon m'aime,
un dragon m'aime, un dragon couche avec moi.
Dès ce soir vont venir
des dragons avec des chevaux blancs,
des dragonnes avec des chars dorés, l
des dragonneaux dans les berceaux dorés,
la forêt, sans vent sera abattue,
le village, sans feu, s'embrasera,
et sans chiens, des aboiements seront entendus.
À Dimitra sa mère disait:
Dimitra, ma fille Dimitra,
que ne l'as-tu dit à ta mère,
afin que ta mère verse de l'eau sur toi 2
audessus d'un foyer enchanté avec un chaudron
enchanté.
À peine la mère avait fini de parler,
que la forêt sans vent s'abattit,
le village, sans feu, s'embrasa,
et sans chiens, des aboiements furent entendus,
alors (les dragons) enlevèrent Dimitra.
1 Voy. les Nos. 7 et 8.
2 Ta mère, au lieu de je; cette formule du langage
enfantin, qui consiste, pour celui qui parle, à remplacer le
pronom par son propre nom, se rencontre fréquemment dans
notre coUection.
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— 165 —
10.
Stoïan changé en aigle.
La mère de Stoïan le gronde,
le gronde et lui fait des reproches :
Stoïan, mon fils Stoïan,
quelle est cette conduite étrange ?
Nous aussi nous avons été jeune
et avons aimé des amoureux, 1
nous n'avons rien vu d'étrange
comme ce que tu fais, Stoïan. 2
Tu passes dans le haut (quartier), tu repasses,
tu entres chez Malamka :
Malamka (sers-moi) un déjeuner chaud,
Malamka, un bon dîner,
Malamka, un bon souper,
je ne retourne pas à la maison
pour y déjeuner le déjeuner,
y dîner le dîner,
pour y souper le souper. 3
Et Stoïan s'émut de honte,
et il fit à Dieu cette prière :
Change-moi, o Dieu, métamorphose-moi
en quelque animal que ce soit,
en un aigle blanc et gris,
1 C'est à dire qu'elle a été courtisée avant son mariage.
2 Litt. nous n'avons pas vu cette merveille telle que la
tienne.
3 Ces expressions redoublées sont très fréquentes en bul-
gare, c'est l'analogue du latin vivere vitam.
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— 166 —
afin que je m'envole dans les nues
et qu'on me croie perdu,
puis que je descende sous la forme d'un aigle
dans le jardin de Malamka. —
Et Dieu eut pitié de lui
et le transforma en aigle,
et il s'envola dans les nues,
puis il s'abaissa et s'abattit
dans le jardin de Malamka.
Malamka est à transplanter des fleurs,
Stoïan dérive l'eau
pour arroser les fleurs.
La mère de Stoïan
quand son fils eut disparu,
alla le chercher chez Malamka
(pour voir) si elle ne l'avait pas caché,
et dans le jardin elle entra.
Elle accablait Malamka d'invectives:
c'est toi qui as chassé mon garçon ! —
Stoïan s'approcha d'elle,
sous la forme d'un aigle blanc et gris,
et avec ses ailes il la caressait.
Sa mère le reconnaît,
et elle lui arracha les ailes.
11.
La devineresse et le serpent.
On apprit que la devineresse de Strandja était
sur le pont de pierre de Strandja,
tous les bergers allèrent
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— 167 —
vers la devineresse pour la consulter. l
Dobri le kiaya n'alla point
consulter la devineresse.
Les bergers se moquèrent de lui :
est-ce pour ménager ton argent,
que tu ne vas pas trouver la devineresse,
pour que la devineresse te dise ton sort ? —
Et Dobri se leva et s'en alla
vers la devineresse pour la consulter.
La devineresse disait à Dobri :
Dobri, o kiaya Dobri,
cela s'annonce mal pour toi,
ne joue pas, Dobri, ne travaille pas
le jour des quarante Saints, 2
ne joue pas de ta flûte de cuivre,
de la flûte un serpent sortira,
et il te fera une morsure. —
Dobri n'écouta point la devineresse,
mais Dobri travailla, mais il joua
le jour des quarante saints, 2
de la flûte un serpent sortit
et mordit Dobri le kiaya.
12.
Le soleil enchanté.
Mes deux chagrins maudits,
changez-vous, changez-vous en deux nuées,
1 Proprement, selon l'expression vulgaire, dire ou se
faire dire la bonne aventure.
2 Cette fête de l'église orientale tombe le 19 mars, v. s.
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— 168 —
puis élevez vous en l'air,
soulevez des nuages de poussière
et voilez le soleil,
le soleil et aussi la lune. —
Kadka va chercher de l'eau,
et le soleil vint à sa rencontre.
Le soleil disait à Eadka :
Radka, belle jeune fille,
que Dieu fasse périr ta mère,
ta mère la magicienne,
car elle a ensorcelé le soleil,
le soleil et aussi la lune,
la forêt et aussi l'herbe,
la terre et aussi l'eau.
Elle prenait vifs les serpents,
les perçait d'une épine blanche,
les perçait et faisait cette incantation :
De même que je perce ces serpents,
qu'ainsi se percent les jeunes gens
pour Eadka, la belle jeune fille.
13.
Le mariage du soleil. 1
Les enfants de Déchka ne vivent pas ;
Déchka mit au monde une fille,
1 Voy. entr'autres les Chants du Rhodope, et Milad.
No. 17: Ici la mère du soleil marie son fils avec Iana, qui
reste muette ou garde le silence pendant trois ans. Sa belle-
mère prend pour la remplacer, l'étoile du matin, Dzvezdo-
denica. Iana ne se retire pas pourtant, et dans une circon-
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— 169 —
grandement belle elle était.
Déchka hésite et songe.
de quel nom elle la baptisera.
Et elle la baptisa Orozdanka
afin qu'elle eût un nom repoussant. t
Grozdanka grandit, devint grande,
elle devint une grande fille,
le soleil ne l'avait (jamais) vue. 2
Or Orozdanka sortit
dans le jardin de son père,
devant la maison paternelle,
et le soleil tout-à-coup l'aperçut.
Trois jours, trois nuits il trembla,
trembla et ne se coucha point.
Cependant sa mère lui faisait à manger,
lui faisait à manger et attendait,
stance elle parle et explique les motifs de son silence antérieur.
La pièce commence ainsi: La belle Iana est née — est née le jour
de Pâques, — elle a été baptisée le jour de la Saint Georges,
— a commencé à parler à l'Ascension, — a commencé à
marcher à la Saint Pierre.
1 H y a des femmes dont tous les enfants meurent en
bas âge. Pour conjurer le mauvais sort, pour repousser la
puissance occulte (celle des S ti khi a s) à qui on l'attribue,
quand un autre enfant leur naît, elles rhabillent de haillons
et lui donnent un nom repoussant (laid, grozno). Ici le jeu
de mots n'est pas heureux, car le nom propre Grozdanka, assez
répandu d'ailleurs, ne vient pas de grozno, laid, mais de
grozd, raisin.
2 Comme dans beaucoup de contes populaires , où les
filles sont élevées comme en prison ou en cage, 'pour les dé-
rober à quelque danger dont elles sont menacées ou pour
accroître leur beauté.
8
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— 170 —
parceque le soleil s'était attardé.
Quand il vint au logis,
sa mère le gourmanda:
petit soleil, trésor de ta mère,
pourquoi, soleil, as-tu tardé,
si bien que ton souper s'est refroidi,
ton souper, une vache stérile? 1
Le soleil dit à sa mère :
quelle (beauté), mère, j'ai aperçue
en bas sur la terre, dans le monde !
si je ne prends (pour épouse) cette fille,
je ne veux plus luire et répandre
l'éclat splendide que je répandais.
Veuille aller, mère, veuille aller,
veuille aller, mère, près de Dieu, 2
va, et demande-lui,
s'il se peut que nous enlevions une fille vivante,
et que je me marie avec elle ? —
Sa mère est allée, elle a demandé :
o Dieu, nous te saluons,
le soleil est triste et affligé,
car il a aperçu une fille
en bas, sur la terre d'en bas.
Se peut-il et convient-il
que nous enlevions une fille vivante ? —
A la mère le Seigneur répondit:
1 Les femelles des quadrupèdes qui n'ont pas mis bas
dans Tannée, sont plus grasses et leur chair de meilleur goût
et plus estimée, d'où la vache stérile.'
2 Pour cette visite à Dieu, voy. les Chants du Rho-
dope.
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— 171 —
vieille, mère du soleil,
cela se peut et cela convient;
faisons descendre une escarpolette d'or
dans le maison de Grozdanka
en un jour solennel, au jour de St. Georges,
afin que petits et grands (y) aillent
se balancer pour la santé, l
à la fin ira Grozdanka,
sur l'escarpolette elle s'asseoira.,
et nous tirerons à nous l'escarpolette d'or. —
Comme il avait dit, cela arriva.
En un jour solennel, le jour de St. Georges,
une escarpolette d'or s'abaissa
vers la maison de Grozdanka,
petits et grands coururent
se balancer pour la santé.
On se balança ce qu'on se balança,
en dernier vint Grozdanka,
sa mère se mit à la balancer.
Dès qu'elle s'assit sur l'escarpolette,
des nuages épais s'abattirent
et l'escarpolette s'éleva.
Comme l'escarpolette montait,
la mère pleure et se lamente :
Grozdanka, trésor de ta mère,
neuf ans je t'ai allaitée,
1 Le divertissement public de l'escarpolette, à certains
jours, surtout à la Saint Georges et au premier mai, chez les
Serbes et les Bulgares, se rapporte évidemment à quelque an-
cienne coutume religieuse.
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— 172 —
neuf mois garde le silence l
avec ton beau-père et ta belle-mère,
avec celui que tu épouseras. 2
Or Grozdanka crut entendre
qu'elle avait neuf ans à garder le silence,
et Grozdanka ne parla point
durant neuf ans à son beau-père,
à son beau-père, ni à sa belle-mère,
ni à son mari le soleil.
Et le soleil s'affligea
de ce qu'elle était muette,
et il se fiança avec une autre
qui ne fût pas privée de la parole.
Grozdanka devait être la marraine,
Grozdanka devait les marier. 3
1 C'est une coutume encore fort répandue que les nou-
velles mariées observent un mutisme absolu pendant un temps
plus ou moins long, qui peut durer un mois ou plus, on les
relève généralement de cette obligation en leur remettant quel-
que cadeau. Le mot traduit ici par garderie silence (govejà)
signifiait primitivement montrer de la pudeur, du respect et
tel est le sens d'un usage qui au reste, le ridicule s'en mêlant,
commence à tomber en désuétude dans les villes , sinon dans
les villages. — Dans la pièce citée à la note (*) , Iana, pour
expliquer son mutisme de trois ans, dit: — La première année
je faisais honneur à mon père, — la seconde année à ma
chère mère, — la troisième année au brillant soleil (son mari).
2 Litt. envers (ton) premier amour marié.
3 Grozdanka est choisie pour marraine ou témoin de la
mariée, devant à l'égHse lui poser la couronne sur la tête
voy. la note ( 2 ) du No. 4. — C'est en cette qualité qu'elle lui
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— 173 —
On alla donc chercher la fiancée,
et Grozdanka lui posa le voile.
A peine Grozdanka l'eut posé,
que le voile prit feu de lui-même.
La fiancée sous le voile se mit à dire :
Grozdanka, jeune marraine,
si tu es muette, sans langue,
es-tu donc aussi aveugle,
que tu as mis le feu à mon voile ? —
Et Grozdanka éclata de rire,
puis elle dit à la fiancée :
écoute, jeune mariée,
ce n'est pas moi qui ai mis le feu à ton voile,
non plus que je ne suis muette;
mais ma mère m'avait enjoint,
(comme) elle m'a allaitée neuf ans,
de garder neuf ans le silence
avec mon beau-père et avec ma belle-mère,
voilà maintenant la neuvième année,
je vais maintenant commencer à parler. —
Dès que le soleil l'eut entendue,
le soleil et sa mère,
ils renvoyèrent la fiancée,
et on maria Grozdanka
110 avec le brillant soleil.
ajuste le voile (boulo) nuptial, qui devient l'objet d'un
prodige.
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— 174 —
14.
Chant allégorique sur Saint Georges. 1
Saint Georges s'est mis en route
le matin de bonne heure, le jour de St. Georges,
afin de parcourir la verte campagne
le matin de bonne heure, le jour de St. Georges,
la verte campagne, l'excellent blé.
A sa rencontre vient une fauve lamie,
une fauve lamie à trois têtes.
Saint Georges commence à dire :
Garde à toi, fauve lamie, 2
je vais prendre ma masse d'or,
j'abattrai toutes tes trois têtes,
et il s'en écoulera trois ruisseaux,
trois ruisseaux de sang noir. —
La fauve lamie n'a point retourné sur ses pas,
1 Spécimen des nombreuses pièces qui sont chantés par
des mendiants, en Serbie et en Bulgarie, le jour de la fête de
certains Saints, surtout de Saint Georges, de Saint Lazare,
et, chez les Grecs, de Saint Basile. Voy. la collection de Passow,
Nos. 294 à 304 et Vuk. T. 1.
2 La lamie (Xajita) est un monstre qui habite d'ordinaire
dans les puits. — Le No. 31 de Milad. est une longue légende
pieuse, où Saint Georges s'empare d'une lamie, et joue le rôle
de Persée à l'égard d'Andromède, ou de Eoger à l'égard d'An-
gélique, menacée par l'Orco, dans l'Orlando furioso. La
lamie rend, vivantes, toutes les filles qu'elle avait dévorées en
trois ans. — Un détail plus particulièrement bulgare (ou bien
albanais), c'est que le saint héros, en attendant l'apparition du
monstre, se couche sur les genoux de la vierge exposée pour
victime, et l'invite à chercher dans ses cheveux.
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— 175 —
lui, il a tiré sa masse d'or,
puis abattu toutes les trois têtes,
trois ruisseaux en ont jailli,
trois ruisseaux de sang noir.
Le premier ruisseau pour les laboureurs,
l'excellent blé,
le second ruisseau pour les bergers,
du lait frais,
le troisième ruisseau pour les vignerons,
du vin doré.
Lève-toi maintenant, Seigneur, l
à toi nous chantons, nous glorifions Dieu,
de Dieu (aie) bonne santé,
de la compagnie allégresse.
15.
Le paradis.
Une mère avait, elle avait
une fille, Entchitza, 2
depuis qu'Ianka était née,
jamais elle n'avait répliqué un mot. 3
Maintenant elle est tombée malade,
sa mère est assise à ses côtés,
son père est assis à son chevet.
1 Seigneur, ou Monsieur; c'est le maître de la maison,
dont le chanteur invoque la générosité.
2 Diminutif d'Ianka.
3 Aux reproches de sa mère, elle s'était toujours montrée
soumise.
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— 176 —
Le Seigneur a envoyé des anges
en bas, dans ce bas monde
chercher l'âme chrétienne, l
pour qu'ils l'amènent dans le paradis de Dieu,
afin qu'elle cultive ses fleurs,
car ses fleurs s'étaient flétries,
l'oeillet et le basilic.
Le Seigneur a envoyé des anges
chercher les âmes sans péché.
Et les anges s'en vinrent
en bas, dans ce bas monde,
ils trouvèrent Ianka sans péché,
ils ne peuvent s'approcher
à cause des pleurs de sa mère,
à cause des gémissements de son père.
Et les anges s'en retournèrent,
ils allèrent trouver Dieu
et à Dieu ils disaient:
nous ne pouvons, o Dieu, nous ne pouvons,
nous ne pouvons nous approcher
à cause des pleurs de sa mère,
à cause des gémissements de son père. —
Le Seigneur sema un pommier,
jusqu'à midi il germa, il poussa,
à midi il fleurit, se noua,
avant l'ikindi il mûrit
jusqu'à trois pommes d'or.
1 II y a au texte pravoslavna, proprement orthodoxe,
vrai croyant, c'est la quaHfication que prennent les Chrétiens
du rite oriental; ici ce mot paraît pris dans un sens plus
étendu, celui de chrétien en général.
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— 177 —
Dieu lui-même les cueillit,
les remit aux anges
pour les porter à Ianka.
Le Seigneur leur recommanda encore :
l'une, donnez-la à la mère,
l'autre, donnez-la au père,
la troisième donnez-la à Ianka,
Ianka se mettra à sourire,
sa mère en aura de la joie
et puis s'en ira dehors
pour soulager son chagrin. —
Et les anges partirent,
ils donnèrent une pomme
à la mère d'Ianka,
une autre ils donnèrent à son père,
à Ianka ils donnent la troisième.
Ianka se mit à sourire,
et sa mère eut de la joie
et elle s'en alla dehors
pour se consoler de ses chagrins,
car son Ianka allait guérir.
Alors les anges prirent son âme
et l'amenèrent devant Dieu.
Le Seigneur alla lui-même à sa rencontre
et l'introduisit dans le paradis divin.
Ianka cultive ses fleurs,
plus elle en prend soin
et plus les plantes se ramifient,
se ramifient et fleurissent.
Quand la mère rentra,
elle disait à Ianka :
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— 178 —
depuis, Ianka, que tu es née
tu ne m'as pas répliqué un mot
et maintenant encore tu as guetté
mon absence pour rendre l'âme. !
16.
Le sacrifice d'Abraham. 2
L'étoile du matin luit,
Petkanka balayait la cour,
Petkanka dit à l'étoile du matin :
étoile du matin, brillante étoile,
pourquoi paraître de si bonne heure,
pour faire pleurer les enfants,
faire lever les jeunes filles
et éveiller les femmes mariées ?
étoile du matin, brillante étoile,
tu demeures auprès de Diett,
va le saluer de ma part, 3
afin qu'il exauce ma prière,
il y a neuf années entières
depuis que nous nous sommes mariés,
1 Lîtt. quand tu m'as épiée, — tu as rendu l'âme sans
moi; remarque touchante sur l'attention de la jeune fille à
épargner à sa mère cette suprême douleur.
2 C'est le sacrifice d'Abraham, placé en Bulgarie, où il
a lieu le jour de St. Georges: Demain nous sacrifierons une
victime (m o lit va), — une victime à St. Georges. — J'ai
donné le début de cette pièce, à cause de la naïveté de quel-
ques détails, lé reste n'en valait pas la peine.
3 Voy. p. 170, note ( 2 ).
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— 179 —
mais nous n'avons pas de progéniture
ni en garçons ni en filles.
Si le Seigneur m'accorde
d'avoir un fruit de mes entrailles,
nous le baptiserons Bogoumtcho. — !
Le Seigneur a exaucé Petkanka,
il lui a accordé un fruit de ses entrailles.
Avramtcho 2 a appelé les popes,
les clercs et aussi les évêques, etc.
1 Nom diminutif, dérivé de Bog, Dieu.
2 Diminutif d'Abraham.
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DEUXIÈME PARTIE.
AVENTURES. — BERGERS. — BRIGANDS.
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17.
Boïana et Kérima.
Boïana la Romaine s'est écriée 1
en bas du blanc tumulus: 2
vends, ma mère, mets en gage
mon fin trousseau de noce, 3
trousseau de lin et de soie,
car la Romaine veut partir 4
pour devenir chef de pallicares,
de septante compagnons,
1 La Romaine, peut-être la Roumaine ou Valaque? Cette
désignation qui au surplus, m'a-t-on assuré, est appliquée dans
la province de Philippopolis aux femmes seules, à l'exclusion
des hommes, montre la longue persistance du nom de Pto(j.aToç,
donné aux peuples de la péninsule de l'Hémus, la Roum-élie
des Turcs, appelée plus bas, au No. 28, Roumania ou Romania.
2 Prop. tas ; il s'agit peut-être d'un de ces antiques tu-
mulus si nombreux dans la Thrace, et dont on voit des lignes
entières dans la plaine de Philippopolis.
3 Trousseau, objets de vêtement ou de lingerie, que les
filles confectionnent avant leur mariage et qui, dans les villages,
leur tiennent lieu de dot, car là c'est le mari qui, pour ainsi
dire, achète la femme, c'est à dire une servante, en payant une
somme au père de celle-ci.
4 La Romaine, au lieu de je. Voy. plus haut, p. 164.
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— 184 —
septante et sept ; x
Boïana sera leur chef.
Tous les pallicares y consentirent,
un chevrier, un pallicare, seul n'y consent pas.
Boïana s'écrie à pleine voix :
compagnons fidèles et unis,
amassez des charges de bois,
allumez un grand feu,
pétrissez une blanche fouace 2 ,
mettez dedans une jaune pièce d'or, 3
à chacun distribuez une part;
celui à qui écherra la pièce d'or,
celui-là deviendra capitaine
des septante et sept pallicares. —
Ils ramassèrent des charges de bois,
allumèrent un grand feu,
pétrirent une blanche fouace,
mirent dedans une jaune pièce d'or,
et à la file distribuèrent un morceau
à chacun des septante sept compagnons.
 Boïana échut la pièce d'or,
elle va devenir capitaine.
Le jeune chevrier ne consent pas
que Boïana soit capitaine.
1 77, chiffre sacramentel pour le nombre des, brigands
d'une bande, des blessures qu'ils reçoivent, etc. comme dans
d'autres circonstances celui de 9; on ne les rencontrera que
trop souvent.
2 Fouace, pogatcba(de l'italien fogaccia), galette defa-
rine de froment sans levain, cuite au four de campagne.
3 Pièce d'or, le mot original équivaut à notre expression
vulgaire un j a u n e t.
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— 185 -
Boïana parle et leur dit:
compagnons fidèles et unis,
placez une bague sur le hêtre,
nous la viserons avec Tare;
celui qui traversera la bague,
celui-là sera fait capitaine. !
Les pallicares se mettent tous en rang,
ils tirèrent de Tare sur la bague (fixée) au hêtre,
aucun ne traversa la bague,
Boïana seule la traversa.
Le jeune chevrier ne consent pas
que Boïana soit leur capitaine.
Boïana la Romaine s'écrie :
compagnons fidèles et unis,
fichez en terre jusqu' à neuf sabres,
afin que l'un après l'autre nous sautions pardessus ;
celui qui d'un saut franchira les sabres,
celui-là deviendra capitaine. —
Les pallicares obéirent à Boïana,
1 Des épreuves de ce genre, communes dans les légendes
héroïques de l'ancienne Grèce, forment le sujet d'autres pièces
bulgares, p. e. des Nos. 212 et 57 de Milad. Dans la première
une femme, du nom de Sirma, est proclamée aussi chef de ban-
dits (voï vodka), à la suite de deux épreuves de force et
d' adresse où elle a triomphé. Ajoutons que Sirma est un per-
sonnage réel, qui née dans les Dibras et mariée à un Bulgare
de Krouchovo, mourut à l'âge de quatre vingts ans, les éditeurs
assurent l'avoir connue. La seconde pesma raconte très lon-
guement comment un neveu du roi bulgare Chichman, Mitcha,
appelé le berger tabarina à cause du manteau • (ital. tabarro)
qu'il portait, sortit vainqueur de trois épreuves, dont dépendait
la possession de la fille du roi Latin (sic). — Mitcha, qui était
entré en lice au nom de son oncle, s'approprie la fiancée.
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— 186 —
sur une ligne ils fichèrent neuf sabres,
pour que les pallicares les franchissent.
Aucun ne fut en état de sauter,
Boïana la Somaine a sauté pardessus,
et l'espace de neuf autres encore elle a franchi.
Quand le chevrier prit son élan
il franchit huit sabres,
sur le neuvième il retomba.
Boïana est devenue leur chef,
elle a emmené tous les pallicares,
sur les sommets de la Vieille Montagne. l
Neuf années ils allèrent,
ils commencèrent la dixième.
Stoïan dit à Boïana :
jeune fille, ma soeur Boïana,
le temps est venu de nous disperser,
de rentrer dans nos quartiers d'hiver. —
Mais Boïana se mit à lui dire :
attends un peu mon frère Stoïan,
car la nouvelle m'est venue
que la jeune Kerima approche,
Kerima, la blanche dame turque, 2
avec un grand convoi d'argent turc, 3
1 C'est le nom que les Bulgares et les Serbes donnent
à l'Hémus, le hodja balkan des Turcs, et même, comme on
le voit par le No. 54, aux montagnes de Rila qui sont plus à
l'ouest.
2 Kadeuna,* du turc Khathym, désigne une femme
turque.
3 Hazna, outre son sens primitif de trésor, désigne,
dans les pesmas, le montant des impôts en argent, que les
pachas envoient à Constantinople; enlèverai! passage ces con-
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— 187 —
avec quatre vingt dix gardes,
et cent-vingt nègres.
Vite embusquez-vous dans la forêt,
interceptez les chemins. —
Comme elle achevait de parler
survint Kerima la dame turque
* avec un grand convoi d'argent turc,
avec quatre-vingt-dix gardes,
avec cent vingt nègres. l
Boïana alla audevant d'elle,
Boïana le jeune capitaine,
et elle se mit à dire à Kerima :
Kerima, blanche dame,
je veux te prier de quelque chose,
peut-être que ma prière sera exaucée.
Fais un cadeau à mes hommes,
ne fût-ce qu'un rouge ducat à chacun.
Kerima réplique à Boïana :
folle que tu es, misérable Boïana ! 2
crois-tu que j'aie peur de toi,
pour faire un cadeau à tes hommes,
avec quatre-vingt-dix gardes,
avec cent vingt noirs ? —
De quelle colère fut saisie Boïana !
Elle dégaina son sabre franc, 3
vois, était un coup qui tentait et qui tente encore quelque
fois les bandits.
1 Les nègres sont toujours appelés Arabes.
2 Misérable, prop. prostituée (kourva), injure commune
aussi en serbe et pour les deux sexes.
3 Franc, c. à d. de fabrique européenne, c'est la qualifi-
cation que reçoivent presque toujours les armes blanches, tandis
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— 188 —
et deux fois elle l'embrassa,
trois fois elle le baisa,
puis au sabre elle fit cette prière :
o sabre, toi mon frère ! *
tant de fois ta m'as obéi,
cette fois encore obéis-moi,
que j'enlève à Kerima son trésor. —
Alors Boïana fit deux tours
un à gauche et un à droite,
quand elle se retourna
il ne restait plus que Kerima
dans le carrosse doré. 2
Boïana dit à Kerima:
Kerima, blanche dame,
passe ta tête en dehors
que je te coupe la tête. —
Kerima dit à Boïana :
ma chère soeur, Boïana,
à toi l'argent, je te l'abandonne,
seulement ne m'ôte pas la vie,
car ma mère n'a d'enfant que moi
et je suis récemment fiancée,
une jeune promise non mariée.
Boïana n'écoute point Kerima,
que les fusils sont appelés guègues; voy. No. 3, note 4 et
ailleurs.
1 Au texte ma sœur, sabre étant du féminin en bul-
gare. — On Terra plus loin un autre brigand invoquer de
même la gaule servant à piquer les bœufs.
2 Formule conventionnelle et invariable, qui reparaîtra à
satiété; c'est de cette manière expéditive et commode que les
héros épiques se débarrassent de leurs ennemis.
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— 189 —
mais elle lui coupe la tête,
puis elle cria à sa troupe :
compagnons fidèles et unis,
où que vous soyez, venez-tous,
prenez et chargez-vous d'or
autant que vous en pourrez porter,
puis allez-vous en chacun chez soi,
pour moi je monterai dans ce char.
18.
Penka fait ses adieux à la vie de brigand.
A Penka sa mère disait:
o Penka, trésor de ta mère,
quoique je sois ta marâtre, l
je veux te donner une leçon :
quand ta noce arrivera,
alors que tu sortiras audevant de la noce,
mets tes beaux habits,
incline-toi légèrement
devant le parrain et la marraine,
devant le beau-père et la belle-mère,
et la plus jeune des belles-soeurs,
surtout devant le plus jeune des beaux-frères,
garde-toi de lever les yeux
et de regarder vers la montagne,
1 La prévention contre les belles-mères est si forte et il
est si bien établi qu'elles ne peuvent que détester les enfants
du premier lit de leur mari, que dans plusieurs passages on les
voit, lorsqu'elles se proposent sincèrement d'être utiles à ces
enfants, user de la précaution oratoire du texte.
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— 190 —
car les conviés connaîtraient
que tu as couru avec les haïdouts. — 1
Penka à sa mère disait:
j'ai une prière à te faire,
adresse-la ensuite à mon père :
qu'il me donne une dot,
mon costume d'homme,
ma paire de pistolets,
mon sabre franc
et mon long fusil,
car je veux vivre en homme,
ou deux jours, mère, ou trois jours,
ou même ne fût-ce que trois heures,
je veux aller dans la montagne, 2
dans la montagne avec les haïdouts ;
là les pallicares m'attendent
sous chaque arbre est un pallicare,
dans chaque vallon un étendard. 3
A peine Penka eut-elle achevé,
qu'elle revêtit ses habits d'hommes,
ceignit ses deux pistolets
et son sabre franc aiguisé,
puis elle entra dans la sombre écurie,
1 L'exemple authentique de Sirma, rapporté au No. pré-
cédent, note *, p. 185, montre que l'exercice du brigandage n'ôte
rien à la considération d'une femme, pas plus que des hommes.
2 Le mot turc balkan, qui dans nos géographies a été
appliqué à l'Hémus des anciens, signifie simplement montagne.
3 Les deux vers rappellent ceux du Chant ldephtique
sur l'Olympe (Passow, No. 131):
„E)çw aopdcvta 8ub xopçatç x 1 eÇfjvTa 8uè ppuaoïSXaaw,
KdÉÔE xop^ij xai çXdtpcoupo, xdcÔe xXaBi xat xX^ttjç."
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— 191 —
en fit sortir un cheval vigoureux, l
et se mit en selle sur le cheval.
Penka s'en alla dans la montagne,
dans la montagne vers les haidouts,
afin de faire de cadeaux aux pallicares
à l'occasion de sa noce:
(elle donne) à chaque pallicare un mouchoir
et dans le mouchoir une pièce d'or,
afin qu'ils sachent et se souviennent
quand Penka s'est mariée.
19.
Dragana et Ivantcho.
Depuis qu' Ivantcho s'est insurgé 2
et avec lui sa soeur Draganka,
il n'est point passé par les chemins de convoi d'ar-
gent 3
ni du Sultan ni des vizirs.
Hier soir un exprès est arrivé,
des fonds royaux doivent passer.
Ivantcho dit à Draganka :
Draganka, ma soeur Draganka,
partout où je t'ai envoyée,
1 Litt nourri, c. à d. bien nourri et par suite beau et
vigoureux; c'est l'épithète ordinaire du cheval.
2 s'insurger ou se soulever, expression par laqueUe on
indique qu'un homme se fait brigand.
3 C. à d. que les chemins sont interceptés et que les
convois ou fonds royaux y sont enlevés par les brigands; le
sens du mot hazna a été expliqué précédemment.
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— 192 —
toujours tu t'es acquittée de la besogne,
aujourd'hui encore obéis-moi
et exécute ma commission :
Prends ce paquet de clés,
ouvre le sombre cellier,
prends-y de blanches tentes
et rends-toi, ma soeur Draganka,
en bas dans la prairie unie
dans les prés domaniaux, 1
dresse de blanches tentes,
enclos un petit jardin
et sème-s-y des fleurs de toute espèce.
Quand le convoi paraîtra,
tu iras dans le petit jardin,
tu y cueilleras des fleurs de toute sorte, 2
tu en feras des bouquets variés,
et à chacun tu donneras un bouquet,
au porte-étendard deux bouquets ; -
avec ces bouquets tu les amuseras
jusqu' à ce que moi aussi je vienne,
après que la tête aura cessé de me fyire mal
et la fièvre de me faire trembler. —
Draganka dit à Ivantcho :
Mon frère, cela ne te suffit-il pas,
dix cavernes pleines de richesses,
1 Beglik ou beylik est le domaine du Prince (bey) ou
de l'état, ce qui se confond à peu près en Turquie; c'est aussi
dans un sens plus restreint, la ferme de la taxe sur les mou-
tons, une des branches les plus importants du revenu public.
2 Comment il est possible, du soir jusqu'au matin, de
faire un jardin, de l'ensemencer et de récolter des fleurs, c'est
ce que je ne prétends pas expliquer.
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_ 193 —
dix (pleines) de jaunes ducats?
Ivantcho dit à Draganka :
Draganka, ma soeur Draganka,
cela suffit et cela est plus qu'il ne faut,
mais je yeux faire et bâtir
des travaux utiles, des monastères, l
sur la rivière impétueuse un pont de pierre,
dans la montagne déserte une église
un monastère de Saint Jean,
à Villeneuve une église,
une église de Sainte Dragana.
Et Dragana lui obéit,
elle prit le paquet de clés,
elle ouvrit le sombre cellier,
en tira les blanches tentes,
et Draganka se rendit
en bas dans l'humide prairie,
dans les prés domaniaux,
elle dressa les blanches tentes,
enclôt un petit jardin,
y sema toute sorte de fleurs.
Quand le convoi parut,
Draganka sortit dans le jardin,
elle y cueillit des fleurs de toute espèce,
en fit des bouquets variés
et sortit au-devant du convoi,
à chacun elle donna un bouquet
1 Des travaux utiles, comme fontaines, routes, ponts, etc.
toutes choses qu'aujourd'hui encore le gouvernement turc laisse
souvent à l'initiative des riches particuliers, qui les exécutent
pour le bien de leur âme.
9
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— 194 —
deux bouquets au trésorier.
Le trésorier lui faisait cette prière :
Draganka, chef de voleurs,
j'ai une prière à t'adresser,
c'est de me faire grâce pour ce convoi,
car déjà je suis excédé
des invectives de mon père,
des reproches de mon aïeul. —
Et Draganka l'exauça,
elle lui fit grâce pour les fonds,
et elle revint sur ses pas.
Ivantcho arrive de la montagne,
et à Draganka il disait :
Draganka, ma soeur Draganka,
sans moi tu ne fais pas d'argent
de même que moi sans toi.
Pourquoi as-tu laissé échapper le convoi,
Draganka, et ne t'en es-tu pas emparée ?
Et Draganka fut prise de colère,
et elle rejoignit le convoi,
elle fit un demi-tour à droite,
quand à gauche elle se tourna
elle les avait massacrés jusqu'au dernier, l
tous les blonds kozaks,
trois cents déli-bachis,
et elle s'empara des fonds.
Puis elle revint vers Ivantcho,
et à Ivantcho elle disait :
mon frère, frère Ivantcho,
Voy. p. 188, note ( 2 ).
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— 195 —
tu es malade, frère, tu vas mourir,
et pourtant tu ne renonces pas (au vol) ;
le trésorier m'avait suppliée
de lui faire grâce du convoi. —
À peine Draganka finissait de parler
qu'Ivantcho rendit l'esprit,
abandonnant toutes ses richesses.
20.
La Turque tuée par trahison.
Laltcho disait à ses pallicares:
pallicares, braves d'élite,
j'ai appris que Kerima
Kerima, la blanche dame turque,
que Kerima doit passer
avec cinq cents hommes choisis,
tous noirs asiatiques,
mêlés avec des arnautes.
Qui osera, qui se risquera
à séduire et tromper Kerima?
Kerima a un collier d'or, —
à lui couper son collier,
à la baiser à la gorge ? —
Il ne s'en est pas risqué un seul,
mais Dimitri s'est risqué,
Dimitri, le jeune pallicare.
Les pallicares disent à Dimitri :
Ne fais pas, Dimitri, une gageure
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— 196 —
au sujet de Kerima, la blanche Turque,
car tu es sot, Dimitri,
Kerima te fera périr,
n'est-ce pas dommage pour toi ?
Dimitri ne dit rien,
il mit de beaux habits,
s'en alla à la rencontre de Kerima,
de loin lui fit un salut,
de près lui baisa le bas de la robe,
et à Kerima il disait :
Kerima, blanche dame,
j'ai de l'amour pour toi,
je veux te dire un mot en particulier,
envoie ton escorte en ayant. —
Kerima, la sotte femme,
envoya son escorte en avant,
et laissa Dimitri entrer dans la voiture.
Dimitri dit à Kerima:
Kerima, mon grand amour,
lève un peu la tête
que je te baise à la gorge,
sur ton collier d'or. —
Kerima, la sotte femme,
ayant levé la tête,
il lui trancha la tête
et arracha le collier d'or,
ramassa ses vêtements précieux,
ressortit avec son butin,
puis il retourna vers Laltcho
et jeta la tête à ses pieds.
Tous les pallicares s'étonnèrent
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— 197 —
comment Dimitri avait trompé
Kerima, la blanche Turque.
21.
Stoïan et Nédélia.
Depuis que le village est village
les brigands n'y sont point venus,
maintenant ils se décident d'y venir,
ils se sont décidés et y sont entrés.
Au milieu du village une ronde est en danse,
et eux sont entrés dans la ronde,
au milieu de la ronde ils ont planté leur drapeau,
regardé Tune après l'autre les filles,
(cherchant) qui reconnaîtra Nédélia,
la fille du chef canonnier.
Aucun ne la reconnaissait,
mais le jeune Stoïan l'a reconnue,
et il la saisit par la main,
et il l'emmena, la mena
sur les sommets de la Vieille montagne,
au lieu de danse des brigands.
Ils vont manger un agneau rôti,
ils vont boire du vin rouge,
Nédélia leur versera à boire.
A chacun elle fait déborder le verre,
à Stoïan elle ne le remplit pas jusqu'aux bords,
mais ses larmes menues le font déborder.
Stoïan disait à Nédélia:
Sais-tu, Nédélia, te souviens-tu
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— 198 —
quand j'étais chez vous valet,
une fièvre terrible me saisit,
je souffrais d'un violent mal de tête,
je te demandai un peu d'eau,
tu ne me donnas pas d'eau (pure)
mais tu pétrissais du pain,
et tu me donnas de l'eau mêlée de farine,
je te demandai un peu de pain,
toi tu grattas du pain
et tu me donnas un peu de croûte.
Te couperai-je la tête
comme à un agneau à la Saint Georges,
comme à un poulet à la Saint Pierre ?
Mais Nédélia lui disait :
Si j'ai péché, frère,
n'y a-t-il pas, frère, de pardon ?
Stoian ne se possédait plus de colère,
il lui trancha la tête.
Comme il lui coupa la tête,
Nédélia cria de toutes ses forces,
et les vallées se plaignirent,
et la forêt gémit
aux cris que poussait Nédélia.
Comme il venait de lui couper la tête,
son père envoya une rançon.
Stoïan décharge la rançon,
charge (sur le cheval) la tête de Nédélia,
à son père il l'envoie.
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— 199 —
22.
La langue coupée.
La forêt touffue s'épanouit
le coeur d'une mère s'emplit (de chagrin)
À Stoïan sa mère disait :
Stoïan, mon fils Stoïan,
cet été tu n'as pas fait de butin,
hier soir des marchands sont passés,
des marchands, des jeunes gens de Kotel, l
ils se sont enquis de toi, mon fils:
où est, commère, le jeune Stoïan,
le jeune Stoïan, le jeune pallicare,
que nous l'emmenions faire du butin
à Eila dans la Vieille montagne ? — 2
Stoïan disait à sa mère :
ne te suffit-il pas, mère,
(d'avoir) neuf chariots pleins de richesses,
et un dixième de jaunes pièces d'or ?
N'es-tu pas lasse, vieille mère,
de cacher des corps de marchands, 3
1 Kotel, bourg de Bulgarie.
3 Les montagnes de Rila, sur les confins de la Macé-
doine et de la Bulgarie; on y trouve, dans une haute vallée
très pittoresque, le plus vaste et le plus célèbre monastère de
la Turquie d'Europe (ceux de l'Athos et de Météora exceptés);
il a été fondé au XIV e siècle, et il y existe encore une tour
carrée portant une inscription en briques d'Etienne Dou-
chan, si je me rappelle bien.
3 De marchands, c. à d. de voyageurs, dont les mar-
chands forment l'espèce la plus commune et ceux que les
brigands attaquent de préférence.
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— 200 —
de laver des chemises sanglantes ? —
Écoute, mon fils Stoïan,
cet été (encore) va, amasse du butin,
puis à l'avenir demeure en paix, repose-toi. —
Stoïan répondit à sa mère :
ma mère, ma chère mère,
quelles belles choses tu dis !
tire un peu ta langue
que je te baise sous la langue,
parceque tu me parles à ravir,
tu me donnes de bons conseils. —
Et sa mère se laissa tromper
et sortit sa langue de la bouche,
et Stoïan lui emporta la langue.
Il s'en alla dans la sombre écurie,
en fit sortir neuf mules
et les chargea de pièces d'or,
puis tout seul il les emmena,
les conduisit à la Sainte montagne
au monastère de Chilendar, 1
et lui-même se fit moine.
23.
La perfidie du pacha de Vidin.
Depuis que Badan s'est fait brigand
les convois d'argent n'arrivent plus au Sultan.
1 L'un des monastères du mont Athos, fondé en 1197
par le roi serbe Etienne Némania, est aujourd'hui encore habité
par des moines slaves, qui reçoivent un subside de Belgrade.
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— 201 —
Du Sultan un ordre est arrivé
au pacha de Vidin
d'arrêter Eadan
ou de lui prendre la tête.
Un crieur proclame dans Vidin:
quiconque prendra Radan
recevra une grande récompense.
Personne ne se risque
à se mettre à la poursuite de Radan.
Le pacha écrit une lettre
et Tenvoie à Radan,
(invitant) Radan, où qu'il soit, à venir:
j'en jure par Mohammed,
je le ferai porte-drapeau
pour qu'il conduise des braves d'élite,
qu'il préserve les convois du pillage.
Radan reçoit la lettre
au puits du haïdout,
en présence de ses compagnons il la lut,
la lut et leur demanda
s'il devait aller à Vidin.
Le plus jeune garçon, Radoïa,
celui-là disait à Radan :
mon oncle, mon oncle Radan,
ne vas pas, mon oncle, à Vidin,
ce n'est, mon oncle, qu'une ruse,
une ruse, une insigne tromperie. —
Je veux, compagnons, y aller;
si l'on me tue à Vidin,
prenez mon cadavre pendant la nuit
et portez-le dans la montagne,
9**
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— 202 —
en haut tout en haut dans les rochers.
Là sous un rocher il y a un érable
et près de l'érable une caverne,
devant la caverne une pierre blanche
et sur la pierre trois croix,
vous, levez cette pierre
et enterrez-la mon corps.
Badan partit le jeudi de bonne heure,
il alla se rendre au pacha,
les kavas le saisirent,
lui lièrent les mains derrière le dos,
remmenèrent au bout de la ville,
remmenèrent, ils vont le tuer.
Badan disait aux kavas :
kavas, fidèles gens du pacha,
que mon sang vous soit pardonné,
j'ai une prière à vous adresser:
avant de me mettre à mort,
(permettez-moi) de jouer de la flûte,
afin que petits et grands entendent
comment Badan meurt. —
Les kavas le lui permirent,
Badan se mit à jouer de la flûte,
et les forêts en gémirent.
Badola dit à la troupe :
camarades, jeunes pallicares,
c'est-là la flûte de mon oncle,
pourquoi a-t-elle un son si plaintif?
sur pied, fidèles compagnons,
allons au secours de mon oncle. —
Badan a jeté sa flûte,
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— 203 —
on est juste en train de lui bander les yeux.
Badoïa arrive avec les pallicares,
il disperse les kavas,
il charge son oncle sur son dos
et remporte dans la montagne.
Eadan emmena la ttoupe
en haut tout en haut dans les rochers,
près de l'érable jusqu' à la caverne.
Là il souleva une pierre blanche,
là était un trésor caché:
prenez, fidèles compagnons,
autant que chacun peut porter,
que chacun s'en aille où bon lui semble.
24.
Les adieux de Liben aux montagnes.
Liben le pallicare s'est écrié
sur un sommet de la Vieille montagne,
Liben fait ses adieux à la forêt,
à la forêt et aux eaux il disait:
forêt, o verte forêt,
et vous fraîches eaux,
sais-tu, forêt, t'en souviens-tu
combien j'ai erré sous tQi,
mené à ma suite de jeunes compagnons,
porté mon drapeau rouge ?
j'ai plongé bien des mères dans le deuil,
bien des épouses j'ai privé de leur foyer,
et plus encore fait de petits orphelins
pour qu'ils pleurent forêt, pour qu'ils me maudissent.
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— 204 —
adieu, forêt, adieu !
car je vais retourner à la maison
pour que ma mère me fiance,
me fiance et me marie
à la fille du pope,
du pope Nicolas.
La forêt ne parle à personne,
-pourtant à Liben elle répond:
voïvode Liben, o voïvode,
assez tu as erré sous moi,
conduit des braves d'élite,
porté ton drapeau rouge
sur les sommets de la Vieille montagne,
sous les ombrages frais et touffus,
par les herbes humides et vertes.
Tu as plongé dans le deuil bien des mères,
privé de leur foyer bien des épouses,
plus encore réduit de petits orphelins 1
à pleurer, Liben, à me maudire
moi, Liben, à cause de toi.
Jusqu'ici, voïvode Liben,
tu as eu pour mère la Vieille montagne,
pour amante la verte forêt
parée de feuillages touffus,
rafraîchie d'une douce brise ;
l'herbe te faisait un lit,
les feuilles des arbres étaient ta couverture,
les eaux limpides t'abreuvaient,
1 Ce passage se retrouve presque littéralement dans une
pesma serbe. Voy. l'Introduction.
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— 205 —
les oiseaux des bois pour toi chantaient,
pour toi, Liben, ils disaient :
réjouis-toi, pallicare, avec les pallicares,
car avec toi la forêt s'égaie,
pour toi s'égaie là montagne,
pour toi les eaux fraîches.
Mais voici, Liben, que tn dis adieu à la forêt,
et tu vas retourner au logis
pour que ta mère te fiance,
te fiance et te marie
avec la fille du pope,
du pope Nicolas.
25.
Le frère retrouvé.
Fameux est devenu un pallicare, fameux
avec trois cents compagnons.
Naguère il envoya un message à Ivko :
Fais ce que fais, Ivko le richard,
envoie-moi au plus vite,
envoie-moi et fais-moi parvenir
trois cents paires de souliers,
des habits pour trois cents personnes,
car le voïvode veut aller
festoyer chez Ivko le richard
avec trois cents jeunes pallicares. —
Ivko a tout préparé,
un tonneau de forte eau-de-vie,
un tonneau de bon vin,
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— 206 —
dix vaches stériles, *
dix fournées de pain.
Ensuite Ivko commença à se lamenter:
qui voudra pour lui recevoir ses hôtes ?
Ivko n'ose pas lui-même,
n'ose pas sortir à leur rencontre,
dans la crainte que sa tête ne soit en danger.
Sa bru le regarda,
sa bru la plus jeune,
puis elle dit à son père:
papa, cher petit père,
ne pleure pas, ne te lamente point !
ce sera moi qui recevrai les pallicares. — •
Le beau-père dit à sa bru :
jeune femme, jeune mariée,
ma chère petite bru,
si tu reçois pour moi les pallicares,
je te fais don du coffret,
du coffret le plus petit
qu'il faut six buffles pour traîner. —
La jeune femme s'est levée de bon matin,
elle a balayé la cour unie,
elle a mis successivement tout en ordre,
fait à manger pour les pallicares ses hôtes.
Les pallicares parurent,
de trois cents flûtes ils jouaient,
avec trois cents voix ils s'écrièrent,
trois cents sabres resplendirent,
ils s'enquirent d'Ivko le boyard.
1 Voy. p. 170, note (»).
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— 207 —
Todorka leur ouvrit les portes,
à tous l'un après l'autre elle baise la main ;
chacun lui donna une pièce d'argent,
et le capitaine une pièce d'or.
Elle tira de l'eau-de-vie forte et limpide
pour les servir à la ronde.
Le voïvode dit à la jeune femme :
chère et belle jeune femme,
comment se fait-il que tu aies un cratère d'argent
tandis que le verre est d'argile ? —
Et la jeune femme lui répondit :
mon frère Damian, Damian,
capitaine de trois cents hommes !
je suis, frère, une jeune épousée,
il y a peu de temps que je suis arrivée ici,
je ne sais pas où est le verre d'argent. —
Le voïvode dit à la jeune femme:
d'où me connais-tu, jeune femme
(et sais-tu) qu'on m'appelle Damian ? —
L'épousée lui répond :
ne sais-tu pas, frère, ne te souviens-tu pas,
quand nous restâmes orphelins ?
J'étais toute petite, frère,
maman te donnait des conseils,
mais toi tu n'écoutais pas maman.
Maman te disait:
je ne puis, Damian, mon fils,
vieille comme je suis, travailler pour toi,
rien qu'avec un rouet et un fuseau
payer l'impôt aux Turcs.
Toi, frère, alors tu t'enfuis
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— 208 —
afin de n'être pas à charge à notre mère.
Maintenant, frère, en te voyant je t'ai reconnu,
car les mêmes entrailles nous ont portés,
nous avons sucé les mêmes mamelles.
Alors il poussa un cri, il cria
à tous, le voïvode Damian :
compagnons fidèles et dociles,
mangez et buvez en paix,
c'est là ma soeur Todorka,
elle est devenue la bru d'Ivko le boyard.
Damian porta la main à son sein,
il délie sa lourde ceinture
et la donne à Todorka.
Todorka accompagna ses hôtes,
elle appela les pallicares ses hôtes.
Le beau-frère de Todorka rentra,
mais il ne veut pas lui donner le coffre
que son beau-père lui avait promis,
le coffre le plus petit,
celui qu'il faut six buffles pour traîner.
Todorka se met à lui dire :
beau-frère, cher beau-frère,
si tu ne veux m'abandonner le coffre,
cela me suffit bien, ce que m'a donné mon frère.
26.
La vengeance du brigand trahi.
Nentcho est resté orphelin,
sans père, sans mère,
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— 209 —
et il n'a au monde personne
ponr le conseiller, le diriger
afin qu'il cultive qu'il exploite
les propriétés paternelles,
mais il s'est fait brigand,
porte-étendard des brigands,
trésorier de leur argent.
Nentcho ainsi a vécu il a vécu
soixante dix sept ans,
et il a été criblé de blessures,
de septante sept blessures,
en moindre nombre faites par du plomb,
en plus grand nombre faites par les balles.
Et Nentcho se leva il s'en vint
chez Douda chez la veuve,
et il frappait à la porte.
Douda tissait de la toile
et elle chantait cette chanson :
holà Nentcho, holà le voleur,
des voleurs le porte-étendard
et le trésorier de leur argent !
Nentcho entra dans la maison
et il disait à Douda :
o Douda, toi la veuve,
tiens, Douda, prends cet argent,
et va-t-en, Douda, acheter
acheter de l'onguent pour les blessures,
et donne-moi des morceaux de toile
pour bander mes blessures guerrières. —
Douda se leva, sortit,
point n'acheta d'onguent pour les blessures,
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— 210 —
mais elle s'en alla au Konak '
et elle disait aux sergents :
sergents, gendarmes,
voilà si longtemps]
que vous cherchez Nentcho
jusqu'ici vous ne l'avez pas découvert,
Nentcho est en ce moment chez moi. —
Et les sergents se levèrent,
ils coururent chez Douda
et s'emparèrent de Nentcho,
lui lièrent les mains derrière le dos
et l'entraînèrent vers le Konak.
Nentcho disait aux sergents :
sergents, gendarmes,
j'ai une prière à vous adresser,
déliez-moi la main,
la main, et que ce soit la droite,
afin que je la puisse mettre à la poche,
en retirer une montre d'or
et vous en faire cadeau. —
Ils lui délièrent la main,
et il fouilla, Nentcho, il fouilla,
il fouilla dans sa poche,
il n'en tira pas une montre d'or,
mais il en tira un sabre franc,
il fit un demi-tour à droite,
et quand à gauche il se retourna,
il les avait tous massacrés.
Et il s'en revint sur ses pas,
1 Ici, la résidence officielle des autorités.
)QiC
— 211 —
et il rentra chez Douda
et à Douda il disait :
couche-toi, Douda, couche-toi
au milieu de la chambre en travers du seuil
pour que je te coupe la tête,
pour que tu voies, Douda, que tu voies
ce que c'est que de livrer Nentcho.
27.
Le brigand volé.
Nonka lavait à la rivière,
Pantcho disait à Nonka:
Nonka, jeune mariée,
où y a-t-il que tu saches, des chirurgiens
des chirurgiens, des médecins
pour guérir mes blessures,
septante sept blessures,
septante faites par le fusil,
sept faites par le couteau?
Nonka répond à Pantcho :
je suis, Pantcho, chirurgienne,
chirurgienne et docteur ;
je veux guérir tes blessures
les soixante et dix sept,
septante faites par le fusil,
sept faites parle couteau. —
Nontcha le guérit, elle le guérit,
trois mois il n'en fallut pas plus
pour qu'elle guérît ses blessures ;
et Pantcho sortit dans la cour
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— 212 —
et il disait à Nonka:
jeune Nonka, belle épouse,
entre dans le bas cellier
et apporte-moi neuf bandes de toile
afin que j'en ceigne mon corps
et que je sache si je suis guéri
de mes septante sept blessures, etc.
Nontcha entra dans le cellier,
elle en tira neuf bandes de toile
et Pantcho s'en ceignit,
puis il dit à Nentcho : x
Va, Nentcho le cabaretier,
va au bazar de Zlatitza 2
et achète-moi du plomb et de la poudre
pour que je fasse du butin.
Si tu n'y vas pas, Nentcho,
je prends Nonka ta femme. —
Nentcho marchait dans la cour,
il tordait ses blanches mains,
il versait des larmes menues ;
Nonka disait à Nentcho :
mon cher, Nentcho le cabaretier!
pourquoi marches-tu dans la cour,
tords-tu tes blanches mains,
verses-tu des larmes menues? —
Nentcho disait à Nonka:
puisque tu le demandes, je vais te le dire,
si je tords mes blanches mains,
1 Apparemment le mari de la receleuse.
2 Bourg de Bulgarie, près de Pridop.
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— 213 —
si je verse des larmes menues,
c'est pour ce que m'a dit Pantcho,
Pantcho le capitaine,
que j'aille au bazar de Zlatitza,
que je lui achète du plomb et de la poudre,
afin que nous fassions du butin,
si je n'y vais pas, chère Igna, *
lui te prendra, Igna.
Igna dit à Nentcho :
mon cher Nentcho, mon cher,
est-ce là le souci qui te tourmente?
dois-je t'apprendre ce que tu as à faire ?
ne va pas, Nentcho, ne va pas
au bazar de Zlatitza,
acheter de la poudre et du plomb,
mais va trouver Pouro le bouliouk-bachi,
et dis à Pouro,
que nous lui avons fait une fameuse capture,
trois mois nous l'avons gardé,
maintenant venez le prendre,
car nous allons le laisser partir. —
Voici que vient Pouro le bouliouk-bachi,
Igna regarda par la fenêtre
puis elle dit à Pantcho :
vite sauve-toi, capitaine,
car les gendarmes sont venus,
ils vont, Pantcho, t'arrêter
et Pantcho de bondir, de se sauver,
quand le bouliouk-bachi entra,
1 Sur ce changement de nom, voy. p. 44.
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— 214 —
Pantcho était sorti par la cheminée,
Pantcho avait tout oublié,
il avait laissé bourse et ducats.
28.
Le brigand généreux.
La forêt se lamente,
la forêt et la montagne
et dans la forêt les feuilles
et par le bois les oiseaux
et par la plaine les herbes,
pour le pallicare Pantcho.
Pantcho disait à Kolio :
Kolio, o porte-étendard !
prends, Kolio, ta cornemuse
et va-t-en, Kolio, va-t-en
à Stambol aux Sept Tours,
au cabaret des Sept tours,
à la boucherie impériale
et joue, Kolio, de ta cornemuse,
afin que des garçons se rassemblent,
des garçons comme des loups,
jusqu'à trois cents nouveaux compagnons,
afin, Kolio, que nous les emmenions,
que nous égayions
la forêt et la montagne,
et sur les arbres les feuilles
et dans les champs les herbes,
quand elles verront Pantcho le pallicare. —
Kolio obéit à Pantcho,
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— 215 —
il prit sa cornemuse
et s'en alla à Stambol, etc.
Kolio joua de la cornemuse,
et des garçons se rassemblèrent,
des garçons comme des loups,
jusqu'à trois cent trente,
trois cents nouveaux compagnons.
Et Kolio les emmena,
il les mena vers Pantcho le capitaine,
puis ils entrèrent dans la montagne,
ils plantèrent un drapeau rouge.
Pantcho dit à Kolio :
lève, Kolio, le drapeau,
nous allons partir pour la Dobroudja,
car j'ai ouï dire, Kolio, et appris
que dans la Dobroudja les percepteurs
ont ramassé beaucoup d'argent
et vont l'expédier à Stamboi :
pillons-le convoi,
prenons-le pour la troupe. —
Pantcho emmena ses garçons
ses garçons pareils à des loups,
ils parvinrent dans la Dobroudja,
s'emparèrent des fonds royaux,
les partagèrent à tous successivement,
pour lui-même il ne laissa point de part.
Kolio disait à Pantcho :
o Pantcho, o capitaine,
assez nous avons cheminé
par la Vieille montagne
et par le pays de Komanie,
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— 216 —
assez nous avons effrayé les gens,
assez nous avons égayé la forêt,
nous avons fait pleurer bien des mères,
rendu veuves bien des épouses, l
encore plus laissé de petits orphelins,
nous avons amassé de grandes richesses ;
puis que nous n'avons pas d'enfants,
à qui les laisserons-nous ? —
Pantcho disait à Kolio :
allons, partons pour Stambol,
souffle, Kolio, dans ta cornemuse
afin de rassembler des jeunes garçons,
tous abadjis de Pridop, 2
je veux tout leur donner
afin que de nous ils aient remembrance.
29.
La pendaison élégante.
Le pauvre Stoïan Tin fortuné,
on l'avait guetté sur deux chemins,
sur le troisième on l'a arrêté,
on tira de noires cordes,
on lui lia ses blanches mains
et on emmena Stoïan
à la maison du pope.
Or le pope a deux filles
et la troisième Gula, sa bru.
1 Voy. le No. 24 et la note.
2 Gros bourg de Bulgarie.
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— 217 —
Gula battait le beurre
à la petite porte du jardin,
les filles balayaient la cour,
et elles dirent à Stoïan :
demain, Stoïan, on doit te pendre
au palais impérial,
afin que la Sultane ait un spectacle, 1
ainsi que les enfants du Sultan. —
Stoïan dit à Gula :
Gula, bru du pope,
Puisqu'on doit me pendre,
est-on allé au bazar,
a-t-on acheté des cordes ? —
Gula dit à Stoïan :
on est allé, Stoïan, au bazar
et on a acheté des cordes. —
Stoïan dit à Gula;
Gula, bru du pope,
sont-elles tes belles-soeurs ces jeunes filles,
ou ne sont-elles que des voisines ?
Gula répond à Stoïan :
que t'importe si ce sont mes belles-soeurs,
ou si ce sont des voisines ?
Stoïan dit à Gula:
Gula, bru du pope,
veuille dire à la plus jeune,
puisqu'on doit me pendre,
qu'elle lave ma chemise,
qu'elle dénoue ma chevelure,
1 la Sultane, tzaritza.
10
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— 218 —
car il me plaît, o Gula,
lorsqu'on pend un pallicare,
que sa chemise éclate de blancheur,
que ses cheveux flottent au vent.
30.
La soeur dévouée.
D'une voix forte a crié s'est écrié
Négoul le jeune pallicare '
du haut du tchardak l
par les rues du village :
savez-vous, frères villageois,
que ma tête est en danger?
j'ai commis bien des méfaits
donné la chasse à bien des Turcs,
plus encore massacré de Turques,
quand je ne les emmenais pas à ma suite comme mes
femmes;
le malheur ne m'avait pas atteint,
aujourd'hui le malheur m'atteint,
un malheur que je n'ai en rien mérité.
Ils ne veulent rien entendre
ni pour or ni pour argent
mais ils veulent ma tête,
ils veulent m'ôter la vie. —
Sa chère soeur l'entendit,
Milenka soeur de Négoul,
1 Galerie supérieure, ouverte d'un côté.
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— 219 —
et elle dit à Négoul :
frère Négoul, mon frère,
ne t'inquiète pas, frère, ne t'afflige pas,
j'ai jusqu' à neuf fils,
neuf fils et une fille,
le plus jeune de tous est Lalo, 1 ♦
de lui je ferai le sacrifice pour te sauver,
seulement, frère, que tu me restes. —
Voilà ce que dit et promit
Milenka, la soeur de Négoul,
puis elle revint chez elle,
apprêta des mets chauds,
prépara du vin doré
pour régaler ses fils.
Et à ses fils elle disait :
ensemble mangez et buvez ;
baisez-vous la main les uns aux autres,
parceque Lalo va partir comme devèr, 2
il est le devèr de son oncle Négoul
que votre mère vous voie tous ensemble,
et qu'elle vous serve à tour de rôle
du vin rouge vermeil
et toutes sortes de mets chauds. —
Aux autres elle n'emplissait pas le verre,
à Lalo elle l'emplissait jusqu'aux bords. —
Elka, la soeur de Lalo,
préparait les habits de Lalo,
1 Lazare.
2 Devèr, garçon de noces, ordinairement l'un des jeunes
frères du marié.
10*
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— 220 —
elle versait des larmes menues
parceque Lalo allait être devèr,
et qu'on ne la voulait pas pour fille de noces.
LaloditàElka:
Elka, ma petite soeur unique,
ne pleure pas, soeur, ne te désole pas,
nous sommes neuf frères,
toi aussi tu seras quelque jour fille de noces.
À peine avait-il dit ces paroles
que les bourreaux arrivèrent à la porte,
ils trouvèrent Lalo le devèr,
et lui tranchèrent la tête
pour son oncle, pour Négoul.
31.
Le brigand laboureur. 1
La mère de Tatountcho lui disait :
Tatountcho mon fils, Tatountcho,
un brigand ne nourrit pas sa mère ;
vends, mon fils, ton fusil
et ton sabre franc affilé,
puis achète-toi, Tatountcho,
deux buffles rapides, 2
laboure les terres paternelles,
sème du blanc froment
1 Conf. Marko laboureur, p. 106 de nos Poésies
Serbes.
2 Rapides, ce n'est pas précisément l'épithète qui con-
vient à cet animal.
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— 221 —
afin de nourrir, mon fils Tatountcho,
ta mère, mon fils, et ton père. —
Tatountcho obéit à sa mère,
il vendit son long fusil
et le sabre franc affilé,
puis il acheta des buffles rapides,
cultiva les terres paternelles,
les ensemença de blanc froment,
mais cela ne lui suffit pas,
il s'embusqua sur les chemins royaux,
cela s'apprit, cela vint aux oreilles du Sultan,
le Sultan envoya des soldats,
une compagnie de trois cents,
(avec ordre) où ils trouveraient Tatountcho,
de lui couper la tête.
Les soldats vont et s'enquièrent,
au sujet de Tatountcho le pallicare, ils interrogent
les bergers et les bouviers,
les bergers et surtout les laboureurs,
car Tatountcho était laboureur.
Tatountcho se présente de lui-même,
les soldats lui disaient:
Holà Tatountcho, Tatountcho,
nous sommes envoyés par le Sultan,
où que nous te trouvions
là nous devons prendre ta tête. —
Tatountcho refléchit un moment,
puis il parlait à sa perche : *
1 Perche ou forte gaule dont les voituriers et les la-
boureurs se servent pour aiguiUonner leurs boeufs. Voy. No. 17.
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— 222 —
ma perche, o toi ma perche,
j'ai mis trois jours à te couper
et trois jours à te traîner (jusqu'au logis),
à cette heure débarrasse-moi
de ces noirs soldats. —
Puis Tatountcho tourna sur lui-même
à gauche et ensuite à droite,
des trois cents soldats
il n'en restait que trois.
Ceux-là suppliaient Tatountcho :
notre mère à chacun n'a pas d'autre fils,
aie pitié de nous, Tatountcho. —
Tatountcho les massacra aussi,
aux trois cents il ôta les ceintures, l
puis à sa mère il les apporta :
tiens, ma mère, voici de l'argent,
un brigand ne nourrit pas sa mère !
32.
Le brigand malade.
Stoian rassembla une troupe
une troupe fidèle bien unie,
ils s'engagèrent par serment,
„celui de nous qui tombera malade,
nous aurons tour à tour soin de lui,
sur les bras nous le porterons."
Stoïan emmena ses pallicares
et il les conduisit les conduisit
1 Ceintures de cuir, servant de bourses.
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— 223 —
en haut dans la Vieille montagne,
alors il s'affaiblit il tomba malade
le jeune Stoian le jeune capitaine,
et ils prirent soin de lui tour à tour
et ils le portaient sur leurs bras,
durant neuf ans entiers.
Les pallicares disent à Stoian:
Stoïan, jeune capitaine,
voilà maintenant neuf années
que nous te soignons chacun à son tour
et que sur nos bras nous te portons,
déjà nous en sommes las, frère,
nos pieds se sont gonflés
dans les petites pierres menues. —
Stoian disait à sa troupe :
compagnons fidèles, unis,
bien longtemps vous m'avez porté, frères,
portez-moi encore un peu
jusqu'à ce que nous arrivions aux champs,
aux champs, aux prairies,
là j'ai un champ héréditaire,
dans le champ est un vert sapin,
sous le sapin une fraîche fontaine,
auprès de la fontaine déposez-moi,
déposez-moi et laissez-moi.
Maintenant s'est l'époque de la moisson,
on viendra pour moissonner le champ,
et on me trouvera. —
Et ses compagnons le portèrent,
l'apportèrent jusqu'aux champs,
jusqu'aux champs, aux prairies
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— 224 —
sons le sapin près de la fraîche fontaine,
là ils déposèrent Stoïan,
le déposèrent et le laissèrent,
le jeune Stoïan le jeune capitaine.
Pour moissonner le champ arrivèrent
la femme de Stoïan
et aussi sa soeur Stantchitza.
L'épouse dit à la soeur :
ma belle soeur, Stantchitza,
quelle voix viens-je d'entendre
sous le sapin près de la fraîche fontaine ?
est-ce un ours sanguinaire,
ou bien un pallicare des montagnes ?
Stantchitza ma belle-soeur,
tu as un coeur vaillant,
tout comme ton frère Stoïan ;
va, belle-soeur, voir ce que c'est. —
Stantchitza se leva, s'avança,
elle tenait un pistolet à la main
et marchait vers la fontaine.
Quand Stantchitza l'aperçut
elle cria à sa belle-soeur :
viens ici, belle-soeur, viens voir
mon frère Stoïan qui est couché
sous le sapin près de la fraîche fontaine.
33.
Le berger et le garde forestier.
Un jeune garçon poussa,
un jeune garçon, son troupeau gris
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— 225 —
par les taillis du Sultan,
du Sultan du seigneur Sultan.
Les gens disent au jeune garçon:
ne disperse pas ton troupeau gris
par les taillis du Sultan,
ils sont parcourus par Déli Dimo,
Déli Dimo le garde-forestier,
avec un long fusil guégue,
il te tuera te massacrera. —
Le jeune garçon ne les écouta point,
mais il dispersa son troupeau gris,
puis il s'assit sur une pierre blanche
et commença à jouer de sa flûte de cuivre,
et voici ce que dit sa flûte :
Écoute, Déli Dimo,
le jeune garçon n'a pas peur,
dès que Déli Dimo l'entendit,
il le visa avec son long fusil,
le frappa de deux balles
de deux balles unies par un fil de fer.
Le jeune garçon fouilla dans sa besace,
et en tira deux mouchoirs
et banda les deux plaies,
puis il dégaina un couteau acéré,
se mit à la poursuite de Déli Dimo,
il l'atteignit, le coupa en morceaux
qu'il suspendit ça et là dans les buissons,
il revint près de son troupeau,
jouant de la flûte, versant des larmes,
il chante sa dernière chanson,
10*
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— 226 —
il acheva la chanson, il rendit l'esprit
le jeune garçon, le nouveau pallicare.
34.
La visite.
Iskren ( dit à Militza :
Militza, chère Militza,
pétris une blanche fouace,
verse du vin jaune
dans cette jaune bouteille de bois,
puis viens, femme, allons
en visite chez ta mère,
chez ta mère et ton père ;
voici la neuvième année
que nous t'avons amenée, 1
jamais nous ne leur avons fait visite.
Mais Militza lui dit :
Iskren, cher Iskren,
je ne puis, mon cher, aller
chez ma mère en visite,
car lorsque j'étais encore chez ma mère,
Pervan le voïvode me demanda,
et ma mère ne me donna point.
Maintenant le voïvode Pervan
est ici dans la Vieille montagne
avec soixante dix compagnons,
1 Iskrène, ce mot signifie sincère.
2 Amenée à la maison du mari, c'est-à-dire épousée; aller
chez un homme, signifie, relativement à la femme, se marier
DigitizedbyLjOOQlC ,
. — 227 —
et il nous barrera le passage,
toi, mon cher, il te tuera,
et moi, mon cher, il jouira de moi.
Iskren dit à Militza :
pétris, etc. . . .
et mets jusqu'à soixante dix
jusqu'à soixante dix flèches
pour les soixante dix compagnons,
et mets-en une de plus
pour Pervan pour le voïvode,
puis viens, femme, allons
chez ta mère en visite,
chez ta mère et ton père.
Voici la neuvième année
que nous t'avons amenée
jamais nous ne leur avons fait visite.
Et Militza lui obéit,
elle pétrit, etc.
puis ils partirent pour y aller ....
Ils cheminèrent ce qu'ils cheminèrent,
ils traversèrent une vaste plaine,
ils entrèrent dans la verte forêt.
Iskren dit à Militza :
Militza, chère Militza,
entonne, ma chère, et chante,
chante une chanson d'une seule voix
et qu'on entende comme deux voix,
afin que ta mère t'entende,
ta mère et ton père, (et qu'ils sachent)
que nous venons les visiter
et qu'ils sortent à notre rencontre.
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— 228 —
Mais Militza lui dit:
Iskren, cher Iskren,
je n'ose, mon cher, chanter.
Pervan le voïvode est ici
dans cette Vieille montagne
avec soixante dix compagnons,
il connaît, lui, ma voix
et il nous barrera le passage,
toi, mon cher, il te tuera,
et moi, mon cher, il jouira de moi.
Iskren .....
et Militza lui obéit,
elle entonna une chanson, se mit à chanter
à chanter d'une seule voix,
et on entendit comme deux voix.
Pervan le voïvode l'entendit,
en bas de la Vieille montagne
et il dit à sa troupe :
Compagnons fidèles, bien unis,
qui chante une chanson dans le bois ?
est-ce un serpent venimeux,
ou un rossignol sur un arbre ?
il n'y a qu'une voix qui chante,
et j'entends comme une double voix. —
Mais ses hommes lui disent :
Pervan, vieux voïvode,
ce n'est ni un serpent venimeux,
ni un rossignol sur un arbre,
mais c'est Militza,
elle est partie pour aller en visite,
chez sa mère et son père. —
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— 229 —
Pervan leur dit doucement :
compagnons fidèles, bien unis,
allons à leur rencontre,
puis emparez-vous de Militza,
une seule fois que je la possède,
et puis qu'alors je meure. —
Et ses hommes lui obéirent,
ils allèrent à leur rencontre
et barrèrent le chemin à Militza.
Quand Iskren les aperçut,
il tira toutes les soixante dix
les soixante dix flèches,
il en perça tous les soixante dix
les soixante dix compagnons.
Une en plus, il n'y en avait pas.
Il dit à Militza:
Militza, chère Militza,
ne t'avais-je pas, femme, commandé
d'en mettre une en plus ? —
Pervan lui dit doucement:
Hé Iskren, Iskren,
me livres tu ta tête,
ou me donnes-tu Militza,
une seule fois que je la possède,
et puis alors que je meure? —
Iskren lui dit doucement:
Pervan, vieux voïvode,
Ni ma tête je ne te livre,
ni je ne donne Militza,
mais viens, combattons
durant trois jours et durant trois nuits,
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— 230 —
celui qui vaincra l'autre,
celui-là qu'il prenne Militza. —
Puis ils combattirent entr'eux
durant trois jours et durant trois nuits.
Leurs pieds s'enfoncèrent de trois coudées en terre. l
Iskren défit sa ceinture,
il dit à Militza :
Militza, chère Militza,
viens ici, et resserre-moi
resserre-moi ma ceinture. —
Et Militza lui obéit,
elle s'approcha, et lui ôta
lui ôta la ceinture,
puis elle la donna à Pervan.
Pervan en lia Iskren,
(tous deux) lui lièrent les mains derrière le dos,
puis il l'attacha à un arbre.
Pervan embrassa Militza,
l'embrassa, la couvrit de baisers,
puis ils se couchèrent et s'endormirent
dans les bras l'un de l'autre.
Par là passa un berger,
et Iskren le suppliait:
berger, sois mon frère, 2
1 Litt. ils creusèrent trois coudées de terre.
1 Frère en Dieu, c'est une manière habituelle d'implorer
le secours de quelqu'un, ou même la pitié d'un ennemi qui
vous menace; cet appel s'accepte ou se refuse expressément,
voy. No. 38.
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— 231 —
viens ici, et détache-moi
de ce grand arbre
et délie-moi les mains. —
Et le berger l'exauça,
il s'approcha et le détacha
de ce grand arbre,
et lui délia les mains.
Iskren alors s'avança,
puis il s'arrêta, regarda
comment ils s'étaient couchés et endormis
dans les bras l'un de l'autre.
Il tira son couteau valaque,
trancha la tête à Pervan
puis éveilla Militza:
Militza, chère Militza,
lève-toi que nous partions. —
Et Militza se réveille
et embrassa Pervan :
Pervan, vieux voïvode,
Iskren m'appelle pour que nous partions. -
Quand Militza s'aperçut,
que Pervan avait la tête coupée,
elle se mit à supplier :
Iskren, cher Iskren,
ne me ramène pas à la maison,
mais conduis-moi chez ma mère. —
Iskren dit à Militza :
Militza, chère Militza,
viens et partons. —
Et Militza lui obéit,
et ils retournèrent chez eux.
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— 232 —
Alors Iskren la trompa
il la fit entrer dans le cellier,
il coupa la tête à Militza
et écrivit sur un papier
ce que Militza avait fait.
Puis Iskren envoya prier
son père et sa mère de venir,
parceque Militza avait mis au monde
mis au monde un garçon.
le père et la mère vinrent,
ils entrèrent dans le cellier.
Quand ils virent Militza,
un papier était à côté de sa tête,
ils lurent ce papier,
ils sortirent et s'en allèrent,
Iskren enterra Militza.
35.
La bigame malgré elle.
Ko yo disait à Stana :
ma femme Stana, ma femme, 1
depuis, femme, que nous nous mariâmes,
nous avons amassé de tout,
du mobilier et des objets de ménage,
mais nous n'avons point femme,
de petits enfants gentillets,
1 On se fatigue de rendre le mot libé par ma chère, etc.
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— 233 —
d'enfant ni mâle ni femelle,
c'est pourquoi je veux, femme, m'en aller,
me faire chef d'une troupe,
afin ou d'amasser du butin
ou de me faire casser la tête.
Tu es jeune, femme, et je te laisse,
je te recommanderai, femme,
de m'attendre et de compter sur moi
seulement neuf années,
ce temps passé tu peux te marier,
mais cherche, femme, un parti convenable,
convenable et digne de moi.
Koyo le capitaine partit
pour se mettre à la tête de jeune compagnons,
afin ou d'amasser du butin
ou de se faire casser la tête.
Stana l'attendit ce qu'elle attendit,
justement neuf années,
neuf années et un mois.
Des gens vinrent pour la demander,
pour la demander d'un autre village,
et ils sollicitèrent la main de Stana.
Mais Stana pleure, elle refuse,
et à son frère aîné Ougren elle disait:
Ougren, mon frère Ougren,
je ne veux pas de Stoïan
parceque Stoïan viendra de nuit,
et il peut me couper la tête. —
Son frère ne voulut pas l'écouter,
mais il fiança sa soeur
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— 234 —
avec Stoïan le djelep, l
il la fiança, la maria.
Trois jours seulement s'étaient écoulés,
quand elle prit de blancs seaux de cuivre
et elle sortit pour puiser de l'eau.
Chacun était dans l'inquiétude pour Stana
et chacun la plaignait,
et les gens disaient entr'eux :
l'aimable Stana, la belle Stana !
neuf années elle a attendu Koyo
et elle est entrée dans la dixième,
le jeune Koyo n'était pas revenu,
et tu t'es fiancée, Stana, mariée ;
ce soir Koyo doit venir
avec soixante dix pallicares,
pour te couper la tête.
Stana ne leur dit rien,
mais s'en retourna à la maison
par la maison elle se promène et pleure
l'affligée Stana, la désolée.
Quand son beau-frère l'aperçut,
il disait à l'épousée :
belle épousée, petite Stana,
pourquoi te promènes-tu par la maison en pleurant?
Stana répondit à son beau-frère :
Ivan, mon frère Ivan,
comment ne serais-je pas soucieuse,
soucieuse et triste !
1 Individu chargé de compter les moutons, pour en per-
cevoir la taxe; aussi, marchand de bétail.
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— 235 —
Comme j'allais puiser de l'eau,
tous ceux, frères, que je rencontrais,
tous disaient à mon sujet :
la pauvre Stana, la malheureuse,
neuf ans elle a attendu Koyo,
le jeune Koyo n'est pas revenu,
ce soir il doit venir
avec soixante dix compagnons
pour lui couper la tête.
Le beau-frère disait à l'épousée:
sois sans inquiétude, sois sans crainte,
je coucherai sous la porte,
toi tu t'enfermeras dans la chambre,
et nous, nous mettrons la main sur Koyo. —
C'était justement le milieu de la nuit,
le milieu de la nuit, mipuit,
quand on frappa violemment à la porte ;
les chiens se mirent à aboyer furieusement.
Koyo est à la porte et dit :
ouvre, Stana, ouvre moi. —
Et Stana à Koyo disait :
Je n'ose t'ouvrir, Koyo,
car Stoïan est au-dessus de la porte,
et son frère Ivan dessous. —
Koyo disait à Stana :
ouvre, Stana, ouvre,
je les ai tués tous les deux. —
Alors Stana ouvrit,
et Koyo entra avec ses hommes,
soixante et dix sept ils étaient,
et à Stana il disait :
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— 236 —
chère Stana, ma chère,
veux-tu nous servir du vin,
ou veux-tu éclairer avec une torche
mes fidèles compagnons? —
Et Stana répond à Koyo :
cher Koyo, mon cher,
je servirai du vin à la ronde
et j'éclairerai avec une torche. —
Koyo dépouilla Stana,
il l'enduisit de goudron,
qu'il alluma pour qu'elle servit de torche,
pour qu'elle éclairât sa troupe,
trois jours ils mangèrent et burent,
Stana était la torche qui les éclairait. '
36.
Marko libérateur. 2
petite forêt, ma forêt verte,
ce que je te demande, dis-le moi sincèrement ;
pourquoi t'es-tu flétrie de si bonne heure,
est-ce le givre qui t'a grillée,
ou bien l'incendie qui t'a consumée ? —
La forêt lui répond d'une voix douce :
Marko, o vaillant héros,
1 Cette scène atroce se retrouve dans deux pesmas serbes,
avec cette aggravation dans l'une d'elles (p. 161 de notre tra-
duction), que les enfants de la pauvre femme, d'ailleurs cou-
pable d'une véritable trahison, y assistent.
2 II s'agit, selon toute apparence, de Marko Krâliévitch.
Voy. l'Introduction.
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— 237 —
puisque tu le demandes, je te le dirai sincèrement:
Si je me suis flétrie de si bonne heure,
ce n'est ni que le givre m'ait grillée,
ni que l'incendie m'ait consumée,
mais parcequ'un noir Arabe m'a traversée,
emmenant trois chaînes de captifs.
une des chaînes tous jeunes pallicares,
la seconde chaîne toutes jeunes filles,
la troisième toutes jeunes épouses.
Parmi les pallicares est ton plus jeune frère,
il marche en avant il conduit la première chaîne,
parmi les filles est ta chère soeur,
elle marche en avant, elle conduit la seconde chaîne,
parmi les épouses est ton premier amour,
elle marche en avant elle conduit la troisième
chaîne. —
Et Marko lui dit doucement ;
o forêt, forêt verte,
de quel côté est allé le noir Arabe ? —
La forêt lui dit doucement:
O Marko, o vaillant héros,
il les a emmenés par l'étroit défilé. —
Marko s'éloigna, le vaillant héros,
puis il entra dans l'étroit défilé
et rejoignit les trois chaînes de captifs.
A l'Arabe il parle doucement :
l'ami, noir Arabe,
donne-moi un moment tes deux sabres,
que je te danse une petite danse,
que les trois chaînes de captifs me regardent. —
Le noir Arabe n'est point de défiance,
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— 238 —
et il lui remit ses deux sabres,
ses deux sabres et dans les deux mains,
Marko tourna sur lui-même, le vaillant héros,
pour leur danser une petite danse.
Le noir Arabe s'oublia à le regarder,
Marko brandit les deux sabres tranchants
et tua le noir Arabe,
il trancha sa tête crépue, 1
puis il réunit les trois chaînes de captifs,
et les emmena dans son pays.
37.
La captive et la forêt.
Un Turc pousse devant lui 2 une infortunée captive,
il la pousse rudement par un givre cuisant,
il l'accable de coups sur son blanc visage :
allons, jette ton petit garçon.
Mais la captive lui dit doucement :
Turc, homme d'une autre foi,
comment pourrais-je jeter mon enfant
quand je suis, moi, la bru d'un pope,
la bru d'un pope, l'épouse d'un diacre ?
pendant dix ans je n'avais pas enfanté,
quand arriva un printemps fatal,
1 Crépue, au texte blonde, épithète constante de* la tête,
mais qui convient peu à un nègre.
2 C'est une chanson de danse, la refrain turc djaneum
mon âme, est répété au milieu de chaque yers.
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— 239 —
et il vint des herboristes maudits (qui vendaient) *
des simples contre le mal de tête, des simples pour
avoir des enfants.
Chacune donna son collier d'or
et s'acheta des herbes contre le mal de tête,
mais moi je donnai mes bracelets d'or
et achetai des herbes qui font concevoir,
et j'eus un enfançon mâle.
Alors le Turc s'assit pour faire son repas,
la captive resserra les langes de l'enfant,
puis elle le porta dans la montagne,
elle lui fit avec de la clématite un berceau
qu'elle suspendit à deux sapins,
elle y déposa le petit garçon
et elle commença à le bercer et à lui chanter,
à lui chanter et à fondre en larmes :
dodo, mon petit enfançon,
ta mère va être la Vieille montagne,
ces deux sapins tes deux chères soeurs,
le vent soufflera, il te bercera,
la pluie tombera, elle te baignera,
une biche viendra, elle t'allaitera. —
Une voix lui répondit de la montagne:
tu peux partir, jeune captive,
sois sans inquiétude pour ton enfant,
je serai la mère du petit garçon,
les deux sapins ses chères soeurs,
1 Herboriste, ou marchand de simples; jadis ce nom
paraît avoir désigné des devans attitrés; le féminin (biliarka)
en est appliqué souvent aux Youdas et Samovilas.
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— 240 —
le vent soufflera et le bercera,
la ploie tombera et le baignera,
une biche viendra et l'allaitera. —
Et la jeune captive s'éloigna,
la Vieille montagne la vieille mère ...
L'enfant grandit il devint grand
en trois mois comme en trois ans,
en six mois comme en six ans
en neuf mois comme en neuf ans,
et il devint un grand garçon,
la Vieille montagne lui donna de la cire,
pour qu'il la vendît, qu'il gagnât sa vie ... x
38.
Le serpent vengeur.
Une fille cueillait des immortelles dans les champs,
tout en cueillant la nuit la surprit dans la montagne,
elle remontra cinq cents brigands.
Dès que la jolie fille les aperçut,
de loin elle leur donna le nom de frères, 2
de près elle leur baisa la main,
tous les brigands acceptèrent la fraternité,
Milosh le brigand ne l'accepta point,
mais il fit cette prière au brillant soleil:
1 La fin a été supprimée. Après avoir grandi, l'enfant
va trafiquer en pays étranger et est reconnu auprès d'une
fontaine par sa mère, qu'il emmène dans „son pays".
2 Voy. No. 84.
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— 241 —
descends, descends, mon brillant soleil,
parais, parais, brillante petite lune,
que je mette la main dans son sein,
que j'en tire un coing et une orange,
le coing me servira de dîner,
l'orange me servira de souper.
La jolie fille l'entendit,
et avec larmes elle fit cette prière à Dieu :
o Dieu, Dieu clément,
envoie, o Dieu, un serpent à trois têtes,
qu'il morde Milosh le pallicare,
qu'il le morde entre les deux yeux,
parce qu'il a souhaité de dormir avec moi,
de mettre la main dans mon sein,
d'en tirer un coing et une orange,
le coing pour lui servir de dîner,
l'orange pour lui servir de souper. —
Ce qu'avait dit la jolie fille
ce qu'elle avait dit, cela se réalisa,
Dieu envoya un serpent à trois têtes,
et il mordit Milosh le pallicare,
il le mordit entre les deux yeux,
et il demeura couché vingt jours,
ni pain il ne mange ni eau il ne boit.
Quand ce fut le vingtième jour,
alors Milosh demanda de l'eau,
il but un peu d'eau et mangea un peu de pain,
puis il dit doucement au serpent :
o toi, serpent à trois têtes,
que t'ai-je fait pour que tu m'aies ainsi blessé ?
Et le serpent lui dit doucement :
il
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— 242 —
o toi, Milosh le pallicare,
c'est pour Rapprendre à vouloir dormir avec une fille,
à lui mettre la main dans le sein,
puis à en tirer un coing et une orange,
le coing pour te servir de dîner,
l'orange pour te servir de souper,
cette fille est ma chère soeur. l
39.
Les commencements de l'empire turc. 2
Dan Ban le djelep 3
Dan Ban boit du vin
avec les villageois avec les kmètes.
Les villageois lui disaient :
Dan le djelep,
assez nous avons bu de vin doré,
voilà trois mois entiers
que nous buvons du vin doré,
à Dieu nous ne pensons pas,
nous ne donnons rien pour lui;
allons, bâtissons des églises
toutes d'argent et toutes d'or. —
Dan leur disait :
o villageois o kmètes,
il ne convient pas de bâtir des églises
1 Qu'est-ce que ce serpent, frère d'une femme? Je ne
me l'explique pas.
2 Cf. la pesma serbe sur la fondation de Ravanitza,
Vouk. T. H, No. 35.
3 Voy. No. 35, p. 234.
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— 243 —
toutes d'or et toutes d'argent,
notre empire est à son terme,
l'empire des Turcs vient de commencer,
ils détruiront les églises,
de l'argent ils fabriqueront des selles,
avec l'or ils fondront des mors :
mais construisons des églises
en blanche pierre et en marbre,
avec de la chaux blanche, de la terre jaune.
Les villageois Técoutèrent, .
et ils bâtirent des églises
en blanche pierre et en marbre,
avec de la chaux blanche, de la terre jaune.
40.
Georges l'infirme. 1
Georges est devenu malade, infirme,
il gît malade il souffre cruellement,
de neuf blessures faites par des balles,
la dixième provenant d'un coup de sabre,
il souffre cruellement, la fièvre le consume.
La femme de Georges se met à dire :
écoute, Georges l'infirme,
voilà neuf ans que tu es couché,
tu ne meurs ni ne guéris,
1 C'est une imitation ou répétition d'une assez belle
pièce serbe, Doïtchin l'infirme (p. 195 de ma traduction),
que le chanteur bulgare a gâtée, en substituant maladroite-
ment le second mariage de la femme du malade à l'exploit
patriotique, qui coûte la ?ie à Doïtchin.
11*
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— 244 —
donne-moi la permission de me marier,
d'aimer un autre époux,
tu as une soeur, Ângélina:
qu'elle à son tour te soigne,
comme je t'ai moi-même soigné
neuf années et une demie,
la dixième va être révolue.
Georges l'infirme répond :
écoute, femme de Georges, 1
femme de Georges, la belle,
je te permets de te marier,
d'aimer un autre époux,
un autre époux aussi vaillant,
aussi vaillant aussi honorable,
qu'il ne soit pas inférieur à moi. —
La femme de Georges se réjouit,
elle battit des mains elle éclata de rire,
elle prit les clés
pour ouvrir les coffres
pour en tirer ses beaux atours,
elle s'ajusta elle se para
et s'en alla chez sa mère.
Quand sa mère l'aperçut
elle battit des mains, elle éclata de rire :
est-ce qu'il est mort, Georges l'infirme ?
La femme de Georges lui répond :
il n'est ni mort ni guéri,
il m'a permis de me marier,
d'aimer un autre époux,
La femme de Georges, en un seul mot dans l'original.
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- 245 —
un autre époux semblable à lui
aussi vaillant aussi honorable,
qui ne lui soit pas inférieur.
Et la femme de Georges se leva,
elle prit à la main des cruches bigarrées,
et s'en alla à la fontaine
pour puiser de l'eau fraîche.
D'en bas vient un jeune Grec,
sur sa tête la lune brillante. 1
La femme de Georges se met à dire :
écoute, jeune Grec,
viens, fiançons-nous,
fiançons-nous et marions-nous
et que dimanche soit la noce. —
Ils échangèrent les anneaux ils se fiancèrent,
et la noce devait avoir lieu le dimanche.
Georges l'infirme se met à dire :
écoute, ma soeur Àngélina,
sors (de l'écurie) mon cheval noir,
qui depuis neuf ans n'en est pas sorti,
n'en est pas sorti, n'a pas été ferré,
conduis-le chez les maréchaux
afin qu'ils ferrent mon cheval noir
sur mon crédit de pallicare (dis-leur):
„ quand Georges l'infirme sera guéri,
quand il sera guéri, il paiera,
ce qui vous est dû pour avoir ferré
sur son crédit de pallicare".
Angélina emmena le cheval,
1 Manière d'exalter la beauté du jeune homme.
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— 246 —
elle Temmena elle le conduisit,
le conduisit chez les maréchaux.
Ângélina commence à dire :
écoute, maréchal,
Georges l'infirme m'a envoyée
pour que tu lui ferres son cheval noir
sur son crédit de pallicare,
quand il sera guéri il te paiera. —
Le maréchal lai répond :
écoute, Ângélina,
je veux bien te ferrer le cheval noir
sur le crédit du pallicare,
si tu donnes ton corps
ton corps, toi, auprès du mien. —
Angélina s'en retourna,
s'en retourna et lui fit son rapport.
Georges l'infirme se met à dire :
écoute, Ângélina ma soeur,
prends là mon sabre tranchant,
depuis dix ans non affilé,
porte-le chez les couteliers
pour qu'ils aiguisent le sabre tranchant
sur mon crédit de pallicare :
quand Georges l'infirme sera guéri,
quand il sera guéri il paiera.
Et Angélina prit le sabre
le prit et le porta.
Ângélina commence à dire :
écoute, toi coutelier, 1
1 H y a, au pluriel, couteliers, comme plus bas, maré-
chaux, bien qu'un seul soit ensuite tué par Georges.
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— 247 —
Georges l'infirme m'a envoyée
pour que tu repasses le sabre tranchant,
quand Georges l'infirme sera guéri,
quand il sera guéri il paiera.
Le coutelier lui répond:
je veux bien t'aiguiser le sabre tranchant,
si tu me donnes tes yeux noirs.
Ângélina s'en retourna,
s'en retourna et lui dit tout.
Et Georges l'infirme se leva
et il saisit son sabre tranchant
et il alla trouver les maréchaux :
je suis venu pour vous payer
ce qui vous est dû pour avoir ferré
sur mon crédit de pallicare.
Il étendit le bras il lui abattit, 1
lui abattit sa tête blonde,
sa tête blonde de dessus les épaules.
De là Georges l'infirme partit
et s'en alla chez les couteliers.
Georges l'infirme se met à dire :
écoutez, vous autres couteliers,
que vous dois-je, qu'ai-je à vous payer
pour avoir aiguisé mon sabre
sur mon crédit de pallicare?
Georges l'infirme étendit le bras,
lui abattit sa tête blonde.
De là Georges l'infirme partit
et s'en alla chez sa femme :
1 Voy. la note précédente.
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— 248 —
viens ici, femme de Georges,
que je t'apprenne à te marier,
à te marier quand ton mari est vivant.
Il abattit sa tête blonde.
A la mère il se met à dire :
viens ici, vieille maman,
que je t'apprenne à marier,
à marier ta fille,
à la marier quand son mari est vivant.
Il lui abattit sa tête blanche.
41.
La gageure.
Le jeune Stoian fit la gageure
avec un Turc avec un Janissaire,
de boire du vin rouge,
de manger un agneau rôti.
Kalinka leur verserait à boire :
si le jeune Stoian s'enivrait,
le Turc devait prendre Kalinka,
si le Turc s'enivrait,
Stoian prendrait son cheval.
Le Turc ne s'enivra point,
mais ce fut le jeune Stoian qui s'enivra,
il fut pris d'une grande envie de dormir
et il se coucha, il s'endormit.
Le Turc disait à Kalinka :
Kalinka, misérable esclave,
que tardes-tu, que regardes-tu ?
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— 249 —
qu'espères-tu encore de bon ?
ôte ton vêtement noir,
mets-en un bleu <et vert
parce que nous allons loin,
à travers neuf forêts vertes,
à travers neuf froides rivières,
à travers neuf villages dans le dixième. •
Et Kalinka se leva,
elle ôta ses vêtements noirs,
elle en mit de bleus et verts,
(le Turc) sella le cheval vigoureux
suspendit à ses épaules le sabre franc
et le fusil long comme un homme
et les deux pistolets pareils. ,
Stoian se réveilla de son somme,
et il disait à Kalinka :
Kalinka, ma soeur Kalinka;
donne-moi de Teau à boire. —
Kalinka ne se présenta point,
mais ce fut sa mère qui se présenta :
Stoian, mon fils Stoïan,
puisses-tu boire de la pierre et du bois !
Kalinka est partie avec le Turc. —
Quand Stoian eut ouï sa mère,
il sella son cheval vigoureux,
il partit sur les traces de Kalinka.
Tout en cheminant par la montagne,
il jouait de sa petite flûte,
la flûte parle doucement:
Kalinka, ma soeur Kalinka,
attends, Kalinka, où es-tu ? —
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— 250 —
Kalinka entendit son frère,
autant déjà elle marchait lentement,
deux fois plus lentement elle commença à marcher.
Le Turc disait à Kalinka :
pousse le cheval plus vite,
voilà je crois, ton. frère qui joue de la flûte. —
Et le jeune Stolan le rejoignit,
il coupa la tête au Turc,
il ramena Kalinka au logis.
42.
La reine des Moscovites. 1
La reine des Moscovites s'est écriée,
la reine de Moscovites, la veuve Moscovite:
je n'ai peur de qui que ce soit,
je ne crains ni Sultan ni vizir,
mais je crains le Dieu très-haut. —
Le sultan et vizir ne l'eut pas plutôt entendue
qu'il envoya septante pachas,
septante pachas septante et sept,
pour livrer combat à la reine des Moscovites,
et les septante pachas se mirent en campagne
et ils dressèrent de blanches tentes.
Ils envoyèrent une lettre les septante pachas,
une lettre ils envoyèrent à la reine des Moscovites,
(la défiant) de sortir, d'engager le combat.
La reine des Moscovites leur fait une prière,
1 II s'agit, selon toute apparence, de Catherine II.
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— 251 —
de lui accorder un délai pour tresser ses cheveux,
tresser ses cheveux, rassembler une armée.
Ils n'accordent pas de délai, les septante pachas,
leurs épées brillent comme l'éclatant soleil,
leurs balles sifflent comme la pluie menue.
La reine des Moscovites entra en colère,
elle monta à cheval avec les cheveux dénoués,
elle livra combat durant trois jours et trois nuits,
et elle massacra les septante pachas
et elle ramassa les septante têtes,
elle les envoie au Sultan et vizir,
„s'il en a, le sultan, le sultan et vizir :
encore septante, septante et sept
ceux-là aussi qu'il les envoie, pour que je les traite de
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TROISIÈME PARTIE.
AMOUR. — FANTAISIE. — MOEURS.
PIÈCES COMIQUES.
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43.
La belle-mère calomniatrice.
Stoïan s'éprit de Borianka,
il Fainie, Stoïan, il la demande,
mais Borianka ne vent pas de lui.
La mère de Borianka la conseille:
prends-le, ma fille Borianka,
tu pourras, ma fille, te pavaner
dans une pelisse de drap bleu
avec plus d'or que d'argent.
Et Borianka prit Stoïan,
elle le prit et ils se marièrent.
Une année s'écoula,
elle eut un petit garçon.
Stoïan dit à Borianka :
Borianka, chère Borianka,
on m'invite à un repas
là-bas dans le quartier d'en haut,
et je veux aller à ce repas ;
toi, ma chère, attends-moi,
jusqu'à ce que les coqs aient chanté deux fois,
aient chanté deux fois et une troisième,
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— 256 —
afin, quand je frapperai à la porte,
que tu viennes me l'ouvrir.
Stolan s'en alla au festin
et Borianka demeura,
demeura et veilla
jusqu'à ce que les coqs eussent chanté deux fois,
chanté deux fois et une troisième,
elle brûla une charge de bois de sapin,
fila trois cents drachmes de coton, l
tant qu'un voile s'étendit sur ses yeux
et que l'envie de dormir l'accablait.
Borianka dit à sa mère :
maman, ma vieille belle-mère,
jusqu'à présent tu étais ma belle-mère, 2
désormais tu seras ma petite maman :
je ne puis plus résister au sommeil,
maman, je vais me coucher,
toi, quand tu entendras le jeune Stoïan,
ne manque pas, maman, de m'appeler
pour que je me lève et lui ouvre. —
Borianka ne faisait que de s'endormir,
quand Stoïan frappa à la porte,
la mère se leva, y alla
et ouvrit à Stoïan.
Stoïan entra dans la chambre
et s'assit auprès de Borianka,
et il caressait Borianka,
la caressait et en même temps lui parlait :
1 Drachmes ou dirhems, il y en a 400 dans l'ocque tur-
que, qui pèse un quart de plus que notre kilogramme.
2 Voy. p. 189, note.
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— 257 —
ce cher agneau de son bien-aimé,
comme elle s'est doucement endormie !
Comme un agneau près de sa mère,
comme un veau sous sa mère. —
La mère de Stoïan lui disait :
Stoïan, mon fils Stoïan,
pourquoi tant caresser ta femme ?
toute la nuit elle s'est divertie
avec neuf apprentis,
c'est maintenant qu'elle s'est couchée et endormie.
Stoïan fut pris d'une violente colère,
il tira un couteau emmanché
et en perça Borianka.
Borianka rendait l'âme :
maman, ne me suis-je point pavanée
dans une pelisse de drap bleu,
avec plus d'or que d'argent? —
Quand les apprentis le surent,
ils dirent à Stoïan :
Stoïan, toi notre patron,
que t'avait donc fait la patronne ?.
elle a passé la nuit entière,
elle est demeurée et a veillé,
elle a brûlé une charge de pin,
filé trois cents drachmes de coton,
filé trente quenouillées.
Stoïan éprouve une vive affliction,
il tire le couteau
et s'en traverse le coeur,
et à Borianka. il disait :
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— 258 —
meurs, mon amour, mourons ensemble,
pour que ma mère se pâme de joie.
44.
L'infanticide par jalousie.
Marika, ma belle-soeur,
aujourd'hui est le saint jour de dimanche,
je vais aller à l'église
pour y allumer un cierge,
toi aie soin de mon enfant,
balaye la cour,
lave la vaisselle,
la vaisselle et les cuillers. —
Sa belle-soeur part pour l'église,
Marika balayait la cour
et allait laver la vaisselle,
la vaisselle et les cuillers.
Elle lavait un couteau rempli de sang,
du conteau.il jaillit une étincelle.
Quand Marika vit l'étincelle,
elle se signa des deux mains
et se mit à prier Dieu :
o Dieu, seigneur tout puissant
et saint jour du dimanche !
ma belle-soeur m'a engagée
à laver la vaisselle,
la vaisselle et les cuillers !
A peine Marika a-t-elle dit,
que les portes de buis s'ouvrirent avec bruit,
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— 259 —
les anneaux d'argent résonnèrent, *
sa belle-soeur revient de l'église
et elle dit à Marika:
Marika, soeur de mon mari,
mon enfant a-t-il pleuré ? —
— Ton enfant n'a pas pleuré,
je ne suis pas même allée dans la chambre. —
La femme entre dans la chambre,
l'enfant (est là) égorgé dans son berceau!
La mère pousse un cri et pleure :
ne te Tavais-je pas dit, Nicolas,
de renvoyer ta soeur d'ici,
ta soeur ne nous veut pas de bien,
elle a égorgé notre enfant. —
Nicolas dit à Marika :
Viens, allons chercher du bois. —
Et ils s'en allèrent chercher du bois,
Nicolas coupa du bois,
alluma deux feux,
dans l'un il jeta Marika,
dans l'autre il jeta sa femme :
où Marika brûlait,
une blanche église apparut, 2
où sa belle-soeur brûlait,
un sang noir coulait.
1 Les anneaux, non pas d'argent mais de fer, qui fixés
aux portes, servent à y frapper pour se faire ouvrir.
2 Ainsi est démontrée tardivement l'innocence de la
victime de cette espèce de jugement de Salomon; la mère, dont
„le sang noir coule", était la coupable.
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— 260 —
45.
La toilette ou la belle-mère secourable.
Marko dit à Dafina :
Je veux, ma chère, te répudier, l
car tu n'es plus jolie
comme la première année,
la première et la seconde. —
Dafina dit à Marko :
mon amour, Marko, mon amour,
ne me répudie pas, je t'en conjure,
car il m'a toujours été odieux
de rencontrer par le chemin une veuve,
une veuve divorcée.
Mais prends, mon cher,
Todora, la belle Todora,
pour qu'elle m'aide dans le service de la maison,
il est rude pour moi ce service,
tous les jours cinq fournées à cuire,
du pain sans levain à faire cuire,
je ne puis, mon cher, suffire
à laver les vêtements ;
si je les lave, mon cher,
je n'arrive pas à les raccommoder ;
si je les raccommode, mon cher,
je n'arrive pas à me laver ;
si je me lave, mon cher,
je ne puis tresser mes cheveux. —
1 Le divorce n'est ni difficile ni rare chez les Chrétiens
orientaux, surtout dans le peuple.
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— 261 —
Marko abandonna Dafina,
et s'en alla pour prendre Todora.
Dafina entra dans le jardin,
et commença à pleurer amèrement:
mon trésor, mes fleurettes,
qui donc vous a plantées,
et qui maintenant vous transplantera ? —
La belle-mère de Dafina lui dit :
jeune Dafina, ma bru,
ne t'amuse pas, ma bru, à pleurer,
lave-toi, que je te coiffe,
que j'arrange tes tresses
et dans les tresses des ducats,
ajoutes-y un lourd chignon, 1
mets-toi des bracelets jusqu'au coude,
habille-toi, ma bru, avec élégance,
habille-toi et pare-toi
avec de la soie et du drap,
avec de l'argent et de l'or,
puis va à la cave,
tire du vin vermeil,
remplis-en une jaune bouteille
pour aller à la rencontre de la noce. —
Dafina écouta sa belle-mère,
elle se lava bien le visage,
(l'autre) lui arrangea ses tresses
1 Chignon, ou plus exactement une énorme queue de
-crins, qui tombe de la tête jusque sur les chevilles, et s'épa-
nouissant en plusieurs tresses ornées de rubans, de monnaies,
forme en effet une coiffure aussi lourde que baroque, surtout
quand avec cela un grand plumet se dresse sur la tête.
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— 262 —
et dans les tresses des ducats;
avec de la soie et du drap
elle se para élégamment
elle sortit au devant de la noce.
Comme Marko avec sa femme s'avançait,
dès que Todora l'aperçut
elle dit aux parrains,:
parrains et vous témoins :
et vous les neuf garçons d'honneur !
dispensez-moi des civilités
et des nombreux saluts ; l
je veux vous demander quelque chose:
est-ce là la femme de Marko ?
celle qui est si belle,
et que Marko répudie?
et moi, comment donc peut-il me prendre ?
venez, remenez-moi à la maison. —
46.
La pêche.
Ils se sont rassemblés, se sont réunis
les kmètes et les tchorbadjis
au milieu du village sur la place,
pour répartir le lourd impôt,
1 Les épousées doivent successivement, conduites par le
dévèr, aller s'incliner profondément devant chacun des invi-
tés et lui baiser la main, et je me souviens de Tembarras que,
arrivé depuis peu de Paris, j'éprouvai, en pareille occurrence,
au mariage d'un homme qui a joué depuis un des premiers rôles
politiques en Serbie; une fiancée voulant baiser ma main, il me
semblait que les rôles étaient intervertis.
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— 263 —
le répartir et l'inscrire. l
Ils assignèrent à qui ils assignèrent,
ils inscrivirent à qui ils inscrivirent,
ils mirent la cote de Todor à trois cents (piastres)
et à cinquante encore en plus,
car Todor a du bien,
il peut donner, il a de quoi payer.
Todor fut pris d'une grande tristesse,
il enfonça son bonnet jusqu'aux sourcils,
versa deux ruisseaux de larmes
et baissa les yeux vers la terre.
D'en bas arrive son oncle,
Todor regardait son oncle,
son oncle va le sauver.
Son oncle ne le sauve pas,
mais il disait aux kmètes :
kmètes et tchorbadjis,
assignez la part de chacun,
celle de Todor à cinq cents piastres
et à cinquante encore en plus,
car Todor a du bien,
il peut donner, il a de quoi payer.
Todor retourna au logis
et à sa mère il disait:
maman, vieille belle-mère,
bien que tu ne sois que ma marâtre,
1 Dans les villages de Turquie l'impôt foncier (vergui)
dont le chiffre total a été fixé par l'administration, est réparti
ensuite entre les habitants par les notables, les tchorbadjis,
formant un conseil plus ou moins sérieux, et dont les opéra-
tions ne sont pas à l'abri de la critique.
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— 264 —
je veux te demander quelque chose,
donne-moi un bon conseil :
ils se sont rassemblés, se sont réunis, etc.
A Todor sa mère disait:
Todor, mon fils Todor,
je vais te donner un bon conseil,
prends un filet de lin
et cours au paisible Danube, 1
fais capture d'un esturgeon
afin de préparer un bon dîner,
tu l'assaisonneras de poison
et tu inviteras ton oncle à manger. —
Todor écouta cet avis,
il prit un filet de lin,
s'en alla au paisible Danube
pour pêcher un esturgeon,
seulement il ramena un corps humain, 2
et il retourna chez sa mère
et il lui disait :
maman, vieille marâtre,
je n'ai pas péché un esturgeon,
mais seulement le corps d'un homme.
A Todor sa mère disait :
va-t-en, mon fils Todor,
dans la cour de ton oncle,
enfouis le corps humain
et dénonce ceci aux sergents :
1 L'épithète, d'ailleurs méritée, de paisible ou lent, est
celle que la poésie serbe et bulgare attribue au Danube.
2 Litt. une tête de marchand. Voy. No. 22 note 3 .
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— 265 —
„hier soir un marchand est arrivé
dans la maison de mon oncle,
il est arrivé et ce matin n'a point paru ;
mon oncle a enterré le marchand
dans sa cour unie."
Et les sergents se levèrent,
les sergents et bouliouk-bachis,
et. ils s'en allèrent chez l'oncle
et ils lui disaient :
ici un marchand est arrivé hier soir,
est arrivé hier soir et n'a pas reparu ; —
ils lui lièrent les mains derrière le dos,
le firent sortir de la maison,
le firent sortir, et le battaient:
„vite trouve le marchand".
L'oncle suppliait les sergents,
les suppliait et leur disait :
regardez, cherchez partout,
si vous trouvez le marchand,
envoyez-moi en exil,
prenez ma femme comme esclave
avec tout mon bien,
avec tous mes enfants mâles. —
Ils regardèrent, ils cherchèrent partout,
soulevèrent l'une après l'autre les pierres,
ils trouvèrent le corps du marchand ;
on envoya l'oncle en exil,
on prit comme esclave sa femme
avec tout son bien
et avec tous ses enfants mâles.
12
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— 266 —
47.
Vengeance de l'amant dédaigné.
Todorka puise de l'eau,
Tzano charge son fusil
et il disait à Todorka :
dis-moi au moins, Todorka,
dis-moi au moins, mon ennemie,
pourquoi tu as dit, Todorka,
devant ta fidèle voisine :
Je ne veux pas prendre Tzano,
mais je veux prendre Stoïan?"
parle, ou je vais te tuer. —
Todorka le suppliait :
ami, n'écoute pas les gens,
les gens sont mes ennemis,
ils parlent en haine de moi. —
Todorka retournait à la maison,
Tzano marchait derrière elle,
Todorka à lui se justifie:
je l'ai dit, ami, je l'ai dit,
parce que je ne suis pas un parti pour toi,
tu portes une chemise de lin,
de lin et de soie,
moi je porte une chemisa de tcherga, 1
tu portes des culottes de drap,
1 Etoffe de laine très grossière formant une sorte de tapis.
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— 267 —
moi je porte une robe de poil de chèvre,
tu portes un bonnet de martre,
moi je porte un mouchoir. —
Tzano disait à Todorka :
porte, Todorka, ce que tu voudras,
toujours tu me paraîtras aimable,
je te ferai faire (ce qui te manque). —
Et après cela ils se séparèrent,
Tzano retourna chez lui
et Todorka rentra à la maison.
Elle se leva de bonne heure le lundi,
lava les chemises de chanvre,
et dans la cour elle les étendait,
Tzano marchait par la cour
et conduisait son cheval.
La voisine de Todorka,
celle-là disait à Tzano :
ami Tzano, ami,
est-ce ainsi que Todorka t'est fidèle ?
hier soir elle s'est fiancée secrètement
à Stoïan, le cordonnier.
Tzano fut pris d'une violente colère,
il ôta son fusil de l'épaule
et ajusta Todorka ;
à peine le coup était-il parti,
Todorka tomba sans vie.
Tzano s'élança sur son cheval
et s'enfuit au loin.
12*
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— 268 —
48.
Le commérage.
Des filles allèrent au marché,
y allèrent et s'en revinrent,
elles n'avaient pas autre chose à dire,
elles se mirent à accuser Stolan
de faire l'amour avec une Turque,
une Turque une blanche dame.
Si encore c'eût été une dame turque !
mais ce n'était qu'une noire Tzigane. !
1 Personne n'ignore le danger auquel s'expose un Franc
qui aurait des relations avec une femme musulmane, et l'on a
même vu, il y a peu d'années, à Constantinople et en plein
jour un ambassadeur rossé par des eunuques pour un coup
d'oeil jeté sur des femmes , et un autre arrêté par la police,
parce qu'il se promenait avec une dame européenne qui s'était
amusée à se vêtir à la turque. Bien que les Turcs épousent
parfois des Chrétiennes, la réciproque serait un crime puni de
mort. Les Tziganes ou Bohémiens occupent une position in-
termédiaire, ils sont si méprisés, qu'on a pour ce que font
leurs femmes, quand elles se donnent pour musulmanes,
une certaine indulgence, qui ne va pourtant pas jusqu'au ma-
riage. On se souvient à Iannina de l'esclandre commis par un
jeune Grec de bonne famille, qui se fit musulman afin d'épou-
ser une Tzigane, une de ces tchinguistras ou baladines, que
les Turcs font danser devant eux après dîner et auxquelles
ils collent une pièce d'or sur le front en témoignage de leur
satisfaction. L'histoire (le héros en est encore vivant, mais
il s'est expatrié) a donné lieu à une chanson , encore en vogue
parmi les Tziganes et qui commence ainsi:
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— 269 —
Derrière elles marchait Ali,
Ali le jeune soubachi.
Dès qu'il eut entendu ce discours,
il l'alla rapporter au Cadi.
Stoïan s'en vint chez sa belle-soeur
et à sa belle-soeur il disait :
belle-soeur, veuille me recommander
à tes neuf belles-soeurs,
à la plus jeune de toutes. —
La belle-soeur disait à Stoïan :
mon bon,, cher Stoïan,
j'ai parlé de toi avec éloge
et je le ferais encore volontiers,
mais j'ai entendu ce bruit
que tu fais l'amour à une Turque,
une Turque une blanche dame,
et qu'on veut te pendre
au milieu du village au milieu d'Ibritchovo,
à un arbre à un chêne. —
C'est vrai, belle-soeur, c'est vrai,
c'est vrai qu'on veut m'arrêter,
m'arrêter et me pendre.
Lorsqu'on me pendra, belle-soeur,
veuille peigner et délier mes cheveux,
'Eyto eîjiat T'àpjçovTOTtouXo àve<J/ioç tou N — axr h
Kaï T<£pa {x'ixaxiivnjaeç eïç pxpTtxb ytataxt.
<Ï>«T{Jl/ 7 t( (JioSxajxeç
x&kou. VT^pxi (JLaSpaXsç;
'Eyto eïjiat t'oc5^ovt^7COuXo \ù, tocÎç jcoXXatç )^tX.iàSeç >
Kat Ttopa {x'ixa-njvTTjaeç p5 T£ V^ $ y o 7uapdc8eç!
4>aT(ii, x. t. X.
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— 270 —
me mettre le bonnet sur la tête
et me tirer la chemise,
afin que mes cheveux flottent au vent,
que mon bonnet rouge s'aperçoive de loin
et qu'on voie bien ma blanche chemise.
A peine Stoïan finissait ce discours
que les seïmens l'arrêtèrent,
neuf jours on le tortura
dans l'espérance qu'il renierait sa foi,
qu'il prendrait la blanche Turque.
Stoïan ne se laissa pas séduire,
et on pendit Stoïan
au milieu du village, d'Ibritchovo.
Et sa belle-soeur sortit de bon matin,
elle lui peigna les cheveux
et lui mit le bonnet sur la tête.
Les gens qui allaient au marché
et qui voyaient Stoïan,
tous le plaignaient:
Le pauvre Stoïan, l'infortuné,
le voilà qui a péri contre la justice,
par suite d'une imprudence
à l'égard de sa chère maîtresse.
49.
Le baiser fatal.
«
Momtchil le pallicare s'est fiancé,
trois ans il est demeuré fiancé,
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— 271 —
nulle part (les promis) ne se sont vus,
nulle part ils ne se sont rencontrés.
Le temps des noces est arrivé,
on est parti pour chercher l'épousée,
puis on a pris l'épousée,
on alla ce qu'on alla
par la vieille forêt verte,
dans le bois on vit un cerf,
un cerf fauve, un fauve cerf.
Toute la noce se dispersa
pour donner la chasse au cerf fauve,
seul le pallicare était resté,
le pallicare avec l'épousée voilée.
Le jeune homme impatient voulut (la) voir,
et de dessus son cheval il étendit la main
pour donner un baiser à sa promise,
son couteau doré se dégaina,
et perça la fiancée. l
La jeune femme dit à Momtchil:
vite, jeune Momtchil,
fouille à droite dans ton sein,
tire un mouchoir de lin
et étanche mon sang. —
1 „Infâme fille bulgare; ne pouvais-tu attendre que nous
fussions arrivés à ma blanche maison et que la loi chré-
tienne fût accomplie!" dit Marko Kraliévitch, dans une occa-
sion analogue, à sa fiancée qui s'est réfugiée auprès de lui
pour échapper au déshonneur. Poésies serbes, p. 90. —
Ici, s'il y a punition céleste, il semble qu'elle n'atteint pas le
vrai coupable, qui est le fiancé.
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— 272 -
Puis à Dieu elle fit cette prière :
laisse-moi vivre, o Dieu,
jusqu'à la maison de Momtchil,
car on me Fa beaucoup vantée,
sa blanche maison est de pierre,
les chambres sont en bois de buis,
les portes en sont de fer,
et les clés d'argent.
Dieu fut touché de compassion,
il laissa vivre la fiancée
jusqu'à la maison de Momtchil.
 peine y étaient-ils parvenus,
que la mère de Momtchil sortit
pour recevoir la noce,
et elle disait à Momtchil :
mon fils Momtchil, pallicare,
est-ce là ta promise,
celle qu'on vantait tellement
comme étant blanche et rose,
au lieu que celle-ci est jaune et verte ? —
Alors l'épousée se mit à dire :
parrains, et vous gens de noce,
faites-moi grâce des civilités
et des nombreuses salutations ; '
elle ôta de la blessure le mouchoir de lin
et elle rendit l'âme.
1 Voy. No. 45.
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— 273 —
50.
La Chrétienne et le Turc.
Néda a bu de l'eau tirée la veille
de l'eau de la veille, de l'eau de puits, !
et elle a avalé un serpent bigarré
un serpent bigarré et venimeux,
venimeux, à deux têtes.
Dans son coeur il passa l'hiver,
dans son gosier il passa l'été,
sous sa peau il fait son nid.
Néda s'est couchée, elle gît malade,
gît malade, elle est dans une cruelle agonie.
Commence à dire de Néda
de Néda le premier frère :
hé ! Néda, ma soeur Néda,
quelle est ta maladie ?
tu ne meurs ni ne guéris ;
si c'était un arbre, il se serait desséché,
si c'était une pierre, elle aurait éclaté. — 2
Commence à dire de Néda
de Néda le second frère :
hé ! Néda, ma soeur Néda,
quelle maladie est la tienne?
tu ne meurs ni ne peux guérir;
si c'était un arbre, il se serait desséché,
1 Les puits passent pour être habités par des lamies et
serpents.
2 Dans l'original le verbe est à la 2 e personne.
12**
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— 274 —
si c'était une pierre, elle aurait éclaté. —
Se met à dire de Néda
de Néda la vieille mère :
hé! Néda, ma fille Néda,
quelle maladie est la tienne ?
tu ne meurs ni ne peux guérir,
tu es grosse d'un enfant mâle. —
La blanche Néda gît malade,
gît malade, prie Dieu
dans l'espérance que Dieu ne l'oubliera pas.
A son chevet (se tient) un jeune Turc,
le Turc disait à Néda:
hé ! Néda, blanche Néda,
voici, Néda, un verre de vin,
un verre de vin, deux d'eau-de-vie,
peut-être que ton mal se guérira. —
La blanche Néda répond :
merci à toi, jeune Turc,
je ne veux pas de .verre de vin,
d'un verre de vin, de deux d'eau-de-vie,
je voudrais un jaune coing,
un jaune coing de Nicopol, *
du raisin noir ....
Il faut une semaine pour aller (à Nicopol),
le jeune Turc en un jour y va,
en un jour y va et est de retour.
Juste comme le Turc (arrivait) au bout du village,
la blanche Néda (était) au milieu du village.
nube.
1 Ou Nicopolis, ville de la Bulgarie, non loin du Da-
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— 275 —
Le jeune Turc s'arrêta,
il s'arrêta, se mit à écouter,
les frères de Néda pleurent,
on sent l'odeur de l'encens,
le jeune Turc comprit
. que la blanche Néda était morte
et il alla vers le milieu du village.
Le jeune Turc commence à dire :
holà! vous autres, frères de Néda,
deux cents (piastres) pour vous, déposez-la,
trois cents (piastres) pour vous, découvrez-la,
que je voie si elle est blanche,
blanche ainsi qu'elle était. —
On la déposa, on la découvrit,
il ne donna ni deux cents (piastres) ni trois cents,
mais il tira un couteau affilé
et l'enfonça dans son pauvre coeur.
On enterra la blanche Néda,
la blanche Néda au milieu du village,
le jeune Turc au bout du village.
51.
Le père médecin de l'honneur de sa fille.
La mère de Petrana la tressait
dans la chambre auprès des fenêtres,
à soixante-dix petites tresses ;
son père était assis sur une chaise,
il prononçait de violentes imprécations contre Petrana :
fasse le Seigneur, Petrana,
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— 276 —
que tu demeures couchée ueuf ans,
que tu mouilles de sueur neuf lits,
que tu changes neuf fois d'oreiller,
que ton corps tombe en pourriture,
que tes chairs tombent en lambeaux
comme les feuilles dans la forêt,
que ta chevelure disparaisse
comme la rosée dans les prairies !
Hier soir je m'en fus
par le village au café,
je rencontrai trois kavas,
ils s'entretenaient de toi, Petrana,
et ils me dirent:
Par Dieu, Ivan le tchorbadji, x
amène-nous une belle fille,
ta fille est devenue grande. —
Je répondis aux kavas :
ma fille n'est encore qu'une petite fillette,
quand elle sera devenue grande,
alors je veux la marier
à quelque homme riche, à un Bulgare,
qui soit marchand comme moi,
pour que Petranka demeure à la boutique. —
Ta fille, Ivan, n'est pas si petite,
et elle fait l'amour avec les Turcs, les Bulgares;
si tu ne la donnes de bon gré
nous la prendrons de force,
pour qu'elle devienne une blanche dame turque. -
Votre religion est mauvaise,
1 Voy. No. 46, note (').
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— 277 —
vous ne connaissez ni jour ouvrable ni fête,
vous ne connaissez ni saint dimanche,
ni Pâques ni la Saint Georges.
U s'écoula des nuits, trois nuits,
Ivan vint à s'éveiller,
Petrana n'était pas à ses côtés.
Il entra dans une violente colère,
saisit un couteau affilé
et se mit à suivre le grand chemin,
il rejoignit les kavas,
Petranka était à cheval avec eux,
Dès qu'Ivan les atteignit,
il tira son couteau affilé
et en frappa Petranka,
un sang noir l'inonda,
mais les kavas ne la lâchent point.
Ivan devint encore plus furieux,
et il lui coupa la tête,
il la rapporta à la mère,
afin que la mère de Petrana vît
comme elle l'avait bien élevée
pour les kavas impériaux turcs.
52.
Le harem de l'Ayan.
Stoïan, mon fils Stoïan,
ne te Tavais-je pas dit:
ne' va pas, mon fils, à Dimota,
à Dimota la grande ville,
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— 278 —
ne porte pas des habits précieux,
ne monte pas un cheval de bonne mine,
ne passe pas en bas,
en bas ni en haut
près de la maison de Tayan, x
car les femmes te lancent
de jaunes coings et des oranges.
Tu ne m'as pas écoutée, mon fils.
Quand elles te lancent des coings,
tu leur réponds par des ducats,
si ce sont de jaunes oranges,
tu leur renvoies des perles menues ;
qui te délivrera, mon fils,
de la sombre prison ? —
Stoian disait à sa mère :
tais-toi, mère, ne pleure pas,
retourne, va-t-en au village
donner avis à mon oncle. —
Elle s'en alla et le lui dit.
Son oncle vient à Dimota,
mais on ne relâche pas Stoian.
Et lui partit s'en retourna,
il rassembla de vaillants garçons ;
le soir quand il fit nuit sombre,
il emmena ses garçons,
au milieu de la nuit il arriva à Dimota
et mit le konak au pillage,
enfonça les portes de la prison
d'hui.
1 Espèce de fonctionnaire turc qui n'existe plus aujour-
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— 279 —
et en fit sortir Stoïan,
il s'empara de l'ayan dans le harem
et lui trancha la tête sur le seuil,
puis il courut chez le Cadi,
le tira hors du harem,
le conduisit au bout de Dimota ;
par morceaux ils le taillaient
le taillaient et lui demandaient :
extorqueras-tu encore de l'argent
pour rendre ensuite les sentences ? —
Après cela Stoïan s'enfuit,
bien loin par delà la mer
avec sa mère et avec son oncle.
53.
Le harem du Cadi.
La mère de Stoïan lui disait :
Stoïan, mon fils Stoïan,
ne passe pas, mon fils, ne passe pas
près du harem du Cadi.
Stoïan n'écouta pas sa mère,
mais il enfourcha son cheval
et passa devant le harem.
Les femmes le regardaient d'en haut,
elles lui jetaient des pommes dorées
et elles en frappaient Stoïan.
Stoïan se baisse de dessus son cheval,
il ramassait les pommes dorées,
les mettait dans son mouchoir brodé
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— 280 —
et regardait vers les fenêtres.
Dès que le Cadi l'eut appris,
il envoya des sergents
pour mettre Stoïan aux fers,
le mettre aux fers et le lui amener.
Et les sergents s'en vinrent,
et ils arrêtèrent Stoïan
et ils lui disaient:
Stoïan, fou, insensé!
et ils enchaînèrent Stoïan
et ils le conduisaient au konak.
Comme ils passaient près du harem,
les femmes regardaient d'en haut,
elles se poussaient l'une l'autre du coude
et regardaient Stoïan,
elles le regardaient et même lui faisaient des œil-
lades.
54.
Adieux à la montagne de Bila.
Un pallicare dit à la forêt :
Dieu te garde, nous prenons congé de toi,
o forêt, montagne de Eila ! l
pardonne-nous, o forêt,
pour avoir bu tes eaux,
pour avoir foulé tes herbes. —
La forêt répond au pallicare :
Dieu te conduise, pallicare,
1 Voy. No. 22, note ( 2 ).
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— 281 —
je vous pardonne tout,
Therbe et aussi l'eau,
l'eau, il eu coule toujours de la nouvelle,
Therbe, il en repoussera d'autre.
Une seule chose que je ne vous pardonne pas,
c'est d'avoir brisé mes sapins
et en avoir fait des rouets,
que vous allez par les veillées,
distribuant aux filles.
55.
Le cheval ou l'épouse?
Le feu avait pris, ma mère,
à la tcharchi sinueuse de Slivno
et dans la tcharchi à douze boutiques
et parmi les boutiques à la maison de Todor.
La maison brûle, Todor la regarde,
Todor la regarde, il est consterné et hésite
s'il entrera dans le feu, qui il en retirera,
sera-ce sa jeune épouse avec ses petits enfants,
ou le cheval noir avec la selle d'or?
Et sa mère lui dit à voix basse :
tire du feu ton cheval noir,
parcequ'un tel cheval se trouve rarement;
si ta femme brûle avec les enfants,
tu en prendras une plus belle , tu en engendreras de
meilleurs,
on ne trouve pas (aisément) un cheval à son gré.
Todor fit sortir le jeune cheval,
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— 282 —
la flamme entoura son épouse,
son épouse avec les petits enfants.
Les enfants gémissent, la mère les calme,
de ses larmes brûlantes elle apaise leurs blessures;
avec un coeur héroïque à la fin elle dit:
brûlez, mes enfants, brûlez, mes coeurs,
vous deviendrez de la cendre blanche,
moi votre mère une braise rouge,
afin que votre aïeule me regarde,
pour qu'elle me regarde et se réjouisse.
56.
L'incendiaire.
Gana, Gana, jeune Dragana,
confesse, Gana, tes péchés mortels. —
Mon bon évêque, que te dirai-je?
j'ai mis le feu à neuf écuries,
neuf écuries pleines de mulets,
les écuries brûlent, les mulets braient,
le bruit s'élève jusqu'au ciel bleu,
j'ai mis le feu à neuf bergeries,
neuf bergeries avec les jeunes bergers,
les bergeries brûlent, les agneaux sont consumés,
les brebis bêlent,
j'ai mis le feu à neuf églises,
les églises brûlent les prêtres chantent,
le bruit s'élève jusqu'au ciel bleu,
prescris-moi une pénitence, saint évêque. —
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— 283 —
Comme tu as brûlé les autres, jeune Dragana,
ainsi que tu brûles toi-même. —
La jeune Draganka s'enfuit dans la solitude,
elle fondait en larmes, elle ramassa du bois,
ramassa du bois, en fit elle-même un bûcher,
et elle alluma un feu violent impétueux,
se signa efc s'élança
dans le feu pour y être brûlée et accomplir la pénitence,
elle y périt mais elle ne fut pas consumée. l
57.
Malédiction et suicide.
La mère dTanka l'avait promise le soir,
et le matin elle se répandait en imprécations :
que le Seigneur permette, o Tanka,
que tu te maries, que tu t'établisses,
que tu amasses du bien, comme un tambour de la pous-
sière, 2
que tu deviennes mère quand les saules auront des fleurs,
que tu conçoives, que tu aies une vie agréable,
quand le poisson chantera, quand le Danube parlera.
Tanka s'affligea, se désola,
s'abandonna au chagrin au désespoir,
et Tanka entra dans le petit jardin
1 C'est en beaucoup de lieux, il me semble, une croyance
que le corps des criminels, possédé par un démon, ne peut se
décomposer. Voy. No. 44, note 2 .
2 La poussière ne peut rester sur un tambour qui est
battu.
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— 284 —
et elle se cueillit une couronne de zdravitz, *
et elle prit deux cruches bigarrées
et elle s'en alla au Danube à la rivière
et elle se cacha dans un lieu où elle n'était pas vue.
Trois jours elle y demeura, trois nuits elle écouta
si le Danube parlerait si le poisson chanterait ;
ni le Danube ne parle ni le poisson ne chante.
D'en bas vient Iltcho le matelot
et il pousse sa barque rapide.
Yanka demande à Iltcho :
holà ! Iltcho le batelier,
vous autres quand vous allez jour et nuit
sur la Mer noire, sur le blanc Danube,
avez-vous entendu, Iltcho, le Danube chanter,
le poisson parler ?
Iltcho se mit à rire et il dit à Yanka :
où a-t-on jamais entendu le Danube parler,
le poisson chanter ?
mais viens, Yanka, marions-nous tous deux. —
Yanka verse des larmes, elle ne répond pas,
Iltcho s'éloigna, Yanka sauta dans le Danube,
Yanka fut submergée, sa couronne surnagea.
Yanka lui parle : va saluer, o couronne,
va saluer ma mère de ma part (dis-lui),
o couronne, qu'elle ne vienne pas puiser de l'eau au Da-
nube,
elle puiserait, o couronne, les larmes d'Yanka,
va saluer de ma part mes neuf frères,
1 Espèce de fleur a moi inconnue.
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— 285 —
qu'ils ne fauchent pas l'herbe dans les prairies près du
Danube,
car ils faucheraient les cheveux d'Yanka,
va saluer de ma part, o couronne, mon père bien-aimé,
qu'il ne laboure point les champs au bord du Danube,
sa charrue mettrait à jour les ossements d'Yanka.
58.
Le défi du rossignol.
Marika est entrée dans le jardin
sous le rouge grenadier,
vers le pommier de la saint Pierre,
jusqu'au rouge rosier.
Marika s'assit à son métier
pour broder un blanc mouchoir.
Sur le rosier (est) un rossignol,
le rossignol dit à Marika :
chante, Marika, chantons,
si tu chantes, Marika, mieux que moi,
tu me couperas les ailes,
les ailes jusqu'à l'épaule,
les pieds jusqu'au genou.
Si je chante, Marika, mieux que toi,
je te couperai les cheveux,
les cheveux jusqu'à la naissance des tresses. 1
Ils chantèrent deux jours et trois jours,
1 L'interprétation qu'on m'a donnée du mot de l'original
„che ville du pied", doit être erronée; j'y vois un synonyme
local de koçatnik, expliqué à la page 261, note.
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— 286 —
Marika vainquit le rossignol.
Le rossignol priait Marika :
Marika, belle jeune fille,
ne me coupe pas les pieds,
les pieds jusqu'au genou,
mais laisse-moi mes ailes,
car j'ai des petits rossignols,
des rossignols à élever,
de l'un d'eux je te ferai don. —
Marika dit au rossignol:
rossignol, doux chanteur,
je te fais grâce de tes ailes,'
de tes ailes et même de tes pieds,
va, rossignol, prends soin de tes petits,
fais-moi don de l'un d'eux,
pour que le soir il m'endorme,
d'un autre, pour qu'il me réveille.
59.
Les trois rossignols.
Je passai une montagne, j'en passai une seconde,
dans la troisième (étaient) trois rossignols,
à leur chant la montagne tremble !
Je suis surpris et demeure incertain
comment prendre les trois rossignols,
et je mis la main dans mon sein
et en tirai un mince filet,
du filet j'enveloppai toutes les trois montagnes
et capturai tous les trois rossignols,
je les mis dans une cage
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— 287 —
que je suspends devant la fenêtre,
le premier chante et m'endort,
le second chante et me réveille,
le troisième battit de l'aile et me dit:
lève-toi, lève-toi, jeune homme,
quelle beauté passe par le chemin !
avec sa bouche, elle prend les oiseaux,
avec sa langue elle fait descendre les étoiles.
60,
Un amant fait le portrait de sa maîtresse.
Fillette, ma mie, mon aga, '
tu es, ma mie, un peu sotte,
ne regarde ni en bas ni en haut,
mais regarde ton amant dans les yeux,
je veux faire ton portrait,
sur de blanc papier turc,
avec de l'encre d'Andrinople,
je l'enverrai à maman
afin qu'elle voie, elle et papa,
de quelle beauté je me suis épris
dans ce pays étranger.
Elle n'a pas sa pareille au monde»,
par sa taille c'est un mince peuplier,
son visage (pour la blancheur) est du fromage frais,
ses yeux sont de noires cerises,
1 Aga, chez les Turcs le frère puîné donne ce nom à son
aîné; le mot bulgare rendu par ma mie, signifie soeur dans
le même sens.
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— 288 —
ses sourcils de minces cordonnets,
sa bouche est une coupe d'argent,
sa langue débite du miel.
61.
Les parents et l'amant.
Dafinka s'était levée de bonne heure
pour blanchir du linge au Danube,
elle lava les toiles de lin,
les battit avec un battoir d'or,
le Danube commença à rouler des eaux troubles,
il emporta les toiles de lin,
il entraîna la svelte Dafina.
Sa mère marchait sur le bord
et disait à Dafina :
nage, nage, Dafinka,
afin de gagner le bord
et que je puisse te retirer. —
Je ne le puis, maman, je ne le puis,
car mes cheveux se sont pris
dans des racines de saule,
va, et appelle ^>apa. —
Son père n'osa pas.
Dès que Nicolas l'entendit,
tout habillé il sauta dans le Danube,
Dafinka fut retirée vivante
par son cher promis.
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— 289 —
62.
Les pommes et le baiser.
La nuit dernière me surprit, ma mère \ près de
pauvre Choumla,
là je rencontrai une jeune fille de Choumla,
à la main elle porte un petit panier d'or,
dans le panier il y a trois pommes,
trois pommes, de celles qui mûrissent tôt.
Je lui demandai, mère, une pomme,
elle ne me donna pas même un traître regard,
j'étendis le bras, je lui donnai un baiser,
elle me les donna toutes, avec le panier.
63.
La femme attelée à la charrue.
Où as-tu été, Déna Denka,
Déna Denka, depuis le matin?
ton petit garçon dans le berceau
dans le berceau n'a fait que pleurer,
ta blanche toile s'est brûlée sur la haie. —
Que Dieu fasse périr, chère belle-soeur,
chère belle-soeur, ma mère,
pour ne m'avoir pas donnée à qui je voulais,
mais pour m'avoir donnée à un jeune garçon,
un jeune garçon sans raison.
1 Ce refrain, ma mère, est répété au milieu de chaque
vers.
13
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— 290 —
Le matin, quand il s'en va aux champs,
il ne prend pas du pain dans son sac,
mais il me force à lui cuire,
à lui préparer un dîner chaud,
à le lui porter jusqu'au champ.
Quand je lui porte le dîner chaud
il détèle un de ses boeufs
et m'attèle pour que je laboure,
que je laboure jusqu'à l'ikindi, *
pour aiguillon il a une branche de ronce,
et il me renvoie après l'ikindi
pour que je lui prépare un bon souper.
64.
L'amant désespéré.
Deux jeunes gens s'aimaient
depuis leur enfance, et ils avaient grandi :
le temps est venu qu'ils se marient.
La fille, sa mère ne la donne pas,
le garçon, son père veut le marier (à une autre).
Le garçon dit à la jeune fille :
dis-moi, fillette, petite fillette,
te plaîWl que je prenne
que je prenne une autre épouse ?
Viens, allons dans la forêt solitaire,
dans la forêt solitaire de Tilileï,
où pas un oiseau ne vole,
1 La deuxième heure ayant le coucher du soleil.
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— 291 —
ne yole ni ne gazouille.
Moi je deviendrai un vert érable,
toi près de moi un mince sapin,
et les bûcherons viendront,
les bûcherons avec des haches arrondies,
ils abattront le vert érable,
près de l'érable le mince sapin,
ils en tailleront de blanches planches,
ils feront de nous des lits,
ils nous placeront l'un auprès de l'autre
et ainsi, ma mie, nous serons ensemble. 1
65.
Le souhait fatal.
La mère de Koïtcho lui disait:
Koïtcho, trésor de ta mère,
Koïtcho, jeune maître d'école,
ne passe pas, Koïtcho, par le village,
par les quartiers d'en bas, d'en haut,
ne fais pas l'amour, Koïtcho, à Pavounka,
Pavounka n'est pas pour nous,
car c'est la fille de pauvres gens,
de plus, Koïtcho, elle est orpheline,
et elle n'a point de trousseau. —
Koïtcho disait à sa mère :
je veux prendre Pavounka ;
ne dussé-je être que deux jours avec elle,
1 Cf., p. 334, Plantes, etc.
13*
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— 292 —
pourtant je veux prendre Pavounka,
Pavounka, la sémillante Grecque.
Le lundi 1 on but l'eau-de-vie,
le mardi on fit les accordailles,
le mercredi on tailla les habits,
le jeudi ils furent cousus,
le vendredi on fit
le samedi on recueillit les cadeaux,
le dimanche on alla chercher l'épousée 2
le lundi on dansa l'okrop, 3
le mardi on ôta le voile (de l'épousée).
Le mercredi Koïtcho tomba malade,
Pavounka allait par la maison
et se lamentait d'une voix touchante et plaintive,
et elle disait à Koïtcho :
qu'avais-je besoin de me marier,
quand c'est pour si peu de temps
que mon Koïtcho a été avec moi ? —
A peine Pavounka a-t-elle dit ces mots,
que Koïtcho rend l'âme.
Pavounka poussa un grand cri,
poussa un cri et fondit en larmes,
et la mère de Koïtcho s'écria aussi et pleura :
o Koïtcho, trésor de ta mère,
ne te l'avais-je pas dit,
ne prends point, Koïtcho, Pavounka,
1 Les noces bulgares, comme celle des Albanais, sont
interminables, et chaque jour est affecté à un acte particulier.
2 Litt. On leva la noce.
3 Espèce de danse en usage ce jour-là.
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— 293 —
car Pavounka est pauvre,
elle n'est pas, Koïtcho, pour toi.
66.
L'épouse et l'argent.
Depuis, svelte Iana, que nous nous sommes aimés,
depuis lors nous ne faisons pas de bon profit,
depuis lors les noirs chevaux ne vivent pas,
depuis lors le pigeon gris ne roucoule plus,
depuis lors le mélodieux rossignol ne chante pas ;
est-ce que tu as, svelte Iana, mauvaise chance,
ou est-ce qu'on t'a, svelte Iana, jeté un sort ? —
Si j'ai, o mon époux, mauvaise chance,
si l'on m'a, o mon époux, jeté un sort,
va prendre une voiture dorée,
fais-moi conduire par la tcharchi de Nicopolis,
et puis prends deux crieurs publics,
et qu'ils crient par les ruelles :
On vend la svelte Iana la belle,
on la vend ppur douze bourses.
Prends l'argent, prends-le,
et puis mets-le dans ta poitrine,
afin de voir et de t'assurer
si l'argent, mamour, ira à ta rencontre,
ou si l'argent, mamour, te parlera,
ou si l'argent, mamour, t'embrassera.
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— 294 —
67.
La jeunesse et l'argent.
Une ploie fine tombe pareille à des perles,
mon promis selle son cheval
pour aller faire de l'argent en Valachie, 1
je lui dis et je le supplie :
reste un peu, ami, cette année
cette année et cet hiver,
l'argent, ami, cela se gagne en tout temps,
la jeunesse n'est, ami, qu'une fois au monde,
la jeunesse est, ami, pareille à la rosée,
à l'aube elle est, au jour elle n'est plus.
1 C'est là une scène qui se renouvelle bien souvent aussi
en Épire et dans l'Albanie, dont les habitants ont coutume
d'aller s'établir dans d'autres provinces, après s'être fiancés ou
mariés, le plus ordinairement au sortir de l'adolescence, en lais-
sant au pays leurs femmes, qui les attendent aussi longtemps
que Pénélope. Dernièrement on enterrait à Iannina une femme,
dont l'archevêque vantait, dans un discours funèbre, la vertu
et la fidélité à un époux, qui était resté lui aussi trente ans
en Valachie. — Il n'est pas, au reste, besoin que les époux ha-
bitent fort loin l'un de l'autre pour qu'ils vivent séparés ; mon
boulanger, un très jeune homme, est allé, il y a trois ans, pen-
dant la semaine de Pâques, se marier dans un village à huit
ou dix lieues d'Iannina, et c'est la même semaine que, chaque
année, il consacre à son ménage, fermant boutique durant ce
temps-là. Cet usage antisocial a donné lieu à toute une classe
de chants, dit T7)ç ÇevrjTetaç, voy. Passow.
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— 295 —
68.
Le sorbet ou le baiser?
Une jeune fillette s'est endormie
dans un jardin sous un rosier
elle a étendu ses pieds dans le basilic,
mis ses mains dans les pivoines,
près de sa tête est un tabouret de nacre,
sur le tabouret une caraffe de verre,
dans la caraffe un sorbet sucré,
dans le sorbet des clous de girofle.
Vient à passer un jeune garçon,
et il ne sait que faire et hésite
s'il doit boire le sorbet
ou donner un baiser à la fillette,
du sorbet sucré il y en a chez lui,
de jeune fillette chez lui il n'y en a pas. *
69.
Il n'y a pas que Nicolas au monde.
Belle-soeur, Nedka ma belle-soeur,
maman a réuni une corvée, 2
1 II y a des chansons serbes sur un thème analogue.
2 Une corvée volontaire, où prennent part, à charge de
réciprocité, les parents et amis, afin d'accomplir rapidement
quelque travail agricole qui demande un grand nombre de
bras; une large distribution d'eau-de-vie égaie habituellement
le travail. Cet usage chez les Grecs s'appelle rapaxaXfa, et on
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— 296 —
elle t'en a envoyé avis,
deux fois elle-même elle est venue (te prier),
afin que tu viennes, Marika,
afin que tu amènes tes parents,
tes parents, Néda, à la corvée. —
Néda disait à sa belle-soeur :
belle-soeur, ma chère belle-soeur,
j'ai honte devant toi,
j'ai honte, mais je vais te dire,
ce m'est beaucoup de chagrin et de tristesse
parceque Nicolas s'est fiancé,
Nicolas, mon premier amour,
Avec Stanka, du bas quartier.
Ce n'est pas qu'elle soit belle,
ni fort laborieuse,
mais elle est d'humeur facile,
d'humeur facile et vive,
vive et de bon coeur,
elle sait parler et accueillir un homme,
l'accueillir et l'engager,
elle l'engage et le fait manger,
le fait manger et le reconduit.
Nicolas, belle-soeur, m'est cher,
cinq ans nous nous sommes aimés,
Nicolas, belle-soeur, m'est cher,
en retrouve la trace jusque chez nous, daus l'Alouette et
ses petits, de Lafontaine:
Ces blés sont mûrs; dit-il, allez chez nos amis
Les prier que chacun, apportant sa faucille,
Nous vienne aider demain dès la pointe du jour.
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— 297 —
comment puis-je aller à la corvée ?
les filles se moqueront de moi (en disant) :
ils se sont aimés, ils ne se sont pas épousés.
Belle-soeur, ma chère belle-soeur,
de cela n'aie aucun souci,
ni souci ni chagrin,
lave-toi, que je te coiffe,
et ajuste-toi avec élégance,
pare-toi, mets tes plus beaux atours,
noue sous ton menton un mouchoir blanc,
mets sur ta tête des bouquets variés,
variés, belle- soeur, et mélangés,
prends-moi un rouet peint
et prends un nouveau fuseau,
.entoure-le de chanvre blanc
et viens, que je te conduise :
quand nous arriverons à la corvée,
passe, belle-soeur, devant les filles,
comme un bélier devant le troupeau,
assieds-toi, belle-soeur, au milieu des filles,
comme la lune au milieu des étoiles,
crie, belle-soeur, chante
à pleine voix à tue-tête,
parle et bavarde à coeur joie, l
bien que vous vous soyez aimés,
il n'y a pas que Nicolas au monde.
1 Litt. : d'un gosier deux voix, — avec une langue deux
paroles.
13**
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— 298 —
70.
La plaisanterie.
Je me suis repenti, Stanka,
de t'avoir aimée,
car tu es une fille pauvre,
ton père fabrique des fuseaux
et ta mère les vend
par le village pour de la farine. —
Stanka dit à Pentcho:
Pentcho le richard,
tu as bien fait de me dire cela ;
puisque tu t'es repenti,
va, choisis à loisir
et prends-en une plus riche. —
Pentcho s'en retourna chez lui.
Des entremetteuses vinrent pour Stanka,
et elle fut promise.
On invita la mère de Pentcho aux accordai lies,
son père, sa mère s'y rendirent
apportant une mesure de farine
et un chaudron plein de vin.
Pentcho fut pris d'un vif chagrin,
il alla à la petite visite. 1
1 II y a au texte demande (prochka), c'est ainsi qu'on
désigne la première visite que, le mardi après le mariage, une
nouvelle mariée fait à ses parents, et le mot indique que cette
visite a au fond pour but de demander pardon des fautes ja-
dis commises. Le dimanche suivant a lieu, d'une manière plus
solennelle, la grande demande ou visite (velika prochka).
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— 299 —
et il disait à Stanka :
Stanka, je t'aime de tout coeur,
je n'ai fait Stanka, que plaisanter,
peut-être que tu Tas pris au sérieux.
Mais Stanka lui répondit:
avec une fille plaisanterie n'est pas de raison.
Pentcho fut pris d'un vif chagrin,
il n'y avait personne pour le consoler,
il s'en retourna
et entra dans le jardin,
sous le pommier d'été,
il ôta sa ceinture rouge,
l'attacha au pommier,
et là Pentcho se pendit.
Personne n'avait vu Pentcho,
Stanka pourtant l'avait vu,
et vitement elle accourut,
avec un couteau coupa la ceinture,
et elle dit à Pentcho :
que veux-tu faire, Pentcho ? —
Quand sa mère apprit cela,
sa mère et aussi son père,
ils retournèrent aux accordailles
et la fiancèrent à Pentcho.
71.
Le pardon.
Ivantcho disait à Penka:
Penka, fille de Lazare,
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— 300 —
te souviens-tu, Penka, sais-tu,
quand nous nous aimions tout deux
les griottes, les cerises mûrissaient,
et nous, nous cueillions les cerises,
nous posâmes les pieds sur une même branche,
nous mettions (les fruits) dans un même panier,
nous convînmes de nous épouser,
l'un à l'autre nous fîmes cette imprécation :
celui des deux qui fera un autre mariage,
neuf ans qu'il demeure couché,
neuf lits qu'il mouille de sueur,
lits et couvertures,
avec une échelle qu'il entre dans un pot *
et là qu'il se trouve au large.
Est-ce sur l'eau que nous avons prononcé ces paroles?
est-ce l'eau rapide qui s'est écoulée
et a emporté nos serments ;
ou bien le vent impétueux a-t-il soufflé
et emporté nos serments? —
Penka disait à Ivantcho :
quand fleuriront griottes et cerises,
alors que nos serments se rassemblent. —
Ivantcho disait à Penka :
qu'il plaise au Seigneur, ma chère,
que neuf ans tu demeures couchée,
puisque tu ne tiens pas ta parole. —
Ivantcho se mit à pleurer amèrement,
1 C. à d. si exténué par la maladie, si ratatiné qu'il
puisse tenir dans un pot. Les Grecs ont une imprécation ana-
logue: va y^vtjç aàv to BobtTuXd jjiou, puisses-tu devenir comme
mon doigt!
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— 301 —
tandis que Penka éclata de rire
et disait à Ivantcho :
va-t-en d'ici, Ivantcho.
Quand Ivantcho se fut éloigné,
Penka fut prise d'un mal de tête,
et elle tomba malade,
elle demeura couchée un peu pas beaucoup,
elle demeura couchée trois ans entiers,
et alors elle dit ces paroles :
va, mon cher, va trouver *
Ivantcho pour l'amener ici,
afin que je lui baise la main,
peut-être pourrai-je mourir,
car déjà la vie m'est à charge.
Va, Nicolas, appelle-le,
et amène-moi Ivantcho. —
Penka disait à Ivantcho :
donne-moi la main, o mon cher, pardonne-moi,
assez long-temps j'ai été malade. —
Il lui tendit la main,
Penka lui baisa la main,
et à l'instant elle fut guérie. 2
72.
Le rendez-vous.
Cher Yanaki, toi mon premier amour,
si tu dois venir, viens maintenant,
1 Ce cher, libé, appelé plus bas Nicolas, ne peut être
qu'un mari, bien qu'on ne voie pas à quel moment le mariage
a pu être contracté.
2 Voy. p. 338, Malédiction.
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— 302 —
car maman est absente, et Papa n'est point là,
ni trop tôt ni trop tard,
quand une heure sonnera,
une heure et la demie,
mais je t'en prie, viens
avec un bonnet blanc en cotonnade,
avec un gilet blanc à fleurs,
avec une blanche chemise rayée.
Quand tu viendras, garde-toi de frapper,
de frapper ni d'appeler,
mais touche légèrement la fenêtre,
la fenêtre vitrée
de ta bague à pierre couleur de sang,
à pierre couleur de sang, à pierre couleur de neige,
parceque ma belle-soeur est en haut dans la chambre.
73.
Le collier perdu.
La svelte Néda était allée
de la maison à la fontaine,
et elle perdit un collier d'or,
un collier d'or, une ceinture d'argent,
elle revint sur ses pas pour les chercher
et elle rencontra un jeune garçon
un jeune garçon non marié.
La svelte Néda commence à dire :
holà jeune homme,
jeune homme non marié,
n'as-tu pas trouvé un collier d'or
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— 303 —
un collier d'or, une ceinture d'argent ?
Le jeune homme répond,
le jeune homme non marié :
si j'ai trouvé un collier d'or,
que je m'enroule comme un serpent
autour de ta gorge blanche,
si j'ai trouvé une ceinture d'argent,
que je m'enroule comme un serpent
autour de ton svelte corps !
74.
Le confesseur.
Va, Maman, je t'en prie, Jà bas chez Donkana
là bas chez Donkana, et demande-la pour moi,
demande-la pour moi, prends-la pour moi.
Si on te l'accorde, ne te hâte pas de revenir,
si on ne te la donne pas, reviens au plus vite,
car je partirai pour la Sainte montagne, l
moine je partirai, prêtre je reviendrai,
afin de confesser les femmes, les jeunes épouses,
les jeunes épouses et lçs vieilles grand'mères,
et les vieilles grand'mères et les paniers hors de
service 2
à la fin viendra Donka la jeune épouse,
Donka la jeune épouse, Donka la beauté,
pour confesser ses grands péchés :
1 Le mont Athos.
2 Expression fort irrévérencieuse pour vieille s femmes.
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— 304 —
dis, Donka, dis le péché que tu as commis,
que tu as commis dans tes jeunes années,
dans tes jeunes années envers ton premier amour.
75.
Le procès.
Hier soir j'allai à la fontaine
à la fontaine, la nouvelle,
là je trouvai mon premier amour,
je lui dis bon soir:
bon soir, mon premier amour.
Il fit comme s'il ne m'entendait pas.
Je répétai une seconde fois :
bon soir, mon premier amour,
il fit comme s'il ne me voyait pas,
je répétai une troisième fois :
bon soir, mon premier amour,
et il ne répondit pas encore,
je lui dis: adieu,
adieu o mes yeux noirs,
vous me quittez et je vous quitte,
car désormais nous ne nous verrons plus,
et nous ne jaserons plus ensemble,
nous irons nous faire juger,
nous faire juger devant l'évêque,
là si on ne nous juge pas,
nous laisserons (cela) pour l'autre monde,
là on nous fera justice,
là nous nous prendrons pour époux.
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— 305 —
76.
L'étrangère.
La mère d'Ivantcho lui disait :
Ivantcho, mon fils Ivantcho,
quand tu voyages par delà la mer,
je ne t'ai pas demandé
ce qui, mon fils, te plaît? —
Ma mère, ma vieille mère,
puisque tu me le demandes, que je te le dise,
que je te le dise, sans mentir,
ce qui me plaît, maman,
au delà de la mer c'est une jeune fille,
elle n'a pas sa pareille en beauté,
ni dans la ville ni à Constantinople,
elle faisait boire ses boeufs à la mer,
elle les tenait par une chaîne d'or,
elle dépassait le soleil en splendeur,
elle effaçait la lune par son éclat.
Si vous ne me la prenez pas,
je veux m'enfuir au loin. — * *
À Ivantcho sa mère disait :
Ivantcho, mon fils Ivantcho,
ta mère est une veuve,
elle ne peut rassembler des gens de noce,
traverser la mer pour une fille.
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— 306 —
77.
L'écolier imprudent.
Un écolier dit à Penka:
Penka, belle jeune fille,
j'observais, Penka, j'étais aux aguets,
afin de te remontrer et de te joindre
dans la rue d'Âleksa,
je voudrais te demander quelque chose. —
L'écolier dit à Penka :
tiens, prends, Penka, ces cinq piastres
afin d'acheter du riz pour un pilav
et aussi de la viande pour du rôti,
ce soir, Penka, je vieijdrai chez toi,
nous souperons ensemble. —
Penka disait à l'écolier:
Écolier, grand diable,
tais-toi, écolier, ne parle pas ainsi,
car c'est une honte devant les hommes
et devant Dieu un péché. —
L'écolier dit à Penka :
Penka, la jolie fille,
pourquoi es-tu si sotte ?
un écolier n'est-il pas un homme,
un écolier n'a-t-il pas une âme ?
78.
La coquette.
Parle, ma belle-soeur, dis du bien de moi,
afin que cette fille m'accepte. —
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— 307 —
j'ai parlé et reparlé, mon bon,
mais cette fille-là n'est pas pour toi,
elle veut une robe de cinq cents (piastres),
de cinq cents, une pelisse de six cents. —
Elle en aura six cents de moi,
parle, ma soeur, dis du bien de moi,
afin que cette fille m'accepte. —
J'ai parlé et reparlé, mon bon,
mais cette fille-là n'est pas pour toi,
elle veut pour une piastre, pour deux, du blanc,
pour une piastre, pour deux, du blanc,
pour cinq, pour six, du rouge. —
Cinq et six elle aura de moi,
parle, ma soeur, dis du bien de moi,
afin que cette fille m'accepte.
79.
La dépense inutile.
Hier soir j'allai à la nouvelle fontaine,
à la nouvelle fontaine pour abreuver mon cheval,
pour abreuver mon cheval
là je trouvai une petite fillette,
une petite fillette très-jolie.
Je la regarde, elle ne me regarde pas,
je lui parle, elle ne me parle pas
je donnai un ducat pour avoir un regard,
elle prend le ducat mais ne me regarde pas,
un second je donnai pour avoir une parole,
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— 308 —
celui-là aussi elle prend mais ne me regarde
Mon cheval commença à danser,
alors elle me regarda, alors elle me dit:
Va-t-en d'ici, ami Stoïan,
éloigne d'ici ton cheval noir,
car il a éclaboussé mes jaunes souliers.
80.
La vanterie imprudente.
Stoïan se vanta lui-même,
lui-même il causa son malheur,
dans la grande rue d'Andrinople
près de la mosquée de Sultan Selim,
il se vante d'avoir une épouse jolie
et un cheval superbe,
superbe et non encore monté,
son cheval vaut mille piastres,
sa femme vaut deux villes.
Dès que le gouverneur l'entendit,
il envoya chercher Stoïan:
Où que soit Stoïan qu'il vienne,
qu'il amène sa femme,
sa femme et son cheval.
81.
Les janissaires.
Allées s'en sont allées
cinq brus et cinq belles-soeurs,
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— 309 —
pour moissonner le jaune millet.
Quand elles arrivèrent au champ,
l'aînée des brus commence à dire :
tenez couchons-nous, dormons un peu,
jusqu'à ce que la chaleur soit passée,
et que la rosée tombe. —
Elles se couchèrent et dormirent.
Quand elles se réveillèrent de leur somme,
voici le vieux beau-père qui arrive d'en bas,
il amène un chariot pour les gerbes,
toutes furent dans l'embarras :
quelle réponse allons-nous donner?
L'aînée des brus commence à dire :
vous toutes n'ouvrez pas la bouche,
c'est moi qui répondrai.
Lors qu'arrive le vieux beau-père,
l'aînée des brus commence à dire :
Hé beau-père, vieil âne usé,
pourquoi fais-tu un champ près du chemin ?
toute la journée nous n'avons fait que courir
pour échapper aux Turcs, aux janissaires,
qui passent par le chemin.
82.
Le songe.
Militza s'était endormie
en bas dans le petit jardin
sous un rosier blanc, sous un rosier rouge.
Elle s'endormit d'un lourd sommeil,
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— 310 —
une pluie fine commença de tomber,
un vent violent se mit à souffler,
il tira Militza de son sommeil.
Militza se répandit en imprécations :
vent, puisses-tu ne plus souffler!
o pluie, puisses-tu ne plus tomber !
Tout à l'heure je voyais en songe
ma mère qui me demandait:
Militza, trésor de ta mère,
ton père s'est-il remarié,
t'a-t-il amené une marâtre ?
Écoute bien, chère Militza,
écoute bien ta belle-mère,
car une marâtre est une méchante chose,
de crainte qu'elle ne te frappe
le visage de sa main, remplie de pâte,
la bouche (de sa main) remplie de fromage.
vent, puisses-tu ne plus souffler,
o pluie, puisses-tu ne plus tomber !
car tu m'as séparée de ma mère,
des conseils qu'elle me donnait.
83.
Les tombeaux.
Hier soir je passai par Sivliovo,
par Sivliovo par l'église.
Là je vis deux tombes nouvelles
deux tombes récemment creusées et abandonnées,
creusées et abandonnées.
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— 311 —
Sur les tombes deux cierges brûlent,
deux cierges brûlent qui étaient allumés,
allumés et abandonnés.
Près des tombeaux deux jeunes femmes,
deux jeunes femmes aux robes noires,
tristement elles pleuraient, violemment elles maudis-
saient:
que Dieu anéantisse ces Àrnautes,
ces Àrnautes ces vagabonds,
qui ont tué le vieil Ivantcho,
le vieil Ivantcho et Hadji Savva ;
ce n'est pas que je regrette le vieil Ivantcho,
le vieil Ivantcho ni Hadji Savva,
mais j'ai pitié de leurs enfants,
de leurs enfants, de Sivliovo,
de Sivliovo, des pauvres gens.
84.
La captive grecque.
La guerre éclata dans le pays de Valachie,
dans le pays de Valachie et de Moldavie,
on égorgeait les vieillards, on faisait esclaves les jeunes;
et on fit esclave Vicha,
Vicha l'esclave, Vicha la grecque.
Elle mène le cheval du Sultan et porte son drapeau,
et porte son drapeau et revente,
et révente et le charge de malédictions :
le charge de malédictions: o roi, puisses-tu ne point
régner,
ne point régner o roi et ne pas prospérer!
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— 312 —
car j'ai laissé un petit garçon au berceau,
qui le baignera, lui donnera son lait?
85.
Berceuse. *
J'ai semé de la fougère menue,
de la fougère menue au bord du Danube,
afin que la fougère fructifiât,
la fougère ne fructifie point;
j'allumai un grand feu
pour que le feu brûlât la fougère,
pour que la fougère fructifiât,
ni le feu ne brûle la fougère,
ni la fougère ne fructifia;
je dérivai l'eau du paisible Danube
pour que le Danube éteignît le feu,
pour que le feu brûlât la fougère,
pour que la fougère fructifiât ;
ni le Danube n'éteint le feu,
ni le feu ne brûle la fougère,
ni la fougère ne fructifie ;
j'amenai un grand buffle,
pour que le buffle bût l'eau,
pour que le Danube éteignît le feu,
pour que le feu brûlât la fougère,
1 Bien qu'il m'ait été affirmé que cette pièce ne se chan-
tait point, il m'est difficile d'y voir autre chose qu'une chan-
son de nourrice, d'autant qu'il en existe en grec plusieurs faites
exactement sur le même modèle. Voy. les vawap{<jfjiaTa, Carmina
nutricularum, de Passow.
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— 313 -
pour que la fougère fructifiât ;
ni le buffle ne boit le Danube,
ni le Danube n'éteint le feu,
ni le feu ne brûle la fougère,
ni la fougère ne fructifie ;
j'amenai un ours féroce,
pour que l'ours mangeât le buffle,
pour que le baffle bût le Danube,
pour que le Danube éteignît le feu,
pour que le feu brûlât la fougère,
pour que la fougère fructifiât,
ni l'ours ne mange le buffle,
ni le buffle ne boit le Danube,
ni le Danube n'éteint le feu,
ni le feu ne brûle la fougère,
ni la fougère ne fructifie.
86.
La fin du renard.
La renarde était restée veuve
avec douze renardeaux,
elle se mit à pleurer sur leur sort :
où, mes enfants, nous verrons-nous ?
Le plus jeune répond,
le plus jeune, le plus rusé :
tais-toi, maman, ne pleure pas,
nous nous verrons, maman,
à Stamboul au bazar,
14
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— 314 —
chez les pauvres dans la bourse, l
chez les riches autour du cou.
87.
La querelle du cousin et de la mouche. 2
Le cousin se querella avec la mouche,
si encore c'eût été pour quelque chose !
pour une petite mouche femelle.
Le cousin fut pris d'une violente colère,
il tira son aiguillon acéré,
perça la mouche au coeur ;
des ruisseaux de sang coulèrent
sur les chemins de Stamboul,
les caravanes ne peuvent passer,
bien moins encore guéer les voyageurs.
Les mouches tinrent conseil,
et instituèrent des juges,
pour gendarmes on prit des guêpes,
pour sergents on prit des abeilles,
pour crieurs des bourdons.
Les crieurs proclament par le village :
que petits et grands accourent
pour enlever le cadavre de la route.
1 On fait, en peau de renard, des bourses pour l'argent
et le tabac.
2 Vouk a donné quelques pièces serbes de ce genre, des
chansons comiques sur les gestes des animaux, et j'ai moi-
même entendu chanter à Belgrade par des Tziganes les noces
de l'écrevisse (masc. en serbe) et de la grenouille.
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— 315 —
Les gendarmes poursuivirent le cousin,
le cousin prit la fuite
et fit cette prière à Dieu :
o Dieu, Seigneur très-haut!
permets, o Dieu, qu'une pluie fine
mouille les ailes des mouches,
qu'un vent froid souffle
et disperse les guêpes ! —
Le seigneur exauça le cousin,
un vent froid souffla,
une pluie fine tomba par gouttes,
le cousin s'enfuit au loin
sur le mont Irin Pirin, 1
là il se dressa des tentes,
les tentes étaient des champignons,
des champignons
Quand la pluie eut cessé,
le cousin sortit de sa tente,
sur une feuille de hêtre il écrivit cet ordre :
que chacun s'en retourne d'où il est venu.
88.
La vache.
Todor disait à Todorka :
Todorka, ma première épouse !
Todorka mon grand amour,
Todorka, belle épouse ;
1 Le Périn, une des ramifications du Rhodope.
14*
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— 316 —
voici déjà neuf ans
que nous nous' sommes unis:
tu étais une pauvre orpheline,
j'étais un ouvrier sans asile;
depuis que nous nous sommes unis,
nous avons gagné de beaux profits,
plus d'or que d'argent;
nous n'avions pas de plateau d'or, l
et nous avons acheté un plateau,
de fruits de nos entrailles nous n'avons pas eu;
femme, dois-je t'égorger ?
femme, dois-je te répudier ? —
Mais Todorka dit à Todor :
Todor, mon premier époux,
Todor, mon grand amour,
dans la montagne il y a un pommier,
âgé de neuf ans (et) stérile,
cette année il a fleuri,
fleuri et donné,
une pomme d'or. —
Todor ne fut pas convaincu
par le discours de Todorka,
et il se leva Todor, il alla
chez son ami Nicolas.
Todor disait à Nicolas.
Nicolas, mon ami,
tu es, Nicolas, boucher,
1 II s'agit du grand plateau circulaire en cuivre étamé,
appelé par le Turcs si ni, sur lequel on apporte le repas et
le couvert tout prêts, et qui se place ensuite sur la petite
table basse, la sofra.
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— 317 —
viens, Nicolas, chez moi,
j'ai une vache stérile,
c'est, Nicolas, pour que tu la tues. —
Nicolas dit à Todor :
Todor, mon ami,
va-t-en, Todor, va,
je viens derrière toi. —
Il aiguisa son couteau de boucher
et s'en alla chez Todor.
Todor n'amena pas une vache,
mais ce fut Todorka qu'il fit sortir ;
Nicolas égorgea Todorka,
puis il lui coupa la tête.
La tête de Todorka sautait
et disait à Nicolas :
cher Nicolas, mon bon compère,
fends-moi le coeur en deux
afin que tu voies dans mon coeur, 1
que tu voies ce qu'il y a, cher Nicolas.
Et Nicolas l'ouvrit,
il trouva un embryon mâle,
un enfançon avec des cheveux d'or.
Todor disait à Nicolas :
donne-moi le couteau de boucher
pour que je coupe une pomme
et que je m'humecte la bouche. —
Il ne coupa point une pomme
mais se perça le coeur,
et il disait à Todorka :
1 Coeur, mot employé aussi dans le sens d'entrailles.
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— 318 —
Todorka, ma première épouse,
Todorka, mon grand amour,
Todorka, belle épouse,
il était donc écrit
que nous mourrions ensemble !
Ce que sont les vents. 1
Des vents violents commencèrent à souffler,
si violents qu'ils déracinèrent la forêt,
à la suite des vents s'élevèrent de sombres brouillards,
sous les vents les chemins poudroient,
des brouillards dégoutte une bruine menue.
A mesure que les vents soufflent avec plus de force
et qu'une bruine plus menue dégoutte des brouillards,
ils se rapprochent davantage du village d'Angélina,
les filles se disent l'une à l'autre :
d'où vient qu'il y a tant de vents,
de vents et de brouillards ?
d'où vient qu'ils sont si violents
que la poussière s'élève par les chemins ?
d'où vient qu'ils sont si épais
qu'une bruine menue en dégoutte? —
Angélina leur dit et leur répond :
o jeunes filles, mes chères compagnes,
ne comprenez-vous donc pas
que ce ne sont point des vents et des brouillards,
mais des Toudas et des Samovilas?
quand la poussière par les chemins s'élève,
c'est qu'elles se livrent des combats
1 Voy. le texte, Supp. No. 9, p. 134.
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— 319 —
et luttent à qui vaincra l'autre
afin de ravir une jeune fille;
quand des nuages dégoutte une bruine menue,
c'elles qu'elles allaitent leurs enfants mâles, 1
les allaitent et se réjouissent,
parcequ'elles prendront quelque jeune épouse,
une jeune épouse délicate comme le fragile basilic.
A peine Angélina a-t-elle achevé ces paroles,
que les vents et les brouillards arrivèrent,
ils ravirent Angélina et l'emportèrent au haut de la mon-
tagne. 2
Le voyage du mort.
(Traduit du bulgare.) 3
Une mère avait, elle avait — neuf fils qu'elle
avait mis au monde, — et une fille, Vékia. — Vékia
grandit, devint grande, — pour Vékia il vint des en-
tremetteuses — à travers neuf forêts vertes, — à tra-
vers neuf villages , dans le dixième. — Sa mère ne la
donnait point, — mais son frère Dimitri veut la donner,
— et il disait à sa mère : — allons ! donnons Vékia —
à travers (au-delà de) neuf forêts vertes, — au-delà de
1 Ce n'est plus Zeus qui pleut.
2 Tel est le rôle du Harpyes antiques:
Td<ppa tk xotç xoàpocç "Ap7cutoci ctVTjpstyocvTo, Odyss. XX, 77;
des tempêtes:
tî>ç 8'ote IIav8ap^ou xoàpaç àv&ovio SùeXXai, Ibid. V. 66;
et des Néréides actuelles: "Ocav o<po8poç «ve[i.oç nv&], ô Xdtoç
7ci<JTEiSei ott BtaPocfvouoi NepdiiBeç. Politis, mythol. gr. m., p. 110.
3 Le texte forme le No. 7 du Supplément. Voy. l'Introd.
p. XXIII.
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— 320 —
neuf villages, dans le dixième, l — car nous sommes
beaucoup de frères, — un& fois dans Tannée nous irons
— passer quelque temps chez elle. — On donna Vékia,
— on la donna et la maria, — au-delà de neuf forêts
vertes, — au-delà de neuf villages, dans le dixième. —
Une nuée sombre s'abattit — sur la maison de Dimitri,
— et fit périr les frères qui vivaient en commun — et
les neuf brus réunies, — il ne resta que la mère toute
seule — pour remuer neuf berceaux, — pour allumer
des cierges sur neuf tombeaux. — Elle en allumait et
arrosait de vin les tombes ; — au tombeau de Dimitri
elle n'allait pas, — et ne l'arrosait point de vin, — mais
elle le maudissait avec de terribles imprécations: —
Dimitri, puisses-tu n'avoir point de tombeau ! tu m'as
marié Vékia au loin. —
Dieu s'émut de pitié, — - Dimitri sortit de sa
tombe, — il s'en alla chez Vékia. — Quand Vékia le
vit, — elle lui baisa la main — et elle dit à Dimitri: —
mon frère, o mon frère Dimitri, — pourquoi ta main
sent-elle — le sureau brûlé — et la terre rouge ? —
Dimitri disait à Vékia : — nous avons bâti neuf mai-
sons — voilà pourquoi ma main a l'odeur — du sureau
brûlé — et de la terre rouge. — Viens, Vékia ma soeur,
— que je t'emmène en visite, — en visite chez nos pa-
rents. — Vékia se mit en chemin — avec son frère Di-
mitri, — pour aller en visite, — en visite chez ses pa-
rents. — Ils cheminèrent ce qu'ils cheminèrent — ils
traversèrent une vaste plaine, — ils arrivèrent à la verte
forêt, — au milieu de la forêt (était) un grand arbre,
1 Lieu-commun des poésies bulgare et serbe.
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— 321 —
— sur l'arbre un petit oiseau sifflait, — sifflait et di-
sait : — où a-t-on jamais entendu et vu — qu'un vivant
chemine avec un mort, — comme Dimitri avec Vékia?
— Vékia .dit à Dimitri : — frère, o mon frère, Dimitri,
— que dit donc ce petit oiseau? — Dimitri disait à
Vékia: — Vékia, ma soeur Vékia, — la perle des filles, l
— cet oiseau est menteur. — Quand ils furent proche
de la maison, — Dimitri disait à Vékia : — Vékia, ma
soetir Vékia, — va en avant à la maison, — je resterai
en arrière — pour faire boire mon cheval, — et puis je
te rejoindrai. — Dimitri s'arrêtar, — Vékia continua de
marcher, — Dimitri rentra dans sa tombe, — Vékia
arriva à la maison, — elle frappait à la porte, — elle
disait à sa mère; — sors, mère, viens au-devant de moi.
— Quand sa mère sortit — et qu'elle vit Vékia, — elle
disait à Vékia: — Vékia, mon enfant, Vékia, — qui t'a
amenée jusqu'ici ? — Vékia dit à sa mère : — mère,
ma vieille mère, — c'est mon frère Dimitri qui m'a ame-
née. — Vivantes elles s'embrassèrent, — mortes leur
étreinte cessa.
Même sujet.
(Traduit du serbe.) 2
Une mère avait nourri neuf fils et en dixième une
fille, la dernière née, elle les avait nourris et élevés, tant
que les fils étaient en âge de prendre femme, et la fille
en âge de prendre un mari ; maints prétendants la de-
1 Litt.: jeune fille choisie.
' Vouk. T. 11, No. 9.
14*
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— 322 —
mandent: le premier un ban, le second un général (sic),
le troisième qui la demande est un voisin , du village.
La mère la veut donner au voisin, du village, ses frères
veulent la donner au ban d'outre-mer, et à leur soeur ils
disaient: accepte, notre chère soeur, accepte le ban
d'outre-mei\ nous te ferons des visites fréquentes : dans
Tannée chaque mois, dans le mois chaque semaine. La
soeur obéit à ses frères et elle partit avec le ban d'outre-
mer. Mais voilà, o la grande merveille ! que Dieu en-
voie (litt. lâche de soi) la peste, et elle fait périr les
neuf frères, il ne resta que la mère seule, sans soutien.
Trois années ainsi se passèrent. Yélitza, la soeur,
gémit amèrement: Dieu clément, la grande merveille!
quelle offense si grande ai-je commise envers mes frè-
res, qu'ils ne viennent point me visiter ? — Ses nom-
breuses belles-soeurs la grondent: chienne que tues,
notre belle-soeur ! tes frères t'ont prise en grande haine,
puisqu'ils ne te font point de visite. Yélitza se plaint
amèrement, se plaint amèrement soir et matin.
Mais Dieu clément s'émut de compassion et il en-
voya deux de ses anges: descendez, mes deux anges,
vers le tombeau de Jean, Jean le plus jeune des frères,
ranimez-le de votre souffle, de la pierre funéraire faites-
lui un cheval , avec la terre pétrissez-lui des gâteaux,
dans le linceul taillez-lui des objets à donner en présent,
pourvoyez-le pour qu'il fasse visite à sa soeur. Bapide-
ment les deux anges de Dieu descendirent vers la blanche
tombe de Jean, ils le ranimèrent de leur souffle, de la
pierre funéraire lui firent un cheval, avec la terre ils lui
pétrirent des gâteaux, dans le linceul lui taillèrent des
objets à donner en cadeau, ils le pourvurent pour qu'il
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— 323 —
fît visite à sa soeur. Jean l'adolescent chemine rapide-
ment; quand il arriva en vue de la maison, sa soeur
l'aperçut de loin et elle s'avança à sa rencontre, pleurant
de tendresse et sanglotant, ils ouvrent les bras, ils se
baisent au visage, et puis la soeur dit à son frère : tous
m'aviez promis, frère, quand vous m'avez donnée en ma-
riage , que vous me feriez de fréquentes visites : dans
l'année chaque mois, dans le mois chaque semaine?
voilà aujourd'hui trois ans découlés et vous n'étiez pas
encore venus me voir! — Sa soeur lui dit aussi: pour-
quoi, frère, es-tu devenu si blême, on dirait que tu sors
de dessous terre? — Jean l'adolescent lui répond: tais-
toi, ma soeur, au nom de Dieu ! que n'ai-je pas eu à
souffrir! il a fallu marier huit frères et j'ai servi huit
belles-soeurs; quand nos frères se sont mariés, nous
avons bâti neuf blanches maisons ; voilà pourquoi, ma
soeur, je suis devenu si noir. — Et il resta là trois
jours. Pendant ce temps Télitza s'apprête, elle prépare
de beaux présents, pour les offrir à ses frères et à ses
belles-soeurs : pour ses frères elle taille des chemises
de soie, pour ses belles-soeurs (elle commande) des ba-
gues et des anneaux. Jean cependant s'efforçait de la
retenir: ne pars point, ma chère soeur, attends que
nos frères viennent te visiter. Mais Yélitza ne veut
point de retard, elle apprête les beaux cadeaux, et Jean
se met en chemin avec sa soeur. Quand ils approchèrent
de la maison, ils passèrent près de la blanche église.
Attends un instant, ma chère soeur, dit Jean l'adoles-
cent, que j'entre dans la blanche église; au mariage
d'un de nos frères j'ai perdu mQn anneau d'or, je vais
le chercher , ma chère soeur. Jean l'adolescent rentra
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— 324 —
dans sa tombe, et Yélitza s'arrêta à l'attendre. Elle
l'attendit, puis se mit à sa recherche ; les tombes étaient
nombreuses autour de l'église , et elle comprit aussitôt,
la pauvrette, que Jean l'adolescent était mort. Vite elle
court vers la blanche maison ; quand elle en fut proche,
elle entendit au dedans gémir un coucou, 1 mais ce n'était
point un coucou gris, c'était sa vieille mère. Yélitza
arrive devant la porte, elle s'écrie et appelle: malheu-
reuse mère, ouvre-moi. La vieille mère du dedans lui
répond : Passe ton chemin, fléau de Dieu, tu as fait périr
mes neuf fils, et maintenant tu me veux, moi, leur vieille
mère? — Mais Yélitza reprend: malheureuse mère,
ouvre-moi la porte, ce n'est pas le fléau de Dieu, mais
Yélitza ta chère fille. Sa mère alors lui ouvrit la porte,
elles gémirent comme des coucous, elle s'étreignirent de
leurs bras blancs, ensemble elles tombèrent mortes
par terre.
Même sujet.
(Traduit du grec). 2
Mère de neuf fils, qui avec eux n'avais qu'une
fille, une fille chérie, tendrement aimée! elle avait passé
1 Symbole ordinaire de la douleur chez les Serbes; le
mot rendu ici par gémir est tiré du nom de coucou^ kuka
Kukavica. Les Bulgares, comme les Serbes, ont, sur l'ori-
gine de cet oiseau, une légende analogue à celle -des Grecs, sur
le rossignol et l'hirondelle; c'est une soeur qui, inconsolable
de la mort de son frère, a demandé à Dieu d'être changée en
coucou. Yoy. Milad. No. 19 et nos poés. serbes, p. 203.
2 Passow. No. 517, o PoupxrfXtaxaç , il y en a deux ya-
riantes, celle-ci est de Chio.
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— 325 —
douze ans et le soleil ne l'avait point vue, dans l'ombre
tu la lavais, dans les ténèbres tu la tressais, à la lu-
mière des astres et de l'étoile du matin tu arrangeais sa
chevelure ; quand on t'apporta des offres de Babylone,
pour la marier au loin, bien loin en pays étranger. Huit
des frères n'y consentent point, mais Constantin veut
qu'on l'accorde : „Donne-la, mère, donne Arété en pays
étranger, là où je vais, là où je voyage, afin que j y
trouvé une consolation, que j'y trouve un gîte." — „Tu
as du sens, Constantin, et ce que tu viens de dire n'en
a pas: si la mort passe chez nous, s'il me survient une
maladie, s'il arrive affliction ou bonheur, qui me l'a-
mènera?" — Il prit Dieu pour garant et les saints pour
témoins, que survînt-il mort ou maladie, affliction ou
bonheur, il irait la chercher.
Or après qu'on eût marié Arété en pays étranger,
voilà qu'une année fatale commença, une époque de
calamités , la peste éclata et les neuf frères moururent,
la mère se trouva seule comme un chalumeau dans la
plaine. Sur huit des tombes elle se frappe, sur huit
elle se lamente, mais du tombeau de Constantin elle
soulève la pierre: „Lève-toi, cher Constantin, je veux
mon Arété ; tu as pris Dieu pour garant et les saints
pour témoins , que deuil ou bonheur qui survienne , tu
irais et me l'amènerais." — Cette adjuration le'tira de
sa fosse : d'un nuage il se fait un cheval, d'une étoile
une bride, il prend la lune pour compagnon et part
pour aller la chercher. Il traverse et laisse derrière lui
vallées et montagnes, et la trouve qui se peignait de-
hors à la clarté de la lune ; de loin il la salue et de loin
il lui dit: „En route, ma petite Arété, notre mère veut
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— 326 —
te voir. u — „Par le ciel, mon frère, quel moment est-
celà? dis-moi s'il s'agit d'une noce, que je mette mes
beaux habits, ou s'il s'agit d'un deuil, que je vienne
comme je suis. a — „En route ma chère Arété, et viens
comme tu es. a
Sur le chemin où ils passaient, sur le chemin qu'ils
suivaient, ils entendent les oiseaux qui chantent, ils
entendent les oiseaux qui disent: „qui vit jamais une
belle fille emmenée par un mort?" — „Entends-tu,
Constantin, ce que disent les oiseaux? qui vit jamais
une belle fille emmenée par un mort?" — „Sots oiseaux,
qu'ils chantent, sots oiseaux, qu'ils disent ce qu'ils veu-
lent." Et plus loin comme ils avançaient, d'autres
oiseaux leur disent: „0 tristesse: o affliction! nous qui
voyons les vivants marcher avec les morts." — „En-
tends-tu Constantin, ce que disent les oiseaux? que les
vivants marchent avec les morts." — „Ce sont des
oiseaux, qu'ils chantent, ce sont des oiseaux, qu'ils par-
lent." — „J'ai peur de toi, mon frère, tu exhales une
odeur d'encens." — „Hier soir nous allâmes jusqu'à
Saint Jean, et le prêtre brûla trop d'encens." Et comme
ils continuaient, d'autres oiseaux leur disent : „0 Dieu
tout puissant, tu accomplis une grande merveille, qu'une
femme si belle soit emmenée par un mort." Cette fois
encore Arété les entendit et son coeur se brisa. ^En-
tends-tu, mon Constantin , ce que disent les oiseaux ?
Dis-moi où sont tes cheveux , ton épaisse moustache ?"
— „J'ai souffert d'une grave maladie, j'ai vu de près la
mort, ainsi sont tombés mes blonds cheveux, mes épais-
ses moustaches."
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— 327 —
Es trouvent la maison fermée , verrouillée , et
les fenêtres couvertes de toiles d'araignée. ^Ouvre-
moi, ma mère, ouvre, c'est ton Arété." — „Si tu es
Charos, passe ton chemin, car il ne me reste plus d'en-
fants; ma pauvre fille, mon Arétoula, elle est bien loin
en pays étranger." — „Ouvre-moi, ma mère, ouvre, je
suis ton fils Constantin; j'avais pris Dieu pour garant
et les saints pour témoins, que deuil ou bonheur qui
arrivât, j'irais et te l'amènerais." A peine avait-elle
atteint le seuil, qu'elle rendit l'âme.
Même sujet.
(Traduit de l'albanais). *
Il était une mère de noble maison, elle avait neuf
fils distingués et en dixième une fille, qu'on appelait
Garentina : 2 pour avoir celle-ci en mariage allaient et
venaient en son pays des fils de seigneurs et des grands.
Enfin il arriva un jeune homme d'un pays lointain. La
mère et les frères refusaient, parcequ'il était de trop
loin ; seul Constantin, l'un des frères, consentait et en-
trait en pourparlers. — Fais, mère, ce mariage. —
Constantin, mon fils, quels pourparlers fais-tu là, pour
l'envoyer si loin de nous? car si je la veux pour quel-
que réjouissance, à la fête elle manquera, et si j'ai be-
1 Eapsodie d'un poema albanese, tradotte e messe in
luce da Gir. de Rada. Firenze 1866, Canto XVII, p. 29.
2 Garentina, ce nom paraît être une corruption du grec
Arété ('Apenj), yoy. le No. précédent.
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— 328 —
soin d'elle pour un deuil, au deuil x je ne l'aurai pas
non plus.
J'irai la chercher, ma mère, et te l'amènerai. —
Et on maria Garentina.
Dans la suite il arriva une année fatale, qui mois-
sonna à cette dame ses neuf fils sur un seul champ de
bataille; et elle se vêtit de noir et assombrit sa maison. 2
Quand- le samedi des morts 3 se leva pour les Chrétiens,
elle sortit et se rendit à l'église où étaient les tombeaux
de ses fils , et sur chacun des sépulcres, chacun des sé-
pulcres de ses fils, elle fit allumer un cierge et fit une
lamentation; 4 mais sur la tombe de Constantin deux
1 Ceci se rapporte à la coutume qui oblige les femmes
à pleurer par des lamentations (vaï) leurs proches parents
morts. Cet usage, dont il a été déjà question dans notre
volume, a peut-être encore plus d'empire chez les Albanais
que parmi les autres peuples de la presqu'île Danubienne, et
afin que les femmes puissent remplir un devoir tenu pour
sacré, on les marie le plus près possible de la famille.
2 C'est-à-dire qu'elle en tint toutes les ouvertures soigneu-
sement fermées. Même chez les Grecs aisés d'Iannina les mai-
sons aussi portent le deuil, on y remplace par des étoffes
noires les rideaux ordinaires et les couvertures des divans, le
portrait du mort est voilé; les veuves, les femmes encore ma-
riées, qui ont perdu leur père, restent des années ensevelies
dans cette sorte de sépulcre, sans en sortir même pour aller
à l'église, se qui n'est pas la moindre singularité.
3 L'avant-dernier samedi du carnaval; il répond à la fête
du 3 novembre chez les Catholiques.
4 Ces lamentations, le (xupoX^yiov des Grecs, ne sont pas
toujours versifiées. Au moment, où j'écris ceci, il y a plus d'un
an qu'à de nombreuses reprises j'entends les hurlements, le
mot n'est pas trop fort, d'une pauvre veuve albanaise musul-
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— 329 —
cierges et deux lamentations. — Constantin, o mon fils,
où est la foi que tu me donnas, de m'amener Garentina,
Garentina ta soeur ? ta foi, elle est sous terre !
Quand le jour tomba et que l'église fut fermée,
voici qu'à la lumière des cierges Constantin se leva de
sa tombe. La dalle qai recouvrait le sépulcre se chan-
gea en un cheval ardent couvert d'une housse noire;
l'anneau qui était fixé à la pierre devint un frein d'ar-
gent. Il s'élança sur le cheval et partit au galop: le
soleil était levé quand il arriva à la demeure de sa soeur.
Sur l'espace qui était devant la maison (le palais), il
trouva les enfants de sa soeur , se divertissant à pour-
suivre les hirondelles. — Où est allée madame votre
mère P — Seigneur Constantin, notre oncle, elle est à
la danse dans la ville. — Il s'en alla vers la première
ronde: (jeunes dames, belles vous êtes, mais de beauté
pour moi vous n'avez point.) Il s'approcha et leur de-
manda: Garentina est-elle avec vous, Garentina ma
soeur ? — Va plus loin, tu la trouveras avec sa robe de
lampas et sa toque de velours. — Arrivé à la seconde
danse il s'approcha pour demander. — Constantin mon
frère ! — Garentina, quitte la danse et partons ; tu dois
venir avec moi à la maison. — Mais dis-moi ce qu'il
faut faire; car si je vais à un deuil, j'irai mettre des
vêtements noirs; si c'est à une réjouissance, que je
prenne mes habits de fête. — Mets-toi en chemin telle
mane, qui a perdu deux fils. A certains anniversaires et même
la nuit, elle tire leurs habits* d'un coffre, les place devant elle
et répète sans fin ni trêve les seuls mots /aXou-ria (xou, pro-
noncés ici kh a lâcha me.
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— 330 —
que tu te trouves. — Il la plaça en croupe sur son
cheval.
Il y avait long temps qu'ils cheminaient quand
Garentina se mit à dire : Constantin mon frère, je vois
un signe funeste, tes larges épaules sont toutes moisies.
— Garentina ma soeur, c'est la fumée des fusils qui a
moisi mes épaules. — Mais Constantin mon frère, il y
a un autre signe funeste que je vois : tes cheveux bou-
clés sont réduits en poussière. — Garentina ma soeur,
tes yeux sont trompés par la poussière dé la route. —
Constantin mon frère , pourquoi mes brillants frères et
les fils de notre oncle ne paraissent-ils et ne viennent-ils
pas à notre rencontre ? — Garentina ma soeur, ils se-
ront plus loin, peut-être au disque, nous arrivons tard
et ils ne nous attendaient pas. — Mais un autre signe
funeste, c'est que je vois les fenêtres de notre maison
fermées et obstruées d'herbes ! — On les a fermées con-
tre le vent de mer, car c'est de ce côté que souffle la
bise d'hiver.
En arrivant ils passèrent devant l'église. —Laisse-
moi, que j'entre dans l'église pour prier. — Seule et
par les hauts escaliers elle monta vers sa mère. —
Ouvre la porte, ma mère. — Qui es-tu toi là, à la
porte? — Madame ma mère, je suis Garentina. —
Passe ton chemin, chienne de mort, qui m'as ravi neuf
fils , et qui avec la voix de ma fille viens maintenant
pour me prendre moi-même. — Oh! ouvre-moi, ma-
dame ma mère, je suis bien Garentina. — Mais qui t'a
amenée, ma fille ? — C'est Constantin qui m'a amenée,
Constantin mon frère. — Et Constantin à présent où
est-il? — Il est entré dans l'église pour prier. — La
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— 331 —
mère ouvrit vivement la porte : mon Constantin, il est
mort! — Et la mère étreignantla fille, la fille étrei-
gnant la mère, mère et fille rendirent l'âme.
Les Destinées.
(Milad. No. 18. — De Strouga.)
La jeune femme de Momir avait donné le jour,
donné le jour à neuf filles, d'un dixième enfant elle de-
vint grosse. Alors le voïvode Momir-bey lui dit : „mon
épouse, jeune femme de Momir! i Si c'est une dixième
fille que tu mets au monde , je te couperai les jambes
jusqu'au genou, je te couperai les bras jusqu'à l'épaule,
je t'arracherai les yeux de leurs orbites, tu resteras une
jeune prisonnière , tu resteras une jeune estropiée !" 2
Quand le temps de sa délivrance approcha, elle prit avec
elle Todora sa plus jeune fille, elle s'en alla dans la verte
forêt, elles s'assirent sous un vert sycomore. La jeune
Momiritza fut délivrée: ce n'était point une dixième
fille, mais c'était un enfant mâle. . . . L'enfant pleure
tant que les feuilles en tombent, la jeune Momiritza
regarda autour d'elle, elle aperçut un feu dans la mon-
tagne, elle envoya la petite Todora chercher du feu
dans la montagne. Des flammes impétueuses envelop-
pèrent le nouveau né et le réchauffèrent. La jeune Mo-
miritza s'endormit. Les trois Destinées survinrent;
mais Todora ne ferme point les yeux, elle regarde, elle
1 En un seul mot, Momiritza.
2 Cf. ci-dessus le No. 88. Voy. aussi poés. pop. serbes,
271.
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— 332 —
écoute les trois Destinées. x La première dit : prenons
l'enfant. La deuxième dit: ne le prenons pas, jusqu'à
ce qu'il ait grandi, qu'il ait l'atteint l'âge de sept ans.
La troisième dit : que l'enfant grandisse, qu'il devienne
un jeune homme en âge d'être marié , on le fiancera à
une belle fille, on le fiancera et il la prendra ; quand il
se rendra à l'église pour se marier , alors nous enlève-
rons le jeune homme. u Elles dirent, 2 et disparurent . . .
(Tout s'accomplit, comme elles l'avaient prédit ;
mais le jour du mariage arrivé , Todora raconte à sa
mère ce qu'elle a entendu et elle prend la résolution de
sauver son frère, en trompant les Destinées; elle y
réussit, chose singulière, et pour cela il lui suffit de
mettre des habits d'homme et de jouer ainsi le person-
nage du fiancé.)
.... On se rendit à l'église pour le mariage ; il
parut des vents impétueux, il parut des nuées et une
épaisse poussière, à leur suite vient un ouragan de
neige, 3 ils enlevèrent le jeune fiancé, ils enlevèrent To-
dora, ils l'enlevèrent jusqu'aux nuages; ce qui est ar-
rivé ne peut se changer .... (Les derniers vers célè-
brent le dévouement fraternel de Todora.)
1 Hap'BHHHUH.
2 HapiHHaae.
3 Ces phénomènes météorologiques ne sont autres que
les Destinées elles-même, c'est à dire des Youdas. Voy. le
No. 2 et l'Introd. p. XXII.
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Analogies des poésies bulgare , serbe et
grecque. 1
1." Pièces entières ou incidents.
Le voyage du mort. Voy. ci -dessus, p. 319.
La fondation de Scutari et le Pont d'Arta, poés. s.,
p. 189; Passow, Nr. 512—13.
Prédrog et Nénod, poés. s., p. 131; Pass., No. 487,
Simon, Milad. No. 65 ; Pass., No. 439, ^ àpxa*^. — Le
texte grec n'a pas l'incident du bouquet qui, en se fanant
annonce le prochain mariage.
Église bâtie par la peste, ci-dessus, No. 5; Pass., 427,
v. 10 — 14; 434 — 5, Tente et jardin de Charos; Syjijlotix^
àvôoXoyÉa, u-rcb M. S. AeXéxou, p. 155.
2. Détails et motifs poétiques.
Début ou prélude de nombreux chants héroïques : Ex.
„ Qu'est-ce qui blanchit, qu'est-ce qui miroite — au sommet
du blanc Bélachitza? — Sont-ce d'épaisses neiges blanches
— ou sont-ce de blancs cygnes ? — Ce ne sont pas d'épais-
ses neiges blanches, — ce ne sont point de blancs cygnes ;
— mais là était une blanche tente, etc." Milad. 19; 33.
Poés. serbes, p. 227; Vouk, passim.
Passow, 409: «Pourquoi les montagnes sont -elles
sombres et enveloppées de brume? — Est-ce qu'elles sont
battues du vent? — est-ce que la tempête les fouette? — Elles
i Voy. l'Introduction, p. XLIII.
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— 334 —
ne sont pas battues du vent et la tempête ne les fouette
point; — mais c'est Charos qui passe avec les morts, etc. 4 *
Et ailleurs : „Sont-ce des buffles qui se battent, —
ou bien des Eléments (génies) qui se font la guerre?" —
Poés. s., p. 174: „Bon Dieu, la grande merveille! est-ce le
tonnerre qui gronde, ou la terre qui tremble ? est-ce la mer
qui se brise sur les écueils, ou les Vi las qui se battent dans
la montagne?"
Nombres sacramentels. — Chez les Slaves; neuf,
9 fils, 9 frères, 9 années de maladie, etc.; soixante-dix-
sept, 77 brigands, 77 blessures, etc. — Chez les Grecs, trois,
cinq, quarante.
Ce sont des idées empruntées que celles-ci: Mavva
(i.è to6ç èvvta aou yioùç xat pie tyj pua aou xàpt), Pass. 517,
v. 1, ci-dessus, p. 324, — & 0iè pi6YaXoè6va|xe ; [/.e^aXo
6api[i.a xivetç! ibid. v. 54, p. 326.
Ce dernier vers est la traduction du vers serbe si fré-
quent:
Mhjih EoEte ! ^y#a Beanicora !
Et, Pass., 439, v. 6.
Hépvo) xat Tuaco cjtoùç j/.a6pouç xobç éftèo|i.Y)VTax£VT£.
Plantes, qui poussent sur les tombes d'amants mal-
heureux, enterrés côté à côté, et du corps desquels elles sor-
tent:
Vouk. T. 1, 345, v. 225, seq.: „Peu de temps après
que cela s'était passé, (du corps) d'Orner germa un vert
sapin, deMerima une verte sapine; la sapine autour du sa-
pin s'enroula, comme de la soie autour d'un bouquet de basi-
lic; de l'hellébore autour de tous deux." — Et ailleurs. Cf.
aussi le No. 64 ci-dessus.
Passow, Nr. 415, 418, 456 et al. Dans les trois pre-
miers exemples, les corps de l'amant produit un roseau, celui
de l'amante un cyprès.
Tombeau, auquel un héros mourant demande qu'on
laisse une ouverture, afin qu'il puisse jouir du printemps, etc.
Ce motif revient souvent dans les chants grecs, voy.
Passow, 416, v. 24 et al. Je n'en connais qu'un exemple
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— 335 —
slave : Une fille, sur le point d'expirer, pour avoir vu des Sa-
movilas, dit: „Je vais mourir, qu'on me fasse un tombeau
avec neuf petites portes, afin que le vent y souffle et em-
porte le moisi." Milad. 8.
Lutte, qui dure trois jours et trois nuits : de Charos
avec les pallicares, Passow, 426; de dragons avec un
jeune homme, Milad. 12; des héros entr'eux, ci-dessus, 34.
Cheval des héros, qui leur annonce leur mort prochaine :
le Cheval du Marko, poés. s., p. 107, et celui de Hadji Mi-
khalis (il pleure seulement, et ne parle point), Passow, 269.
Dans une romance espagnole (Damas-Hinard, T. 11,
p. 246) le Prieur de Saint Jean, placé dans un extrême
péril, promet à son cheval, s'il le sauve, de lui mettre des
fers d'or; les héros slaves font souvent de semblables pro-
messes, p. e. Marko, poés. s., p. 81.
Vanteries féroces des brigands, voy. l'Introduction
p. XXVII; Passow, Nos. 159; 174.
Femmes brigands, Introd. p. XXXI — Epreuves de
force et d'adresse par lesquelles une femme devient chef
d'une bande, ci-dessus, No. 18. — Jeux du même genre,
où se trahit le sexe d'une femme :
(3"p)*a v v « 7:a(Çouv toc axaOïa, va ^(Çouv to Xtôàpi. Pass.,
174; 175.
Oiseaux, symboliques ou prophétiques: Le faucon,
chez les Serbes, et l'aigle (àtr6ç, araupaïiéç, ^puaaÏT6ç), chez
les Grecs, symbole du jeune homme; la perdrix rouge, sym-
bole de la jeune Grecque et de l'Albanaise, et le coucou,
de la femme bulgare et serbe en deuil (ci-dessus, p. 324).
Les trois oiseaux, rcouXocxia, allégoriques, du prélude des
chants grecs, ont pour analogue les corbeaux qui annoncent
les catastrophes ou racontent les batailles dans la poésie
serbe; voy. ma traduction, p. 55, et Vouk, passim.
Oiseaux de proie, qui se repaissent de la chair des
héros, ci-dessus, Nr. 9; Milad., 182; Pass., 131, v. 9 — 11.
— Les cadavres qui parlent et racontent leur mort où leurs
aventures, n'ont point leur analogue en slave.
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— 336 —
Pobratime, ou frère d'élection, poés. s., p. 59 ; ftXapwjç
(albanais vœlâm), ordinairement flBeXforociQTàç, Pass., 267,
v. 17. — L'usage marqué par ce mot, est encore en vigueur
parmi les Grecs, et paraît inconnu aux Bulgares, qui don-
nent à pobratim le simple sens d'ami.
Légende 8 pieuses sur les Saints, la Vierge, etc. Ci- des-
sus, 11—16; Milad., No. 29—56; Vouk, T. 11. —Les
chansons sur saint Basile, dans Pass., Nr. 294 — 304, parti-
culièrement 310a, remplacent nos Noëls et sont surtout à
l'usage des mendiants ou des enfants, qui vont recueillir de
petits présents , il ressemblent en ceci au xeXt86viqj.a ou
chant de l'hirondelle — voy. aussi note Nr. 14, à la fin.
Saint Georges, comme destructeur des dragons et la-
mies, Milad., 31; 38; ci-dessus, Nr. 14, allégorique; vso
eXXyjvixà àvaXexTa, Athènes, 1870, Nr. 21.
Chants pour obtenir la pluie: Sur Dodola, Vouk, T. 1,
No. 184 — 88; Ileprcspouva et IIep7cepti, Pass., 311 — 13.
Cerf enchanté, Cyp-eaeH, Mil. 83 étal.; arotxett*)-
jxévo èX(%, Pass. 516. J
Principales croyances bulgares. 2
Charos (Xapoç) ou la Mort, figure aussi dans les poé-
sies macédoniennes.
Cheval ailé et à tête de boeuf d'Alexandre , suppl.
No. 4.
Croyance que le corps des criminels ne se décompose
pas dans la terre, ci-dessus, No. 44, 56. Milad., 55: la
mer refuse de recevoir le corps d'un parricide. — Pass.,
1 72 : b xoctustocvoç xb okuXé ^ jf) *và jjlyjv Tb fiffl !
Destinées, les trois (naproiiHip), ci-dessus, p. 331.
1 II y aurait encore plus d'une autre ressemblance à sig-
naler, mais il faut se borner.
2 Voy. aussi mes Rapports, p. 60, seq. — Les simples
chiffres renvoient aux Nos. de ce volume; Sup. supplément; Mil.
le recueil des Miladinov.
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— 337 —
Dieu (Bog), son paradis ou jardin, 15; son entretien
avec la mère du soleil, etc. 1 3 ; change, sur leur prière, un
homme en aigle, 10, et une femme en coucou, Milad. 19.
Dragons (zmeï; viték, sup. 6; 10), ont des femelles
et des petits, 8 ; 9 ; ignés, 8 ; frères des lamies, conte ; leur
font cependant la guerre, Sup. 3 ; aiment les femmes et les
enlèvent, aussi sous la forme des vents et des nuées, 8, 9 ;
viennent „du ciel" lutter avec Prodan et l'enlèvent après
un combat de trois jours et de trois nuits, Mil. 12; pren-
nent la forme humaine, Sup. 6, d'ours, 7, de poisson, Sup. 3 ;
dragon (aider, en turc) dévore les jeunes filles, Mil. 12
(Voy. Lamie), dragonne, sous la forme d'un ours et
aimant un homme, 7 ; ont des chevaux et des chars, 9.
Eléments (atoi^eia), voy. Youda.
Escarpolette, descendue du ciel et y remontant, 13.
— Coutume de se balancer le jour de la Saint Georges.
Etoile du matin, invoquée comme intercesseur au-
près de Dieu, 16.
Jésus, sa naissance dans un monastère, où il est as-
sisté par trois Samodivas, c. à d. les Destinées, 6.
Lamies (Xaptia), habitent dans les fontaines, les puits
et les lacs ; concèdent l'usage des eaux moyennant un tri-
but de victimes humaines, surtout de jeunes filles ; parfois,
quand elles y sont contraintes, elles rejettent leurs victimes
encore vivantes et intactes. Ces notions sont développées
dans la légende de Saint Georges, localisée dans la ville de
Troïem ou Troïan, Milad. 31, 38 ; la même légende, traitée
allégoriquement, 1 4 ; L. disputant à des dragons la posses-
sion d'un lac, Sup. 8 ; dévorent les voyageurs, conte.
Imprécations, voy. entr' autres ci-dessus No. 71, v.
11 — 17 ; les correspondantes grecques sont: va yévvjç . . .
X'jyvàq <joév xXworrt, va xepvaç àizb fteXôvt, conte. — Nà yévY);
aàv to ice/xokà [/.ou, et
TcévTe xp évpuç. v'à^poaxaY) . . .
cinq années, au lieu de neuf chez les Slaves.
15
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— 338 —
Magie, sorcellerie ; les astres soumis à l'influence de
leurs pratiques, 7, 8 ; Mil. 14; ces pratiques font naître
ou cesser l'amour, ibid.
Métamorphoses, voy. Dieu, Youda.
Malédiction; elle a, celle de la mère surtout, des
effets funestes et immédiats, comme la maladie ou la mort.
Peste, la, une des Toudas ; église qu'elle bâtit avec
des corps humains, 5 ; Mil. 3 et 10.
Samodiva (solitaire-sauvage), Samovila (vila soli-
taire), voy. Youda.
Serpent, sort d'une flûte et mord celui qui en joue,
11; employé pour la magie, 8, 12: à trois têtes, qui parle
et frère d'une fille (?), 38 ; à deux têtes, avalé par une fille,
etc. 50.
Soleil, son mariage avec une femme, 13; Mil., 16;
amoureux d'une fille et enchanté par une magicienne, 12.
Vents, ouragan, voy. Youda.
Vila, dénomination serbe, 5; voy. Youda.
Youda (K>Aa), esprit élémentaire; au nombre de une,
trois, sept, dix, trois cents, trois mille, Sup. 2 ; ont une fa-
mille, Sup. 5, et ai., des enfants, Sup. 2; des maisons et
des villages, 4, Sup. 2 ; vieille y., passim ; la Dimna (bru-
meuse) y., Sup. 1; — marine, Mil. 7; sous la forme des
vents et des nuées enlèvent les jeunes filles et les jeunes
gens, 2 ; Sup. 2 et surtout 9 (voy. Dragons) ; Y. lutte, sous
la forme d'un garçon, contre un berger et ne peut le vaincre
seule, 2 ; aiment la danse ; les lieux ou elles s'y livrent, dan-
gereux pour les hommes, 1 et ai. ; dansent au son de la flûte
des bergers, 1 , Mil. ; leur chant et son effet magique, Sup. 10 ;
les hommes qui l'entendent perdent la raison et pour éviter
ce danger, doivent se boucher les oreilles, Sup. 10, 5 (cf.
les Sirènes grecques); il suffit souvent de les voir, pour
mourir, 1 ; Mil. 8 et al. ; connaissent les simples et l'art de
guérir, 3 et ai.; lacs, Mil., 61, et fontaines, où elles se
baignent, elles et leurs enfants, Sup. 10; elles y recouvrent
leur virginité, 4 ; autres vertus merveilleuses de ces eaux à
l'égard des hommes, des chevaux et de la végétation, Sup.
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— 339 —
leur puissance réside dans leurs vêtements, 4; le plus sou-
vent méchantes et malfaisantes, 1 et al. ; parfois secourables,
surtout pour les héros, dont elles deviennent les sœurs d'adop-
tion, 3 ; Vouk; unies malgré elles, à un homme, le quittent
dès qu'elles peuvent, 4; Mil., 1 et 2, Verk.; aiment quelque-
fois des hommes, Sup. 5; Mil., 7 (ici la Y. finit par mettre
en pièces son amant auquel d'abord elle nettoyait la tête);
Y. exige comme tribu un joueur de flûte et deux chanteuses,
Sup. 1; cf. Mil., 8: „ce que veulent les Samovilas, ce n'est
pas un sacrifice, c'est un homme". Ont une papadia, 1 ; des
noms chrétiens : Marika, Giourgia, Elka, 7 ; châtient ceux
qui travaillent les jours de fête (assimilées au démon),
Mil., 1, 5.
sapt hh ca crimaTe
*IH HH Ca BHTpOBH H MarjH,
aM'B ca ay lOflH h caMOBHjH ? Sup. No. 9.
Ce nom de Youda (il vient peut-être de celui de Ju-
das, l'apôtre détesté qui livra Jésus, et décèlerait ainsi une
confusion avec les mauvais esprits du christianisme) ne se
trouve pas dans la présente collection, mais il est fréquent
dans celles de Miladinov et de Verkovitch.
15*
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GLOSSAIRE
COMPRENANT TOUS LES MOTS DU TEXTE.
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Abréviations.
v. p.
verbe parfait
art.
article
v. i.
y. imparfait
m.
masculin
aor.
aoriste
f.
féminin
P-
participe
n.
neutre.
Le genre n'a été indiqué que lorsque la grammaire
ne donne pas le moyen de le connaître
(sb.) serbe, (t.) turc
(si.) slavon ou ancien slovène, dans
(Mikl.) Miklosich, dictionarium palaeoslovenicum.
' (Morse) bulgarian and english vocabulary, by Rev.
C. F. Morse.
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Avertissement sur l'orthographe.
Jje système d'orthographe adopté dans ce livre ré-
clame quelques explications. L'orthographe bulgare est
encore en plusieurs points très incertaine, chacun écrivant,
et cela s'entend aussi des textes imprimés, à peu près à
sa guise. Cette incertitude tient d'une part, à la lutte
entre le principe d'étymologie * et la prononciation, et de
l'autre à la variété des dialectes. — Forcé d'en sortir, en ce
qui me concernait, car les Manuscrits où j'ai puisé offraient
les plus grandes divergences, et en attendant qu'un Bulgare
compétent et se rendant à l'évidence, opère hardiment,
comme Vouk, une réforme du système graphique sur la
base de la prononciation, je me suis arrêté à un moyen
terme :
1° Suppression des finales muettes 'L et l; 2
2° substitution de H à Kl, qui a le même son (i) ;
3° adoption de ë pour e, prononcé t'o, après une
chuintante et de 'L pour représenter le son marqué %, h et
1 Les Bulgares, la plupart même des auteurs de gram-
maires, qui se plaisent à donner à leur langue le nom de slavon
(slovène) moderne, paraissent ignorer que dans l'ancien idiome
s et a se prononçaient comme a et e polonais; de là beaucoup
d'erreurs qu'on prétend appuyer sur î'étymologie.
2 Le son de 'h final ne s'est conservé que dans les sub-
stantifs suivis de l'article -x-t, et encore a-t-il pris en beaucoup
de lieux le sens de a ou o; p. e. raaco, au lieu de raacfc-T.
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— 344 —
A (celui de eu français ou e dans le, je), par la raison,
a) que le son en est uniforme dans la prononciation, b) que,
en supposant toujours exact l'emploi actuel de i> et t, celui
de A. ne l'est certainement pas au même degré, puisque,
tout en ayant partout un même son (là où il n'est pas pro-
nonce a), il sert à exprimer, à côte de sa valeur propre
actuelle, son ancienne valeur, qui est celle du polonais fy
en. p^&ica, raka, et en outre pour figurer l'y turc, e.
ara&&jf ;
4° conservation, comme signe étymologique et di-
stinctif, dans les verbes, de A et 1*., prononcés, en beaucoup
d'endroits au moins, comme a pur, en: CTaiLS^ CTaaXui,
pron. stana, stanal (il en est de même en ce cas de a) ;
5° $ et. A ont dû être aussi conservés, notamment %
dont les différences de prononciation ne sont pas uniquement
dialectiques, comme en serbe, mais dépendent aussi, dans
un même dialecte, de la position de l'accent et de la nature
de la voyelle suivante (voy. Cankov, Grammatik der bul-
garischen Sprache, p. 2 et seq.).
6° on a laissé leur orthographe variable selon les
dialectes, à l'article du pluriel Ti, Te et th, aux pronoms
personnels, ex: mh, Me, Ma, etc., et plus d'une fois dans les
textes, mais pas dans le glossaire , on a laissé subsister e
à la place de £ ;
7° e et H sont constamment substitués l'un à l'autre
en bulgare, de manière à amener de fâcheuses confusions
dans la grammaire ou le sens, ex. hahiii, npHM^Ha, pour
Hflem, npeMÈHa; j'ai partout rétabli la véritable ortho-
graphe ;
8° o et y donnent lieu à la même observation ; j'ai
de même rétabli p. e. He^o, BHflftio, ao, no, oupaMM, là
où les manuscrits portaient Hefly, BHfl'fcjiy, ny, ,n;y, ynpa-
bhm, etc. etc. — Il convient d'ajouter qu'en ceci même les
man. ne suivaient aucun principe constant, et ne pouvaient
dès lors servir à faire connaître d'une manière positive les
variétés dialectiques.
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— 345 —
9° Les Bulgares donnent comme les Eusses , un son
fort aux finales 6, b, fl, hc, 3, (même suivies de t) ; ils en
omettent même quelques unes, p. e. ils disent deuche,
mladosse, pour A'BKA'B, MjaflOCTB • j'ai écrit A^KA»
MJiaAOCT, etc.
Ces remarques faites, voici l'alphabet employé :
Bulg.
Daim.
Croate
Prononciation
Bul&.
Daim.
Croate
Prononciation
À a
a
a
T T
t
t
E 6
b
b
y y
U
OU
B B
V
V
$ *
f
f
r r
g
g: gant
X x
h
kh
A à
d
d
n i*
c
ts : tsar
E e
e
é, è
■ï ^
ô
tch
ë ë
jo
io, o
ni m
8
ch : chamois
m. ae
z
j:jour
m m
*t
cht
3 3
z
z
Œ> T>
(oe)
eu, e:le
H H
i
i
$ *
je
ié, ia, é
ft ô
j
y»' 1 '
10 H)
j*
iou, ou
K K
k
k
fl H
ja
ia, é
JI jl
1
i
IG K
je
ié
M M
m
m
jSl A
a (fù L
H H
n
n
l2 ®
lié
o
Em,
ia,a(jaj' *
n n
P
P
? ? 1
de
dj (mots
P p
r
r
A» i
turcs)
C c
s
s
16**
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— 346 —
Exemples:
e: jratfe, libé; ce£6M, sédème.
ë : HoacëBH, nojovi ; CHHë, sinio.
i» : CLpije, seurtsé ; p'LKa, reuka.
fc: rojrâM goliame; rojr^Ma, goléma; Mfcceij,
méoé'tse ou miécétse.
io: jeoÔMv, lioubia; ra>BaM, tchouvame.
a: aeMH, zemia et zémé; th^hm, titehame; hm,
H^eui, yame, yédéche.
je : k, je (est) ; nfoem, péyéche.
a, î*.: 6epv&, y^i*.T, béra, outohate.
xb se pron. f : XBaHA, XB'&picaM, pr. fana, feurkame.
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a, et; mais, interj. d'appel:
CTami a cTami, 1, 27;
voy. a.
aÔaçHitaeTa, pi. de aôaçnitae
(t. abadji), n. tailleur qui
.fait des vêtements du drap
grossier appelé aba.
araH'LM (t.), mon aga, mon
maître.
arHe gen. -eTa, agneau dim.
artinje.
a3, a3e, a3H (a3HKa), je, moi.
voy. H3.
aaa, (gr. àXXoÉ), mais, pour-
tant.
ajreH (t.), rouge.
aiT'LH, (t.) l'or; aiTT.HeH,
d'or.
aMH, mais.
anrej, ange.
apajHH, (t. yarali), blessé.
apan, nègre, un noir; apa-
nHHa, même sens; dat.
apaniray, avec un adjectif
fém. 36, 12.
apaïap, (t. kharadj, impôt,
capitation), m., apaqape-
to, pi. n., percepteur des
impôts,
apraie, (gr. èpYotnqç), n.
ouvrier, manoeuvre.
apecaM, (gr. mod. àpé<ju>), v.
i. plaire.
apTHcaM, (t. artyrmaq), suf-
fire, être suffisant.
aT (*•) pl- " 0BH étalon, beau
. cheval,
axip, (t.) écurie,
aie, (a, ie), et, et puis.
aHHHH, (t. ayan) sorte de
fonctionnaire turc; aira-
ckh, adj.
apHayTHH, pi. -th, arnaute,
albanais.
B.
tfaôa, vieille femme; grand
mère, aïeule, dim. 6a-
ÔHUKa.
6aie (6aë, 6aio), 6afiH0 et
6aitao, frère aîné; 6aëB,
adj. du frère : 6aëB0-T0,
25, 98.
6afipaK, (t.) drapeau, éten-
dard; -Tap, porte-éten-
dard.
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— 348 —
(Saicpai (t. baqyr, cuivre),
chaudron de cuivre, par-
ticulièrement pour porter
l'eau (les femmes en por-
tent deux en équilibre aux
extrémités d'un morceau
de bois façonné exprès et
placé sur l'épaule, lors-
qu'elles vont chercher de
l'eau à la fontaine ou à la
rivière). Voy. MfeijH.
6aKUiHiu (t.), don, gratifica-
tion, bakchich.
(SajncaH, (t.) montagne ; -ckh,
adj. : KraaK ÔajKaHCKH, un
héros des montagnes, un
brigand (sans aucune idée
de mépris).
(SaH, (serbe ; polon. pan), ne
se trouve qu'une fois et
avec un sens mal déter-
miné, 39, 1.
ÔaHKO, m. (Samca, fem., (SaH-
kob, adj. — Ce sont des
termes d'affection , qui
équivalent à (Saie, etc.,
frère.
6aHHM, v. i. baigner, voy.
ICBIIBR.
(Sap#aK, (t.) vase ou pot à
eau, verre.
(Sape, (t.) du moins, aumoins :
to 6ape £a le, si du moins,
si encore cela était.
6apy T i (*• baryt), poudre à
tirer.
ÔacTHcaM, voy. ÔamniiLR.
6aTë, frère aîné : (SaTii ch,
son frère. Voy. (Saie.
6auBa, tonneau.
(Sam, (t. tête), en composi-
tion, chef; le premier, ex-
cellent, 14, 5; chef: 6am-
xapaMin; chef de voleurs.
tfanja, père, dim. (Sanniija;
(SanniH, adj. du père, pa-
ternel.
tfanjHnMëL, em, aor. (Sannicax
(t. ?), piller; aller en ma-
raude; s'emparer par la
violence.
6ei\iHK*iHH, (t. begliktchi),
celui qui prend à loyer les
terres de l'état ou la dîme
des moutons, (beylik);
6ei\iHinKH, adj. qui fait
partie du domaine public
impérial (en Turquie).
(Se3, sans ; -MeHe, sans moi,
en mon absence, 15, 68.
6e3rp$ineH, -lima (rpfcx),
qui est sans péché, inno-
cent.
(Se3irÈH, sans prix, inestima-
ble.
6eKH, (t. bilki), peut-être
que, il paraît que.
6ep^ (aor. (Spax, part. (Spaj),
v. i. cl-, no-, v. p. cueil-
lir,ramasser,recueillir,ras-
sembler; (SepemKOM, en
cueillant.
ôeniJHK, (t.) pièce de cinq
piastres.
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— 349 —
6h, 3 e pers. sing. de 6hx,
aor. du v. clm, servant à
former le conditionnel des
verbes: ,a;a He 6n Aa, de
crainte (qu'il n'arrivât)
que, 25, 21.
tfHBOM, v. i. fréquentatif de
clm: être, arriver, avoir
lieu souvent : ÔHBa jlb. ? ce-
la arrive-t-il, est-ce pos-
sible, faisable? 10, 35;
ÔHBa en, cela est possible,
cela se fait, 10, 46 ; c mo-
Ma mura He ÔHBa', on ne
plaisante pas avec une
fille, 70,27.
ôhboj, buffle.
6hjt, ÔHjâ, 6hj6, part, du v.
cbm: qui a été, qui fut.
Korâ k 6vul6 Ha Beiep,
quand ce fut au soir, le
soir venu.
ÔHJflpHH, pi. (Snjmpe, ven-
deurs de simples médici-
naux ou servant aux en-
chantements, 37, 12.
ÔHJKa, pi. ÔHJIKH, OU ÔHJie,
coll. neut. plantes; parti-
culièrement plantes médi-
cinales ou servant aux en-
chantements.
ÔHJiop, (t.) le verre.
ÔHCTLp, f. -Tpa, clair, lim-
pide.
6hu&, -lein, v. i. p. 6iul,
battre, frapper ; tirer sur,
avec une arme de trait ou
à feu, 17, 36. — MJri&KO,
battre le lait, pour en
faire du beurre ; — en, se
battre, s' entrebattre : 6oft
en k ÔHJia ; (Shhm, adv. en
battant : 6hk 6hkm.
àiaroflapBR, hih, v. i. re-
mercier; saluer, 10, 38.
àiH3y et 6jh30, près, tfjnray
npn, auprès de.
ÔJ-BCKaM, v. i. (Ôjtlcha, v.
p.) pousser, frapper; se
pousser mutuellement du
coude pour appeler l'at-
tention, 53, 27.
6jèbr., Kin, v. i. bêler.
6or, Dieu; cas oblique 6o-
ra ; 6o3KHé je, esp. de vo-
catif, 10, 38.
ÔoryBaM, 84, 11.
ÔOflHj, épine, piquant.
6o/i;ha, v. p. percer une fois ;
ôo,a;H;R.Ta paHa, blessure
faite par un coup de cou-
teau.
6oa>&, ein, v. i. piquer, per-
cer.
Ôohch, -H, de Dieu , divin
(6or): paft Ôoechô.
ÔoacypeK, la pivoine.
6o3ai*., sucer, têter : 6o3ajH,
25, 78.
6o3£oraH, (t.) masse d'armes,
massue; appliqué à l'ai-
guillon d'un moustique,
87, 5.
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350 —
ôoft , (de 6h») , combat,
guerre.
ôofciHH, épithète du fusil:
long comme un homme
(t. boïlu).
ÔOJieH, -JHa,malade — jeacH,
il est malade ; — ca 3a6o-
jrô, il est tombé malade.
tfojecT, maladie.
(5o.inpHH (si. optimatumunus,
âojHfi, plus grand), per-
sonnage d'importance, ri-
che; chez les Eusses, bo-
yard: Iïbko ÔOJapHH;
Ôam-tfoifepHH , 1. un chef
boyard, un notable, 51,
27.
6op, le pin sylvestre ; 6opn-
na, le bois de pin.
tfopi*., Hin, v. i. se battre,
combattre.
6ocftJiHK, le basilic.
601*., hhi, ca, v. i. craindre,
avoir peur.
tipa^Ba, hache.
6paT, pi. 6paTH, frère ; ôpaft-
ho, tfpaTKO et tfpaTie, esp.
de vocatif; (SpaTeij, dim.
6paTHMCTBO, qualité de frère.
tfpaTMMHJa (serbe ÔpâTHMH-
th), elle donna le titre de
frère (avec prière de l'ac-
cepter à un ennemi dont
on veut faire un ami),
38, 5.
Ôpanmo, farine.
6pe(t.), hé! holà!
6pT>KHA, saisir, fouiller, met-
tre la main (à la poche,
dans le sein); tipiKHeM,
I e p. sing. (forme serbe),
38, 13.
tyvBMÔap, bourdon, insecte.
(SpÈMe, pi. — eTa, ord. — eHa,
fardeau : ÔpiMeTa A'LpBa,
charges de bois.
6yAi*., Hm, v.i. éveiller, ré-
veiller.
6yK, le hêtre; -ob, adj.
Ôyjio, un voile; tfyJKa et
6yjme n. , (femme voilée),
fiancée, épouse; Ôyjrae,
esp. de vocatif: femme
(mariée).
(Syxa, voc. ÔjJLe belle-soeur
(épouse du frère) ; y (Sy-
jhhh ch, chez sa belle-
soeur.
tfyjriOK, (t.) troupe, com-
pagnie : 6yjH)K - (Jamiwi,
propt. capitaine , gen-
darme.
6yHap (t.), puits, fontaine.
6ypyHij[yK, (t.) espèce d'étoffe
tissée dans les maisons, et
composée de bandes alter-
natives de soie et de co-
ton ; elle sert principale-
ment à faire du linge de
corps; ÔypyH^y^aH, fait
de cette étoffe.
ÔyxaiKa, battoir pour le
linge.
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351 —
tiyxaM, y. i. battre le linge
pendant le blanchissage.
tyreH, f. ÔyfiHa, agité, tu-
multueux , impétueux :
-BOAa,ropa; 6yftH0,tumul-
tueu8ement, avec bruit.
Ôtb^br. (6^M>&, pol. be.de,), v.
p. futur subjonctif du v.
clm : . que je sois, que je
devienne.
(feitiHua, bouteille de bois,
large et plate, pour porter
du vin (en serbe lyTypa).
ÔMrapHH et ÔJxrapHH, pi.
(fojirapH, le Bulgare, 8,
46.
(tapicaM, v. i. voy. 6pi>KHA.
&bipz, rapide, prompt.
6ïraM, v. i. fuir, se sauver.
(fô^a , nécessité , malheur,
danger.
tffcj (bial), blanc ; <$$jhipbk,
dim.
(S&rôbR., reni, v. i. paraître
blanc.
(îïLn*., mn, v. i. blanchir (le
linge).
(fôjiHJije, blanc à farder.
6fex (biah), 2° p. 6fc, je fas.
voy. CBM.
B.
B, BT>B, dans, BT>B BTOpHHK,
au jour de, le, mardi.
Ba^p*., nm, v. i. tirer hors,
extraire, aveindre ; dégai-
ner (un sabre).
Ba3H (Bac-3H), vous ; y Ba3H,
chez vous, à la maison,
HaABa3H, au-dessus de vo-
tre maison.
BaJH, v. i. -A'B^KAi il pleut.
B&ior, pente, déclivité d'une
montagne, 4, 19.
Bap et Bapa, 39, 28, la chaux.
Bapan, jeje Bapaft, impér.
d'un verbe inusité (slo-
vène mod. varati, obser-
ver, si. BapoBaTH ch, ca-
vere), qui sert d'interj.
pour appeler l'attention
ou marquer l'étonnement.
BapAbR, v. i. épier, guetter,
ch, faire le guet.
BapbR., nm, v. i. faire bouil-
lir, faire cuire.
brutes, v. p. lever, soule-
ver, ch, se — .
B,a;oBHu;a, veuve.
Beat^a, sourcil.
Be&&, v. i. lier, 37, 20.
Be3Hp (t.), vizir, Be3npa, dat.
Be3Hpio, 42.
BeKe, déjà. voy. Be^.
BejHK^eH (grand jour), le
jour de Pâques.
Beprna, (t. vergui), impôt.
BepecHH (t.), crédit: Ha — , à
crédit.
Becej, gai; hh — norjreA, 1.
ni un gai regard, pas mê-
me un regard, 62, 7.
BeccibR., nm, v. i. réjouir,
égayer, amuser; — en,
se — .
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— 362
BeceJHHa, gaité, allégresse.
Ben, Be^e, déjà, He Beqe, ne
plus. Voy. B6K6.
Beiep, m. etfém., soir; adv.
le soir, an soir.
Beiepu, souper, repas du
soir.
BeqepHM et BeiepaM, v. i.
souper.
Be^epaTH, inf. serbe, souper.
BH, BHft, vous.
BH£i&, v.p. eti. voir ; trouver
bon, juger à propos, 23,
77.
BHatflaM, v. i. voir.
BHKaM, v. i. appeler, man-
der vers soi ; inviter.
BHJa, espèce d'être surna-
turel qui figure plus par-
ticulièrement dans la poé-
sie des serbes (en bulgare
caMOBHja), 5, 5 et 6.
BHJiarer, (t.) pays, province.
bhho, vin.
bhcok, adj. haut; -o, adv.
haut, en l'air.
bht, sinueux, tortueux : bh-
TH IMaHHHH, 6, 3.
BHxpa, 5, 6 et BHxpyin-
Ka, prop. ouragan, ensuite
dans le sens d'un esprit
élémentaire analogue au
arot^éîov des Grecs mo-
dernes. Voy. CTHXHH.
bhihhh, haut, élevé: ot
BHiimaro Eora, du Très-
Haut, génitif archaïque,
42, 5.
bhiiih;i, cerise aigre, griotte.
BHbîv, Km, v. i. tordre, en-
rouler; — rHÏ>3#o,bâtir son
nid ; — ch, se tordre, s'en-
rouler.
BKyn, ensemble, tous ensem-
ble, voy. CKyn.
BJiaAHKa, pi. BJiaAHi^H, 16,
23, évêque.
BjainKH, valaque.
BJieKA, Bje^em, v. i. traî-
ner, entraîner.
BJOBb*., ch, v. p. se saisir
mutuellement, s'étreindre.
Voy. JOBMv.
BJi3BaM, V. i. BJIÈ3R*. et
bjiÈ3>îv, eui, v. p. entrer.
BO^a, eau. dim. BO£Hija, un
peu d'eau.
boa^r, hui, v. i. conduire ; —
3ceHa, prendre pour fem-
me, épouser, se marier, 4,
48; — Mxara, vivre en
homme, à la manière d'un
homme, 18, 25 ; — Cfl,
vivre ensemble, être dans
l'état de mariage, 4, 58.
B03fc&, v. i. traîner, mener
(une voiture).
BofiBO^a (si. Bofi, guerrier,
BOflHTH , conduire), chef
de guerriers,chef de bande,
capitaine de brigands ;
Mja#a BOÔBOAa, d'une fem-
me, 17, 85.
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353 —
Boftcica, la guerre, 3,2; trou-
pe armée, soldats, 3, 48.
BOjeij, dim. de boji, boeuf.
BOJfl, permission: flafi mh — ,
donne-moi la permission,
40, 10.
bocok, pour boclk, cire
vierge.
BnpiraM, v. i. atteler.
BpaH, noir, surtout du che-
val.
BpaTa, pi. n. et BpaTH, pi.
m. 49, 32, porte.
BpamaTH, infin. serbe, ra-
mener, voy. Bp'BmaM.
BpaTnra, nom de plante, 8,
39.
BpauKa, devineresse, diseuse
de bonne aventure.
Bpa^iyBaM, v. i. prédire le
sort, dire la bonne aven-
ture ; — CH,se la faire dire,
consulter un devin.
BpefleH (serb.) , digne : —
K)HaK, héros accompli.
BpeTeHO, fuseau, quenouil-
lée.
BptBjaM, V. i. VOy. BTbpHA.
BpfcMe, pi. -eHa, le temps.
Bce, bch, voy. bch^lkh.
BCH^KH (et CIHIKH),f. BCH^IKa,
n. bchtoco et Bce (ce), pi.
m. bch (ch), pi. f. et n.
bchtoch: tout, toutes, tous.
BCHKaKi.B, fem. -KBa, cha-
que.
bchkh, bc$kh, chacun, 17,
130; chaque, 18, 44.
BTacaM (gr. <pÔàvw), v. p.
BTacBaM, v. i. arriver à
temps, suffire à, être en
état de.
BTOpn, second, deuxième.
BTOpHHK, mardi.
Byfirâo, m. oncle, dat. Byftqy,
ByfiqoB, adj.
BTbi\ieH , charbon allumé,
braise.
B r b3 1 sur, auprès de, 1, 8 étal.
B'BSrjaBie, oreiller.
BTb3ci^H^, v. p. monter un
cheval ; se mettre en selle.
B'LJPie, pi. -eTa (dim. de
bmk), loup.
btbh, HaBTbH, BTbHKa, dehors,
au dehors.
BTbptfa, saule.
Bi»pB, f. corde, lien.
BTbpBi*., v. i. aller, marcher,
cheminer.
BTbpatyR, (aor. BTbp3àx, part.
B'Lpaajt), v. p. B'LpayBaM
v. i. lier; bander une plaie.
BTbpj, adj. violent, de carac-
tère méchant, 7, 10 et
14 ; féroce : Btpja Me^Ka;
fort , d'un spiritueux :
Btpja pairifl. Voy. jiot.
BtpHA, v. p. faire retourner,
renvoyer, reconduire ; —
ch, s'en retourner, retour-
ner, revenir.
BTbTpfc, dedans ; — xofli*., al-
ler dedans, entrer.
B'Bpx, Bpi>x, sommet, cime;
Ha Bptx, en haut.
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— 354 —
BtHeu, toc. BtHie, dim.
Btroeo;, couronne, princi-
palement celle qui sert
pour le mariage et qne les
femmes continuent ensuite
de porter ; c'est une espèce
de chapeau orné de fleurs,
de monnaies, etc. et d'un
effet souvent bizarre.
BtHiaH (BtH^tH), couronné,
marié. Voy. JHÔe.
Bf>H*ïï>bk 1 rem, part. Bforëj,
v. p. marier (en célébrant
la cérémonie du mariage,
en posant la couronne,
b$h6d;): c, avec, à, 10,
110; — ch, se marier.
BtH^HBaM, v. i. VOy.BfcH*dJB&.
Btpa, foi, bonne foi ; -CTopi*.,
engager sa foi, promettre
par serment ; religion :
Apyra Bipo! o homme
d'une autre religion ! 37,6.
BfepeH, f. BipHa, fidèle.
BfcCTfcft, Cfl, V. p. BiCTHJia
ca, elle se montra, appa-
rut, 11, 16.
BirBp, pi. BfcrpoBe, dim.
BfcTpeij, vent.
b$u&, v. i. souffler : Bfcie My
poca, elle agite l'air (avec
le drapeau) pour le ra-
fraîchir, 84, 7, — ch, flot-
ter au vent, comme un dra-
peau.
raBa3, (t.) espèce de gen-
darme, kavas.
raAHHKa(Morse: ra^HHa,ra^,
creeping thing, reptile)
animal (oiseau?), 10, 21.
raai*., v. i. passer à gué.
raft£a, s. f. (serb. rafi^e, pi.
f.) cornemuse, musette.
raflTaH (t.), lacet, cordon
servant à soutacher.
racbîv, y. i. éteindre.
ranjH, pi. culottes d'homme,
braies.
ta* (gdé), A*, rA^TO, a*to,
où; quand, dès que; sert
aussi de pron. relatif:
ta^to eAHa, qui (est)
seule, 1, 19; que, de ce
que : a$to k HfcMa, de ce
qu'elle est muette, 13,81;*
ta$ da K, où qu'il soit.
rerafîjnftcKH , appartenant
aux Guégues (Chkipetars
de la haute Albanie) ; épi-
thète du fusil long et min-
ce des Albanais, 3, 23 et al.
reMRÇHH (t. guemidji), m.
batelier, matelot.
reMHK (t. guémi) , navire,
bateau.
reprëB (t. kerguéf), métier
à broder.
reprëB, adj. -a©h, le jour de
la Saint Georges, grande
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— 355 —
fête qui tombe le 23 avril/
5 mai ; -ckh, adj., -cko
ame, agneau qu'on mange
ce jour-là.
repriOBHija, la femme de
Georges (reprn).
repaan (t.), collier.
rn£H, interj. turque de mé-
pris, équivaut à peu près
au jxtopé de Grecs (bulg.
Mapii).
rH3^aB, joli, beau.
rnpaHOB (t. guiren, puits),
adj. — aB0#a, eau de puits.
r-aaBa, tête : rowjlo le MeHe
AO rjaBa, 1. il m'est venu
jusqu'à la tête, on en veut
à ma vie ; individu, per-
sonne : TtproBCKa i\xaBa,
un marchand (sb. Myunca,
ateHCKa-) homme, fem-
me).
rjaBHH, tison, morceau de
bois enflammé.
i\aaAh&, v. i. prop. polir;
caresser.
r jac , dim. r-iaceu, , voix ;
clc rjrac, à pleine voix, à
pleine gorge ; pi. rjacoBe,
cris, rjaco = rzaca ou
rjacaT, le voix, 37, 57.
i\xo6a ; amende, punition pé-
cuniaire ; argent extorqué
par un fonctionnaire.
rjiynaB, stupide, bête.
rjLe&aM, v. i. (si. rxMara)
regarder ; prendre soin de;
rj$Aa ch, impers, avoir
l'air, sembler, — JioinaBO,
cela s'annonce mal, 11,15.
rafcsflo, nid.
roBe^ap, bouvier ; -ckh, adj.
qui le concerne.
roBopi*., v. i. parler, dire.
roB£b& , rem (si. venerari ;
Morse, jeûner), v. i. Ha-,
v. p. vénérer, témoigner
du respect, principalement
en gardant le silence 13,
71.
roBiHK, verbal du précédent
marque extérieure de re-
spect, civilité : — h K-iaH-
hhk, 45, 61 et al.
rofli roflii, particule qui s'a-
joute aux pronoms pour
leur donner un sens indé-
fini (lat. cumque).
ro^eat, f. accordailles, fian-
çailles.
ro^HHa, an, année; ro^HH,
gen. pi. archaïque, mais
encore en usage: Tpn ro-
AHh; roflHHKa, dim.
rofli*., f. i. fiancer, promettre
en mariage; rofleH, pro-
mis, fiancé.
rosÔH (pour toctÔh), pi. f.
mets, aliments. Voy. toct.
roa, nu.
rojïfcM, grand.
rom*., v. i. chasser, pour-
suivre.
ropa, dim. ropmja, forêt,
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356 —
montagne boisée ; ropcKH,
adj. ; ropie,coll. n. nycro -,
64, 10.
ropeH, f. -pHa et -hh, d'en
haut, supérieur,
ropfc, en haut, haut ; ot — ,de
plus, en plus,
ropemn (roptiv), brûlant:
— CBJi3H,larme8 brûlantes.
ropKH (serb. amer); rop-
KHaTÎ l'infortuné!
ropi*., nm, v. i. brûler, se
consumer : ropn 3a BOfla,
elle brûle pour l'eau, a
soif, 8, 20.
rocnofl, le Seigneur, Dieu,
voc. rocnoflH, 87, 22.
rocnoflHif (serb.), voc. -e,
Monsieur! Seigneur, 12,
25.
toct, pi. rocTK et tocth
(roCTe), hôte, convive;
u&&. Ha rocTe, aller chez
quelqu'un pour y recevoir
l'hospitalité, y être traité.
roTBh&, nm, v. i. préparer;
préparer à manger , faire
cuire, cuisiner.
rpaÔHA v. p. (rpaôi*. v. i.),
saisir et emporter, s'empa-
rer de.
rpaa, ville, cité.
rpaflHHa , dim. rpa#HHKa,
jardin,
rpaat^, nm, v. i. fabriquer;
bâtir; travailler, 11, 16.
rpaMa^e (ord. rpaMa^a, f.)
s. n. prop. tas; tumulus,
17,2.
rpaHH^OB, adj. de rpaHmja,
espèce de chêne.
rpe^a, poutre, chevron.
rpnBHa, bracelet.
rpnateBeH, triste, inquiet.
rpH3&a, souci, inquiétude.
rpmKi*., ch, v. i. s'inquiéter,
s'affliger ,
rpo6, pi. -obh, tombeau,
fosse.
rpo3;pe, coll. n. (de rpo3fl),
des raisins, du raisin, une
grappe.
rpo3flaHKHHH, adj. pi. qui
appartient à Grozdanka:
— ABopoBH, la maison de G.
rpo36H, f. -3Ha, laid, dif-
forme, 13, 8.
rp'BÔ, le dos.
rp'HjKH, grec.
rpfcx, pi. -OBe, péché.
rpixoTa, péché, crime.
rpih&, œin, v. i. luire, bril-
ler; rpfcft, impér. 6, 1.
ryÔi*., v.i. perdre; détruire,
tuer.
ryicaM, v. i. roucouler.
ryimca, gosier, gorge.
n>6a, champignon.
rM'LÔ, pigeon.
rxpKHHH, femme grecque.
rtpjo, la gorge (intérieure),
gosier.
r'BpMbR, v. i. tonner.
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357 —
nbpne, pot, vase de terre,
raie, voy. Aine.
A
fla, que ; pour que, afin que ;
si. Avec l'impératif: a&
3eM6M, prenons! me a&
njaie, 1. elle veut qu'elle
pleure, elle pleurera, a&
KaJKeui, pour que tu di-
ses, pour, afin de, dire.
Aa jth? est-ce que? Aajrn
Aa, si (s'il faut que).
AaBaM, v. i. donner. Voy.
#aM.
Aajreico, fl&JLe% loin ; ot a&-
jie^, de loin.
AaM, aor. A&AOX, A^A©» im-
per. A&ft > ftit. m*. a»i v.
p. donner ; permettre, ac-
corder : Aa A&A6 TocnoA !
plaise à Dieu que ! 51, 6.
Voy. A^BaM.
AaHO , afin que ; peut-être
que, dans l'espérance que.
Aap, pi. -OBe, objets (vête-
ments, linge, etc.), qu'une
femme apporte en se ma-
riant, son trousseau: A&-
poBe jeHeHH h KonpHHe-
hh, 17, 5 ; Aapa KpoHJH,
Aap CLÔnpaJH, 65, 18
et 19.
AapyBaM, v. i. gratifier, faire
un cadeau à.
Aacicajrae (BtSiraaXoç), maî-
tre d'école.
AaxoM, esp. d'adverbe tiré
de a&m, et comme s'il y
avait: A&AOX a&xom, je
donnai en don, 37, 16.
ABa, ABaMa, ABaMiraa, m. ab$
(dvé), f. et n. deux : h ABa-
Ma-Ta, tous les deux ; cbc
ABa-Ta 3a6njiH, ils s'entre-
battirent.
ABaHaAeceT, douze, -fto =
H-aT, le douzième.
ABaHafice, douze.
ABain, deux fois.
ABofice, vingt.
ABop, pi. -OBe, maison, gran-
de habitation; cour.
ABfccrfc, deux cents.
AeÔejr, épais, gros.
AeBeAece, quatre-vingt-dix.
AeBep, dim. A^Bepie, beau-
frère (frère du mari) ; gar-
çon de noces.
AeBeT (AeBJrr), neuf; -MHHa
avec les noms de person-
nes: ASBeTMHHa (SpaTH,
neuf frères ; A^BeTH, neu-
vième.
AeH (Aem>), pi. ahh, jour;
Tpn ahh ; g. pi. A6Ha, 38 ;
A6H$, pendant le jour.
AejiH (t. fou) : -ÔauiHJi, déli-
bachi , sergent , homme
d'escorte, etc.
AeceT, dix.
AHraM v. i. AHrHA v. p. le-
ver, soulever.
Anpi*. v. i. chercher, recher-
cher.
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358 —
Aitec, AHeCKa, aujourd'hui;
pendant le jour.
AHemeH, adj. d'aujourd'hui.
AO, à, vers, jusqu'à; auprès
de ; devant les numératifs,
presque explétif ou équi-
vaut à tous : ao Tpn rja-
bh, toutes les trois têtes.
AO KaTO, jusqu'à ce que.
AOÔhb, gain, butin, 35.
AOÔHWv, Kin v. p. (-ÔHBaM v.
i.) engendrer, mettre au
monde, 4, 60; obtenir,
gagner.
AOÔpoBOJieH, f. -.ma, qui a
bonne volonté, de bon
coeur.
^oÔpoaca, la Dobroudja, ré-
gion de la Bulgarie à l'an-
gle du Danube et de la
mer Noire.
AOÔTbp; AOÔpH, a, o, bon;
AoCipo, bien, objet pré-
cieux ; c Aotfpo, de bon gré,
volontairement ; Aotfpfc,
adv. bien.
A0B6AA v. p. part. act. ao-
Bea,p. pass. aobcach, ame-
ner, particulièrement une
nouvelle mariée à la mai-
son de son mari: CKopo
AOBeAeHa, récemment a-
menée, c'est à dire mariée,
25, 58.
AOBHija (b-, y-AOBHija), ao-
BiiqKa, dim. veuve.
AOBJieK^, iem, part. BJieK'BJi,
v. p. traîner jusqu'à un
certain endroit.
AOB^epa, adv. ce soir, cette
nuit (prochaine).
AorA^, flOA^i jusqu'à ce que,
tant que.
AOAaô(AaM), impératif; don-
ne, remets! 36, 34.
AOAp^Mi*., v. p. (ap^mi*., v.
i.) avoir envie de dormir,
sommeiller: ^e My ch
ApiîMKa AOAp^Ma, 41, 12.
AOAiBàM v. i. ennuyer, im-
portuner, dat.
AOA^m»., lem v. p. empêcher;
impers. : AOA$# mh cji, je
suis ennuyé, las de.
AOKapaM v. p. amener en
chassant devant soi.
AOA>*. et AOÔA^> em > P ar k
Aonieji, f. Aonuia, v. p. ve-
nir; — npn, venir chez
(un homme), l'épouser:
AaHO aoa© n P H MeHi, 78,
2 ; aoô Ke, il viendra, 37,
32; MeHe K aohuo ao
rjraBa, il m'est venu à la
tête, ma vie est en péril.
AOJceH, f. aojihh, inférieur,
situé en bas; AOJHeHKa,
celle qui est, habite, au-
dessous, 69, 15.
AOJy (aojo), en bas ; ot — ,
d'en bas.
AOJK (déle), vallée, AOJHq-
HHKa, vallon.
AOM, maison ; ce qui la gar-
nit, mobilier, 4, 49 ; — cb-
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— 359 —
(SnpaM, ,a;0M(y)BaM, bien
tenir une maison , être
bonne ménagère, 4, 49 et
96 ; y &OMâ, à la maison.
flOMpe)KH ça, v. imp. 3 e p.
s. aor. : h ca Mpea:a ,a;o-
MpeacH, et ses yeux furent
comme couverts d'un filet,
furent apesantis, par le
sommeil, 43, 30. Voy.
Mpeaca.
flOHeasc, em, v. p. ^ohochm,
v. i. apporter.
#onjiaiCR., v. p. pleurer aus-
si, pleurer après quel-
qu'un.
AonpaTbk, mn, v. p. envoyer
jusqu'à, faire parvenir.
aoirMBaM, v. i. achever de
remplir, remplir complè-
tement.
Aopa, flop\ jusqu' à ce que.
,a;ocTa, assez (si. dostati,
suffire).
flOCTaHA, V. p. : AOCTaiLKjIO
qui a duré assez, est ar-
rivé à son terme, 39, 17.
AOTerH-*., v. p. flOTerHyBaM,
(v. i. si. TAriv, labor) fati-
guer, être à charge, en-
nuyer : ROTeTKXJLo My,
cela l'ennuya, 3, 31.
#0X03KA£iM, y. i. venir, arri-
ver. Voy. flOA^«
^o^TacaM, v. p. arriver, sur-
venir.
^orau*., îein, aor. ao^iox, v.
p. entendre: Romozo ch,
cela fut entendu, 13, 74.
AOi*., Hm, v. i. no-, v. p.
allaiter : Ke aoé, noAOft ne,
allaitera, 37, 32 et 40.
aparn (sb.), cher, aimé; Apa-
ro mh 16, cela me plaît,
j'aime à; njo Tetffc aparo,
tout ce que tu voudras.
flpaica (serb. apara), arbuste
épineux, le paliure, épine
(buisson).
flpeôeH, f. — 6na, menu, fin.
Apexa, habit, vêtement.
flpyr, adj. autre.
Apyrn, 1° pron. un autre,
Apymro, gen. 8, 23, —
ApyroMy, dat. : e^ira flpy-
roMy, l'un à l'autre, 34,
145; 2° adj. (serbe) deu-
xième.
flpy^KHHa, coll. compagnons,
compagnie, troupe de bri-
gands, etc. 3Jia flpyauraa,
de mauvais compagnons,
7, 9 ; flpy^KHHO BepHa, 17,
14; sert de pluriel à Apy-
rap: 77 apyacHHa, 17,8;
ApyjKHHa croBopHa et cro-
BopHH, 34, 82; avec le
verb. au plur., 34, 74.
ApyM, pi. n. ApvMHHja (gr.
8p6{Jio;) , chemin, grande
route.
,a;p$MKa, envie de dormir.
Voy. AOAp3JMfc&.
ApTBnaM, v. i., ap^iiha, v. p.
saisir, tirer à soi par un
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— 360 —
mouvement brusque et ra-
pide; vibrer, être secoué
brusquement, 44, 25.
ayAHHH, adj. pi. : y — , à la
maison de Douda.
jyicaT, ducat, pièce d'or.
AyjtH, ayHH, coing, cognas-
sier.
Aywa, parole, discours; —
He MHHyBa, aucune parole
ne passe, on ne veut pas
m'écouter.
AyMaM, v. i. parler, dire.
Ayx, esprit, souffle vital.
AyxaM, v. i., AyxHA, v. p.
exhaler un souffle, souffler
(du vent) : flyxâ Ke, ayx-
hA Ke, soufflera, 37.
AyxoBHHK, ecclésiastique.
Ayina (Ayx), dim. Aymnija.
Fâme; pi. individus.
AymMaHHH (t. douchman),
pi. AyniMaHH, ennemi;
— Mamca, ennemie: —
MaHJn»K, inimitié, haine.
A'BÔpaBa, forêt de chênes
(a*<5).
Ai>3KA (pron. deuche), dim.
A'BKAen;, la pluie.
AtatfoK, profond.
AMr, long.
KbJiyKen, qui doit, est débi-
teur ; np c*bm — ,que dois-
je?
A'BpBO, arbre , Ai>pBa pi. bois
à brûler, fl'BpBjeTO , coll.
les arbres.
AtpBOA&ieiJ, pi. — JUjH, bû-
cheron.
A'BpxM^ v. i. tenir.
AxpT, vieilli, usé.
Axcica, planche.
A'Bnjepji, fille.
AÏ (dé), voy. Tfl$. A^Ka, où
que, en quelque endroit
que ce soit.
A^BHija (dim. de A*sa), jeu-
ne fille, vierge.
A^BOÔKa (serb.) comme a$-
Bima.
A^AOB, adj. du grand père.
A$fi (pi. A^ôtg), sert à for-
mer une espèce d'impéra-
tif prohibitif; comme en
serbe HeMofi, HeMoflTe:
He A$ft Me Hanynja, ne
me répudie pas, noli me
dimittere.
A&ï, part, portion.
A&n*., mu, v. i. partager, di-
stribuer.
A&ihhk (a$20, œuvre), jour
ouvrable (opposé à npa-
3HHK, fête);
A$ceH, f. A^CHa, droit, qui
est à droite ; Ha a^cho, à
droite.
Afrre, pi. A^na et a^hd^,
dim. enfant.
Afrremje, dim. petit enfant.
A*to, v. ta*.
AioreH (t. dukkian), bouti-
que.
AflBOJï, diable.
AHK, pi. -0B6, et a^koh, dim.
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361 —
AflKOinie , clerc, diacre,
écolier.
E.
Cette lettre, au commencement
de plusieurs mots, se prononce
aussi ié.
eBe (ebo), voici.
ërn^L (yoguitch), bélier, con-
ducteur du troupeau, 69,
46.
e^eH (le^en) et e^ira, e#Ha,
-ho, un, une ; seul : eflHHa
BOJieu,, ace. un des boeufs,
63,17; eflHaflÔTBJiKa, Tune
des pommes; #0 e^eH,
jusqu'à un, c. à d. jus-
qu'au dernier.
eflHKyjiCKa, relatif aux Sept
Tours (yédi koullé, t.),
localité de Constantino-
ple.
eAHaac, eflHain, une fois.
e^HH^KH, unique ; e^HH^Ka
y MafiKa, fille unique, 1,
15.
eapHHOriojiCKH , d'Andrino-
ple (en turc Edirné).
e3flt&, v. i. monter un che-
val, chevaucher.
eKHMatHH (ar. t. hekimdji),
médecin.
ejea (gr. mod. eXa), viens!
eJLen (reaeHL), dim. ejeH^e,
cerf.
ejie^ie, dim. (t. yélek), gilet.
dxa, dim. ejxnija, exjia,
sapin, voy. xejiHija.
eHfl (gr. Ivvoia), souci, in-
quiétude : Aa th He re — ,
n'aie aucune inquiétude.
eTO, voici, voilà; — ie, voi-
là que.
eTTbpBa(HTTbpBa),belle-soeur
(soeur du mari).
eHUHK (t.) besace, sac.
ixv.
ataHtM prop. nambM, dja-
neume (pers. djan, âme,
et t. y m, ma), mon âme ;
manière amicale et très
fréquente en turc d'inter-
peller les gens.
3Keji3eH, f. — 3Ha, de fer.
)KeHa, femme; épouse; ateH-
ckh, féminin.
xceKbK., mn, v. i. marier, don-
ner en mariage ; — Cfl, se
marier; aceHeH, part. ma-
rié, MOMH He 3K6HeHH, les
filles non mariées, 5, 30.
jkhb, vivant, vif; — ot, la
vie.
ysrbJLT, jaune ; HCMTHija, dim.
WbATimKB, , pièce d'or
(vulg. un jaunet).
acBHA (hcmlk.), em, v. i.
moissonner.
ysuiAÔs,, chagrin, affliction.
tkjulko, tristement.
16
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— 362 —
XJU0B6H, f. BHa,
désolé.
jkjuWv, hui, v. i. plaindre,
avoir compassion.
XflTBa (si. KATRA), la mois-
son.
3a, pour; en, dans l'espace
de: — HefliiJH, en une
semaine , 3a a^h, en un
jour.
3a6aBb¥v ch, v. p. (ÔaBi*., v.
i.), demeurer, tarder, s'ar-
rêter.
3a(5ni*., v. p. ficher, planter
(un drapeau).
3a6nb& ch, v. p. commencer
le combat.
3a($OA&. v. p. percer d'un
coup ; arranger une cein-
ture (d'homme) en enfon-
çant les deux bouts dans
le reste pour qu'elle ne
tombe pas, 34, 121.
saÔpaBHM, v. i. 3a6paBh&,
hui, v. p. oublier.
3a(5pa#i*. ch, v. p. se coiffer,
mettre le 3a6pa^UHK, ou
mouchoir de tête.
3a6yjiu&, hdi, v. p. mettre,
poser le voile (à une ma-
riée); 3a6yaeH, voilé. Voy.
tfyjio.
3a6yn*ie, espèce de gilet ; les
. Samodivas le portent, 4,
17.
3a(fôra&., v. p. s'enfuir.
3aBapAb&, v. p. se mettre à
garder, occuper un lieu
pour le garder, voy. Bap-
3aBapflM, v. i. 3aBapi*t, hui,
v. p. trouver, remontrer.
3aB6A&>, v. p. amener.
3aBHBKa, couverture de lit.
3aB03K,n;aM, v. i. voy. 3a-
Be,a^.
saBpxn^aM v. i. BT>pH^
v. p., ch, s'en retourner,
retourner.
3aBTeiOR., ch, v. p. accourir
vers.
3aBi>p3&&, ein, aor.3aBT>p3ax,
nouer; — po)K(>a, conce-
voir ; — ch, se nouer (des
fruits), 15, 32.
3aBT>pH>¥v ch, v. p. se tour-
ner, se retourner. Voy.
3aBpTbiijaM.
3aBTbpT-«., ch, v. p. com-
mencer à tourner, tourner
sur soi-même.
3aBi>piubïv, v. p. accomplir,
exécuter.
3aB£b&, v. p. commencer à
souffler; emporter en souf-
flant (du vent).
3arnH(y)BaM,v. i. périr, mou-
rir.
3arjrô£aM ch, v. p. s'oublier
en regardant, avoir l'at-
teûtion absorbée par ce
qu'on regarde.
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— 363 —
3aroAfc& ça, v. p., 3a, se fian-
cer à.
3arpa,a;h&, hih, v. p. bâtir,
construire. 5, 2.
3ari»piL&, v. p. entourer, en-
velopper (de la flamme).
3aryÔHk, v. p. perdre; —
ça, se — , disparaître,
3ary(>eH , part, perdu,
égaré.
3aaaM, v. p., impér. 3aaaft:
— KaHOH; imposer une
pénitence.
3a#aM ch, 3 e p. pi. sa^aA^T,
v. p. se montrer, com-
mencer à paraître.
3a,a;HriL«., v. p. enlever, em-
porter, charger sur soi.
saflOMbk ch, v. p. s'établir,
se marier.
3anrpau&, v. p. commencer
à danser.
3aHA&, v. p. descendre klibl-
fleij 3an#e ; la pluie tom-
ba; se coucher (du soleil),
impér. safi^H, p. 3afi£&i.
saxapaM v. p. se mettre à
pousser devant soi.
saicjaji, qui a égorgé; 3aKiaH,
égorgé, massacré, partici-
pes de 3aKOJLR.
3aKJi%BaM ch, v. i. jurer, faire
serment; B, par.
3aKJiio*n*., ch, v. p. s'enfer-
mer (à clé).
saicojbfc. v. p. voy. kojo&.
saTCLpnbf,, v. p. raccommo-
der, réparer des vête-
ments.
3ajar, bouchée, morceau à
manger.
3&xaraM v. i. mettre en ga-
ge (3aJor).
3aja3HM v. i. (3ajii3^ v. p.),
descendre, se coucher, du
soleil.
3ajiab&.v. p. (jrabR v. i.) com-
mencer à aboyer.
sajiHÔbR, v. p. voy. 3ajno6i*>.
3ajiHBaM v. i. verser à boire.
3ajiK)6i*., v. p. commencer
à aimer, s'éprendre de;
jouir d'une femme, 34, 24.
3ajiH).rôb&., v. p. commencer
à bercer, etc. voy. jtiojiÏi*..
3aMHHVBaM, v. i. 3aMHIL&, v.
p. passer auprès de, pas-
ser et s'éloigner.
saMp'BKH^, v. p. (saMp'BKHy-
BaM v. i.), être surpris
par la nuit, se trouver en
un lieu au tomber de la
nuit.
3aMHH, impér. voy. sen*..
saMpiuKLR., v. p. envelopper
d'un filet, prendre au filet.
3aM$piiM, v. i. viser un but :
— c, lancer q. q. ch. à
q. q. un.
3aHec>&, v.p. (3aH0CHM,v.i.)
apporter , porter vers :
3£paBJ6 3aH6CH, porte mes
salut s, va saluer; 3aHecbJ,
— cjra, part.
16*
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364 —
3anau&, v. p. (3anaaHM, y.
i.) allumer, mettre le feu
à; 3ana*eH, part.
3anacaM, v. p. ceindre, pla-
cer dans la ceinture.
3aniipaM, v. i. (3anp*., v. p.)
arrêter, empêcher de pas-
ser.
3anjaTi*. v. p. 3aiuianjaM,
v. i. payer, solder une
dette.
3anxaiL&, t. p. commencer à
pleurer, fondre en larmes;
3amaicax, part.
3aime.ia ch, elle s'embarras-
sa, s'entortilla, de 3anje-
3anon, 37, 25 : pour 3aniiH ?
voy. 3an$KK..
sanpaTb*,, hih, v. p. envoyer.
3antb¥v, ieui, v. p. commen-
cer à chanter, entonner,
impér. 3anfcfi.
3apa,a;, 3apaflii, à cause de,
pour.
3apafl(y)BaM ch v. p. se ré-
jouir.
sapaH, ad y. le matin , de-:
main matin; Ha — , le
lendemain.
3apaHO , adv. le matin , au
matin.
3apoB&, ein, v. p. (3apaBHM,
v. i.) enfouir, enterrer;
3apoBen , part , creusé :
rpoô 3apoBeH, fosse creu-
sée.
sap'MaM, y. p. recommander,
enjoindre.
3acBHpb&., v. p. commencer
à jouer d'un instrument.
Voy. CBHpi*..
3acejiMv, Hm, ch, v. p. être
habité, devenir un village
(c&io).
3acMii*., kui, ch, v. p. (3a-
CMHBaMCH, v. i.) se mettre
à rire.
3acnb& ch, v. p. s'endormir,
3acnaj , endormi. Voy.
cm*..
3acpasn*., uni, ch, v. p. être
pris de honte, avoir honte.
3aCBKHyBaM, v, i. s'endor-
mir d'un sommeil lourd et
profond.
3acliBKH, pi. 65, 20.
3aTpec*., em, v. p. secouer,
commencer à faire trem-
bler (de la fièvre).
3aTpHb&, khi, v. p. (3aTpn-
BaM, v. i.), détruire, faire
périr.
saTp'BKtt*., v. p. partir, s'é-
loigner.
3aTyjiMv, v. p. (3aTyjHM, v.
i.), voiler, obscurcir la lu-
mière ; bander une plaie.
3aTtKHA,V. p. (3aTBKHyBaM,
v. i.), boucher, obstruer:
— KTbpBH-Te, empêcher
par un bandage l'écoule-
ment du sang.
3axap (gr. m. ^dy^pr^) , le
sucre.
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365
3axBaH*., v. p., 3axBam;aM,
v. i. (on pron. zaf — )
commencer, entreprendre.
3axBp , BKH>R., s'envoler, voler
vers, jusqu'à.
3a*not& v. p. Voy. ^KXbk.
3anjo, pourquoi? parce que;
que.
3Bii3fla , étoile, astre ; étin-
celle, 44, 14.
3flpaBim, espèce de plante.
3#paBHn;a, prop. toast, salut
porté en buvant ; vin, com-
me servant à porter des
santés, 34, 4.
3^paBie, santé ; jlwjlîMx cr
3a — , se balancer pour
la santé, expression et cou-
tume qui dérivent sans
doute de quelque usage
religieux du paganisme;
salut, salutation: MHoro
— , hoch — Ha, va saluer
de ma part.
3ApaB:b&., v. i. guérir q. q. un,
des blessures, etc. 27, 17.
3e, il prit; 3e-njeui, tu pren-
dras, v. 3eBL&..
3ejieH, vert.
seiwaM, v. i. 3eM^, v. p. aor.
3ex, 3e, p. 3eji, prendre;
3e.iH, ils prirent; 3exMH
ça c Te6\ nous nous prî-
mes avec toi, nous nous
mariâmes, 35, 3.
3eMH-*., v. p. voy. 3e»L*..
36MHHK, pi. HltH, Cave,
cellier (de 3eMfl).
3eMH (pron. souvent zémé),
et3eiOfl, 28, 55, la terre ;
pays.
3e*eT (t. ziafet), festin, re-
pas prié.
3H, syllabe intensive qui s'a-
joute à divers pronoms.
3HA, mur, muraille.
3HMa, l'hiver.
3HMaM, v. i. voy. 3eMaM.
3HMOBiime, lieu où l'on passe
l'hiver, habitation, quar-
tier d'hiver.
3HMyBaM, v. i. passer l'hiver,
hiverner.
3jaTO, l'or; 3jaT (si. ajiaT'B),
et 3JiaTeH , d'or , doré ;
3JiaTO-KpaftKH, qui a les
bords (Kpafî) dorés, 4,15;
3JaTHHO = 3-iaTHH-aT;
3^aTeno, adj. n. objets en
or, bijoux, 45, 44.
3tfo*iecT, malheureux, qui a
une mauvaise chance.
3Jii (de 3^), cruellement,
douloureusement; — y-
Miipa, 1. il se meurt mal,
il est dans une cruelle
agonie, — Ôojih.
3MHH, serpent, voy. S'bmh.
3M$ft (si. 3Mafi), pi. 3M^ëBH,
dragon , être mythologi-
que ; 3M$ôho, id. 1 1 , 1 5 ;
3M$ftima, f. dragonne (gr.
Spaxatva) ; 3Mifiqe, le pe-
tit du dragon ; 3MiëB, adj.
de dragon.
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366 —
3Hafa&, Km, y. 1. savoir, con-
naître,
BopHHija, étoile du matin,
3opHHUH, dat. s., 16. 3.
sptafc, Km, y. i. mûrir.
3i>J (Cank.), f. 3.1a, mauvais,
méchant, cruel; c 3J0, de
force, par force.
3i>JBa, belle-soeur (soeur du
mari).
3T>mh, serpent, animal qui
est l'objet de bien des
croyances superstitieuses.
stHflaH (t.) cachot, prison,
52, 32.
H.
H, et; aussi; même.
ô dat. s. f. du pr. th: à elle,
lui : MaMa ô, 1. la mère à
elle, sa mère,
ft (j') pour M (je), est.
HrpaJO, lieu de jeu ou de
danse.
Hrpab&, Min (ftm), v. i. jouer ;
danser, part, nrpaji.
HA&., em, v. i. aller; venir.
H3, de, hors de; par, dans,
à travers, 2, 4; H3 Bh-
AHH, dans les rues de Vi-
din.
H3ÔaBMt, V. p. (H3ÔaBHM, V.
i.), délivrer, sauver.
H3Ba,zp*., v. p. voy. Baflfck.
H3BapAi*., v. p. guetter les
mouvements, 15, 67. Voy.
Bapfli*..
H3B6A&, part. H3Be^, v. p.
(H3B02C£aM, y. i.) emme-
ner, mener dehors.
H3BHKaM, V. p. (HSBHKHVBaM,
v. i.) appeler; s'écrier.
HsrHOi*., îem (oâm), v. p.
mouiller de sueur (rHOfl).
H3ropi*., Hm, v. p. être con-
sumé entièrement.
HsrpiBaM, v. i. rorpii*., v.
p. luire, briller, paraître
sur l'horizon, des astres,
16, 1 et 5.
H3Ae(HL& (de &è6j&. v. i.), v.
p. tomber à Timproviste
sur, surprendre.
H3AHraM, v. i. lever : — oih,
les yeux.
H3AHrHA, v. p. enlever d'un
lieu.
H3flHpi*., v. p. trouvera for-
ce de recherches.
H3flyMaM, v. p. achever de
parler.
H3Ka;KA, v. p. énoncer, ache-
ver de dire.
HSKapaM, v. p. (H3KapyBaM,
v. i.) faire sortir en chas-
sant ; lever (une armée) 3,
42 ; pousser, conduire de-
vant soi, 66, 11.
H3KBaChR, V. p. (KBaCl*. V.
i.) mouiller, humecter.
H3JTL3KA, ein, aor. H3J%rax,
v. p. (nsJTbryBaM, v. i.)
tromper, abuser; — ch,
se laisser tromper, être sé-
duit.
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— 367 —
H3JIÈ3A, ein, v. p. (H&ia3flM,
v. i.) sortir : H3Jii3Jia, elle
sortit.
H3MaMa, tromperie , piège,
%•
H3MH1*., v. p. laver(le visage).
H3Mopfc&, Hin, v. p. faire .pé-
rir plusieurs et successi-
vement.
H3HeB$pi*. ch, v. p. se par-
jurer ; apostasier, changer
de religion.
H3H03K1*., Hin, v. p. dégainer
(nn sabre).
H3op^, ein, v. p. labourer
complètement, défricher ;
faire sortir, trouver en la-
bourant, 57, 43.
H3neit&. v. p. voy. neK*.
H3iiHBaM, v. i. ou potentiel
de h3iihi*. : H3iiHBa Te, il
te (ton sang) boirait, te
ferait périr, 33, 11.
H3iim*., Kin, v. p. avaler en
buvant.
H3nirraM, v. p. interroger;
mettre à l'épreuve.
H3iram>R, v. p. écrire ; dessi-
ner, peindre, faire le por-
trait, 60, 5.
H3iuïaBaM, se sauver à la
nage, sortir de l'eau en
nageant.
H3noBÈ^aM et — BÈflBaM, v#
i. confesser (du prêtre).
H3npaTi*., v. p. (H3npamaM,
v. i.) envoyer, expédier;
accompagner à la sortie,
reconduire.
H3npoflaM, y. p. vendre com-
plètement et successive-
ment.
H3npferaM, v. i. dételer. H3-
nycHA et H3nyari*., lâ-
cher, laisser échapper, v.
p. #yx H3nycTH, il rendit
l'esprit, voy. nyCHA.
H3nynp*., v. p. lâcher, lais-
ser s'échapper, 27, 69.
H3ITLJÏH1*., v. p. remplir, ac-
complir.
H3pH*DiM ch, v. i. : He — , je
ne veux pas renier ma foi,
voy. H3piKA en.
H3p$KA, qeni, v. p, énoncer,
achever de dire ; — ca,
renier sa religion, aposta-
sier.
H3CTbXBaine, tu te servis des-
séchée (H3CBXBaM, poten-
tiel de-HSCBXHA, se des-
sécher), 50, 16.
H3C$K*., v. p. massacrer com-
plètement.
H3XBp r BKHA(pron. isfrœkna) ,
v. p. s'envoler.
H3ij:fcpbk, Hin, v. p. guérir.
hkhhahh (t. i ki n d i), la priè-
re qui se fait deux (iki)
heures avant le coucher
du soleil, et le moment où
elle se fait.
HJiaM (t.), sentence écrite du
juge musulman.
HJ[H, ou, ou bien.
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368 —
HMSM, y. i. avoir; croire, re-
pu ter, tenir pour, 10, 24 ;
iwa, impers, il y a, 1, 2;
Mi&ia, ou lieu de HMa^a,
elle avait 15, 1.
niiaira, avoir, bien, fortune,
richesse.
HMe, nom.
HM0T6H, f. -THa, qui a du
bien, riche.
HHOTepHH (t. yénitchar), ja-
nissaire.
npreu (t.), nprenqe, dim.,
jeune garçon, jeune hom-
me, célibataire.
HCKaM et mty&, em, v. i. vou-
loir; demander, exiger;
demander en mariage, 34,
17.
HCTHHa, vérité ; c'est la vé-
rité, il est vrai : XBaiLft. — ,
prendre au sérieux.
HCTHKft., V. p. (HCTHHVBaM,
v. i.) se refroidir, devenir
froid.
hh^R, je veux, voy. HCKaM.
K.
Ka' (srb. Kao), quand. Voy.
KaTO.
KaBaj, ou au pi. KaBajH,
espèce de flûte.
KaBe3 (t.), cage.
KaBeHe, café (lieu).
Ka^afl (t. kadi), cadi, le juge
musulman; — hiob, adj.
Ka^T>Ha (t. khathym), dame
turque ; Ka.a.'BH^e, id.
KaùKeM, forme serbe =
KaacR.
Ka»>& aor. Ka3ax, v. p. Ka-
3(y)BaM, v. i. dire; nom-
mer, 4, 41 ; Ka3BaT, on
dit, dit-on. *
Ka3aijH, pi. de Ka3aK, cosa-
ques, gens de guerre, 19,
85.
Kafi^HcaM (t. ?) égorger, mas-
sacrer.
KaHJi, (t.) qui consent, con-
sentant.
KaK, comment; comme, dès
que: — to, comme, de
la manière que.
KaKBO, comment — combien;
comme, de même que;
que, combien! que depuis
que; — tlô, de même
que , ainsi. Voy.
KaiCBB.
KaiCBB, f. KaKBa, quel? quel!
KaKBa, quelle, c. à d.
combien belle, 13, 27. —
roflli, quelconque. KaKBO
neut. quoi? que?
K&3aH<ï>np ou KapaH*HJi (gr.
xapuéçuXXov) Toeillet.
KaieH, d'argile, de terre
(icajL).
KajiHHKa, 1° dim. de Kajn-
Ha, belle-soeur, soeur du
mari, 30, 49; soeur du
dévér ou garçon de noces,
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— 369 —
demoiselle de noces ; 2°
grenadier, arbre, 58, 2.
KajinaK (t., d'où notre kol-
bach), bonnet de four-
rure.
Kajyrep (gr. m. xaXôfepoç),
taioine, caloyer.
KaMÔaHa (ital.), cloche.
KaivieH, de pierre: KaMeHH
ABOpoBH, une maison de
pierre; KaMeH-MOCT.
KaMHK et KaBfBK, pierre; Ka-
wbHie, coll. les pierres.
KaMHH, cheminée; avec l'art.
KaMHHH, 4, 91.
Kaafo jih, bien moins encore.
KaHap, sommet, cime, 8,54.
KaHOH (gr. xav<*>v), pénitence
imposée par le prêtre, 56,
15.
KaH-TainjuiA (t. qan, sang,
tachli, qui a une pierre),
bague enchâssée d'une
pierre rouge.
KanbR ch y. i. se résoudre à,
prendre une décision.
KanacT>3 (t. kapak, syz, sans
couvercle), vagabond, qui
n'a ni feu ni lieu.
Kap (t.), neige : — TamJiHfl,
enchâssé d'une pierre
blanche comme la neige.
KapaM, v. i. pousser en avant,
chasser devant soi ; — ko-
mhh, kohh, mener une voi-
ture, un cheval.
Kapaani (t.), frère; cama-
rade.
KacanHH (t. kassap), bou-
cher, KacancKH, adj.
KaT (t.), étage d'une maison,
8, 28; fois: flBa KaTa,
deux fois (plus), 8, 20.
KaTa, indecl. (gr. m. xotôe),
chaque.
KaTO, quand, lorsque, com-
me; puisque, attendu que;
prép. — Hero, comme lui.
KaTT>p (t. khattyr), mulet,
mule.
KaxT>p, chagrin, affliction;
Kax'BpeH, f. -pna, affligé,
désolé.
KaijHA, v. p. (icaijaM, v. i.)
se poser, s'abattre (d'un
oiseau).
Ke, kht 3 p. pi. auxiliaire
du futur, usité dans cer-
tains dialectes, voy. m^
et ma.
Ke6a6 (t.) viande rôtie à la
broche, rôti.
KeMep, ou pi. KeMepn (t.),
ceinture de cuir pour por-
ter de l'argent.
KepBaH (t.), caravane, file
d'animaux de bât.
Kepa (gr. m. xupa, pour xup(a),
dame, madame.
Keca, bourse, somme de 500
piastres turques.
Kecoa (t.), bourse, pour l'ar-
gent ou le tabac.
khjihh (gr. xeXXfov), cellule,
petite chambre dans un
couvent.
16**
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370 —
KHTKa, bouquet de fleurs ; —
Kixo^ëBH, paquet de elefs.
KHxaa (pers. ketkhouda, t.
kiâya)> intendant; premier
domestique chargé d'une
maison.
kh^dict, touffu.
Kja^eneiï, pi. — hijh, puits,
mais surtoutfontaine, sour-
ce vive ; dim. KJiafleirae.
Kjaa*, p. KJaj, v. i. —
AT»pBa, entasser du bois
pour le brûler ; — oro>H,
faire du feu, 17, 16.
KJaHHHK, action de s'incli-
ner, salut réitéré.
KJeT, f. — a, prop. maudit;
infortuné : KjeTa poÔHHH.
KJiHKaM v. i. appeler, 34,
154.
KJHcypa (gr. m. xXtaoupa),
gorge de montagne, dé-
filé, passe étroite.
KJOii, branche d'arbre : -ie,
dim. rameau.
KJ^TBa (de kljha) , ser-
ment.
KJiKre, pi. — ëBH, clé; KJK)-
^apKa, dim.
KMeT, pi. — OBe (si. KMeTB,
magnatum, procerum u-
nus, Mikl.) notable, riche
paysan, mot plus commun
parmi les Serbes que chez
les Bulgares , et qui dé-
signe actuellement : 1° en
Serbie, le chefs de village,
comme 5, 32 ; 2° en Bos-
nie, les colons ou mé-
tayers. — Hija, femme du
kmète.
KHHra, papier; lettre (et
livre).
KOB^eace (dim. de KOB^er),
coffret, coffre.
kob>&, v. i. forger, fabriquer
au marteau: KOBa-KOT,
ils fabriqueront, 39, 19;
ferrer un cheval; KOBa-
BaM, potentiel: je ferre-
rais, je veux bien ferrer,
si .... ; KOBaHO , part,
neut. ustensiles de ména-
ge en métal (forgé), 89,
32.
Kora, quand, lorsque.
KorHTO, quand.
koa (srb.), chez.
Koacyx, pi. Koatycn, pelisse,
vêtement de fourrure.
K03ap*ie, dim. un chevrier.
K03HK, poil de chèvre.
koô, celui qui; chacun.
koh, f. ma, n. kok, lequel?
laquelle? dat. KOMy , à
qui? — suivi de — to ;
qui , lequel , laquelle :
celui qui.
KOJa, pi. n. chariot, char.
KOjaH (t.), sangle; CBpHeH-
KOJiaH, ceinture d'argent.
koji, pi. kojh, pieu.
kojijh (srb. KOJiaij) , pi.
pieux.
kojiko, autant que, tout ce
que; kojiko, ... h ... .,
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371
autant .... et pins, plus
— plus — 15, 61 ; kôj-
ko-to — , *Ba KaTa — ,
autant . . ., deuxfois(plus),
8, 19.
kojbk., rein, aor. KJiax, part.
Kiax, égorger, massacrer.
KOJrâHijH, dim. pi. m. (de
kojèho), genoux.
KOMap, cousin, moustique.
KOMniHfîKa (t. komchou), f.
voisine.
koh (kohl), pi. KOHe, che-
val; ordinairement avec
l'art, et à l'ace, kohh : kohh
xpaHeHa, BpaHa — ; c'est
par similitude de son que
dans ces exemples et au-
tres semblables Tadj. prend
un a final ; KOH^e, dim.
KOHaK (t.) hôtel, résidence
officielle des autorités.
KOH-iyK (t. ?), service de la
maison, travaux du mé-
nage, 45, 15.
KOHon, (kohoiih, pi.) chanvre,
corde ; — eH, f. — iraa,
fait de chanvre.
Kona^, vigneron (celui qui
bêche la vigne), 14, 23.
KOiiam, rein, v. i. creuser,
piocher.
Konpajia, dim. KonpaJiKa,
forte gaule dont les la-
boureurs se servent pour
exciter leurs boeufs.
Konpiraen, de soie (Konpn-
Ha).
KopAHcaM (t. qourmaq), dres-
ser (une tente).
KopeM, le ventre.
Kopenre, coll. (de KopeH),
les racines.
KopnTO, auge, servant à la-
ver le linge etc.
Kopiraca, dim. (de Kopa)
croûte du pain.
KopHH (t. qourou), taillis,
broussailles.
Koca , chevelure ; Kocnija,
tresse de cheveux.
KocaTHHK (de Koca), grande
queue en faux cheveux ou
plutôt faite de crins, que
les femmes ajoutent à leurs
cheveux naturels et qu'el-
les laissent pendre sur
le dos, après les avoir or-
nés de monnaies, 45, 39.
KOCmfflHK, voy. KOCaTHHK,
et la note de la p. 285.
koct (koctb), f. os.
koci*. v. i. faucher.
KOTJteHen,, pi. — hhh, ha-
bitant du bourg de Kotel
(chaudière), en Bulgarie.
ko^hh, char, voiture.
KOHiHmja, Konmiraca, dim.
(de koiii), petit panier;
fltpTH kohihhh,h, paniers
hors de service, terme de
mépris pour vieilles
femmes, 74, 10.
Komepa, pour Komapa, parc
à moutons.
KomyTa, la biche.
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— 372 —
KpaBa, yaohe.
KpaKa, pi. anom* de KpaK,
les pieds; Kpa^nca, dim.
Kp&imja, reine : — mockob-
CKa, la reine des Mo-
scovites, 42.
KpaceH, f. — CHa, beau, joli.
Kpaft (fin, bout): — et
nonpaft, le long de, près
de, an bord; à l'extrémité,
an bont, Ha Kpan, même
sens; Ha KpaÔHO, enfin, à
la fin.
KpHB, courbé, recourbé.
KpHBM., y. i. accuser, blâ-
mer.
KpHJO, dim. pi. m. KpHJijH,
aile.
KpHHa, mesure pour les grains,
la farine.
KpoHAHp (gr. xpa-n^p), vase,
écuelle.
KpomyM (t. kourchoum,
plomb), balle de fusil; —
eH, fait par une balle, d'une
blessure.
Kpo£&, Hin, v. i. tailler, cou-
per (des habits).
Kp'LBe, voy. K^BB.
Kp*LBHHKa, sang versé.
KpT»BHHU,a, sanguinaire, épi-
thète de Tours.
KpBCT, croix.
KD'LCTWt, Hm, v. p. Kp'Mja-
BaM, v. i. baptiser; tenir
sur les fonts, 4, 61. — ch,
se signer, faire le signe
de la croix.
KpT><uiapHH, cabaretier, —
pie, dim. voc.
KypôaH (t.), sacrifice, victime
offerte en sacrifice, primi-
tivement le mouton que
les Turcs égorgent au baï-
ram (qourban baïran) ;
d'où celui que les Chré-
tiens tuent à la St. Georges.
Ky6e, pi. KytfeTa (t.), cou-
pole d'église.
KyÔyp, (t.) pistolet.
KyM, parrain, aux noces et
au baptême , compère ;
Kyirae, voc. (de KyMen;,
dim.) compère! KyMHija,
commère, marraine, Ky-
MHqna, dim.
KyMap, voy. KOMap.
KyMaHHra, nom d'une plante.
KynyBaM, v. i. Kyntfc, hbi,
v. p. acheter.
KypBa, prostituée, terme d'in-
jure.
KypyuHH (t.), garde fores-
tier, voy. KOpHH.
Kyie, pi. — Ta, chien.
icbjih^., v. i. p. KJ6JI, mau-
dire ; — ch, jurer, faire
serment.
KLA^-KaK, partout ou.
kim, à, vers.
KT>pB, f. Kp*LBH, pi. 14, 18
et Kp'LBe, n. le sang;
KLpBaB, sanglant, ensan-
glanté.
KT>pna, morceau de toile, d'é-
toffe, pièce.
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— 373 —
iCBpcTBR., mn, ch, v. i. se
signer, faire le signe de
la croix.
iCLpnn*., v. i. briser; tordre
(de désespoir), 27, 39.
kt>c , morceau , fragment :
K%cnoiCLcp£aL&, couper
en morceaux, mettre en
pièces.
icbcho, tard.
KT>ma, maison, souvent au
plur. Khwa ; Ktmnna, dim.
chambre.
Kflp (t.), gain, butin ; KHpy-
BaM, v. i. ramasser du bu-
tin, faire des profits.
KflT, 3 pers. pi. = m^T, voy.
Ke : kht pa3TypHTH (mé-
lange de formes serbes et
bulg.), ils détruiront, kht
KOBa, ils fabriqueront.
ji.
JL&BHJ&, v. p. aboyer.
jiaKTH, pi. (de JtaiCBT), les
coudes ; coudée (mesure).
jibmo. (gr. \d\kict) , monstre
qui habite ordinairement
les puits et a pour épi-
thète cypa, fauve; prise
dans un sens allégorique,
14.
-ne, (pron. souvent Jië, lib)
particule exclamative qui
s'ajoute au vocatif des
noms, comme ; MafiHO je,
JHÔe je etc.; redoublée,
elle précède les noms : je-
jiè Eoate ! jejé Bapaft !
jern&., v. p. se coucher ; être
abattu, renversé, 9, 19;
dormir avec une femme,
35, 68 et al. Voy. jliraM,
jeraeM, forme srb. 34.
jeau*., mn, part, jeacaj, v.
i. être couché, étendu;
être malade, souvent avec
6ozen: ÔojHa jeacn, 8,
18 et al. ; v. a. avoir com-
merce charnel avec, 9, 5.
JteKHqKO, légèrement.
jeHeH, de lin, de chanvre
(jieH).
jen, beau.
jecHO, (neut. de jeceH, fa-
cile) aisément.
jem (t.), cadavre.
jh, après le verb e 1° est-ce
que? ÔHBa jh, npnjfcra
JH?se peut-il, convient-il?
2° si : flaro nonHTain, 6h-
Ba jh, afin que tu lui de-
mandes s'il est possible de
13, 35.
JHÔaB, aimable, 47, 29.
JHÔe, dim. JHÔeHne, amant,
amante, ce qu'on aime,
amour, époux, épouse:
JHÔe je, mon cher, ma
chère: JH<Se 3M$Hne, 8,
26, JHÔe OroKHe, etc.;
m>pBO JHÔe, 1. premier
amour, celui ou celle
qu'on aimait, avec qui on
avait un engagement, le-
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— 374
quel n'a pas été tenu, voy.
74, 16; 75; — BfcireaHO,
cette même personne,
quand on l'a épousée, 13,
73 et al.
jHÔbft., v. i. aimer.
jHBa;ue (gr. m. XtpaBtov),
prairie; JHBaAH, pi. de
jHBa^a (?) , même sens,
51, 14.
JIHCT, pi. JIHCTH-T6, JHCTa
et JHCTie-TO, coll. feuille
d'arbres.
jLEUe, visage, face.
jHraeH, f. — *raa, illustre,
solennel : Jimen fleH, jour
de fête 13, 49.
job, ou JOBa, 27, 6 6,. chasse;
gibier.
jiobbk., Hm, v. i. prendre,
saisir; capturer.
JL03K (léze), vigne (planta-
tion).
jiom, n. jromë, et JiomaB, mau-
vais; jiomaBO, mal, d'une
mauvaise manière.
jiyfl, fou, sot, inexpérimenté;
fréquent dans ces expres-
sions : JLjflfi MJiaflO, jeune
sotte! 59, 15 et al., JiyflH
MJiaflH, d'un jeune homme
et d'une jeune fille, 64, 1.
jiyii(?) arc; jysaxA, ils ti-
rèrent de l'arc, 17, 36 et
40. Voy. JTLK.
jn>3KKraKa, dim. de jn>3Kima,
cuiller.
JTLHU*., aor. JTBrax, v. i.
mentir; tromper, abuser.
JTLK (si. X&3CL) arc, pi. J^KH,
5, 23.
JTBCBJR, V. p. ( .TBCKaM, JTBB^,
v. i.) reluire, briller.
jrfÏB, gauche: Ha jrfcBO, à
gauche.
jiraM, jflraM, v. i. 34, 68.
Voy. jerHA et Jieaa*..
jiineHK?, (verbal de Jim*.),
action d'enduire, de cré-
pir un mur.
j^CHna = jracmja, renard,
jrôcnqamje , dim. renar-
deau.
jtêth, infin. serbe, fondre,
fabriquer par la fusion,
voy. Jfci*..
jrôTO, l'été.
JÈTyBaM, v. i. passer l'été.
Jib^, rem, v. i. verser; fon-
dre (les métaux) : WbBb-
CTHp ch jrèfrne, une église
se formait, par la fusion,
44, 47 ; verser deslarmeB,
CM3H le a&ia.
Jiioôe, voy. anôe.
jioÔobhhk, amant.
jiioÔi*., v. i. aimer, voy.
2HÔU&.
jiiojikh, pi. f., dim. r JTK)J^BHH,
balançoire , escarpolette ;
berceau d'enfant.
JiOJrôi*., Km, v. i. balancer;
bercer; — ch, se balancer
sur une escarpolette.
jik>t, fort, violent, farouche,
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— 375 —
terrible ; jhoto , violem-
ment,avec véhémence,em-
portement. Voy. B'Lpj.
M.
Marape, âne.
Marecmnja, magicienne.
MarëcaM (gr. [Kzrfeû(ù) et Ma-
rë3aM, enchanter, ensor-
celer.
Mafiica, dim. MaftiHija, mère.
MafiHO, sert q. q. fois de vo-
catif à MafiKa : maman !
Manap, au moins, du moins ;
— fla, quoique.
MaKiL*., v. p. écarter, éloig-
ner.
Majia, adj. f. petite, 1, 23;
Majio, n. sg. comme coll.
ce qui est petit, les petits :
Maflo roJifcMO, petits et
grands, 13, 50. Voy.
M8UTBK.
MajraMKHH, adj. deMajaMKa,
pi. y — h, chez, dans la
maison de Malamka, 9,10.
Maje, voc. maman ! voy. Maft-
ho et MaMO.
MsmeHKH, adj. pi. petits:
ot — flo rojÈMH, 1. de-
puis petits jusqu'à grands,
depuis leur enfance jus-
qu'à leur jeunesse, 64, 2.
MajrBK, MajiKH, petit; nô-
MaJKa, la plus petite, la
plus jeune; nô-Maaico,
moins.
Maiwa, mère, maman, MaMH,
dat. 1, 29; MaMHH, ma-
ternel, de la mère: y
MaMiiHH (s. en t. icbii^h),
à la maison maternelle,
chez sa mère, 4, 105 et
al.
ManaBijH, pi. m. (t. ?), nom
d'une ancienne milice irré-
gulière d'Asiatiques ; Ma-
Ha*H, id.
MaprapHT , MaprapHij (gr.
[xapfapdTQç), coll. des per-
les.
Mapn, interj. servant à appe-
ler, 1, 34 et al. — C'est
le grec [i.c*>p^, répondant
pour le fém. à fuopé, au-
jourd'hui encore si commun
dans la bouche des Grecs
et qui, à l'époque où ont
été écrits les évangiles,
était une injure punissable
(Math., V. 22).
Mapra3, peut-être Mapa3 (du
gr. (jLapaar(JL6ç ?) ; reproche,
invective, 19, 68.
MacTHJto, encre.
MacTop (gr. m. piarôpoç), ar-
tisan, patron et ouvrier;
— Hija, femme du MacTop.
Maxajta (t. mahallé), quar-
tier d'une ville.
Maxajuca, grand fuseau.
Maxa*., v. p. faire un mou-
vement de la main ; — CH,
partir : MaxHH ch, va-t-en
d'ici!
MaxpaMa (t.) mouchoir.
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— 376
Mamaaa (ar. ma cha allah,
ce que Dieu a voulu), par
ma foi !
Mamnxa, belle-mère, marâ-
tre, souvent joint à MaftKa,
4, 31.
Mab&, iein, v. i. tarder, hé-
siter, demeurer : tooah ch
h Maie, 1. il s'étonne et hé-
site, être incertain, irré-
solu.
Merflamie, dim. (de meï-
dan, t.), place publique.
MeHCfly, entre, parmi ; no —
ch, parmi eux. * ,
MepMep, marbre.
MeTA, em, part. Mejt, v. i.
balayer.
MexaHa (pers. meh, vin, kha-
né, maison), cabaret, au-
berge de village.
MexJieM (t.), onguent, em-
plâtre.
Me^Ka, ourse, et en général
ours.
mh, 1° à moi, me, très sou-
vent explétif; 2° nous.
mim, chéri, aimé: MHJa Ma-
MHHa et MHJIO MaHHHO,
objet de la tendresse ma-
ternelle, 1, 22 et al. ; mh-
jio mok, mon trésor!
MHj(y)BaM, v. i. caresser,
surtout en paroles.
mhjho, tendrement, d'une
manière émouvante, or-
din. MHJHO 3KHJHO.
mhjojhk, qui a le visage a-
gréable, 5, 31.
MHHVBaM, V. i., MHHA, V. p.
passer.
MHpniiLR., em, (gr. [/.uptÇtu),
v. i. sentir, exhaler une
odeur: MHpnine Ha Ta-
mhh, on sent l'odeur de
l'encens, 50, 55.
MHpoM (instrum. de MHp), c
— , en paix, arch.
MHpi*., Hin, v. i. apaiser,
tranquilliser.
Mm*., (MtiWs), Km, v. i. la-
ver le corps, la vaisselle;
— ch, se laver, faire sa
toilette.
MjaA, jeune; nô-MJa^H, le
plus jeune.
MJia,a;ocT, jeunesse.
MJoro et MHoro, beaucoup,
très, fort ; avec un nom
au pi., beaucoup de ; nô-
MAoro, plus, davantage.
MorA, Moœem, part. MorM,
v. i. pouvoir ; mo Moace,
autant qu'il se peut, qu'il
est possible.
Moft, moh, mois, mon, ma.
Mojtfa, prière.
MOJfl, demande en mariage.
MOJibîv, ch, v. i. avec le dat.
prier.
MOMa, dim. Moirage, jeune
fille, vierge; momhhckh,
virginal.
momhhctbo, virginité.
MOMnqaHa , MOM^aHa , adj.
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377 —
fém. tirés, le premier de
MOMHU,a, jeune fille, le se-
cond de MOMie, jeune gar-
çon : poacôa — .
momhh, mouchoir de tête.
mom%k, pi. momijh, jeune
homme; garçon, homme
(soldat etc.) ; MOM^e, dim.
jeune garçon, jeune homme.
MopaBKa, prairie.
Mope, (gr. jJ.<*>p£), interj. Voy.
MapH.
Mope, la mer, npis — , outre-
mer.
MopyHa, l'esturgeon.
MopbR, v. i. faire périr en
grand nombre, d'une épi-
démie, 5, 26.
mockobckh, moscovite, russe.
moct , pont ; KaMeH - moct,
pont de pierre.
Mpeaca, filet, clôture des
yeux produite par l'envie
de dormir, voy. flOMpeacn.
Mp'LTaB, f. — TBa, mort,
morte.
Myxa, dim. MyniHija, mou-
che.
MyxaMeA, Mahomet.
MT>rJia,brouillard;nuée, 12,2.
M%3K (si. VLXJKh), homme
(vir), mari.
ithkkh, adj. masculin, mâle.
M'LKa (sb. MyKa), peine, tra-
vail; gain du travail, 88, 1 0.
WbJim&, Hm, v. i. se taire,
garder le silence, Mtjraï,
tais-toi!
M^HacTnp, monastère, ou le
plus souvent église isolée.
srBHeHKH, petit, très jeune :
Haft-M'LHeKim (= KH-aT).
le plus jeune, 30, 25.
M'BHHU'BK, f. ^Ka, tout
petit: Hàn-MTbHH^Ka-Ta, la
plus jeune.
MTbpma, cadavre, charogne.
M^TeH, f. — THa, trouble,
de l'eau, etc.
ifltor., v. i. mettre à la tor-
ture, tourmenter.
MlifleH, f # — fl H a, de cuivre
(M^b).
m^ahhk, chaudron de cuivre.
MÈAHH^Ka, flûte de cuivre.
MfcmjH (Morse, Mforee), pi.
petits chaudrons de cui-
vre qui servent pour le
transport de l'eau, voy.
Ôaicpai.
m£h£&, v. i. changer, échan-
ger ; — cr 3a, se fiancer
à (prop. échanger l'an-
neau).
M$CBaM, v. i. voy. Mici*..
M-fcceij, la lune, Mice^HHKa,
dim. fém. 6, 1.
mècto, lieu, place.
Mlicije, dim. (de Mfcco), vian-
de, chair.
mèci*., hui, v. i. o — , v. p.
pétrir, faire le pain.
mètha, v. p. mettre, poser:
— pi.n.'É , les mains sur,
68, 4.
M£uiHHH,a, prop. outre (dim.
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378
je Mtx); cornemuse, 4,
71.
MtinHHHKa, faite de peau ou
d'une outre, épithète de
la cornemuse, 4, 68.
MK)JK (t. mulk), pi. -OBH,
bien, domaine possédé en
toute propriété.
MioxjeT (t.), délai, terme.
H.
Ha, 1° à, dans, sur; contre;
selon, — sert à former le
gen. et le dat. ; q. q. fois
alors s'ajoute au cas obli-
que desnoms propres : p. e.
Ha CTOHHa, Ha ^oôpa =
OroHHy, #o6pio, ou au
contraire se supprime pour
la mesure p. e. 20, 1 : K)Ha-
Ufi = Ha loiiaun. — 2°
voici ! tiens ! Ha th, voici
pour toi ! prends !
HaÔRBaM, v. i. HaÔm*., leui,
v. p. bourrer, charger un
fusil.
Ha6ep>&, eui, part. HaÔpaj,
v. p. cueillir, recueillir en
quantité.
HaBoac^aM, v. i.
ch, se pencher.
HaB'BH, au dehors, en dehors,
Ha HaB^H, 15, 53.
naBÏbï,, ch, v. p. souffler
beaucoup, du vent.
HarHK&., v. p. périr.
narje^BaM, v. i. soigner,
prendre soin de.
HaroTBA, v. p. voy. totba.
Harpa^bR, v. p. bâtir.
Ha£, sur, au-dessus de.
HaABHM^, lem, v. p. l'empor-
ter sur, vaincre, avec dat.
2, 20, avec ace. 2, 23;
HaABHTH, infin. srb. 34,
75.
HaAA^HBaM : HaAA&MBa-
me, 76, 15, 1. elle sépa-
rait (#£££&) en deux, c.
à d. égalait en splendeur.
HaanfcM, voy. HaAnfeuk.
HaflnfctR, ieui, v. p. chanter
mieux que quelqu'un, le
vaincre au combat du
chant.
HaflCKOKH^, v. p. sauter plus
loin, en plus.
Ha#yMaM ch, v. p. parler à
satiété, dire tout ce qu'on
a à dire, 1, 39.
Haayfck, rem, v. p. (Ha^y-
BaM, v. i.) enfler en souf-
fleur; Haayfi rafifla-Ta,
enfle, c. à d. joue de la
cornemuse: part. HaayJ.
Ha^ÈBaM, et — ch, v. i.
HaAftb*., ch, v. p. atten-
dre, espérer, 13, 18.
Haauun*., ch, v. p. : s'affli-
ger, TKJUlfa CH HaXHJH
(KOMy), voy. XHAÔa.
HaaceaceH, part, (de Ha-
acei\&,) chauffé, d'un four.
Ha3a#, en arrière, en retour,
mhcjhr. 3a Ha3aA, penser
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— 379 —
à s'en retourner, 4, 87 ;
Ha Ha3a£.
Ha3eMaM, v. p. prendre en
quantité.
Ha3H = Hac-3H, aeo. nous.
Hafi, 1° mais, après une phra-
se négative, 2, 1 1 ; 2° sur-
tout, le plus 18, 12; par-
ticule servant à former le
superlatif des adjectifs, ex.
Hàft-irBpBa-Ta, la pre-
mière de toutes, l'aînée,
4, 29.
Haft^HO (na e#Ho), ensemble.
ns&fl^, em, v. p. trouver;
aor. HaiUox ; p. nafiflej,
pi. HaftflHJïH, ils trouvè-
rent, 46, 83 ; HaniJO, neut.
sg. 68, 9.
Haica3, châtiment, reproches.
HaKajrecaM (gr. xaXéù)), v. p.
appeler, 25, 89.
Hâiann*., hui, v. p. orner;
— KHTKa, faire, arranger
un bouquet.
HaïaaAjK., part. pi. Haïaajin,
voy. KJia^^.
HanapaM, v. p. pousser, en-
gager à.
HaïCBpMbk, hui, v. p. flCLp-
mhr, v. i.) allaiter (iCLp-
Ma, le lait pris au sein).
H&ia3HA, v. p. 17, 59.
H&iÔaHT (t. nalbend), maré-
chal ferrant, HaJÔaHTe-
to, 40, 76.
HaJH, n'est-ce pas que (lat.
nonne)? 4, 95; 17, 98.
HaJO, mais, après une phra-
se négative.
HajiHBaM, v. i. Hajifci*., leui,
v. p. remplir en versant,
ou en puisant; — BO£a,
puiser de l'eau.
HaiHBaM ch, v. i. se rem-
plir complètement (de
chagrin), 22, 2. Voy. Ha-
HaJoactR, hui, v. p. mettre
dessus.
HaMaacA, em, v. p. (Maat,*,
v. i) oindre, enduire.
HaMHH>&, v. p. entrer quel-
que part, en passant, 10,
10.
HaMHpaM, V. i. HaMÏpi*., HUI,
v. p. trouver, rencontrer.
HaMpa3b¥v, mn, v. p. prendre
en haine, détester.
HaHH, refrain dont on endort
les enfants, et qui est em-
prunté des Grecs (Hesych.
vav(ov ; 3pé<poç; vavvaptar|jia,
chant pour endormir les
enfants, voy. Passow).
HaHOCHM Cil, V. i. HaHOClïR.
ch, v. p. porter à satiété,
s'en donner de porter (de
beaux habits) ; se carrer,
se pavaner, s'enorgueillir.
namiBaM, v. i. Haïrai, khi,
v. p. boire un peu.
HannuL&, v. p. voy. hkiil»..
HanaamaM ca, v. i. payer
beaucoup, une somme con-
sidérable.
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380 —
HanpaBb&, v.p. Voy. npaBi&.
HanpeA, en avant ; 3a — , à
l'avenir, désormais.
HanymaM, v. i. (HanycTi*., v.
p.), abandonner, répudier
une femme: ne^tfi Me
Hany ma,ne me répudiepas.
HanymeHHua, femme divor-
cée, répudiée.
Hapa^BaM ch, v. p. se réjouir
pleinement, être au com-
ble de la joie.
HapaHbïv, blesser, — en, être
blessé.
HapfrmmjH-Te , les Desti-
nées. Mi lad., no. 18. —
Ce mot (Milad. écrit Ha-
pAqHHUH,et c'est peut-être
la véritable orthographe)
ne se trouve pas dans ma
collection ; voy. cependant
le no. 6.
Hapefl (pefl), en rang, en
ligne, 6, 16; successive-
ment, à la file.
HapuqaM, v. i. prononcer des
incantations magiques, 8,
44. — Assigner la desti-
née. Voy. naptuHHi^H. —
Au No. 10, 68, semble
avoir le sens du mot serbe,
napnu,aTii , se lamenter,
pleurer un mort.
Hap'BMaM, v. p. recomman-
der, enjoindre.
Hapiao*., hui, v. p. tailler.
Hactic*., *ieiii, v. p. abattre,
couper en quantité.
Hacibïv, Km, v. p. semer.
HaTaKBaM , potentiel de Ha-
to*l*., j'aiguiserais, suis
disposé à aiguiser, 40, 103.
HaT(o)Bapi*.,v.p. T(o)BapBR.
HaTpy*bR, nm, ch, v. p. se
parer , s'ajuster de son
mieux, 45, 42.
HaTypHM, v. i. mettre en
quantité.
HaT^KM^, mu, v. p. ( — MH-
BaM, v. i.), ch, se parer,
s'ajuster, 40, 30.
HacTaH^ : HacTax*., ils s'é-
levèrent, commencèrent à
monter; HacTaiL&JO, il a
commencé, son temps est
arrivé, 39, 18.
HaTOUM»., hiii, v. p. 1° tirer,
du vin au tonneau ; 2° ai-
guiser v. TO*n*..
Hayica, leçon, chose enseig-
née.
Hajnu*., mn, v. p. (HayiHM,
v. i.) enseigner; — ch,
s'habituer, prendre l'ha-
bitude de.
HaxJOiibK., hui, v. p. enfon-
cer en frappant.
HaxoacAaM, v. i. trouver. V.
Haft£/&.
HaxpaHHM, v. i. faire man-
ger, donner à manger, trai-
ter, 69, 23.
Haui, a, e, notre.
Haï*., Km, et uaieMH^, v. p.
HaieMaM, v. i. ch, avoir le
courage de, oser, entre-
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— 381 —
prendre, réussir à, 17, 54;
23, 10.
He, ne, ne pas; He — ne,
voy. HH.
He6o, pi. HeÔeca, Ciel.
HeBa^eH, part, (de BaflfcR),
non tiré, qui n'est pas
sorti (de récurie).
HCBOJiKa, malheureuse, Tin-
fortunée, 4, 59.
HeB^CTa, HeBicTHi^a dim.,
fiancée, nouvelle mariée,
jeune épouse.
HeA^ft, — Me Hanyma, voy.
HeMOft.
nefi^JLR (le jour non ouvra-
ble), dimanche; CB>rra — ,
le saint jour de dimanche.
HeKH, f. HeÔHa, son, sa, en
rapport avec un sujet fém.
neica, Heica fla, conj. qui
marque exhortation ou
acquiescement.
HeKOBaH, non ferré.
HeM, f. HeMà, muet ; HeMH-
ija, f. dim. une muette,
13, 83.
HeMaM (He, HMaM), je n'ai
pas ; HeMa, il n'y a pas :
HHrflfc ro HeMa, il n'y a
nulle part son pareil.
hcmoh (pi. HeMOÔTe), en
Serbe ce qu'est He^M en
bulg. v. ce mot: HeMofi
Me BpamaTH, ne me fais
pas retourner en arrière,
34, 134; neMOfi ^a rpa-
AHMe, ne bâtissons pas, il
ne faut pas que nous bâ-
tissions, 39, 15.
HenpeBapflpanie, manque de
circonspection, impruden-
ce, 48, 52. Voy. BapAb&.
Hepa3ÔpaH,inintelligent, stu-
pide.
HepaHija et HepaHH, oran-
ge.
HecTopeH (ctopbr), non fait.
Voy. npaBHna.
HecaM = necBM, je ne suis
pas.
HeTO, voy. HH.
Hea, d'elle, V. th.
Hem^, je ne veux pas, v.
IH.J&.
HH, HHI6, HHÔ, nOUS, VOy. MH.
HH HH, HHTH, HHTO, He-
TO, ni — ni.
HHBa, pi. HHB^-Ta, champ.
HHrfli, HHftflfc, nulle part.
HHauk, eni, v. i. enfiler, des
perles ou autres menus
objets; manna minime,
, elle enfilait , cousait au
bonnet des perles, mon-
naies, etc., 6, 20.
HH3aMqe, dim. (de nizam,
t.), un soldat régulier turc.
HH3, en bas, au bas de.
hhb'bk, f. HH3Ka, adj. bas ;
HH3KO, no HH3KO, en bas,
vers le bas.
HHKIL&., v. i. germer, com-
mencer à pousser.
hhkoh, nul, personne, gen.
HHKoro, dat. HHKOMy.
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— 382 —
hhkoiiojckh, de Nikopolis,
ville de Bulgarie, près du
Danube.
hhh£, maintenant,
imma, rien.
ho, mais, après une phrase
négative.
hob, nouveau, neuf.
H03K, pi. HoxëBH, couteau,
Hoxie, dim.
Hoxap (iioxep), coutelier;
Hoacepie, un coutelier.
HOI6H, f. HoflHa, son, sa, voy.
Heren. HOftHa = CBOfl, 84,
80.
Hom,, f. la nuit; Homfc, de
nuit, nuitamment.
h£m, voy. HeM.
u£mo, chose ; quelque chose,
une chose.
o.
o6aBb& , Hm , v. retarder,
amuser. Voy. 6aBWv.
o6a.jp*., Hm, v. p. (qÔbjkxm,
v. i.) annoncer, dénoncer;
— en, répondre à un ap-
pel, se présenter.
otfeci*., Hm, v. p. (6eci*.,v.
i.) pendre, pour donner
la mort.
oÔxexeH (»er>&), cuit au
four, de la poterie, 8, 42.
o63ajoHU*., Hm, en, v. p.
parier, gager.
0Ô3eMA, v. p. enlever la tête,
la couper.
otfnp (6ep^), butin, objets
pillés ; pillage.
ooaaraM, v. i. (o6jio>kmv, v.
p.), en, parier, gager.
oÔJaK, pi. oÔJiaxm, nuage.
ofan^HM, v. i. otfjitiGR, ^em,
v. p. vêtir, mettre, passer
un vêtement.
otf rôKJO, vêtement.
otfjrôi*., Km, v. p. couler
sur, inonder.
oÔpoHi*, v. p. voy. poHi*..
oÔpiKA, qem, v. p. (otfpn
uflM, v. i.) promettre.
OÔXOAWk, nm, v. p. o6xo3K-
flaM, v. i. parcourir.
oô'BpHA, v. p. (oÔp^maM, v.
i.), en, se retourner.
oôiR et o6e^a, le repas du
matin.
oô^AysaM, manger ce repas,
déjeuner, 10, 16.
OBAOBfci*, iem, v. p. (obao-
BHBaM , v. i.) , devenir,
veuf ou veuve : OBflOBfeja,
p. fem.
OBija, brebis, obijiï, pi. les
moutons.
OBiap (oBqep), berger, pas-
teur de moutons; — qe,
dim. un berger.
orjrôAHHija (celle qui regar-
de), entremetteuse de ma-
riage.
orHeHHK (mot poétique), être
de feu, ardent épithète du
dragon, 11, 5; orHefiHO,
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— 383 —
id: 3Miftno orHeftHO Jie,
11, 15.
orHHme, lieu où est le feu,
foyer,
orpïbfc., v. p. voy. rpfci*..
orra (agni, ignis), pi. orHë-
bh, le feu.
Ofl'Bp, pi. OflpoBe, bois de
lit, lit.
05K6HbK., nni, v. p. marier;
— ch 3a, épouser.
03flpaBaM et 03,a;paBHM, v. i.
se guérir, recouvrer la
santé.
03flpaBBaM , potentiel : He
-in, tu ne peux guérir,
50, 15.
03ApaB^l*., V. p. (3flpaBfcbfc.,
v. i.), guérir, recouvrer la
santé, 03^paBÏJi, part, qui
est guéri.
03ApaBb&, mu, v. p. (-BHBaM,
v. i.) guérir, rendre sain,
oft, interj. souvent jointe au
pron. de la 2 e pers. : oft-
Ta, ofrra Te6e.
oftAOx^ = oth^oxa, 3 e p.
pi. aor. (de OTHfl^), ils
s'en allèrent, 34, 180.
OKaflBaM, v. i. (oKai*. v. p.)
plaindre, déplorer le sort
de.
OKpon, espèce de danse en
usage le lundi des noces,
65, 23.
OKT.naBi et -en, baigner, se
baigner : oiCBiia Ke, baig-
nera, 37, 31.
OICBnbK., HUI, V. p, (iCMIbK.,
v. i.) baigner ; — en, se — .
OMatanija, sorcière, magi-
cienne, 11, 30. bulg. ma-
céd. OMabft., ensorceler ; de
pLayta? Cf. Mai*..
OMHbK., V. p. V. MHMv.
OMpa3eH f. -3iia, qui fait
haïr, cause la haine ;
odieux.
OMpa3bK., v. p. ot Kora, fai-
re haïr, rendre détestable
à q. q. un.
OMÏCb&, v. p. voy. MiCMv.
oh, OHa, oho, il, lui, elle, v.
TOÔ, TH.
OH3H (f. oh'bsh, n. OHyfî), ce-
lui -là, ce — là: 0H3H
CBeT, l'autre monde.
onaK, à l'envers, derrière le
dos.
onanL&, v. p. (onacyBaM v.
i.), ceindre, ch, se — .
oïiepA, v. p. voy. nep^.
onm*., rein, v. p. (onHBaM
v. i.) ch, s'enivrer.
OfiJieT\*. v. p. disposer les
cheveux en tresses, coif-
fer, ch, se coiffer.
onpaBHM ch, v. i. s'excuser,
se justifier.
onpefl^, voy. npe£*.
onp'BCKaM, v. p. (np^cicaM,
v. i.), éclabousser.
opai, laboureur.
opH3 (gr. 8puÇa), le riz.
opje, augm. opjrame, aigle.
op^ v. i. pa. opaj, labourer.
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— 384 —
oc, pi. och, guêpe.
ocicytf-* v. p. (cKyÔA v. i.)
arracher.
ocjiyuiaM ch, v. p. écouter,
prêter l'oreille.
ocoflua, épithète du serpent :
qui séjourne à l'ombre et
passe dès lors pour plus
venimeux. — ocoparaja,
ycopjraija, paraît avoir le
même sens voy. ocoie.
ocoie (srb.), lieu planté à
l'ombre.
OCTaBMv v. p. (-aBHM v. i.)
laisser, quitter; p. ocTa-
Ben , abandonné , 0CTa-
Bam ch, 19, 92, pour
ocTaBHin ch, renoncer à?
0CTaH>& v. p. (-aHyBaM v. i.)
rester, demeurer.
ocTaxMH , nous restâmes,
25, 65.
ocTp'BrBaM v. i. gratter, râ-
per.
ocTxp, f. -Tpa, bien aiguisé,
tranchant.
OCBMtt* V. p. (-MHVBaM V.
i.) se lever , partir au
point du jour.
ocÎti*. v. p. (ocfcnjaM v. i.)
en, comprendre s'aperce-
voir.
ot, de; à cause, par suite de.
OTÔOJbîv, cesser de faire mal,
de souffrir, se guérir.
OTÔop (choix): — lOHanH,
héros choisis, braves d'é-
lite.
OTÔpaH, part, (de OTÔep^),
choisi, d'élite.
OTBeflA, v. p. amener en fai-
sant sortir.
OTBOpi*., V. p. (0TBapflM, V.
i.), ouvrir.
OTBp'BmaM, V. i. (oTBTbpBJR,
v. p.) renvoyer; répon-
dre ; jeter à son tour, 52,
14.
OTBT»p»A, v. p. délier.
OTTJïfoKAaM, (si. rXfàKflJk)
v. p. s'occuper 'de prendre
soin, 4, 50; faire en sorte,
chercher à.
OTTOBapaM, v. i. (si.) ré-
pondre.
OTTOBapHM, V. i. OTTOBOpfck,
Hm, v. p. commencer à
parler, se mettre à dire;
répondre.
OTflii, dès que.
OTflÏJïeH, f. -JHa, propre à
séparer ceux qui s'aiment,
7, 30 : Ôhjtkh OTflftnra.
OTflftD^, Hm, v. p. séparer,
diviser; — en ot Aynia,
se séparer de l'âme, mou-
rir, expirer.
OTHBaM, V. i. OTHAA, 601, V.
p. s'en aller, partir; —
3a B0#a, aller chercher de
l'eau ; p. OTHmai.
OTKaK, - to, depuis que.
OTKaiA, v. p. dépendre, dé-
crocher.
otkoba, v. p. mettre aux
fers, enchaîner.
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— 385 —
oTKpa^H^, v. p. (icpa&& V.
i.) dérober, soustraire par
le vol.
OTKpHMv, khi, v. p. décou-
vrir.
OTKyn, rachat, rançon : -flaM,
donner à titre de rançon.
OTICBCHJ&, V. p. (-CHVBaM, V.
i.) cueillir, arracher.
OTjrynaM, v. p. ouvrir vio-
lemment.
otjiï3^, v. p. sortir: 6$
OTJTÏ3Jia, elle était sortie.
OTJrôKH.*., v. p. guérir, re-
couvrer la santé, 71, 51.
OTHec>&, em, v. p. (othochm,
v. i) emporter.
OTnaui^, v. p. ôterune cein-
ture.
OTpemca : Replia— , 47, 26.
OTpoBa, poison.
OTpiac^, v. p. (-pi3yBaM,
v. i.) trancher, tailler,
abattre en coupant: ot-
p$3BaM,je coupe ou je cou-
perais, 35, 35.
OTCB,a;i*.,v, p. prononcer une
sentence ; juger entre plu-
sieurs.
OTC^ICS^ v. p. (-CH1HM, v.
i.) trancher, retrancher
en coupant.
OTxpaHMv, v. p. achever de
nourrir, nourrir jusqu'à
Tâge adulte, élever.
otbmhh, impér. délivre, dé-
barrasse! 31, 41.
0(T)T"BpBaM, V. i. OT'BpBA,
em, v. p. sauver, délivrer.
omn, pi. f. de oko, les yeux:
Ha — , à vue d'oeil, sur le
champ.
omiïBaM, v.i. coudre ensem-
ble.
ome, ftonje (joâte), encore.
onrBp, voy. ocT'Bp.
n.
na, puis, et puis.
naB6T, la clématite sauvage.
na^aat, v. i. na^H^, v. p.
tomber.
na^ajio, lieu fréquenté, 1, 5.
na3ap, na3apie, dim. (pers.)
bazar, le marché.
na3BH, pi. 25, 85 etna3BHq-
Ka, dim. 59, 6. sein, poi-
trine.
na3yxa, sein.
na3U&, v. i. garder, surveil-
ler, préserver.
naKOCT, f. méchanceté, cru-
auté : ihhi*., commettre
des crimes.
naK, de nouveau, en arrière.
naMyK (pers. pambouk), le
coton.
naHH^KH, pi. les assiettes, la
vaisselle (dim. de namma,
assiette).
nanpeT, la fougère.
napa, (t.) argent, monnaie.
17
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— 386 —
napajufl (du grec?) grand !
plateau de métal, ou se
mettent tous les objets né-
cessaires pour le repas, et
qui se place sur la table
(sofra; c'est le sini des
Turcs), 88, 12.
napqe (t.), morceau, frag-
ment, pièce.
napncaM, v. i. répudier? —
88.
nac>&, v. i. faire paître, part.
nacBJ.
navirce, prop. jeune paon
(dim. de nayH), se dit
d'une jeune fille.
naie (na, *ie), puis, et puis.
naina (t.), nauia-Ta, pacha,
espèce de dignitaire turc;
namenijH, dim. pi. pour
le sing. 22, 4.
neic&, new aor. neicox, p.
ueKTiJi et ne*ieH, v. i. rô-
tir, faire cuire de la vian-
de, du pain.
uejeiia, pi. nejreira, langes
dont on enveloppe les en-
fants.
neHKHH, adj. de Penka; y
neHKHHH, chez Penka.
neuyep, (t.) fenêtre.
neneji, cendre.
nepieM, cheveux du sommet
de la tête que les hommes
ne rasent pas et qu'ils
réunissent en une touffe
ou espèce de queue ; nep-
Memje, dim. cheveux, che-
velure.
nep^, a. npax, p. npaj, v. i.
laver.
neT, cinq; avec l'art. neT-
Ttx (neTfcx, neTflx), cinq ;
neTCTOTHH , cinq cents.
neTpoBKa: -Ta nÔMica, pom-
me qui mûrit vers la saint
Pierre; neTpoB^e, iraje-,
poulet qu'on mange à cette
époque.
neT'LK, vendredi.
ne^ieju*., hhi, v. i. gagner
(de l'argent).
ne*ieH, p. pass. de neic^.
nenj, f. four; fournée de
pain.
nenjepa, caverne, grotte.
nnjaB (t.), pilaf, plat de riz
bouilli.
nHJie, pi. n. nnaeTa et pi.
m. irajn^H, petit des oi-
seaux, oiseau ; poussin ;
n&me-TO, coll. les oiseaux,
28, 4.
nncaH, part, de hhiil«., écrit ;
peint, enduit de couleurs.
nncTOB, pistolet.
nHTaM, v. i. interroger, de-
mander.
nirreH, adj. : -xjrôÔ = nnTa,
pain sans levain.
nnuiMaH (t.), — CTan^, se
repentir, changer d'avis.
iihcmo, lettre missive.
hhch^, v. p. iram^, nm, v.
i. pousser des cris aigus ou
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— 387
de douleur, comme les
jeuues animaux : siffler,
du serpent; gémir.
nnuiA, a. iracax, p. nncaji,
v. i. écrire.
nin*., lem, v. i. boire; iihil*.,
v. p. boire un trait, un
coup.
iuraBaM, v. i. nager.
naaAHe (njia^Hfl, no-ifleH), le
milieu du jour, midi.
nJia^HHHa, dîner, le repas
de midi? iuiaflHyBaM, v. i.
manger ce repas.
mraMHyR, v. p. (njraMHyBaM,
v. i.) s'enflammer, jeter
subitement des flammes.
nJiaMXK, flamme.
nJraiiHHa, montagne, chaîne
de montagnes.
n-iaTHO, toile.
njiai, pi. ëBe, pleurs, lamen-
tations.
njia^*., eni, v. i. pleurer.
njami*., irai, v. i. effrayer,
épouvanter.
naamaM, v. i. (iuia-n*., v. p.)
payer.
miecH^, v. p. frapper les
deux paumes des mains
Tune contre Vautre, battre
des mains, comme on fait
dans certaines danses, ou
en signe de joie.
iuieT, haie.
njreTHija, tresse de cheveux.
njreTA, em, part, njeji, v. i.
tresser, tricoter.
MHTHa (gr.), brique, crue.
MVBIL&, v. p. flotter, sur-
nager.
no, 1° dans, par, sur ; pour,
12, 19 et seq. 2° sert à
former le comparât, et le
superl. des adjectifs : nô-
CMenma, plus variée, nô-
MJiaflH, le plus jeune, voy.
Haft; 3° avec les numé-
ratifs a un sens distribu-
. tif : BCfeoMy no 3a.iar
flijrôTe, distribuez à cha-
cun une bouchée, une bou-
chée par tête.
noôera*., v. p. v. 6£raM.
noÔHbfc., rem, v. p. enfoncer
en frappant, ficher en
terre.
noÔopi*., v. p. voy. tfopbfc..
notfoMv ça, v. 6omk ch.
noÔpaTHM, ami, noÔpaTHMOr
bh, dat. s. 88, 28; en
serbe, frère d'adoption.
no-6T>p3Ke, plus vite, voy.
noB^nrHA v. p. lever un
peu ; ch, se lever, s'insur-
ger, se faire brigand.
noBe^, eui, v. p. emmener,
noBeja le f. elle emmena.
noBe^e , plus ; de plus , en
plus. v. Be*ie.
noBebfc, rem, v. p. noBHBaM,
v. i. envelopper, emmail-
lotter un enfant, 5, 13.
noBHB, branches entrelacées,
17*
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388 —
claie dont on construit les
cloisons, 6, 28.
noBHKaM, y. p. V. BHKaM.
noaieic^ , v. p. entraîner ;
— en, se traîner.
II0Rlt3^, V. p. V. BJt3^..
iiOBHb¥,, comme noMHHk, se
souvenir, 18, 46.
iioboa;&, v. p. conduire, -ace-
Ha, vivre marie avec une
femme, 65, 13.
noBoft (noBHWv), bande tri-
cotée dont on enveloppe
les langes, maillot, 5, 19.
noBTopeH, f. -pHa, second.
v. BTOpH.
noBTopw^ v. p. répéter, dire
ou faire une seconde fois.
noB'BpH^, v. p. (noBpxmaM,
v. i. ramener; en, reve-
nir, s'en retourner.)
iiOBtpBbK., v. p. commencer
à marcher, se mettre en
route. V. B'BpBMk.
noBtH^, v. p. (b!j(x)il&, v.
i.), se faner, se flétrir.
noBicuo, une quenouillée de
chanvre.
noBthïv, v. p. voy. bïi*..
nora^bK., hhi, v. p. (ra^i*.,
v. i.), réprimander.
noraua (ital. fogaccia), ga-
lette épaisse de froment
sans levain, fouace.
norjefl, regard, coup d'oeil.
novtâ &BM, v. p. regarder.
nor^e^H^., v. p. regarder,
jeter un regard sur.
norHa (srb. norHaTH , si.
rHaTH), il poursuivit, no-
THaJiH, ils poursuivirent.
noroflMv, v. p. voy. roAfc^;
noroA6H, part, fiancé.
noronbR, v. p. avoir pour-
suivi longtemps.
norocrm, v. p. traiter, fe-
stoyer.
noroTBi*., v. p. voy. totbi*..
norpetf^, em, v. p. enterrer,
inhumer.
noryÔi*., tuer, v. p. v. ryôbfc..
no#, sous, dessous.
noflaM, aor. noAaAOx v. p.
(noA&BaM v. i.) livrer, re-
mettre: noflaae, 3, 41.
no^api^., nm, v. p. accorder,
concéder; faire un ca-
deau à.
noABHi*. en, v. p. : iioabhxa
en, s'enflèrent, 32, 21.
nOAA'Bp3KMv(nOfl , Bp3Kyk), nm,
v. p. soutenir, maintenir,
noA^pat', impér. 49, 27.
noflup: Haft-noAHp, en der-
nier lieu, Haft-noflHpHji,
la dernière de toutes.
noflKaHi*. ca, v. p. s'exciter,
s'inciter, ou : prendre une
décision, 6, 1.
noflKMaA^, eui, v. p. (iioa-
KJiaatAaM, v. i.) faire du
feu par dessous.
noA-iaraM, v. i. mettre des-
sous : raaBa ch noAJiaraM,
je suis prête à sacrifier ma
tête, ma vie.
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— 389
noflHecA, eni, v. p. empor-
ter, entraîner.
noflOMv, v. p. allaiter: no-
#oft Ke Te, t'allaitera, 37,
40. v. AOi*.
noflirapaM, v. i. (no^np^, v.
p,), ch, s'appuyer, se sou-
tenir.
noApaHbs;, nm, v. p. se lever
de bonne heure, sortir de
grand matin.
noflCTeHa, bas d'un mur.
no.n.XBp'BKBaM, v. p. s'envo-
ler, prendre l'essor.
noAXB'BpjEMi., Hin, v. p. jeter
par-dessous, en bas.
noacap, incendie, surtout de
forêt, — noa:apHJia36, 5.
no3Kapb&, v. p. incendier,
consumer.
no3a6aBbs; ch, v. p. tarder
un peu.
no3anp^ ch, v. p. s'arrêter.
no3acM&b&. ch, v. p. rire un
peu, faiblement, sourire.
no3JiaTeH, doré.
no3HaBaM, v. i. (no3Hai*., v.
p.), reconnaître ; s'aperce-
voir.
nonrpaieM (forme à demi- .
serbe) et nonrpaw., dan-
ser un peu.
noH3ÔHpaM, v. i. choisir
après examen.
no-HMOTHa, f. qui est plus
riche, compar. d'HMOTeH,
qui possède.
noHCKaM, v. p. v. ncicaM.
nofiHH^ie, dim. (de nofiHHK),
chanteur.
noKajiyrepMv , ch, v. p. se
faire moine (du gr. xa-
noKaHHM, v. i. inviter, en-
gager.
noKaHMi, v. p. provoquer,
défier, exciter, engager,
(KaHfck).
noKapaM, v. p. v. KapaM ; no-
KapaJiH roflima, 1. ils pous-
sèrent un peu, commen-
cèrent l'année.
noKa*u*.,HHi,v. p. accrocher,
suspendre.
noKJEOHi*. ch, v. p. s'incliner,
saluer.
noKOGbk, hui, v. p. faucher.
noKpHB, le toit; noKpHBH,
pi. 6, 21, marque ce qui
sert à couvrir le toit.
noKpHBaM, v. i. (noKpm*. v.
p.) couvrir.
iiOKT»njHHHa, le mobilier.
nojie, pi. nojreTa, champ,
campagne.
nojierHeM, forme serbe, v.
xeTHJk et nojierHA.
nojerHA, v. p. v. jerH^.
no-ieica, assez doucement, un
peu lentement, no-, plus
lentement.
nojiHBaM, v. i. arroser, inon-
der d'un liquide.
noJEOBHHa, demie, moitié:
,a;eBeT rosira h noaoBHHa,
neuf ans et demi.
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— 390 —
nojyHom, minait, le milieu
de la nuit.
nojrëb&, v. p. noj&xa, p. f.
y. noJHBaM.
noJKutbR, y. p. y. juojrôb&.
noiHHKa, plaine, campagne.
noMast*. y. p. oindre, en-
duire.
noaiaK, mot d'origine obscu-
re et par lequel sont dé-
signés les Bulgares deve-
nus musulmans de la
Thrace et de iaMacédoine,
3, 1 et 11.
nô-M&iKO, moins.
noMeTA, y. p. y. MeTft.
noMeHYBaM, y. i. se souve-
nir, faire mention de.
noMHftKa (mhm,), eau de re-
lavure, de vaisselle.
noMHCJi*., Hm, y. p. penser,
réfléchir.
noMHMv, Hm (rad. M'lh), v.
k se souvenir.
noMOJiMv en, v. p. y. mo.ii*.
en.
DOMXMpbR, V. p. (M'BMpi*.,
v. i. murmurer etc.) gron-
der, faire des reproches.
noMipbfc., Hm, v. p. viser,
ajuster.
noHanpeA, d'abord, en pre-
mier lieu.
noH(e)A&!HHK, lundi.
nOHHKH^, V. p. VOy. HHKH^R.
noHOCi*., hih, v. p. porter,
non, pi. -OBe pope, prêtre
du rit oriental ; nonoB, adj.
nona,a;a, femme du prêtre,
popesse, voy. 1, 12.
nonapiA, v. p. (napi*. v. i.),
brûler, griller, échauder.
nonHTaM v. p. voy. nnTaM.
nonycTBL». v.p. répudier une
épouse.
nopaMH, -a*uka, il pleut fai-
blement, il bruine (?).
nopacH^ et nopacTA, v. p.
voy. pacTA ; nopacHAja,
elle a grandi, est en âge.
nopotfb^, v. p. voy. po6u&.
nopTH, pi. f. portes, la porte.
Voy. BpaTa.
nopx^Ka, recommandation,
conseil.
nocBen*., v. p. voy. CBen*..
nocjaHbïv y. p. du givre qui
couvre et flétrit une plan-
te : ajaHa Me nocjaHHja,
36, 10.
nocjyinaM, v. p. voy. cjy-
uiaM.
nocjymeH, f. -mua, obéis-
sant.
nocoxbR, v. p. saler, assai-
sonner.
nocpecHA, 34, 50, et no-
cpimn*. v. p. nocptmaM
v. i. aller à la rencontre,
au-devant, recevoir chez
soi, 25.
nocTejia, dim. nocTejKa, lit,
couche, la literie.
nocTHJiaM v. i. (AsTexhK y.
p.) faire un lit, étendre des
objets qui servent de lit.
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— 391 —
nocroiu, il s'arrêta, demeu-
ra un peu, 34, 143.
noc^noBaM en, v. p. être en-
tendu faiblement, 32, 49.
noci^H^, v. p. voy. ciflHA ;
noc^AH, impér. attends,
reste un peu.
noc£K/Sv, v. p. voy. c£k&..
nocihït, v. p. voy. cil*..
nocBÔep^, voy. CBÔep^.
noTaieH, f. -afiHa secret, ca-
ché : -mècto, lieu écarté.
noTpeTi*., v. p. faire une
chose pour la troisième
fois, chanter trois fois, du
coq, 43.
noTponaM, v. p. (TponaM,
v. i.) frapper, faire du
bruit : -BpaTa, à la porte.
noTyp^BaM, v. i. noTyp^o*.,
v. p. en, se faire turc ou
musulman.
noTBHA, v. p. s'enfoncer
dans l'eau ; être submergé,
noyé.
noyi(a)BaM, v. i. enseigner,
conseiller.
noxBajDTk, v. p. voy. XBajn*..
noxjonaM, v. p. v. x.ionaM.
noxo^bk, v. p. v. xofli*.
no^HBaM, v. i. (iioihh^ v.
p.) se reposer.
no^HHA, v. p. (^hil&, v. i.)
faire, commettre.
noTOOKaM, v. p. frapper lé-
gèrement du poing.
no^HKaM (qeKaM), v. p.:
no^flKafi, attends un peu.
noiiuiH (noft,a;^), g*., ils par-
tirent.
nonja, la poste, nouvelle,
avis par exprès.
no&M, v. p. me -, je mange-
rai, 3, 12.
iiohc, ceinture, iiohco =
noacaT, 34.
noi&, rem, v. i. abreuver,
donner à boire.
npaB,a;a, la justice ; Ha -, in-
justement, contre la ju-
stice.
npaBO, sincèrement; selon
la justice.
npaBOGiaBeH , f. -BHa, qui
professe la vraie foi, Chré-
tien, 15, 10.
npaBnna: Ha — HecTopeH,
qui n'a pas été fait selon
la justice, immérité, 30.
13, note. voy. npaB^a.
npaBb*,, nui, v. i. faire, faire
construire.
npar, pi. -OBe, seuil d'une
porte.
npa3HHK, jour de fête.
npaTbR, Hin, v. i. envoyer,
npaTeH, part.
npax, pi. -OBe, poussière.
npeBaJiH, v. p. KaTo flT>3Kfleij
npeBajin, quand la pluie
eut cessé de tomber.
npeBaJii*., v. p. faire traver-
ser une crête de montagne
(par un troupeau), prop.
faire rouler (si. BajiHTH),
4, 19.
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— 392 —
npeBapa , rose , fourberie,
tromperie.
npeBapi*., mn, v. p. 1° pré-
céder, devancer, aller au
devant 20, 10; 2° trom-
per, duper.
npeBpT»3BaM, v. i. bander
les yeux.
nperopi*., mn, v. p. être
brûlé.
npejaM, v. p. npeAaBaM, v.
i. rendre, livrer, trahir;
-Ayma, rendre l'âme.
npe,a;eH (si. npfyp>H, anté-
rieur); qui est en avant,
précède.
npeflXBp'Bm». v. p. passer
en volant.
npe,2p&, v. i. filer, la laine etc.
np€3 (npfc3), à travers ; pen-
dant: -Honj, durant la nuit.
npeKjyBCTi*., hbj, ca, v. p.
se signer, faire le signe
de la croix.
npeM-ÉHa, costume, vêtement
des jours de fête, atours ;
-HeH, paré, orné.
npeM^HbR v. p. (-M^HHBaM
v. i.) en, se parer, mettre
ses beaux habits ; p. -HeH,
paré, orné.
npeMHHA, v. p. passer, tra-
verser.
npeiueT, second clayonnage
qui sert à renforcer le pre-
mier dans la construction
des maisons.
npenJHTanie , action d'en-
trelacer par-dessus, voy.
njieTA.
npenpamaM, cultiver, propr.
remuer ou amonceler la
terre npax) autour des
fleurs, 14, 12.
npecKaiHM, v. i. sauter par-
dessus,franchir en sautant.
npecKOKHA et npecKOibfc, v.
p. voy. npecica*DiM.
npecnHBaM, v. p. endormir.
npecnojJLBaM (noj , demi) :
npecnoJHBanie elle sépa-
rait en deux, c. à d. éga-
lait en splendeur, 76, 16.
npecpecHA, v. p. aller à la
rencontre, intercepter le
passage.
npecTHTHA, v. p. atteindre,
rejoindre.
npecTopi*.,Hin, v.p. transfor-
mer,métamorphoser, 9,20.
npecfcKiK., v. p. intercepter.
npeTpec^, ein, v. p. prop.
cesser de faire trembler
(de la fièvre), 19, 31.
npH, à côté, auprès de, chez ;
npH 3KHB wbTKR, avec un
mari vivant, du vivant de
son mari ; nfljk npn, aller
vers, aller trouver. — En
composition, souvent pour
npe.
npHÔyjMi, v. p. v. 3a6y.ib&.
npHBOAi*., v. p. no Koro,
envoyer chercher.
npnroTBi*., v. p. préparer,
apprêter en outre.
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— 393 —
npiirpa^bR, v. p. enclore à
côté.
npHn>pH>&, v. p. (npnrp'B-
maM, v. i.) embrasser, en-
tourer de ses bras.
npHAyMaM ch, v. p. se lais-
ser persuader, 4, 84.
npHflyMBaM, v. i. conseiller,
chercher à persuader.
npneM^, aor. npHflx, v. p.
accepter, recevoir.
npHftfl*. (npH, h^a), v. p.
s'approcher, venir auprès.
npHKa3BaM, v. i. raconter;
— 3a, parler de; causer
ensemble, jaser.
npHKna (gr. m. 7tpotx(ov), dot.
npHKÔocaM, v. p. doter, don-
ner en dot.
npnjiHBaM (pour npe-), v. i.
verser, remplira l'excès, de
manière à faire déborder.
npHJHKa, prop. convenance:
parti convenable pour le
mariage, 35, 19.
npHJïH^HM, v. i. ressembler à,
convenir,être digne de(Ha).
npHjnqeH, f. -*mo, conve-
nable, digne, pour le ma-
riage.
npiLiflraM, v. i. (npHJierH^
v. p.), convenir, être séant,
à propos.
npHMeTH^. , placer contre,
sur, attacher à, 70, 34.
npHMïna, voy. npeMÏHa.
npnneK^, v. p. être brûlant,
du soleil.
npniuiemb¥v, v. p. suspendre
aux épaules, mettre en
bandoulière.
npHiTKiHyR. , v. p. remplir
jusqu'aux bords.
npHcerH^ ch, v. p. étendre
la main.
npHCiym*., v. p. dat. ser-
vir les convives.
npncTaHA, v. p. -CTaHM,
v. i. consentir, donner son
adhésion; npHCTax^, ils
consentirent.
npHCTT.ni*., V. p. (-CTLIUIM,
v. i.), approcher, s'appro-
cher.
npHxan*., -niL&, v. p. mor-
dre, couper en mordant,
22, 32.
npHUiHbK, iem, v. p. coudre
sur, attacher en cousant.
npHÔOA*., v. p. percer, d'un
coup de couteau, poignar-
der, npoÔOAeH, part, per-
cé, fait avec le couteau,
d'une blessure.
npoBHKH>& en, v. p. s'écrier,
pousser un cri ; se mettre
à parler à haute voix.
npoBOflfcR, v. p. -B05KflaM, v.
i. envoyer.
nporoBopbK., v. p. commen-
cer à parler ; parler un peu.
npo^aBaM, v. i. -aaM, v . p.
vendre.
npo^yMaM, v. p. voy. ayMaM.
npo3opeij, pi. -pijn, dim. fe-
nêtre.
17**
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394
npoicapaM , v. p. - pousser ;
faire passer à travers.
npoKieT, maudit.
npaiHBaM, v. i. verser; po-
tentiel : Kp'LB-Ta — , je suis
prête à verser mon sang.
npoiÏT, f. le printemps.
npoMHHy*, v. p. passer par,
près d'un endroit; A&
MOJÔa npoMHiie, que ma
prière passe, soit exaucée,
17, 89.
nponjiaiA,v. p. pleurer long-
temps, sans discontinuer.
npoirLAfcfc, v. p. (irBAbfc., v.
i.), expulser, éloigner de
force, chasser.
npoco, millet.
npocTHA, v. p. étendre, al-
longer en un seul mou-
vement ; -Kpaica, les pieds,
68, 4. voy. npocTpA.
npocTO : fla th k-, que . . .
te soit remis, abandonné;
je t'abandonne, te fais don
de, 17, 118 et al. Voy.
npocim.
npocTp^, v. p. npocTHpaM,
v. i. étendre, déployer.
npocTi*., v. p. voy. nponja-
BaM, v. i. pardonner;
npoCTH mh, 24, 15, par-
donne-moi: c. à d. donne-
moi congé, adieu.
npoTeK*., v. p. passer en
coulant, couler par devant.
npoieTA, v. p., p. lea (-ih-
TaM, v. i.) , lire.
npouiKa, Majia, BaiHKa, visite
d'une mariée à ses parents.
npo^nowv ca, v. p. (-ra)BaM
<îh, v. i.) faire parler de
soi, acquérir de la renom-
mée, v. TO>1*..
nponjaBaM, v. i. pardonner:
nponjaBaftTe sa, dispen-
sez-moi de, 45, 61 ; —
en c, dire adieu à, pren-
dre congé.
npomeHie (npocTi*.), par-
don, rémission.
npiBHH npxBHHHa (de m>p-
bh. premier), = ir&pBO-
jiHÔe, 88.
nptCBaM ca, potentiel de
np'BCH*, ca: npTbCBame
ca, tu te serais fendue, tu
aurais éclaté, 50, 17.
np'BCHA, v. p. (np'BCKaM, v.
i.) disperser.
np'BCT, doigt.
npiCTeH, anneau, bague.
np^Tie, coll. des baguettes,
des gaules, 5, 17.
npînopen; , drapeau , éten-
dard.
npinop^CHH (xha vient du t.
dji), porte-étendard, dans
les bandes de brigands.
npiceH, f. -CHa, frais, du
lait etc.
nTH^Ka, dim. (de nTHija)
oiseau.
nyKHA^ en, v. p. éclater avec
bruit ; commencer tout
d'un coup, du printemps.
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— 395 —
nyc(T)H^, v. p. lâcher, lais-
ser aller : nycTH Mfl,laisse-
moi aller, passer; remettre
en liberté, laisser échap-
per ; admettre, laisser en-
trer, 20, 35.
nyCT, désert, abandonné;
misérable, maudit, 3, 1.
nyCTHHHa, désert, solitude.
nymKa, fusil (nyKHA).
nymaM, v. i. nyiip*., hui, v.
p. lâcher, nymn, impér.,
nymnJï, 20, 30. v*. nycT-
HA.
ineja, abeille.
ii'LJieH, plein, itbjïha, v. i.
remplir.
n'BpBH, premier; aîné: Haft-
nrbpBa-Ta , la première,
l'aînée , m.pBH ôpaTeij, le
frère aîné.
itlctbp, f. -Tpa, varié de
couleurs, bigarré.
m»T si. (il&.ti>), avec l'art.
WbTfi, 1° chemin, route,
pi. n. iTLTHma; 2° fois,
Tpn iultr, trois fois.
in>TeK, pi. iTBTeKH, dim. pe-
tit chemin, sentier.
h'lthhk, voyageur.
nïceH f. et nfcCHfl, pi. nierai,
chant, chanson.
niTeji, pi. n^TJH, le coq.
nii*., rem, v. i. chanter,
niieM == nfci*., 34.
nmeHHija, froment, blé : 6am-
nnieHHi^a.
paÔOTa, affaire, travail; -eH,
f. -THa, laborieux; -b&,
v. i. travailler.
paBeH,f. -BHa,uni, égal, plan.
pa^(y)BaM oa, v. i. se réjouir.
pa3Ôep^, v. p. (-6npaM, v.
i.), entendre dire, com-
prendre, p. pa3Ôpaj[.
pa3tfnb&, v. p. briser, ouvrir
avec effraction.
pa36ojrâbfc., rem, v. p. (-(taiii-
BaM, v. i.) ça, devenir,
tomber , malade : ÔOJHa
pa3Ôoj[4 ch.
pa3ÔyAiA, v. p. -ÔyatflaM, v .
i. réveiller plusieurs.
p'BSBecejn*., v. p. égayer.
pa3BHBaM et -BUBaM, v. i.
-bhia, v. p. déployer, dé-
velopper; — en, se — ,
s'épanouir.
pa3Bpi3K^aM v. i. (Bpi,a;,
dommage), endommager:
-paHH, envenimer des bles-
sures.
pa3Bi>paL«. v. p. délier, dé-
nouer.
pa3Bfcb&, v. p. disperser en
soufflant.
pa3£HrH>& v. p. faire lever
ça et là.
pasflOMMv, v. p. priver de
sa maison, de sa famille.
pa3flyMaM, v. p. dissuader;
consoler.
pa3flïjreH, voy. OT^kieH.
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— 396 —
pa3Kaqu& y. p. (Karok porter
en haut) suspendre, accro-
cher ça et là.
pa3KBacb¥v v. p. humecter,
rafraîchir.
pa3KJOHbïv cn,v.p.se ramifier.
pa3JK)TaBaM v. i. irriter.
pa3MHpb¥v CH, V. p. (MHp,
paix) perdre la paix, être
troublé.
pa3M*fccoM (ancien instrum.),
en mélange, 20, 8, voy.
pa3HeoK. ch, v. p. se sépa-
rer, se disperser.
pa3iiauL¥v, v. p. ôter la cein-
ture.
pa3nHT(y)BaM, v. i. interro-
ger, soumettre à un in-
terrogatoire.
pa3n.xatL&., v. p. faire pleu-
rer plusieurs.
pa3njeTA: Koca pa3ii.ieTe-
Ha, chevelure dont les
tresses sont défaites.
pa3nopbfc., v. p. (-napHM v.
i.) fendre, ouvrir en cou-
pant, etc.
pa3npaBbR, v. p. dériver,
l'eau dans des rigoles pour
arroser, 10, 33.
pa3p$;&&., v. p. fendre, ou-
vrir en coupant; tailler
en morceaux.
pa3pïnL&, v. p. (-pfcmaBaM
v. i.) délier, dénouer.
pa3ca«AaM, v. i. (ca^i*.),
transplanter.
pascLp^i*. ch, v. p. se fâ-
cher, s'irriter.
pa3THpaM, v. i. pousser de-
vant soi, chasser ça et là,
disperser.
pa3Tpeôbfw, v. p. mettre en
ordre, arranger.
pa3TypHTH, infin. serbe, ren-
verser, démolir.
pa3Tymi*. (-Timi*.?) v. p.
soulager, consoler : #a ch
KaxT»pH pa3TymH, 15, 45
et 54.
pa3Xja^eH, rafraîchi.
pa3U£BT£, a fleuri en quan-
tité, 15, 68. — (Morse,
pa3ijbBiL* , -HyBaM ch,
fleurir).
pa3^eTA, v. p. peigner, sé-
parer les cheveux en pei-
gnant.
paft, paradis.
paKHH (ar. araq), eau-de-
vie, raki.
paMeHe, 40, 115, pour pa-
MeHa, pi. (de paMo), épau-
les; paMeiiijH, dim.
pana, blessure.
paHO, de bonne heure, très
matin.
paHbfc., v. i. blesser; p. pa-
HeH, blessé: paHa paHeHa
c, blessure faite par, 27,15.
paHMv, v. i. se lever, sortir
de bonne heure.
pacTA, v. i. pa. pacBJ , f.
paoïa, croître, pousser,
grandir.
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— 397 —
paTaitae, dim. valet de ferme.
paqb&, v. i. vouloir, agréer.
peBA, v. i. mugir, braire.
pefl (si. p/MT>), rang, série:
ABape^a CM3H, deux ran-
gées (ruisseaux) de lar-
mes; pe^OM (ancien in-
strum. de pe#), et no pe-
flOM, à la file, successive-
ment, chacun à son tour.
pe^i*., mettre en ordre, dis-
poser ; peflOM ce pe^MVT,
ils se mettent en ligne.
pnôa, poisson.
pH3a, chemise.
po6, pi. po6ie, prisonnier de
guerre, esclave; poÔHHH,
dim. poÔHHKa, captive.
po6i*., v. i. réduire en cap-
tivité.
po#, produit, ce qui naît: —
poflbfc., donner du fruit.
pofli*., v. i. produire, donner
naissance, enfanter; -ch,
naître.
poacôa (pofl), fruit, progéni-
ture ; dim. poacÔHija, foe-
tus, embryon : MT>3KKa - ;
6vum 3a poatôa, herbes
pour avoir des enfants.
po3ra, rameau, petite bran-
che. uranoBa — .
poKJiH, pi. poKJH, robe, vê-
tement de femme.
poMamca, Romaine, P(i)|xa(a,
dans le sens où il s'appli-
quait aux habitants de
l'empire byzantin: Eoh-
Ha — , 17. Voy. PyMarni.
poHbfc. v. i. : -CLJI3H, verser
des larmes.
poceH, f. -Ha, humide de ro-
sée, frais.
pocnua, dim. (de poca), ro-
sée.
poxaB (Morse, poinaB), velu,
qui a les cheveux ébou-
riffés.
pyftHO (de pyft, rhus cotinus,
le sumac), épithète con-
stante du vin, de couleur
jaune, doré ; on trouve ce-
pendant ensemble : pyftHO
bhho ^epBeHO. — Dans
les Chants du Rhodope,
PyKH Bor et Piok), le
dieu de la vigne et des
vendanges.
PyMaHH, la Romanie,Roumé-
lie (Roum-ili des Turcs):
Tan 3eMjH-, 28, 55.
pyc, blond: pycn Ka3an,H:
f. pyca, épithète constante
de la tête, pyca i\iaBa,
qui est appliquée même à
un nègre, 36, 45.
pyqaM v. i. dîner; pywrn,
inf. serbe.
py^OK (sb. py^ian), dîner,
repas de midi.' voy. o(fàfl.
ptKa (p^Ka), pi. p'&n.'fc, main.
piaceH, esp. de pelle à atti-
ser le feu.
pfcflKO, rarement.
pfo&A., aor. pi3ax, v. i. tail-
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— 398 —
1er, couper: — Beproa,
faire la répartition de l'im-
pôt.
pfoca, rivière, fleuve.
pfocHTOB, adj. de l'osier (srb.
paKirra, osier, salix ca-
prea).
p£ic&, ^iein, aor. pfeox, v.
p. dire.
pfci, f. mot, parole : -BT>piL&,
répliquer.
c.
c, co, cbc, avec.
ca, 1° v. ca et ce; 2° voy.
CA.
caÔJH et ca6n, sabre.
ca#i*., v. i. planter.
caicaM, v. i. chercher, 4, 47.
cajixaHa (t.), boucherie.
caM, caMH, soi-même, lui,
elle-même; caMnOroiffia,
ace. Stoïan lui - même ;
caMCH, même sens.
caMHqoK (-tlk;) dim. de
caM, tout seul ; th caMBTi-
Ka, toi-même, toi aussi.
caMOAHBa, prop. la Diva so-
litaire (caM), espèce d'être
surnaturel; -ahbckh, q U |
la concerne ; à la manière
des — .
caMyp (t.), martre, zibeline;
-eH, adj.
caHAyK (t.), pi. caHflynH,
coffre, partie, celui qui
sert pour la garde des vê-
tements.
capan, pi. (serai, pers.)
grande maison , maison :
TOflopoBH-Te capan.
caxaT (ar.), heure; caxaT^e,
dim. montre, horloge de
poche.
caiMa (t.), plomb de chasse.
cÔnpaM, v. i. côepA, v. p.
v. CBÔepA.
CBaT, pi. -obh, invité aux
noces; CTapn CBaT, té-
moin aux noces.
CBaTÔa, noce, les noces ; gens
de la noce; flBXtt*. — , le-*
ver la noce, c. 'à d. aller
avec un cortège d'invités
chercher l'épousée.
CBaTH, fém. coll. parents par
alliance, 69, .6.
CBeiCL|p, beau-père, père du
mari ; CBeiCBpBa (socrus),
belle-mère.
CBeim (si. cbbt$th), v. i.
éclairer, illuminer.
CBenj, £ flambeau allumé,
lumière, chandelle, cierge ;
CBenjnija, dim.
cbhah mii ca, comme aciiJHM :
cbh#h mh ch napavra, je
plains mon argent, je
crains de le dépenser, par
avarice, 15, 8.
CBHKaM, V. p. V. BHKaM.
CBHpKa, flûte.
CBHpb^, v. i. sonner, jouer
d'un instrument, part.CBH-
pfcï; siffler, 4, 13.
cboô, -fl, -K, son, sa; s'ap-
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— 399 —
plique aux trois personnes ;
cboôo = CBOÔ-aT.
CB'BpHA ca, v. p. retourner
sur ses pas.
CBT>piiib^, v. p. finir, termi-
ner,
cb$t (svet), le monde (si.
lumière).
cbht, (si. CBAT'L) adj. saint,
CBeToro, gén. m. ; cbhth
UBaH, saint Jean; CBATa
ropa, to &yiov 3poç, la sain-
te montagne , TAthos ;
cbhth, pi. m. les quarante
Saints, fête qui tombe le
19 mars, v. s.
croBopeH, qui est bien d'ac-
cord, vit en bonne intelli-
gence : flpyacHHa croBop-
Ha.
croTOBi*., v. p. apprêter le
repas. V. totbi*..
crpafli*., v. p. bâtir. Voy.
rpa^bR.
crpimaBaM, v. i. crpfcinm,
v. p. pécher (rpix).
ce (Bce), 1° comme adv.
tout: Ce MJa^H HeBÈCTH,
toutes jeunes épouses ;
2° ce-Te, tous : ce-Te K)Ha-
d;h ; 3° pr., = en et ca.
ceB^a (t.), amour, passion;
objet aimé ; ceB^aanii (t.
sevdali).
cera, maintenant: ao cera,
jusqu'à présent.
ce#eB (t.), nacre de perle.
ce^eKHyBaM (cÈfli*.) v. i. de-
meurer longtemps assis,
en veillant la nuit.
ce^eM, sept, -fleceT, soixan-
te-dix ; ce^eM^eceT h ce-
flfiM , soixante - dix - sept,
nombre sacramentel pour
les brigands, les blessures
qu'ils reçoivent ou font etc.
cefl^HKa, réunion, veillée de
femmes pour travailler en
commun.
ceÔMeH (t.), jadis sergent de
police, gendarme.
ceKa, chacune, 37, 14. Voy.
CHKH.
cejBHH (t. selvi). cyprès.
cenp (t.), chose vue par cu-
riosité, spectacle.
cejo, village; ce.3HB;e, lieu
habité , séjour ; ccickh,
adj. du village.
cejHHe, pi. (de cciiiHHH),
villageois, paysans.
cecTpa, soeur; dim. cecTpn-
ija et cecTpniKa.
ch, 1° dat. du pr. en, à soi,
se ; 2° pron. possessif en-
clitique très souvent ex-
plétif.
chb, gris, grisâtre.
CHJeH, f. -JïHa. fort, puissant;
chjiho, puissamment, for-
tement.
CHH, pi. -0B6, fils : A6B6T CH-
Ha, neuf fils ; CHHeij, dim.
V. CHHKO.
chh (cHHt), H, ë, gris ; bleu,
du ciel.
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- 400 —
chhaxhp (t.), chaîne : -poôre,
prisonniers liés à une mê-
me chaîne. 86, 18.
chhko, esp. de voc. de crh ;
mon fils ! terme d'affection
qu'on adresse même aux
filles, chhko EopflHKa, et
à plusieurs personnes à la
fois : mes enfants, 86, 4.
CHpaqo, pi. n. cnpaqeTa et
pi. m. cnpaijH, orphelin,
orpheline, pauvre.
CHiiop (gr. oùvopov), limite,
confins, territoire.
cmiija, tous, toutes : — h-émh
Ôyjsjkre , soyez toutes
muettes.
CHpeme, fromage; cnpeHHH,
adj.
cnpoMax, pauvre, infortuné,
6 xaii^évoç : — CTaHa, la
pauvre Stana.
CHpoMauiKH : — a fl'mjepH,
une fille de pauvres, la
fille de pauvres gens.
CHca, mamelle ; au pi. e^HH
chch, un seul, un même
sein.
CHUKH, VOy. BCH^KH.
CKa^iHM, v. i. sauter.
CKeMJie (gr. axajAvf), petit
siège, chaise.
CKJnomx*. ch, v. p. se termi-
ner.
CKopo , vitey promptement ;
récemment, ^depuis peu.
CKopospiifiKa, qui mûrit de
bonne heure, précoce.
CKpHmen, f. -inHa, caché, se-
cret.
CKpHbfc, v. p. cacher ; — ch,
se cacher.
CKyn, ensemble. V. BKyn.
ckvt , bord , extrémité du
vêtement qu'on baise en
signe de respect.
cirtn, précieux, qui coûte
cher.
ciCLcaM, v. p. rompre; arra-
cher (k*lc, fragment, mor-
ceau).
ciaBe, 34, 71, et aiaBeft,
dat. -eio, pi. -en, rossi-
gnol; aiaBenqe, dim.
cjaBbR, v. i. glorifier, chan-
ter les louanges de.
cjaraM, v. i. déposer.
cjafl'LK, f. -AKa, doux au
goût, agréable; oia^KO,
doucement, agréablement.
ciaHa, givre, gelée blanche.
CJIHÔbR CH : CJIHÔHJH CMC CH,
nous nous aimâmes, v.
jih6i*..
cjioyKi&, v. p. V. oiaraM.
CJHTHA pour CJ$THt CH,
(jfcTi*., voler) v. p. prop.
s'envoler,prendre son élan
pour courir ou sauter, 17,
57.
ciyra, ciyra-Ta, m. servi-
teur, f. servante, 6, 13.
cjymaM, v. i. écouter, obéir;
exaucer.
CTBHije, dim. cjrwrame, so-
leil; CJFLiraOB, adj.
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401 —
cjiÈn, f. -a, adj. aveugle; I
dennija, une aveugle.
ciiifl, après, derrière.
CMaxHA, v. p. brandir, un
sabre.
CMHraM, v. i. faire signe de
l'oeil, jouer de la prunelle.
cmhjt, immortelle des sables.
CMiLihK. aa, v. p. avoir pi-
tié, 3a, de; impers. Ha
Bora ch cmhjlhjio, Dieu
eut pitié, 9, 27.
(mojifif goudron, poix, ré-
sine.
carôceH, f. -CHa, mélangés,
varié.
CMfci*., en, v. i. rire; dat.
rire de, se moquer.
CMfchK., rem, v. i. oser, avoir
la hardiesse de faire;
cmèkm = CMibR, 34.
CHara, corps (en srb. force).
CHaxa, dim. CHauraija, bru,
belle-fille.
CHeMaM, v. i. faire descen-
dre.
CHon, gerbe.
CHomeH, f. -iipa, adj. ; CHom;-
Ha BO^a, de l'eau puisée
la veille ou soir.
choiuh, CHomi, hier soir,
cette nuit (passée).
coôa (t. poêle à chauffer),
chambre.
cokojiob, qui appartient au
faucon (cokoji) : nnjie co-
kojiobo, faucon, 3, 7.
cna^HA, v. p. écheoir, tom-
ber en partage.
cnjeT/R., v. p. tresser, les
cheveux.
cnyc(T)HA, v. p. (cnycKaM,
v. i.), descendre, laisser
tomber, abaisser, répu-
dier; — en, s'abattre,
comme un oiseau, descen-
dre.
cm*, hui, aor. enax, part,
cnaji, v. i. dormir.
cpaM, honte : — mh le , j'ai
honte.
cpaMOTa, v. cpaM.
cpeôpo , l'argent , métal ;
cpeôi.peH, f. -pna, d'ar-
gent.
epe^ et b cpe,a; (si. cpfcflfc),
au milieu de.
cpÈ#a, mercredi.
cpfcma , rencontre ; comme
prép. — ô, à sa rencon-
tre ; aussi cpfcmHa, Ha —
hm, au devant d'eux.
cpiimHA v. p. (cpfcmaM v. i.)
rencontrer.
CTaBaM v. i. 1° demeurer,
rester : CTaBaft ch c Eo-
roM, adieu; 2° devenir:
Kafl'&Ha He CTaBaM, je ne
veux pas devenir turque;
prop. le potentiel de
CTaHA.
CTaflo, troupeau.
CTaH*, v. p. se lever; se
mettre debout ; devenir ;
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— 402 —
aToir lieu, arriver; CTa-
il&jo, cela eut lieu 10, 55.
CTap, vieux, âgé; CTapan,
fém. arch. moh CTapan,
ma vieille (mère), 8, 12.
CTapeij, pi. CTapijH, vieil-
lard ; CTapmja, vieille fem-
me.
CTapa iuaHHHa, la vieille
montagne, le khodja
balkan des Turcs, l'Hé-
mus des Grecs, mais s'ap-
plique aussi à d'autres
montagnes, celles de Rila
par exemple.
CTeHa, 1° cloison, mur léger;
2° rocher.
CTnra, prop. il suffit; assez.
CTHrH^, v. p. arriver à, par-
venir; suffire.
cthxhh, espèce d'être sur-
naturel ou d'esprit élémen-
taire qui représente éty-
mologiquement comme par
l'idée le (rrot^etov des Grecs
modernes, 2, 22 et al.
cto, pi. CTa et ctè, cent:
flBÈCTii , TpncTa , deux,
trois cents.
CTOBapflM v. i. décharger.
ctoje, siège, chaise.
CTOBHa (gr. ordiAvoç), cruche.
CTom*., v. p. se fondre, fon-
dre.
erophR, v. p. faire ; aropMa,
5, 9, elle fit, o. à d. passa
(trois jours) ; — Cfl, faire
semblant de : CTopn ca *ie
Me He *iy, il fit comme
s'ilne m'entendait pas, 75,
6. V. CTpyBaM.
ctOTHHa, centaine, gén. pi.
arch. ctothh : neT ctothh
cinq cents.
ctohhob, adj. de Stoïan.
CTObR, hbi, part.CTOHJ, v. i.
être debout ; demeurer, se
trouver, séjourner; CTOii
mem, tu deviendras, 30,
54.
CTpaHa, côté.
CTpax, crainte.
CTpanrao, terriblement.
ctpyBaM, v. i. 1° faire ; faire
devenir, changer en, 9,
20 ; 2° -napn, faire, gag-
ner de l'argent: 3° coûter,
valoir : KOH^ie My CTpyBa
XHJH^a, le cheval lui coû-
te mille (piastres) , 80 ;
4° CTpyBa mh ch, il me
semble.
CTpexa, toit; ordinairement
la partie qui en fait saillie.
CTpfcia, dim. CTp&uma, flè-
che.
CTp'BBHHija (si. CTptBi, ca-
davre), épithète de l'ours,
dans le sens de auda-
cieux, voy. No 7.
CTyfleH, froid, frais.
CTLMHl*. ÇA, V. p. : CT'BMHH-
jo en, il fit obscur, il fut
nuit.
crLm*. v. p. (-nain), v. i.
marcher, s'avancer.
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403 —
CTLpau*., v. i. raboter, râ-
per, fabriquer au rabot.
CTi>pnHM, ch, v. i. être im-
patient de, perdre pa-
tience.
eytfanme, dim. (de souba-
chi, t.), préposé à la gar-
de d'un domaine ou d'un
village.
cyKMaH, jupe de femme.
cyKHeH, de drap, en drap.
cyjrraH (ar.), le Sultan; -ob,
adj. cyjTaH — tfefîcica, f.
qui appartient au seigneur
(bey), sultan.
cyMicaM (yM, esprit) en,
v. p. se mettre dans l'es-
prit , concevoir une idée,
4, 64.
cyp, de couleur fauve : cyp
ejeH, cypa jiaMHH.
cypa (ar. sourat), le visage.
cypryH (t. surgun) banni :
-CTopb*., bannir, expulser.
cyTpa, cyTpeH, le matin, au
matin, — paHO, de grand
matin (serbe, demain).
cy*iA, v. i. allaiter : cyieaja
clm, 13, 70; téter, 13,
101.
cqenL*., v. p. peigner, arran-
ger la chevelure, c^eca-ia,
part. f. 48, 45.
cl, forme de la prép. c, de
(ex), qui s'est conservée
dans quelques mots com-
posés.
CBÔepA v. p. -6npaM , v. i.
rassembler, réunir; KaK
ch c Te6e CLÔpaxMe , de-
puis que nous nous som-
mes réunis avec toi, c. à
d. mariés, voy. 6epA.
CLÔJiH^aM, v. i. -ÔJrôK*, qein,
v. p. déshabiller, dépouil-
ler, CBtfjTÉKJÏH Cil, 4, 12.
CLÔop, assemblée, conseil:
— CLÔpajra, ils tinrent
conseil.
CBÔOTa, samedi.
CLÔy^hK. et — en, v. p. V.
6yAi*.
CLrjreflaM, v. p. voir, aper-
cevoir, 13, 27 et 40.
CLrpÈun*., y* p. V. crpfenL&.
CLflbK., nin, v. i. blâmer,
gourmander,réprimander,
13, 21.
CLflhfc., en, v. i. se faire ju-
ger, débattre un procès.
CKiôa, échelle.
CLJ3a, larme.
clm (clml, pron. sàm) , je
suis, et v. auxiliaire.
CLp#ije, CBpije, coeur; se
prend comme xapSfoc en
grec, pour tout l'intérieur
du corps, les entrailles:
ot CLpije poacôa, fruit
du coeur ou des entrailles,
enfant.
CTbpMeH (du grec aup|xa), fil
d'argent travaillé.
clh, sommeil.
clc, voy. c, CL.
CLceKA, v. p.: CLCfrie, il
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— 404 —
tailla en pièces, coupa en
morceaux.
CMUHBaM, V. i. -UIHWv, KHI,
v. p. coudre, façonner en
cousant, 8, 31.
c$Aiai^, rein, t. i. seller.
ctAJO, selle ; céat»-*^, dim.
pi. n.
efcA**M v. i. être assis; de-
meurer, vivre, habiter : —
Ha xopTa, tenir sa parole.
ctAHA, v. p. (dtaaM, v. i.)
s'asseoir.
ctic«v, *ieui, aor. cfoox, part.
cfciCLJi , couper , tailler ;
massacrer, 5, 24.
c$HKa, ombre, des arbres, etc.
cino, foin.
cfrri*., v. p. cfcnjaM, v. î- c fl>
s'apercevoir, comprendre ;
se souvenir.
ca, écrit aussi ce, ca, se, soi;
sert pour les trois person-
nes, et à la formation des
verbes réfléchis, récipro-
ques et passifs.
cirera, toujours.
cHKaKTBB, f. -KBa, toute es-
pèce de, de toute sorte.
chkh (cIjkh), chkoô, chacun,
dat. CHKHMy, 19, 61.
CHKaM, v. i. croire, penser.
cjr (sœ) sont, v. cbm.
t (t-T, a-T), article masc. ;
le t est souvent retranché,
et il ne reste que a, et
dans certains pays o.
Ta, et; de façon que; Ta
na, et puis.
Ta, art. fém. la : flHBa-Ta ca-
MOflHBa-Ta, 2, 8 ; ici la ré-
pétition de l'article après
le substantif est intensive,
TatfHiiT (t.) : Ha, — à (son)
gré.
TaBaH (t.), plafond, grenier,
Taica, TaKe, ainsi.
TaKBa3H, fém. (de TaiCBB3H) y
telle.
TaMaM (t.), justement, il n'y
a qu'un moment.
TaMO, TaM, là.
TaTapnôcKH et TaTapcKH,
tartare.
TaTKO, masc. père, dat. TaT-
Ky. voy. TeTë, etc.
Ta^ieM, voy. t'bka.
Tan, fém. de toô.
TBoft, tboh, tbok, ton, ta;
tboho = TBOÔ-aT, 36, 1 7.
TB'BpA*, très, fort, beaucoup,
grandement.
Te, art. pi. voy. th et tè.
TeacLK, f. -aoca, lourd, pe-
sant, considérable: Teac-
ko HMaHie ; Tearea c flfrre,
grosse d'un enfant, en-
ceinte.
tcôho, père, dat. TeflHy.
T6K*, Teqeni, v. i. couler;
T6KHA, v. p. couler tout
d'un coup, jaillir.
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— 405 —
TOiaJHH, pi. -jeh (t.), crieur
public.
Teje, pi. m. TejujH, veau ;
TejLeHije. dim.
Texonnra (t. tel, fil, telli,
lié par un fil), adj. pi. ra-
mées, de deux balles réu-
nies par un fil de fer.
TeHTaBa, nom d'une plante,
7, 38.
TeTë (tétio), m. père. Voy.
TaTKo, 6anja.
TH, 1° tu, toi; te, à toi;
2° art. pi. voy. Te.
thx , tranquille , paisible,
lent ; thxo, thxom et no-
thxom , tranquillement,
bas, à voix basse, douce-
ment.
th^hm v. i. couler; courir:
THUflft, cours ! vite ! voy.
T6IG&.
th*thk (t.), longue bande
de toile pouvant servir de
ceinture.
thh, pour Tan, toh, 4, 42.
TJTBKa (en Serbie Mo6a), cor-
vée volontaire, voy. No.
69.
to, 1° art.neut.; 2° neut. de
toô, ce, cela : to He k, ce
n'est pas.
TOBa, neut. de toh, ce, cela;
3a TOBa, à cause de cela,
c'est pourquoi.
TOBap, une charge de che-
val.
TOBapi*., v. i. charger.
ToraBa, Tora3H,Tora3', alors.
T03H, f. tt^h, n. Tyft (Bul-
garie) , celui-ci , celle-ci,
cela, voy. toh.
Toft, f. tu, n. to, il, elle,
voy. oh.
toko, seulement, rien que.
tojiko, tant, tellement, si:
— paHO, sitôt, de si bonne
heure.
T0JK03H, tant de : — BpiMe
KaK , il y a si longtemps
que.
Ton (t.) : -Kapan*Hj[ , clou
de girofle.
Tonoja, le peuplier blanc.
toiim, f. -naa, chaud.
Topôa (t.), petit sac, besace.
to*u*., v. i. aiguiser, repas-
ser; TO^ieH, p.
toh, f. Tan, n. TOBa (à Ph.
polis), celui-ci, cela. Voy.
Ta3H.
TpaKBLR, v. p. éclater, s'ou-
vrir bruyamment, d'une
porte, 44, 24.
TpaHaa*HJï (gr. m. xp'.avta-
çuXXov), rosier, rose.
Tpai*., Kin. v. i. durer.
TpenHA, v. p. battre des ai-
les.
TpenThK.,v. i. trembler, trem-
bloter, (twinkle), de la lu-
mière, du soleil, 13, 15.
TpecKa, la fièvre (si. TpACTH,
secouer).
TpeTH, f. th, n. Të, troi-
sième.
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406
Tpn, trois : h Tpn-Ti, toutes
les trois; TpHMa, trois
(personnes) : — raBa3H.
Tpmece = TpH^eceT, trente.
TpHiiaftce, treize.
TpmiAa4>ej, v. TpaHAa4»HJi.
TpoBbïv, v. i. empoisonner.
TpoierjaBa: 3mhh — , serpent
à trois têtes.
Tponija, nombre de trois per-
sonnes (trinité) : — ocTa-
jh, trois restèrent.
TpyAHa, adj. f. grosse, en-
ceinte (femme).
Tp'Brn^, v. p. (-HyBaM, v.
i.) partir, se mettre en
route; — xafiAyTHH, se
faire brigand.
TpiôaM, v. i. falloir, être
nécessaire.
TptBa , herbe ; TpiBie-TO,
coll. les herbes, les plan-
tes.
TpiCHA, v. p. (TpimA, v.
i.) craquer, éclater, dé-
tonner.
Ty-Ty-, d'abord et ensuite.
Tyfi = T0Ba: -jfrro, cet été.
TyK, TyKa, ici.
TypraH, pi. TypijH, Turc;
Typ^ie, un Turc.
Typi*. et TypHA, v. p. (Ty-
pHM, v. i.), mettre, placer:
KaflHH TypH>ïJ[H, ils éta-
blirent un juge.
TTbr, pi. -OBe, et T'Bra, cha-
grin, affliction : T'Bra ch
HaauLiHJo, dat., se laisser
aller au désespoir, 57, 10.
TB3K1*., en, v. i. se plaindre,
se lamenter; TLHceH, p.
affligé, triste.
r&3H, TB3, Ta3, Tac, fém. de
T03H.
tt>ô, de même, ainsi ; si, tel-
lement : — paHO , si ma-
tin.
tlkmo, seulement, rien que.
tt>k*,, *ieiu, v. i. tisser, Ta-
*ieM, nous tissons, 1, 37.
T'LMeH, f. -MHa, obscur, som-
bre.
TbMHHija, prison, cachot.
ttbh'lk, f. -HKa, fin, mince,
délicat, menu.
T&naH, tambour.
T'Bïitl*., aor. TtnKax, v. i.
fouler aux pieds, marcher
sur.
TLproBeij, pi. -bijh, mar-
chand; dim. TLproB^e;
— rjaBa, un marchand,
46, 61.
r*proBCKH , adj. de mar-
chand.
TTbpCBR, Tp'BCBR, HHI, V. i.
chercher.
Ti, 1° les, V. Te et th;
2° ils, pi. de TOft ; 3° T$
et tèx, art. des numéra-
tifs : mecT-Tfcx (mecTix)
six cents.
TfcceH, f. -CHa, étroit, res-
serré.
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407 —
T^CTaH, qui a rapport à la
pâte (t$cto), 82, 20.
Tix (pron. tiakh), cas obli-
que du pr. tè, ils, eux : y
t£x, chez soi, à la maison.
TixeH, f. -XHa, leur : t£xhh-
th RèUfr, leurs enfants.
th, 1° écrit aussi Te, Ta, ace.
toi, te; 2° fém. de toô,
elle.
y.
y, dans ; chez : y MaÔKa, —
Ba3H, — t4x, 1 , 1 5, 28 et
40 ; MajEaMKHHH, 9,10.
— AOMa, ^ la maison, do-
mum.
yÔHBaM, v. i. -6hi*r, iein, v.
p. tuer, massacrer. Bor
^a y6nie, que Dieu fasse
périr? .... formule de
malédiction ; yÔHBa, 4, 32,
au potentiel : elle me tue-
rait.
yB, dans, V. y et B.
yBefl>*., v. p. introduire.
yBHBaM ch, v. i. s'enrouler.
yrape, terre labourable : 6a-
iuhho, — terres pater-
nelles.
yrHHBR, ieui, v. p. pourrir.
yrofli*. en, se laisser per-
suader par (Ha); impers.
yroflH ch, dat. , plaire,
agréer à.
yrocTi*., v. p. régaler, fes-
toyer.
yflapbft., v. p. frapper, por-
ter un coup, blesser d'un
coup de feu: y^pn Ke,
frappera, 37,31 ; yapfcxA,
53, 10.
y3Aa, bride.
y3e (srb.), il prit.
y3ejia = 3e.ia, elle prit, 5,
23.
y3piib&, v. p. (3pib^, v. i.)
mûrir.
y3yH (t.), long.
yfl^o, m. oncle. V. ByÔMO.
yKanbft., v. p. dégoutter;
tomber en lambeaux, 51,
11.
yjHija, dim. yjra*nca, rue,
ruelle.
yjiOBi*. et bjobitSi, v. p. cap-
turer ; 3a pTBKa, saisir par
la main. V. JOBbK..
yjiiTi*., v. p. s'envoler, 51,
13.
yM, esprit, raison: na y m
Hay^HBaM, 22, 29 ;'l. en-
seigner à la raison, don-
ner de bons conseils.
yMHpaM, v. i. se mourir, être
à l'agonie : 3jiè yMHpa.
yMOpbR, v.p. fatiguer, — en,
se fatiguer; tuer.
yMp^ et yMpeM (srb.), 34,
v. p. mourir. V. yMHpaM.
ynymHaT (nymica , fusil),
part. : paHH -H, blessures,
provenant de coups de fu-
sil, 27, 8.
ypiea, V. xypica.
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ycMHXH^ ch, v. p. sourire,
V. CMfeMt CH.
ycopam^, épithète du ser-
pent, voy. ocoie.
ycTa, pi. n. la bouche.
ycTpfchfc, v. p. percer, tuer
à coups de flèche.
yciflJiaM (o-), v. p. seller.
yxanbfc, v. p. mordre.
x.
xa6ep (t.), nouvelles, avis,
rapport.
xa3Ha (t.), trésor, fonds du
trésor, convoi d'argent.
xa3Ha^ap (t.), trésorier.
xaftfle (t.), va! allons!
xaftAyK, pi. -yiJH, srb. V.
xaft^yT.
xaftayT (ar.) et xaftayTHH,
brigand, voleur de grand
chemin : Tp'Lrn^, — se
faire brigand ; -ckh, adj.
xanp (t. khaïr), bien, bien-
fait, ouvrage ou fondation
d'utilité publique que
les particuliers exécutent
pour le bien de leur âme.
xan (t. le droit); ot xaK
ROfifl^ (dat.), vaincre.
xajiaji (ar.), abandonné, re-
mis, pardonné: -CTopM^,
pardonner. Voy. npocTO.
xajfKa (t.), chaînon, anneau
fixé à une porte et qui
sert à y frapper.
xaH'BMa (t. khanum), dame
turque, xaH'BM^ie, dim.
xanH>R, v. p. manger avide-
ment, avaler.
xapaMHH (t.) voleur : 6ain-
xapaMHH, chef de vo-
leurs.
xapeM ou au pi. xapeMH (ar.),
le harem, habitation des
femmes musulmanes.
xapH3K;R, v. p. xapn3BaM, v.
i. (gr. X^^* )» donner en
présent, faire cadeau, ou
grâce de.
xapTHH (gr. ydpvriç), papier.
XBajn^, v. i. faire réloge,
recommander.
xéaH*., v. p. xBanjaM, v. i.
(on pron. fana, etc.) sai-
sir, prendre.
XBp'LKH^ (pron. «fcp'LKHA,
freukna), v. p. XB^pKaM,
v. i. voler, s'envoler.
xirBpJhR, v. p. jeter, XBxp-
jihm (serbe).
xejnma, sapin. V. eaxmja.
XHJieH^apcKH, qui appartient
à Chilendar, monastère de
l'Athos, fondé par un roi
serbe. Il reçoit encore un
subside de Belgrade, et
les moines en sont ordi-
nairement des Slaves.
XHTpoM (instrum.) par ruse,
artificieusement.
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XHTTbp, f. -Tpa, astucieux,
rusé.
xh*i (t.), rien, point du tout.
xjaAeH, f. -AHa, f ra is, froid.
xJionaM, v. i. frapper à la
porte,
xjiitô, pi. -0Be,pain; xjiitfeij,
dim.
xofltk, Hm, v. i. aller, mar-
cher: — 3a BO^a, aller
chercher de l'eau.
xokha, v. p. venir, 37. 12.
xopa, pi. n. hommes, les gens
(si. xopa, X^P*» re gi° î pl«
hommes).
xopo (gr. yopàç), m. danse ;
xopiinje, lieu de danse,
4,2.
xop(a)Ta, parole, discours^
xop(a)TyBaM (gr. x* ? 1 *-
ts6o), plaisanter) v. i. par-
ler.
xpam*., v. i. nourrir ; élever;
xpaHeH, part. : -o KOH^e,
cheval (bien) nourri, en
bon état, vigoureux.
xpncHMa (gr. xpifa'4*o<0» a ^j-
f. qui a bon coeur, facile
à vivre.
xpHCTHHHKa, femme chré-
tienne.
xy6aB, beau, joli ; -o, -% jo-
liment, bien.
xyôaBHi^a, belle femme, une
beauté.
xyÔocT, f. la beauté : HHÔ^i
My HeMa xyôocT-Ta, nulle
part elle n'a sa pareille
en beauté, 76, 11.
xypica, rouet à filer.
o.
*epe^H (t. férédjé), esp. de
manteau dont les fem-
mes turques s'enveloppent
pour sortir dans la rue.
*epMaH (pers. parole), ordre
suprême, firman.
*HCTaH, dim. *HCTaH^e, ro-
be de femme.
*peHrHn: ca6a , — sabre
franc, du pays des Francs.
fcp'LKH*., VOy. XBpXKH^.
*ypHa (ital. forno), four;
fournée de pain.
H-
ijajHBaM , v. i. donner des
baisers. V. iruyBaM.
ijapb (d'abord ijicapi» , de
xaîaap, voy. Mikl.), avec
l'art ijapa, 42, g. ijapu,
dat. ijapio, empereur, roi ;
le sultan des Turcs ; B;apëB,
de l'empereur, du sultan ;
ijapCKH, impérial.
ijapnija, impératrice.
i^apcTBO, empire.
ijapyBaM, v. i. être empe-
reur, régner.
ijbtbha, v.p. fleurir, 15, 32;
57, 6.
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— 410
UBtpKaM y. i. piailler, ga-
zouiller.
UFÊTe, fleur, fleurs; ijb£th
pi. n. fleurs, îjBiTHi^,
dim. UBfrreH, f. -ua fleuri.
îjHraH'ie, une Tzigane, une
Bohémienne.
UHryjKa, violon.
itibtia., v. i. fleurir.
îripKBa (srb.), église. V.nep-
Koea.
iripH, noir. v. TtpH.
iTipui*., Min, v. i. noircir,
devenir noir.
Ufci, entier, tout: ujb&o, 25,
45, désigne q. q. pièce de
monnaie.
irkiyBaM, v. i. irfcjyH>&, v.
p. donner des baisers, un
baiser.
i;£pi*v, hui, guérir.
Hi&H/kJib, a fleuri, 87, 23 ;
voy. ubt>h>&.
h.
uaAtp (t.), tente.
iaK (magyar), jusque.
uaHTa (t.), sacoche, gibe-
cière.
*iapAaK, pi. -aijii (t.), galerie
ouverte d'un côté; pa-
villon.
qapiiiHH (t. tcharchi), rue
marchande, où se trouvent
les boutiques, marché.
ie, un, car; et; que.
qerôK, homme. Ce mot a
des formes très diverses
en bulgare.
qeMiirapeH, de buis. V. ihhm-
ump.
uepBeH , rouge ; rose , du
teint.
uepB&me, rouge à farder,
fard.
lepBi*., v. i. paraître rouge,
être vu, d'un objet rouge.
*iepra, tapis, grossière étoffe
de laine servant à faire
des vêtements : pH3a ot — .
uepeinie , couteau pourvu
d'un manche (uepeii).
uepeuia, cerise douce.
uepKOBa, église ; -B6H, 5, 20,
-bckh, 5, 30, d'église, de
l'église.
uepH, voy. YLpH.
uecT, fréquent, nombreux.
ueTB^pTaK, jeudi.
ueTHpH, quatre.
qeTHpncH = ueT'Bp^eceT,
quarante.
uexjEapue, un cordonnier.
uexM, pi. uexjLH, espèce de
soulier de femme : hcbjith
uexJH.
UH*TejEHH, comme *ra<ï>Te.
UHBTe (t. tchift, paire):
— nncTOBH, deux pistolets
pareils formant la paire ;
*iH*Ta TLpBHjH, paires do
souliers, 25, 7.
*iHHb&, hui, v. i. faire.
*ihct, propre, net, pur.
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— 411 —
^miejiHHH (t. tchitohekli),
à fleurs, étoffe.
*ih*io, oncle ; -b, adj. : y *ih-
^obh My, chez son oncle;
un vieillard, le père. —
qopÔaflHUDi (t. tchorbadji,
prop. celui qui a de la
soupe), notable, homme
riche et considéré ; ^opôa-
AJKHftHO, un — , 70, 8.
*ipe3, upi3, par, à travers,
par le moyen de.
«TLpByjra, pi. chaussure des
paysans , souliers (srb.
onamra, t. tcharoukh, alb.
sblhœ).
^y^yjennca?: n>6H 'ly^y-
jeuiKH, 87, 34.
Wbj)H et tip'BH, noir.
iiOBaM, v. i. 1° garder, veil-
ler sur. 2° entendre. Voy.
HJOflS), merveille, chose ex-
traordinaire, étrange ; *no-
flOM, instr. comme adv. V.
*iyai*.
mORUk ca, v. i. s'étonner;
être stupéfait, ne savoir
quel parti prendre: w>-
£OM en ik>ah, prop. s'é-
tonner d'étonnement, 55,
6.
to»ka, adj. étranger: — bh-
jiaœT, pays étranger.
moMa, la peste; personni-
fiée, 5, 22.
^iiouiMa (t. tchechmé), fon-
taine.
moi*., leur, aor. mox, v. p.
*iiOBaM, v. i, entendre.
^hao, *ieflO, enfant, garçon.
^HKaM, qenaM, v. i. attendre.
mima, verre à boire, coupe;
^annica (^iemKa), dim.
m.
ma, dans certains dialectes,
au-delà des Balkans, au-
xiliaire du futur: ma H#e,
ira; ma ft = K, sera, de-
vait être; 13, 52 et al. V.
m*, et Ke.
iuanKa, bonnet, 6, 20.
uiertp (t. chaguirt), ap-
prenti, garçon de bouti-
que.
mecT, avec l'art. mecT-Tix
(mecTÈx, mecTHx), six.
HieTaM, v. i. se promener.
meptfeT (t.) boisson, sorbet:
ineicep, — boisson sucrée.
mHMmnp (t.), le buis.
nranoB, adj, de roncier, de
ronce (mira}.
mnpoK, large, vaste.
mHH, le cou.
nrai*., rem, v. i. coudre;
broder.
uiiOMa , feuillage , branche
des arbres.
miosieHCKH , de Choumla
(uiiOMeH), ville de Bul-
garie.
18*
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— 412 —
mara, mera, plaisanterie.
maryBaM ca, t. i. plaisan-
ter.
m-
mo, 1° pron. neut. interrog.
qu'est-ce que? quel? ce
qui, ce que ; répond q. q.
fois à si, 36, 9 ; 2° pour-
quoi? 4, 76 ; 3° que, com-
bien ! — JiecHO, que — ai-
sément! 7, 56.
njOHO, que, que ne, après le
compar., 8, 13.
uçtik, mem, 1° v. i. vouloir,
npua clm, je voulais, 63,
8 ; 2° sert à former le fu-
tur, avec ou sans la conj.
£a, et se place avant ou
après le verbe : me K, il
sera ; a aussi le sens de :
être sur le point de : me
#a HaflBHK, il va pour
vaincre, allait vaincre, 2,
20 ; à la 3 e p. du s. quel-
quefois, avoir envie, le
désir de 9, 3. — L'aor.
njax, mex i sert à former
un conditionnel: h naK
njax Te noxBajH, et je te
recommanderais volon-
tiers de nouveau.
a.
H, 1° bfc., acc. s. f. de Ta, elle ;
2° interj. : allons ! voyons !
4, 67 et al. 3° a-ii-, ou —
ou, ou bien, 35, 11.
uti'BJiKa, pommier, pomme.
HBop, Térable à feuille de
platane, sycomore.
Hfleni; ajra, V. èm.
flfloeaM ca, v. p. se mettre
en colère (afl'L).
a3e, voy. a3.
H3HK, J63HK, langue.
R3 , hK (t.): -K, c'est dom-
mage.
hjiob, stérile : KpaBa aaoBa,
vache stérile et dont la
chair est par cela même
réputée de meilleur goût.
HJTLK (t. ïaglyq), mouchoir
de poche.
AM(écrit aussi $M),afleni, aor.
aflox, impér.iDK, aarce, p.
sul (on pron. iame, iédéch,
ial, pi. iéli, iéch, iéchté),
v. i. irr. manger.
HHKHHa. adj. f. d'Ianka.
ap#aM (t.) secours, assistan-
ce.
apa, bruit, tumulte.
ape, chevreau.
aceH , brillant , splendide :
acHO cjTLHije; à la voix
éclatante: JiceH cjaBefi;
acHO, brillamment, avec
éclat.
axa*., v. p. monter à cheval,
se mettre en selle.
aniMaK (t.), le voile blanc
dont les femmes turques
s'enveloppent la tête.
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— -413 —
le (je), il est ; me le, il sera.
K3HK, VOy. H3HK : C e^HH 16-
3HK flBfc AyMH, 1. avec une
langue deux mots, bavar-
der de toutes ses forces,
69, 51.
K).
K)3 (t. yuz, cent), poids de
cen t dramm es ( quart d'une
ocque) : TpH H)3a naMyK.
iohbk, pi. lOHaijH, dim. H)Ha-
^e. prop. jeune homme;
homme fort et vaillant,
guerrier, un brave, un
héros, répond au gr. m.
xaXXiQxofpt et à Palb. trim,
pallicare ; lOHaiKH, adj. :
-paHH lOHa^KH, blessures
comme en reçoivent les
pailicares, 26, 31 ; cxpije
K)HaiKO, coeur vaillant;
H)HaieH, qui a rapport au
iounak, en possède les
mérites ; lOHaniKH : Ha 10-
HamKaBepecHfl,sur (mon,
son) crédit de pallicare.
i? (a*).
yaMHH (t. djami), mosquée.
yaMJHH (t. djamli), vitré,
vitre.
ijceBan (tX réponse.
ijeBpe (t.), esp. de mouchoir
brodé.
yejeiraH, yejien (t. djelep),
celui qui compte les mou-
tons pour la taxe ; mar-
chand de bétail.
yepa* (t. djerrah), chirur-
gien ; -Ka, fém.
\io6, pi. obh (t. djep), poche.
yy6e (t.), long vêtement de
dessus en drap, ordinaire-
ment doublé de fourrure.
Mots qui se trouvent dans le supplément.
ajECHT. (t. âl), rouge.
aMi», mais.
ÔHflA, aor. Ôhaoxx, pa. f.
ÔHinjia = 6nja, v. Ô'la^.
6n3ai&, allaiter.
6jarx, fortuné, heureux.
ÔjarocjiOBi*., bénir.
6op6a, lutte, combat: —
HaA6op£&, vaincre en com-
battant.
6opHa = ÔopHHa.
6x31, le sureau ; 6x3y, No.
7,2.
BaAH&, arroser, irriguer.
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— 414 —
BeftKa, branche d'arbre.
BejHiTB-AeHi», le grand jour,
c. à d. le jour de Pâques.
BejHMi», BeJK), dire.
BHTeKi», bhtakt», dragon :
-ottb 3Mfcft nopo^eH, No. 6.
BKycbï,, goûter, manger un
peu.
BjacTapi» (gr. m. pXaoripi),
pousse d'arbre, rejeton.
B01H, v. o^H.
BTerHA, étendre, allonger.
B'LJIMa, ?
rjHÔOKy (si. rjT.6oKo), pro-
fondément
rpoMT», pi. OBe, tonnerre.
roopenn» (t. iourich), course.
AHMHH (ahm'l) , vaporeux,
nuageux : AHMHa BDfla,
— ropa.
ApyniKa, compagne.
AP'BnHyBaM'L ca, se débattre,
v. Ap^nHA.
flynica, trou.
&XKe ? pour flfeTe, afeija, en-
fants, No. 6, 25.
acHJa, racine.
aooBiraa = acHBHHa, animal.
saApyareH , qui vit avec ses
parents et ses frères dans
l'espèce de communauté
appelée 3aapyra (srb.).
3a^yJH ca, commencèrent à
souffler, v. Haayi*..
3ajyAb&, devenir fou, perdre
la raison.
3anaAb&. ca, attaquer.
3apB, 3Hp*£, est-ce que?
3an»pKajiaMi> ca, se rouler.
3Ôop6a, discours.
3eaeHfeb¥v ca, verdir, ver-
doyer.
3rjeAHHi^H, v. orzi^nmsà.
H3Apo6b¥,, briser en mor-
ceaux ; H3no-, briser suc-
cessivement.
H3A'£XBL&., pousser un sou-
pir; respirer une fois.
mjLeB&Wb, sortir; H3JHrH>&,
id. ; H3Jeza e, elle sortit.
H3MT.KHyBaM*B, extraire, dé-
raciner.
HM^arL (t.), secours.
HHaiCB, autrement.
ioBemb, OBeHTb, bélier.
KaB&ocHH, joueur de kaval.
KaflAHcaMTb (du t.), se déci-
der à, oser.
Kajb, argile.
KapaMi. ca, se disputer.
KJHKHA, V. KJHKaM'L.
KOTpo , pr. n. , pi. KOTpH
(russe KOTOpLifl), lequel,
qui.
KpaBi*. ca, dégeler; se ra-
fraîchir, se ranimer.
KpjixTi» (si. Kpex'BH'L), fra-
gile, tendre.
Kyni*, Ha-, npn-, rassem-
bler.
KypTyjHcaM'B (t. qourtoul-
maq), sauver, délivrer.
kh), v. Ke, m&; kiojh =
majH.
JiaHH, l'an passé.
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— 415
jycna, écaille des poissons.
jn>3KOBeH , L, menteur.
JH), mais ; -fl$, partout où ;
-Kairb, dès que.
mcitb, mol, tendre.
MHiimnija, le haut du bras.
m%kh>r, extraire, tirer.
Mi»pTBO, oe qui est mort (srb.
MT.pTaB'L).
HaBaJb¥v ; - oraHb, faire un
grand feu.
HaflÔapi* (Morse, HaABap-
HM'L, surpasser).
HaABHBaM'B, V. HaABHb^.
Ha^eH^, mettre des habits.
HapaMb&, placer, porter, sur
les épaules.
HaT^aMT), donner en plus.
HaiMT>, faire manger q. q.
un.
Hinna = Henj*., je ne veux
pas.
o63eM>&, -MaMT>, s'emparer
de, occuper,
opajo, charrue.
ocTopi*., faire : Bexnwb AeHfc,
rpoÔT».
OTÔHpaM'L, comprendre, de-
viner.
OTBpaTKH, fém. pi., visite à
une soeur mariée, No. 7.
uaaceTHHa, No. 10.
napb&, no-, brûler, faire
bouillir.
iieTJHBo: -BpiMH, le temps
du coq (nfcTejrc»), c. à d.
où il chante.
iLieBb**, sarcler.
lULORb, fruit.
no3aÔJiH3HBaM'L, s'approcher
peu à peu.
noftA-*., partir.
noKJe (noK%JHA), il a mau-
dit.
noidOH'L, salut, révérence.
noMorHeM'L (sb.), aider, se-
courir.
noTCTaHA, -CTaBaM'B, se le-
ver.
npeo6pa3eH , L , métamor-
phosé.
npH(npe)Bapi*., devancer.
npn»cajib¥v, cesser de regret-
ter, survivre à la perte de
q. q. un.
npHneK, lieu exposé au so-
leil.
npHCHMOcyBaM'L ca (gr. 5jjlq-
ioç), prendre la ressem-
blance, la forme de.
npoBajiiTk, faire déborder.
npoTeriL*., -THraifL, éten-
dre, allonger.
nvcHyBaMi», v. nycTH^.
nymi*., 3a-, boucher.
niCHonofiKa, chanteuse de
chansons, poétesse.
in>pci> (np'BCTb), dim. np^b-
CTHi^a, terre.
paac^aM'L, v. poai*..
pa3B*LpTi^, détourner, dis-
suader.
pa3iCBpcTHi^a, carrefour.
paKO, pour pairL-TT., Pécre-
visse.
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— 416 —
py fifiWb f qui a une laine
épaisse, des moutons.
pyKaMX, pyKHA, noA-, ap-
peler.
CB&ib¥v, déposer, ôter ses ha-
bits.
CBiKa = CBfenp>, chandelle,
cierge.
CBtTKaMT,, 3a-, luire, des
éclairs, éclairer.
CHJa, force.
chmhtb (t.), esp. de pain
blanc.
cn-Te, tous, v. ce.
CJOMbR., briser.
cpe6poHay3 ) saH , L, qui a une
bride d'argent.
cpfcia = CTpfcia, flèche;
éclair ?
CTHraM'B, atteindre.
CTpaxx, crainte : — Ma le,
j'ai peur.
CT'LnHyBaM'L, marcher, s'a-
vancer.
cbmha, il fait jour , le jour
a paru.
CflTHfc, maintenant.
c>&3HKaHa, cette.
Tpfcn^R, 3a-, craquer, écla-
ter avec bruit, de la fou—
dre.
TiRpaiTL (sb. TepaM'L), pour-
suivre, exiger.
y(o)CJIOMHBaM , B, v. CJOMM»..
yTpeiiBR, yTpnnaM'B, exter-
miner.
*aKJiH (t. ?), se dit des bre-
bis qui ont un cercle noir
autour des yeux.
^ïUL^nmeB (du t.), d'ivoire ^
— o iiHJie, jeune éléphant,,
éléphant marin? No. 11.
xh = ô, à elle ; xmh, à enx.
xoTe, il veut (sb. hoteti, ho-
éî, vouloir).
qHHHM-L, V. ^IHHl*..
tmekt», ^lyjnncL, TiOBiiK, hom-
me.
mecTBeHO (si. kctbctbt.h'b)^
naturellement, No. 10.
ira, lorsque.
lo&ewh (lo^a), adj. ioahh
BHTpOBH.
lOHacTy = H)Ha^ecTBo ou
(sb.) KraanjBO, bravoure,
courage.
HAOcyBaM'B ca (flA^), se met-
tre en colère.
OMJ&.Wh, v. ^3^1*..
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TABLE DES MATIÈRES.
Page 1
Introduction V
I. Mythologie. — Magie. — Légendes
pieuses.
1. La prêtresse des Samodivas.
r^fero cxBHge-TO saxasfl (Ca. 2 ) 3 — 147
2. La forêt des Samodivas.
Mania Ctouhv jjjM&me (Ca.) 4 — 149
3. Le Pomak et la Samodiva.
Xoahx IIoMaie Ha nycTa-Ta boôcks (Ca.) . . 5 — 130
4. La Samodiva mariée malgré elle.
Ilacaa ie Ctohh Teajpi-Te (Ca.) 6 — 152
5. L'église bâtie par la peste.
CaMCH ce Tocnofl no^KaHH (IIpHfl.) .... 9 — 156
6. Le Christ et les Samodivas.
Tp*È cassée H M*CeHHHKO (IIpHfl.) .... 10 — 158
1 Le premier chiffre indique la page du texte, et le se-
cond, celle de la traduction.
2 Les lettres cyrilliques, entre parenthèses, désignent les
Manuscrits, à savoir: Khc ou Khchmob, A; IIpEg. ou IIpH^on,
B; Ca. ou CaaBeÈKO, C; Hk. ou Hkohomobhh, D. — Voy. l'In-
troduction, p. XLIII.
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— 418 —
Page
7. La Samodiva sous la forme d'an ours.
HaftKa Ctohhv flyMame (Hpii/j) 11 — 15£
8. Rada ravie par un dragon.
Pa^a sa Bo^a xoftnaa (Ca.) . 12 —- 162
9. Dimitra enlevée par les dragons.
HCeHHm Ma, msmo, œeunm Ma (Khc.) . . . 14 — 164
10. Stoïan changé en aigle.
MaMa CroflHa noMMpa (Ca.) 14 — 165
11. La devineresse et le serpent.
Hioaa ca ft Bparaa (Khc.) 16 — 166
12. Le soleil enchanté.
IlycTH-Te moh a 8 * TNra (Ca.) 16 — 167
13. Le mariage dn soleil.
Aennca ô posâa He Tpaie (Ca.) 17 — 168
14. Chant allégorique sur Saint Georges.
TpBrHsa mh cBeTH TeoprH (Ca.) 20 — 174
15. Le paradis.
HMiaa Mafixa HMiaa (Ca.) 21 — 175
16. Le sacrifice d'Abraham.
3B*3^a sopHHsa H3rpiiBa (Ca.) 23—178
II. Brigands. — Bergers. — Aventures.
17. Boïana et Eérima.
IIpoBHKHxaa ce BoflHa (IIpEg.) 24 — 183
18. Penka fait ses adieux à la vie de brigand.
MaMa Ha HeHica ^yMame (Khc.) 27 — 189
19. Dragana et Ivantcho.
Otksk ce HBarao noB#HrH2 (Khc) ... 29 — 191
20. La Turque tuée par trahison.
jlaano KmanH /ryMame (Ca.) 31 — 195
21. Stoïan et Nédélia.
Otksk ce k ceao 3aceaHao (Ca.) 33 — 197
22. La langue coupée.
ByftHa ce ropa pa3BHBa (Ca.) 34 — 199
23. La perfidie du pacha de Vidin.
OTKaK ce PaflaH noB/iHrHs (Ca.) 35 — 200
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Page
24. Les adieux de Liben aux montagnes.
ETpoBHKMa ca JLjoôen jotlslk (IIpH^.) ... 37 — 203
26. Le frère retrouvé.
Upo^ya ca k k>h*k nponyji (IIpHfl.) ... 39 — 205
26. La vengeance du brigand trahi.
OcTara Herao cnpaqe (Khc.) 42 — 208
27. Le brigand volé.
HoHiea Ha p*ica nepeme (IIpHfl.) 44 — 211
28. Le brigand généreux.
3an3aKaaa m ropa-Ta (IlpHfl.) 46 — 214
29. La pendaison élégante.
CnpoMax Ctohh cnpoMax (IIpHfl.) . . . . 48 — 216
30. La soeur dévouée.
Ckiho ca bhkhx npoBHKHS (OpHfl.) . . . 49 — 218
31. Le brigand laboureur.
Maftiea TaiyHHy flVMame (IIpHfl.) . . . . 51 — 220
32. Le brigand malade.
Uochôpa, Ctohh ^yacHHa (Khc.) 62 — 222
33. Le brigand et le garde forestier.
Iloicapazo h Majuco Moarae (Ca.) 54 — 224
34. La visite.
HciepeH Mh^hjjh roBopn (Hkoh.) 55 — 226
35. La bigame malgré elle.
Koë ch OraHH flyMame (IIpHfl.) 60 — 232
36. Marko libérateur.
Eè ropHga ropo mh 3eaeHa (Hkoh.) .... 63 — 236
37. La captive et la forêt.
Typ^HH mh Kapa KJieTa poôhhh (Hk.) . . . 64 — 238
38. Le serpent vengeur.
fl-BBoftKa k cmhx no noae 6paaa (Hk.) . . 66 — 240
39. Les commencements de l'empire turc.
flaHe 6aHe nezenHHe (Hk.) 67 — 242
40. Georges l'infirme.
Pastioata ca ôojten TeprH (Khc) .... 68 — 243
44. La gageure.
063aaoacH ca noa/j Ctohh (Khc.) .... 72 — 248
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— 420 —
Page
42. La reine des Moscovites.
IIpoBHKHAaa ea k Mockobcka Rpaanga (Khc.) 73 — 250
IIL Amour. — Fantaisie. — Moeurs. —
Pièces comiques.
43. La belle-mère calomniatrice.
3aaHÔHa Ctohh BopjiHKa (Khc.) 75 — 255
44. L'infanticide par jalousie.
Mapn KaaHHO MapnôKa (Khc) 77 — 258
45. La toilette on la belle-mère seconrable.
Mapico A a * HHH roBopH (IIpH^.) 78 — 260
46. La pêche.
Ciôpaan mh ca, Haopaan (Khc.) 80 — 262
47. Vengeance de l'amant dédaigné.
Toftopiea Bo#a Haaraa (Ca.) 83 — 266
48. Le commérage.
Xo#H2H momh Ha naaap (Ca.) 84 — 268
49. Le baiser fatal.
noroftHX ca MoMroa K>HaK (IIpH^.) . . . . 86 — - 273
50. La Chrétienne et le Turc.
Ilnaa Hefla CHonjHa Bo^a (Khc.) 87 — 273
51. Le père médecin de l'honneur de sa fille.
MaMa UexpaHa naeTeme 89 — 275
52. Le harem de l'ayan.
Ctokho chhko CxoKHe (Ca.) 91 — 277
53. Le harem du cadi.
MaMa CTOHHy /ryMame (Khc.) 92 — 279
54. Adieux à la montagne de Rila.
K)HaK Ha ropa roBopn (Ca.) 93 — 280
55. Le cheval ou réponse?
3anaaHaa ca, Mafiica mh (Ca.) 93 — 281
56. L'incendiaire.
Oh TaHO TaHo, MOMa flparaHo (Ca.) .... 94 — 282
57. Malédiction et suicide.
Chojuh MaMa flmca 6naa ro#Haa (Ca.) ... 95 — 283
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— 421 —
Page
58. Le défi du rossignol.
Bai3aa fi MapHÔKa b rpa/jHHKa (Ca.) . . . 96 — 285
59. Les trois rossignols.
Mhhîkx ropa mhhsx BTopa (Ca.) 97 — 286
60. Un amant fait le portrait de sa maîtresse.
Momhhb 6aHiea araraM (Ca.) 97 — 287
61. Les parents et l'amant.
fla*HHKa paHo paHHaa (Ca.) 98 — 288
62. Les pommes et le baiser.
Choujh saMpiKHSz Kpafi nycTH IIIyMeH (Cji.) 99 — 289
63. La femme attelée à la charrue.
Kfcfl* ch 6naa, fleHO (Ca.) 99 — 289
64. L'amant désespéré.
JIw6bjiu ca ay^H waaflH 100 — 290
65. Le souhait fatal.
Mania Ha Kofisa ^yaïame (Ca.) 100 — 291
66. L'épouse et l'argent.
ÛTKaK cMe ca aïoÔHaH (HeH?OB) .... 102 — 293
67. La jeunesse et l'argent.
Chtch flWKfl Bajin (HeH.) 102 — 294
68. Le sorbet ou le baiser.
3acnaaa m BiajiKa MOMa (HeH.) 103 — 295
69. Il n'y a pas que Nicolas au monde.
KajiHHo HeflKe KaaHHo (Ca.) 103 — 295
70. La plaisanterie.
IlnniMaH cm CTaHxa (Ca.) 105 — 298
71. Le pardon.
HBaHHo IleHKH flywiame (Khc.) 106 — 299
72. Le rendez-vous.
flHaKH an6e (Khc.) 107 — 301
73. Le collier perdu.
Hleraaa k TMKa He«a (Khc.) 102 — 302
74. Le confesseur.
H #a H^eni, msmo (Khc.) 109 — 303
75. Le procès.
Chohjh oth#ox Ha siomaïa-Ta (Khc.) . . . 109 — 304
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— 422 —
76. L'étrangère.
Mana Hiamy AyMaine (Khc.) 110 — 305
77. L'écolier impudent
Aintoirae flyita Ha IleHKa (Khc.) . . . . 110 — 306
78. La coquette.
fljMttà ôyjie Baaaaft (Khc.) 111 — 306
79. La dépense inutile.
Chohjh oth^oi Ha noua Hionma (Khc.) . . 112 — 307
80. La vanterie imprudente.
CaM ch k Ctohh noxBajiHJi (Khc.) . . . . 112 — 308
81. Les janissaires.
TpirHAJH bih cm TpirHSJiH (Khc.) . . . . 113 — 308
82. Le songe.
3acnaia m Mh-ihua (Khc.) 113 — 309
88. Les tombeaux.
Chohjh npeaiHHSx npea Cubjoobj (Khc.) 114 — 310
84. La captive grecque.
Pa3MHpHJia ce ft Bjamica-Ta aeiia (Khc.) . . 115 — 312
85. Berceuse.
nocfaji ch Ape6eH nanpeT (Ga.) . . . . 1 15 — 312
86. La fin du renard.
OflflBJUun H ^bcHjja-Ta (Khc.) 116 — 313
87. La querelle du cousin et de la mouche.
Cbsahji ca KOMap c MVxa-xa (Cji.) . , . 116 — 314
88. La vache.
Toflop To^opKH AyMame (BeacoHOBt) . . 118 — 315
Supplément (texte bulgare).
I. Chants mythologiques de la Macédoine orientale, I— XI 123
II. Conte. — Les trois lamies et le diable 141
Ce que sont les vents 318
Le voyage du mort (traduit du bulgare) 319
Même sujet (traduit du serbe) 321
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— 423 —
Page
Même sujet (traduit du grec) 324
Même sujet (traduit de l'albanais) 327
Les Destinées 331
Analogies des poésies bulgare, serbe et grecque .... 333
Principales croyances bulgares 336
Glossaire 341
Mots qui se trouvent dans le supplément 413
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PRINCIPALES CORRECTIONS.
An lien de
Lisez
p. XXVII. 1.7
conduites
conduits
p.XLV.1.1
écrits
écrites
Ko. Vers
1 8
Hftfl
HebR
2 15
noôopaT
no6opb*T
8 9,27
CHHÔO
CHHë
4 101
A*
«o
6 16
CfeftXT
cfcflbRT
8 17
a, doit être supprimé
10 4
liôi
Té6e
11 2
CTpaHçaHCKH fl
CTpaHÇaHCKHfl
3
xoftHxax
XOflHXai
25
yxana
yxanH
13 36
Hefl
HebR
62
Ta
ma
15 42
3acMtn
3acMin
53
naBtu
HaBtH
17 89
npoMHHe
npoMHHe :
18 7
npHMeHHm
npeBfiHHin
21
npeniéHa
npeiaiHa
20 12
H
H
24 14, 33
ILiaHbRT
nxa?sT
26 53
ZOpHSKX
xapHXUK
27 40
ChXHP
CZA3H
28 37
c6npH
c6epH
32 46
Hftojge
fiojjje
34 133
noMHHajio
nOMHHAjIO
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— 425 —
An lieu de
Lisez
No.
Vers
34
181
cxaHaxa
CTaHSXÎK
35
41
6e
6*
50
noxceHH
OJKeHH
40
134
ca
CH
136
C3K
CH
42
14
H3JTB3H
H3.lt3e
43
36
Meue
MeH-B
65
à la fin du vers
?
44
14
HUPflSRJlO
na#H<K.io
46
5
peacaT
pexcsT
27
noBspHa
noBipH»
29
Meue
MeH-fe
48
34
H3BO#HIII
H3Ba^Hin
43
H3Ji£ra.x
wsjrhraji
49
17
npecferna
npecBrHs
24
H3BO#H
H3Ba#H
37
CTHrHaxs
CTHrHSXS
53
25
MHHaXfR
MHHÎKXA
55
1
ma.
MH
67
6
gtBHH
g'BBHe
18
H-BK
n^w
34
BtHHe
b^ehq
39
CBT
CBHO
58
8
jiyMa
Aywa
63
3,4
Suppr. au v. 4,
B JIKMKa
MtSKko TH fltTé B JIWXR3L
et lisez, en un
seul
vers
npoiuÂiea
66
15
ABaHÔfice
ABaHftHce
69
46
fiorHua
ërn^a
78
partout, au lieu de
Ment, Teôt
MeHe, Te6e
83
11
n.ia^ax^L
njiwkxx.
86
2
^BaHaHCH
^BaHaftce
88
8
noflHpa
no^np*
La 3e
pers. du sing. de l'imparfait
a été écrite presque par-
tout
— eme,
— Kme, il faut —
-•ferne
(njieT'Bnie, BH-feme, etc.).
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426 —
Au lien de
Lises
p. 125
note (*) dehors
dehors
No. 4 V. 7
3opHa
6opHa
6 2
.
npony-ra
V. 6,31,44
. . . .
x5h?o
M 1 )
lequel
laquelle
No. 8 V. 27
. . . .
HSTypHTe
9 3
MaHJH
MtfTJH
p. 141 1. 9
(Conte)
noAHay
11
. . . .
JJapBora
142 6
Majncy
143 9
yrameas
ib.
2E3flpy
10
. . •
Tha, icaK*
21
en un seul mot
cparôpoHaK>3#aH!B
p. 148
, Les vers 17 à 20 doivent être placés entre pa
rentbèses (nous ne -
- buvons).
152 au bas
en Japon
au Japon
154 1. 25
récurent
vécurent
160 24
puis que
puisque
163 23
le
la
167 20
saints
Saints
190 au bas
Eyto, PpuaouXato
v E^(o, ppuaoùXatç
191 v. 5
de cadeaux
des cadeaux
195 15
arnautes
Arnautes
200 note 1. 2
est
et
201 V. 25
vas
va
203 27
pleurent
pleurent,
213 27-28
t'arrêter. — Et
219 219 etc.
devèr
dévèr
223 26
s'est
c'est
225 V. 16— 17
peur. — Et
225 27
ça
Çà
231 17
réveille
réveilla
237 30
est
eut
240 15
remontra
rencontra
294 in fine
dit T7)Ç
ditS T7)Ç
296 v. 2
elle est
je suis
306 titre
imprudent
impudent
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— 427 —
Au lieu de
Lisez
312
V. 12
fructifia
fructifie
316
note
par le Turcs
par les Turcs
319
note
rôle de
rôle des
324
note 1
6 (3oupxoXiaxa;
6 poupxo'Xaxaç
333
1. 7
Prédrog et Nénod
Prédrag et Nénad
334
1. 23
côté à côté
côte à côte
335
1. 9
Cheval du
cheval de
344
1. 8
en.
ex.
346
1. 6
lioubia
liouba
Imprimerie d'Adolphe Iîolzhausen à Vienne.
-*"*
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\
MORFILL COLLECTION
THIS VOLUME IS
PLACED ON LOAN IN THE LIBRARY
OF THE TAYLOR INSTITUTION BV
THE PROVOST AND FELLOWS OF
THE QUEEN'S COLLEGE
OXFORD
1
1